Histoire de Patouf, suite…

J’ai commencé à écrire il y a quelques mois, parce que j’ai beaucoup de temps, je n’ai plus grand-chose à faire. Le fait est que je me souviens, quand je ferme les yeux et c’est fréquent aujourd’hui parce que  je suis malade, parce que je suis mourant même, alors  je me souviens d’eux. Ils sont venus me voir, chez ma mère, je suis encore très jeune, trop jeune pour leur dire que je les aime déjà, je me cache, parce que c’est ainsi qu’il faut faire, ne pas montrer tout de suite qu’on veut partir. Pourtant ma mère je l’aime, je l’aime tant, elle est grande, elle est belle, elle porte la tête haute et quand elle marche on dirait qu’elle glisse sur le sol, elle est légère. J’ai des frères et sœurs, plusieurs, je peux pas dire combien parce que je sais pas compter. Ils sont parfois agaçants à me taquiner, à me mordiller. Mon père je ne le connais pas, j’ai cru comprendre qu’il était d’ailleurs et que ma mère aurait bien voulu qu’il reste mais ça n’a pas été possible, ils n’ont pas voulu.

Ils sont venus pour choisir, alors j’ai tout fait pour qu’ils me remarquent. J’ai pas bien compris pourquoi je ne suis pas parti avec eux la première fois : j’ai cru comprendre, après, que c’était trop tôt, que je n’étais pas sevré, que j’avais encore besoin de grossir. C’est dommage, moi je serai bien parti tout de suite, alors je suis resté encore quelques semaines avec maman et mes frères et sœurs. Y en a un qui est malade, il dit rien il passe sa journée à dormir, parfois je m’approche de lui, il me regarde et semble me faire comprendre que c’est foutu pour lui, personne ne viendra le chercher, personne ne viendra le soigner, il va mourir et il le sait. Ca me rend un peu triste alors pour me changer les idées j’essaie de rêver à ce qui m’attend, dans quelques jours (je sais pas combien parce que je sais toujours pas compter) quand ils viendront pour me chercher. Je ne sais pas combien ils seront chez eux, je ne sais pas si je serai seul, bref je ne sais pas grand-chose si ce n’est qu’il y a de la lumière dans leurs yeux et que leurs voix est douce. Enfin pour le moment, parce qu’ils ne me connaissent pas encore. Comme tous mes proches je suis têtu bien sûr, mais ce qu’ils ne savent pas c’est que je suis vraiment têtu. Ma mère le sait d’ailleurs, quand je ne veux pas la suivre avec toute la troupe, elle ne peut rien y faire, enfin si, une caresse, une tendresse et je consens à me bouger un peu.

Les journées ont été longues jusqu’à leur retour alors pour être sûr que la prochaine fois ne serait pas encore une fausse alerte, je me suis appliqué à bien manger, non à beaucoup manger, y compris dans la gamelle de maman pour bien montrer que maintenant je peux me débrouiller seul enfin que je peux me passer de lait.

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