
Il n’est pas rare d’entendre parler de traîtrise quand il s’agit de qualifier le comportement de quelqu’un qui, notamment en politique, décide, pour de bonnes ou mauvaises raisons, de changer d’avis ou dont les positions évoluent. S’il peut être légitime et compréhensible de considérer comme une trahison le fait de briser le lien de confiance qui pouvait exister, il me semble qu’il y a aujourd’hui une utilisation abusive de ce terme.
Il s’agit dès lors de considérer comme un traître celui ou celle qui refuse de se laisser emprisonner dans ce que j’appelle une camisole idéologique excluante. Il est heureux, je le pense sincèrement, que des personnes ne s’interdisent pas de penser par elles-mêmes, ce qui peut avoir pour conséquence d’émettre un avis, une opinion divergente, différente, voire simplement complémentaire. Ce n’est non seulement pas grave, mais c’est surtout un signe de vitalité pour la liberté de penser et d’agir. Il m’est d’ailleurs arrivé, à l’époque où j’étais comme on dit « encarté », de partager tout ou partie des points de vue de celles et ceux que j’aurai du aveuglément combattre, pour la simple et bonne raison qu’ils n’appartenaient pas à la même écurie. Et se produit alors, ce phénomène un peu perturbant, quand on est persuadé d’être fondamentalement attachée à la liberté d’expression qui est celui de l’auto-censure. Il y a quelques années j’ai donc décidé de ne plus me contraindre à n’écouter qu’une seule mélodie, ou plutôt un seul refrain. Je commence donc par réfléchir avec les quelques outils que j’ai à ma disposition et je m’exprime librement. Et je ne m’en porte que mieux.
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