Bouillie de ciel

Mes poèmes de jeunesse…

Un vieux, très vieux texte que je republie

Mes Everest : Leo Ferré

 » Les souvenirs c’est du présent discutable »

Mémoires

Homme pressé sur un banc s’est assis

Il regarde en souriant

Le temps qui file en grinçant

Homme pressé pour un instant s’est libéré

Extraits

…Anton se souvient de ce que son père, Marcel, lui expliquait. Sur le beau. Sur le vrai. Tout petit déjà il l’accompagnait dans ses incroyables déambulations. C’est pendant ces longues promenades que Marcel a expliqué à Anton. L’essentiel c’est ne rien dire, s’arrêter, écouter, sentir sans penser, sans chercher ni à expliquer, ni à faire des liens avec ce qui a déjà été écrit ou dit. Ne pas suivre la direction qui indique le beau, le bon. Ce qu’il faut Anton c’est ressentir, chercher l’existence. Le beau n’appartient à personne et il n’appartient à personne de désigner ce qui est beau. Et tu vois Anton, ce mot, je crois même qu’il est préférable de l’éviter. Comme tous ces mots qui ont le défaut d’avoir un contraire. Est-ce-que tu as déjà remarqué Anton que lorsque les mots ont un contraire, un opposé, quand tu prononces l’un c’est à l’autre que tu penses…

Mémoires

Mémoires de vieilles pierres figées

Odeur d’un vieux lichen fripé

Souvenirs d’un village endormi au creux du frêle été

Pas à pages il faut avancer dans les marges effacées

Juillet 2021

Orages de juillet…

Orages de juillet, un vieux texte déjà publié en 2019

Pluies…

Mémoires : 3

Il y a un an, la pluie, déjà, encore, toujours… Mémoires…

Mémoires : 2…

Memoires…

Quelques textes sur la mémoire que j’avais publiés l’année dernière…

Un train est entré

Souvenirs…

Mes Everest, Marguerite Duras : « Ecrire »

Une bouchée du bel été

L’écriture, un révélateur

Une fois n’est pas coutume, voici le texte d’une intervention que j’ai faite la semaine dernière au Ministère de la Justice, à l’occasion de la remise des prix du concours d’écriture organisé en prison par la fondation M6

Bonjour à toutes et à tous,
L’Agence Nationale de Lutte contre l’illettrisme que je représente aujourd’hui est ravie, une nouvelle fois, d’être associée à cette cérémonie de remise des prix. Nous sommes ravis d’être à vos côtés, ici, au ministère de la Justice, en compagnie du ministère de l’Education nationale, tous deux membres fondateurs du GIP ANLCI ; c’est une façon concrète d’illustrer ce que signifie « se réunir pour mieux agir ».
Quelques mots, un petit mot m’avez-vous demandé. Il arrive fréquemment lorsque nous sommes, lorsque je suis sollicité pour des occasions de ce type qu’on nous demande de dire un mot, un petit mot. C’est une formule, une façon un peu délicate de dire qu’il faut que l’intervention soit brève. Et ce matin lorsque j’ai préparé ce mot, ce petit mot, qui je vous l’assure n’excédera pas cinq minutes, je me suis interrogé. Si je n’avais qu’un mot, un seul, à choisir pour exprimer ce que j’ai à dire, quel serait-il ?
Difficile ! Mais j’ai essayé et c’est le mot révélateur qui est apparu. REVELATEUR parce que j’ai été dans ma jeunesse un photographe amateur et que j’ai connu la magie du développement en laboratoire. Je me souviens de ce moment unique ou la feuille de papier vierge de toute expression, plongée dans le révélateur laisse apparaître tout doucement une image, une photographie. Oui c’est le mot qui me convient, qui nous convient. Les mots sont et peuvent être révélés.
Ces mots, les mots sont nos compagnons de route. Ils sont souvent enfouis au fond de chacun d’entre nous. Il faut qu’ils sortent, il faut qu’ils jaillissent, qu’ils se réveillent, qu’ils se révèlent. Et c’est la magie de ces ateliers d’écriture. Comme le sourcier avec sa baguette, l’enseignante ou l’enseignant aide à réveiller et à révéler ce que vous avez au fond, à l’intérieur de vous. Les mots sont alors dits, puis ils sont écrits et enfin ils sont lus. Et demain ils seront lus et relus, à nouveau. Ils seront alors devenus une trace. J’en profite d’ailleurs pour affirmer que l’écriture et la lecture sont intimement liées et que l’annonce faite par le Président de la République que la grande cause nationale de l’été 2021 à l’été 2022 serait la lecture est une invitation qui nous est faite à toutes et à tous à valoriser les actions de ce type.
Alors oui pour certaines et certains c’est difficile, plus difficile, les mots sont là, mais ils sont rebelles, parfois impossibles à saisir, à maîtriser à apprivoiser. C’est la situation dans laquelle se trouvent 2 500 000 personnes dans notre pays. Il faut des outils, des leviers pour les rendre accessibles, pour qu’un jour ils puissent se poser sur une feuille de papier, ou sur un écran, et être utilisés.
Parmi les différentes catégories de ce concours, il y a celle des débutants et c’est à vous et à vos enseignantes et enseignants que je m’adresse aujourd’hui. Si le parcours pour donner vie à ces mots est plus difficile, plus long, parfois semé d’embûches, au bout le résultat est le même. Nous sommes à l’ANLCI attachés à ce que ne soient jamais oubliés, celles et ceux qui souffrent de ne pouvoir mettre en mot, cette musique intérieure. Nous sommes attachés avec nos partenaires, avec les administrateurs du GIP à ce que des solutions soient proposées pour que demain nous puissions embarquer avec nous tout un peuple de lecteurs. Parmi ces solutions il y a les ateliers d’écriture, avec ce travail formidable des intervenantes et intervenants de l’Education nationale, de l’Administration pénitentiaire. Ce travail qui réveille et révèle ces talents que chacune et chacun d’entre vous a en lui.
Chaque texte est unique, chaque texte témoigne du travail accompli : il le révèle, il vous révèle pour que les émotions puissent tranquillement se poser sur une feuille de papier ou sur un écran.
C’est ce que vous avez réalisé M……….. avec votre texte qui obtient le troisième prix de cette catégorie débutant. Nous vous en félicitons et vous invitons à considérer que cette dernière fois qui était le thème de cette année marque le début d’une aventure où les mots occuperont une place centrale.
Eric NEDELEC
Directeur adjoint de l’ANLCI

Extrait…

…Le bonheur je ne sais pas ce que c’est, et puis je ne veux pas le décrire, je ne veux pas l’encadrer avec des mots qui seront de toute façon, un jour ou l’autre enfermés dans un dictionnaire. Le bonheur, tu le vois bien Anton, il arrive, là, comme ça, sans rien dire, c’est un soir, à Narvik. On marche, nos mains se tiennent, et le bonheur est là, comment veux-tu trouver un mot pour en parler, comment veux-tu le décrire ?

Le chant du rail

Fenêtre ouverte

J’entends le chant crissant

D’un rail de métal gisant

Ville endormie

Matin vague

Sur une rive d’ocres

Empêtrés

Fenêtre ouverte

J’attrape le souffle lointain

Des océans voisins

Sur le chemin de ma mémoire…

Je cherche

Sur la vitre de nos mardis

Le temps est au matin gris

Les regards glissent

Sur la vitre de nos ennuis

Le temps est aux regards gris

Le matin se plisse

Sur la vitre de nos mardis

Racines…

Dans le double fond de mes souvenirs à partager

J’ai nourri de mes rires bleus

Les racines des arbres à mémoire

Et dans un souffle d’été

Deux feuilles se sont envolées

Je t’attends.

Humeur

Écrire les couleurs de l’été

Écrire les fureurs de mes colères rentrées

Écrire les peurs d’une longue nuit de craie

Écrire un mot doux qui frissonne

Écrire une belle lettre ronde et noire

Écrire sur les lignes grises de ta mémoire

Écrire sans un bruit dans le silence de papier d’un matin froissé…

Rêve à finir..

Troisième republication du jour…

Au bout de la nuit

Prends garde homme pressé…

C’était il y a un an…

Extrait…

Mon travail d’écriture avance, environ 150 pages déjà noircies, avec lorsque je me relis, toujours à voix haute pour entendre la musique des mots, des frissons que j’ai envie de partager, même si le travail est loin d’être achevé…

…Marcel et Jeanne sont restés plusieurs années à Narvik. Anton ne sait pas exactement ce qu’ils y ont fait. Vous êtes restés combien de temps là-bas ? Et la réponse, toujours la même…Plusieurs années. Comme s’il ne fallait pas compter, mesurer, encadrer. Le temps ne doit pas se mesurer Anton, le temps c’est de la vie qui passe, c’est de la vie qui enfle, de la vie qui souffre, de la vie qui rit, s’enflamme et parfois disparaît. Et cela ne se mesure pas. Dès que tu poses la question combien, tout est fini Anton, tu es fini, tu as fini. La mémoire qu’il nous reste de là-bas n’est pas gradué, elle est pleine, entière, avec des rondeurs, des zones un peu floues…