
Retraité, je suis retraité. C’est le terme consacré, qu’il faut désormais désigner non pas ce que je suis mais ce que je fais. Avant de proposer au tribunal académique de se réunir en séance plénière pour instruire le cas épineux de ce mot, quelques réflexions que j’ajoute à mes carnets. L’étymologie a ce ceci d’intéressant c’est qu’elle ne nous ment pas. Elle est pleine de ces qualités qui ne sont, par contre les caractéristiques des bavardages contemporains surtout quand ils deviennent médiatiques. Elle est logique, pragmatique et parfois pleine d’un humour surprenant et dérangeant. En effet lorsqu’on découvre qu’étymologiquement parlant retraité c’est tirer en arrière (trahere voulant dire traîner, tirer). Amusant non ! Alors que les retraités sont plutôt celles et ceux qui sont perçus comme débutant la dernière étape, celle qui va les pousser vers la fin, l’étymologie nous dit qu’il s’agit de reculer, de revenir en arrière, bref de revenir sur ses pas, pourquoi pas de retrouver les traces de cette jeunesse qu’on croit disparu. J’avoue que cela me plait cette idée du retour en arrière, prendre le temps de passer sur le chemin déjà emprunté, y corriger quelques erreurs, achever ce qui a souvent été entrepris sans aller jusqu’au bout. Retraité ce n’est pas l’état de celui qui se retire mais plutôt de celui qui revient…
2 septembre : deuxième jour de retraite
En savoir plus sur Les mots d'Eric
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.