
Ecrire des trucs n’est rien, le difficile c’est de les vivre : la vendange est finie, maintenant. Plus besoin de me casser les talons dans la pierraille, d’encaisser les coups de serpette sur les ongles.
Régulièrement ça bouillote, ça se réchauffer, ça décante, ça éclate en bulles, bulles douces ou amères, bulles de larmes, bulles de rire ; et chaque jour j’en tire un peu, pour goûter. J’envisage un très grand cru, un très nombreux lu, je me tourne la tête à me relire, c’est comme si je buvais…du coup je ne touche plus à l’alcool, je m’en moque bien de l’alcool ! J’ai une bobine dans la tête, un prénom dans le cœur, du bonheur plein la carcasse, je n’ai plus besoin d’une bouteille dans le placard. Nous nous en tenons à l’inoffensive piquette de pays et à l’occasion d’un tour en ville, nous mettons beaucoup d’eau dans un unique pastis : on n’en revient pas d’être si vertueux, c’est pas possible, ça ne va pas durer…
Extrait de « la traversière »
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