Mes Everest, Anne Hébert…

La voix de l’oiseau

J’entends la voix de l’oiseau mort
Dans un bocage inconnu.

L’oiseau chante sa plainte
À la droite
De ma nuit.

J’entends le bruissement des peupliers
Qui font un chant liquide
Tout autour de moi,

Île noire
Sur soi enroulée.
Captivité.

De moi à l’oiseau
De moi à cette plainte
De l’oiseau mort
Nul passage
Nul secours

Que sa plainte reçue
Que sa plainte revêtue
Par la voix intérieure

Pareillement blessée
Pareillement d’ailleurs

D’une nuit égale
D’une mort égale
Ô Paradis déchiré !

Anne Hébert

Poèmes

Éditions du Seuil, 1960


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