Billets d’humeur : traîtrise…

Il n’est pas rare d’entendre parler de traîtrise quand il s’agit de qualifier le comportement de quelqu’un qui, notamment en politique, décide, pour de bonnes ou mauvaises raisons, de changer d’avis ou dont les positions évoluent. S’il peut être légitime et compréhensible de considérer comme une trahison le fait de briser le lien de confiance qui pouvait exister, il me semble qu’il y a aujourd’hui une utilisation abusive de ce terme.

Il s’agit dès lors de considérer comme un traître celui ou celle qui refuse de se laisser emprisonner dans ce que j’appelle une camisole idéologique excluante. Il est heureux, je le pense sincèrement, que des personnes ne s’interdisent pas de penser par elles-mêmes, ce qui peut avoir pour conséquence d’émettre un avis, une opinion divergente, différente, voire simplement complémentaire. Ce n’est non seulement pas grave, mais c’est surtout un signe de vitalité pour la liberté de penser et d’agir. Il m’est d’ailleurs arrivé, à l’époque où j’étais comme on dit « encarté », de partager tout ou partie des points de vue de celles et ceux que j’aurai du aveuglément combattre, pour la simple et bonne raison qu’ils n’appartenaient pas à la même écurie. Et se produit alors, ce phénomène un peu perturbant, quand on est persuadé d’être fondamentalement attachée à la liberté d’expression qui est celui de l’auto-censure. Il y a quelques années j’ai donc décidé de ne plus me contraindre à n’écouter qu’une seule mélodie, ou plutôt un seul refrain. Je commence donc par réfléchir avec les quelques outils que j’ai à ma disposition et je m’exprime librement. Et je ne m’en porte que mieux.

Billet d’humeur : confiance !

Il fut un temps où certains mots étaient agréables à dire, à prononcer. On les articulait avec délice, tant ils laissaient sur le palais des saveurs agréables. Il faudra peut-être dresser une liste de ces mots qui sont aujourd’hui perdus pour l’écriture.

Je ne parviens plus à apprécier la mélodie de ce mot « confiance ».

Elle était belle cette confiance qu’on se partageait comme un fruit gorgé de soleil, elle était belle cette confiance qui accompagnait toutes les amitiés, qui parfumait les amours, elle était dans le regard bleu de ces enfants que l’on prend par la main, elle était dans la petite flamme vacillante derrière le regard d’un vieux père qui s’éteint, elle était dans l’arc en ciel des sourires de ceux qui ne se sentent pas oubliés. On lui cherchait des rimes de joie, la danse, la chance, la présence, l’alliance.

Mais aujourd’hui l’horloge molle des haines multiples a tourné, et la confiance que j’aimais s’est abîmé dans le marécage des fausses promesses, des phrases creuses, et les rimes qui l’accompagnent sont d’un monde que je ne supporte plus…

10.09.2025

Oui mais…

Ce qu’il faudrait c’est dénoncer l’invasion russe

Oui mais

Ce qu’il faudrait c’est dénoncer les massacres du sept octobre

Oui mais

Ce qu’il faudrait c’est dénoncer la folie meurtrière de Netanyahou

Oui mais

Ce qu’il faudrait c’est dénoncer les guerres impérialistes

Oui mais

Ce qu’il faudrait c’est dénoncer les fanatismes

Oui mais

Ce qu’il faudrait c’est dénoncer les terrorismes

Oui mais

Ce qu’il faudrait c’est dénoncer l’enfermement de Boualem Sansal

Oui mais

Ce qu’il faudrait c’est s’écouter

Ce qu’il faudrait c’est ne pas instrumentaliser les souffrances

Ce qu’il faudrait c’est ne pas sélectionner ses indignations

Ce qu’il faudrait c’est écouter

Ce qu’il faudrait c’est entendre

Ce qu’il faudrait c’est se battre pour la paix

Et refuser le oui mais…

7 juillet 2025

Billet d’humeur…

Est-ce qu’il est encore possible aujourd’hui d’être tenté par l’optimisme ? J’ai bien précisé, tenté, ce qui vous me l’accorderez, est une nuance importante. Être optimiste c’est en ce moment, compte tenu du contexte, un peu osé, pour ne pas dire inconvenant, en prenant le risque, par un tel comportement, d’être suspecté d’indifférence ou d’aveuglement. Sur ce long chemin qui doit nous conduire à l’optimisme, il y a de nombreux obstacles : ce sont ce que j’appellerai les cailloux ou les ornières de la réalité. Non, c’est autre chose dont je parle, et c’est très clair dans mon esprit. Je suis tenté, oui tenté, par l’optimisme, c’est-à-dire que sur ce chemin évoqué, je ressens le besoin de tendre la main, ou le regard, vers autre chose que cette boue grise qui envahit un peut tout. Je vous entends déjà me répondre que la situation ne nous invite ni à être de doux rêveurs, ni des tendres naïfs. Il s’agit pour moi de regarder ce qu’il y a encore de beau, de réconfortant dans ce monde, et de se laisser tenter, de plonger dans cette gourmandise spontanée. Et si les occasions sont rares, il faut les saisir, et surtout, surtout, ne pas respecter les injonctions de toutes ces morales qui nous invitent à ne pas succomber à cette tentation. Mon choix est fait : le premier acte de ma résistance consiste à me réjouir de ce qui est beau, joyeux, humain, solidaire, lumineux… Enfin j’essaie…

Le 7 mars 2025

Billets d’humeur : traîtrise…

Il n’est pas rare d’entendre parler de traîtrise quand il s’agit de qualifier le comportement de quelqu’un qui, notamment en politique, décide, pour de bonnes ou mauvaises raisons, de changer d’avis ou dont les positions évoluent. S’il peut être légitime et compréhensible de considérer comme une trahison le fait de briser le lien de confiance qui pouvait exister, il me semble qu’il y a aujourd’hui une utilisation abusive de ce terme.

Il s’agit dès lors de considérer comme un traître celui ou celle qui refuse de se laisser emprisonner dans ce que j’appelle une camisole idéologique excluante. Il est heureux, je le pense sincèrement, que des personnes ne s’interdisent pas de penser par elles-mêmes, ce qui peut avoir pour conséquence d’émettre un avis, une opinion divergente, différente, voire simplement complémentaire. Ce n’est non seulement pas grave, mais c’est surtout un signe de vitalité pour la liberté de penser et d’agir. Il m’est d’ailleurs arrivé, à l’époque où j’étais comme on dit « encarté », de partager tout ou partie des points de vue de celles et ceux que j’aurai du aveuglément combattre, pour la simple et bonne raison qu’ils n’appartenaient pas à la même écurie. Et se produit alors, ce phénomène un peu perturbant, quand on est persuadé d’être fondamentalement attachée à la liberté d’expression qui est celui de l’auto-censure. Il y a quelques années j’ai donc décidé de ne plus me contraindre à n’écouter qu’une seule mélodie, ou plutôt un seul refrain. Je commence donc par réfléchir avec les quelques outils que j’ai à ma disposition et je m’exprime librement. Et je ne m’en porte que mieux.

Billets d’humeur : réagir…

Il faut réagir !

J’ai, une fois de plus, beaucoup de difficultés avec une période où il est demandé, que dis-je, où on « somme » chacune et chacun de réagir. Réagir à tout, et à n’importe quoi. Et, comme à chaque fois où cette question de la réaction refait surface, je pense à Albert Camus qui s’inquiétait que le réflexe ait remplacé la réflexion, que l’on pensait à coup de slogans et surtout surtout que la méchanceté se prenait trop souvent pour de l’intelligence.

Aujourd’hui qu’il s’agisse de la nomination d’un premier ministre, d’un pénalty raté par Mbappé, de la sortie d’un film bon ou mauvais, d’un événement international ou local, il faut réagir. Alors oui pourquoi pas, c’est même souvent nécessaire mais ce qui est généralement exigé c’est une réaction immédiate, instantanée. Une réaction brute de décoffrage quoi. Je suis désolé, mais je revendique le droit à prendre le temps, de réfléchir avant d’agir, de prendre le temps de m’interroger si oui ou non une réaction est utile, légitime et ce qu’elle pourra apporter. En ce qui me concerne, je préfère cantonner mes réactions au seul champ de mes émotions. Certes vous me direz justement qu’une émotion est une réaction (je préférerai dire qu’elle est une expression). Ainsi, pour être juste et éviter d’être jugé sur des réactions émotionnelles, j’ai donc choisi de réagir par le biais de la poésie notamment lorsque j’observe en ouvrant ma fenêtre, le matin, un magnifique ciel d’hiver. Et d’une manière générale le résultat de cette réaction est gratuitement beau et émouvant même s’il suscite parfois certaines réactions….

Billets d’humeur : Alerte…

Alerte, nous vous prévenons que nous allons avoir une alerte qui nous préviendra d’un événement dont on peut considérer qu’il est alertant…

Je pense sérieusement qu’il n’y en a plus pour longtemps avant de voir apparaître une application qui émettra des alertes jaunes, rouges, et autres couleurs à inventer pour nous prévenir de l’imminence de l’arrivée sur nos smartphones d’une alerte, destinée à nous prévenir de tout autre chose. Oui il faut prévenir, il faut nous prévenir. Mais, même si je suis convaincu que, par exemple en matière d’événements météorologiques rares, il est nécessaire de prévenir les populations, n’est ce pas devenu une obsession que de tout vouloir anticiper, que d’absolument vouloir éviter l’imprévu. On nous prévient désormais pour la moindre pluie, pour le moindre courant d’air, pour la moindre toux, on nous prévient de l’imminence d’un ralentissement, on nous prévient de l’arrivée du pollen, du soleil, de la nuit même. Et je ne parle pas de la profusion des alertes qui parce que nous sommes en permanence connectés, nous invite à surveiller notre alimentation, notre poids, notre sommeil, notre rythme cardiaque, notre nombre de pas, notre taux de gluten. Attention devient presque le premier mot à apprendre par un enfant. Et pourtant, et pourtant l’inattendu reste toujours merveilleux. J’aime lorsque j’ouvre ma fenêtre le matin être étonné par la couleur du ciel, j’aime être surpris par la rencontre avec quelqu’un que je ne connaissais pas, j’aime tomber de sommeil alors que j’ai bien dormi la veille, j’aime saliver devant une assiette de charcuterie. Bref j’aime vivre  

Billets d’humeur : concertation…

Vous avez dit concertation ? Il faut de la concertation… Ce qui nous manque c’est la concertation…Il faut parvenir à un compromis. Et voici encore un mot qui est aujourd’hui en tête de gondole des supermarchés du commentaire et de l’injonction péremptoire (tiens il faudra qu’on en parle de ces deux-là). Et d’entendre que ce qu’il manque, c’est de la concertation, qu’il faut accepter la concertation, qu’on a tenté de se concerter. Mais, car il y a évidemment un mais, que signifier vraiment ce terme…. On sait tous, plus ou moins, que la concertation, se concerter, c’est prendre mutuellement l’avis des uns et des autres, en vue d’un projet commun. Il y a bien quelque chose à voir, me semble-t-il, avec l’écoute.
Cette idée, que dis-je, ce principe directeur de l’écoute m’apparaît comme essentiel et permet de faire le lien avec la racine première de ce mot, puisqu’il s’agit évidemment de concert, lui même dérivé de l’italien concertare. Attention j’ai bien dit concertare qui signifie se concerter et qui n’a rien à voir avec un concert de tarés… Même si, j’en conviens, il peut arriver que la douce harmonie du concert soit troublée par la fausse note d’un allergique à la mélodie commune. On dit d’ailleurs que déconcerter c’est troubler un concert (Il ne faut qu’une voix discordante pour déconcerter toutes les autres.) Ces pérégrinations étymologiques m’amusent beaucoup dans le contexte. Cette proximité avec la musique, avec le concert, m’amène quand même à m’interroger sur la volonté commune de jouer dans le même orchestre, il semblerait que certains instruments, notamment ceux qui produisent du vent, cherchent à prendre le dessus, à tel point que c’est toujours le même petit son de flûte qu’on entend… Et surtout, encore tout ému de la beauté du film « en fanfare » je ne peux m’empêcher de penser que ce qu’il manque c’est un bon chef d’orchestre, ou tout au moins un chef d’orchestre qui ne se contente pas de jouer sa seule partition.
Je vous adresse toutes mes sincères concertations….

Nouvelle rubrique : billets d’humeur…

Comme à chaque début d’années, il est d’usage de s’engager sur de bonnes ( ou mauvaises…) résolutions. Je ne vais pas déroger à cette régle et tente donc une nouvelle rubrique que je vais nommer ( peu d’originalité j’en conviens ) : « billets d’humeur ». Il s’agira, de réagir, de s’étonner, avec humour, et beaucoup d’ironie et parfois une pincée de provocation, sur les actualités et plus particulièrement sur les mots qui accompagnent cette même actualité.

Instabilité

Instabilité ! L’instabilité semble être, depuis quelques mois, le terme consacré pour définir la situation politique en France. Et ce mot que, pour ma part, j’associe souvent à l’équilibre, pour la simple raison que c’est un déséquilibre (une différence de hauteur, de niveau, un vent violent) qui met à mal la stabilité souvent recherchée, peuple toutes les conversations, commentaires, analyses et autres bavardages. On analyse sans fin ce qui peut expliquer cette instabilité, on recherche les responsables ou plus souvent le responsable, car lorsqu’il est singulier, il devient par magie le coupable. On s’interroge sur ce qu’il faudrait, ce qu’il ne faudrait plus, on propose, on suppose, on glose… Et sur ce sujet, comme tant d’autres, on ne prend pas le temps de s’interroger tranquillement sur le sens premier des mots. La stabilité qui, rappelons-le quand même, caractérise ce qui tend à rester dans un état permanent, immuable, qui ne change pas et qui résiste à toutes les contraintes extérieures, pour ma part me semble parfois bien ennuyeuse, et fort peu annonciatrice de changements, d’innovations, de fantaisie, de poésie. Si l’écriture était dans un état de stabilité permanent nous en serions encore figés dans des académismes ennuyeux. Oui, mais il s’agit de politique me direz-vous, et là c’est quand même sérieux, nous avons besoin de stabilité. Oui d’accord, il vaut mieux éviter le chaos, la pagaille, mais vous conviendrez avec moi que s’il est nécessaire que les fondations soient solides, il est agréable parfois qu’il y ait un peu de vent dans les voiles…

3.01.2025