J’arrive, j’arrive Mais qu’est-ce que j’aurais bien aimé Encore une fois prendre un amour Comme on prend le train pour plus être seul Pour être ailleurs, pour être bien
J’arrive, j’arrive Mais qu’est-ce que j’aurais bien aimé Encore une fois remplir d’étoiles Un corps qui tremble et tomber mort Brûlé d’amour, le cœur en cendres…
Voir la rivière gelée Vouloir être un printemps Voir la terre brûlée Et semer en chantant Voir que l’on a vingt ans Vouloir les consumer Voir passer un croquant Et tenter de l’aimer
Voir une barricade Et la vouloir défendre Voir périr l’embuscade Et puis ne pas se rendre Voir le gris des faubourgs Vouloir être Renoir Voir l’ennemi de toujours Et fermer sa mémoire
Voir que l’on va vieillir Et vouloir commencer Voir un amour fleurir Et s’y vouloir brûler Voir la peur inutile La laisser aux crapauds Voir que l’on est fragile Et chanter à nouveau
Voilà ce que je vois Voilà ce que je veux Depuis que je te vois Depuis que je te veux.
Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues Et de vagues rochers que les marées dépassent Et qui ont à jamais le cœur à marée basse Avec infiniment de brumes à venir Avec le vent de l’est écoutez-le tenir Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes Et de noirs clochers comme mâts de cocagne Où des diables en pierre décrochent les nuages Avec le fil des jours pour unique voyage Et des chemins de pluie pour unique bonsoir Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner Avec le vent du nord qui vient s’écarteler Avec le vent du nord écoutez-le craquer Le plat pays qui est le mien
Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot Quand les fils de novembre nous reviennent en mai Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet Quand le vent est au rire quand le vent est au blé Quand le vent est au sud écoutez-le chanter Le plat pays qui est le mien.
Derrière la saleté S’étalant devant nous Derrière les yeux plissés Et les visages mous Au-delà de ces mains Ouvertes ou fermées Qui se tendent en vain Ou qui sont poings levés Plus loin que les frontières Qui sont de barbelés Plus loin que la misère Il nous faut regarderIl nous faut regarder Ce qu’il y a de beau Le ciel gris ou bleuté Les filles au bord de l’eau L’ami qu’on sait fidèle Le soleil de demain Le vol d’une hirondelle Le bateau qui revient L’ami qu’on sait fidèle Le soleil de demain Le vol d’une hirondelle Le bateau qui revient
Par-delà le concert Des sanglots et des pleurs Et des cris de colère Des hommes qui ont peur Par-delà le vacarme Des rues et des chantiers Des sirènes d’alarme Des jurons de charretier Plus fort que les enfants Qui racontent les guerres Et plus fort que les grands Qui nous les ont fait faire
Il nous faut écouter L’oiseau au fond des bois Le murmure de l’été Le sang qui monte en soi Les berceuses des mères Les prières des enfants Et le bruit de la terre Qui s’endort doucement Les berceuses des mères Les prières des enfants Et le bruit de la terre Qui s’endort doucement
Je suis à Bruxelles pour quelques jours. Hommage au grand Jacques…
Jacques Brel
Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues Et de vagues rochers que les marées dépassent Et qui ont à jamais le cœur à marée basse Avec infiniment de brumes à venir Avec le vent de l’est écoutez-le tenir Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes Et de noirs clochers comme mâts de cocagne Où des diables en pierre décrochent les nuages Avec le fil des jours pour unique voyage Et des chemins de pluie pour unique bonsoir Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner Avec le vent du nord qui vient s’écarteler Avec le vent du nord écoutez-le craquer Le plat pays qui est le mien
Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot Quand les fils de novembre nous reviennent en mai Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet Quand le vent est au rire quand le vent est au blé Quand le vent est au sud écoutez-le chanter Le plat pays qui est le mien.
Il y a bien longtemps que je n’avais partagé l’un de mes plus grands maîtres…
Derrière la saleté S’étalant devant nous Derrière les yeux plissés Et les visages mous Au-delà de ces mains Ouvertes ou fermées Qui se tendent en vain Ou qui sont poings levés Plus loin que les frontières Qui sont de barbelés Plus loin que la misère Il nous faut regarderIl nous faut regarder Ce qu’il y a de beau Le ciel gris ou bleuté Les filles au bord de l’eau L’ami qu’on sait fidèle Le soleil de demain Le vol d’une hirondelle Le bateau qui revient L’ami qu’on sait fidèle Le soleil de demain Le vol d’une hirondelle Le bateau qui revient
Par-delà le concert Des sanglots et des pleurs Et des cris de colère Des hommes qui ont peur Par-delà le vacarme Des rues et des chantiers Des sirènes d’alarme Des jurons de charretier Plus fort que les enfants Qui racontent les guerres Et plus fort que les grands Qui nous les ont fait faire
Il nous faut écouter L’oiseau au fond des bois Le murmure de l’été Le sang qui monte en soi Les berceuses des mères Les prières des enfants Et le bruit de la terre Qui s’endort doucement Les berceuses des mères Les prières des enfants Et le bruit de la terre Qui s’endort doucement
Ils parlent de la mort comme tu parles d’un fruit Ils regardent la mer comme tu regardes un puits Les femmes sont lascives au soleil redouté Et s’il n’y a pas d’hiver, cela n’est pas l’été La pluie est traversière, elle bat de grain en grain Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin Et par manque de brise, le temps s’immobilise Aux Marquises Du soir, montent des feux et des points de silence Qui vont s’élargissant, et la lune s’avance Et la mer se déchire, infiniment brisée Par des rochers qui prirent des prénoms affolés Et puis, plus loin, des chiens, des chants de repentance Et quelques pas de deux et quelques pas de danse Et la nuit est soumise et l’alizé se brise Aux Marquises Le rire est dans le cœur, le mot dans le regard Le cœur est voyageur, l’avenir est au hasard Et passent des cocotiers qui écrivent des chants d’amour Que les sœurs d’alentour ignorent d’ignorer Les pirogues s’en vont, les pirogues s’en viennent Et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font Veux-tu que je te dise, gémir n’est pas de mise Aux Marquises
Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues Et de vagues rochers que les marées dépassent Et qui ont à jamais le cœur à marée basse Avec infiniment de brumes à venir Avec le vent de l’est écoutez-le tenir Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes Et de noirs clochers comme mâts de cocagne Où des diables en pierre décrochent les nuages Avec le fil des jours pour unique voyage Et des chemins de pluie pour unique bonsoir Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner Avec le vent du nord qui vient s’écarteler Avec le vent du nord écoutez-le craquer Le plat pays qui est le mien
Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot Quand les fils de novembre nous reviennent en mai Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet Quand le vent est au rire quand le vent est au blé Quand le vent est au sud écoutez-le chanter Le plat pays qui est le mien.
Voir la rivière gelée Vouloir être un printemps Voir la terre brûlée Et semer en chantant Voir que l’on a vingt ans Vouloir les consumer Voir passer un croquant Et tenter de l’aimer
Voir une barricade Et la vouloir défendre Voir périr l’embuscade Et puis ne pas se rendre Voir le gris des faubourgs Vouloir être Renoir Voir l’ennemi de toujours Et fermer sa mémoire
Voir que l’on va vieillir Et vouloir commencer Voir un amour fleurir Et s’y vouloir brûler Voir la peur inutile La laisser aux crapauds Voir que l’on est fragile Et chanter à nouveau
Voilà ce que je vois Voilà ce que je veux Depuis que je te vois Depuis que je te veux.
Au printemps au printemps Et mon cœur et ton cœur Sont repeints au vin blanc Au printemps au printemps Les amants vont prier Notre-Dame du bon temps Au printemps Pour une fleur un sourire un serment Pour l’ombre d’un regard en riant
Toutes les filles Vous donneront leurs baisers Puis tous leurs espoirs Vois tous ces cœurs Comme des artichauts Qui s’effeuillent en battant Pour s’offrir aux badauds Vois tous ces cœurs Comme de gentils mégots Qui s’enflamment en riant Pour les filles du métro
Au printemps au printemps Et mon cœur et ton cœur Sont repeints au vin blanc Au printemps au printemps Les amants vont prier Notre-Dame du bon temps Au printemps Pour une fleur un sourire un serment Pour l’ombre d’un regard en riant
Tout Paris Se changera en baisers Parfois même en grand soir Vois tout Paris Se change en pâturage Pour troupeaux d’amoureux Aux bergères peu sages Vois tout Paris Joue la fête au village Pour bénir au soleil Ces nouveaux mariages
Au printemps au printemps Et mon cœur et ton cœur Sont repeints au vin blanc Au printemps au printemps Les amants vont prier Notre-Dame du bon temps Au printemps Pour une fleur un sourire un serment Pour l’ombre d’un regard en riant
Toute la Terre Se changera en baisers Qui parleront d’espoir Vois ce miracle Car c’est bien le dernier Qui s’offre encore à nous Sans avoir à l’appeler Vois ce miracle Qui devait arriver C’est la première chance La seule de l’année
Au printemps au printemps Et mon cœur et ton cœur Sont repeints au vin blanc Au printemps au printemps Les amants vont prier Notre-Dame du bon temps Au printemps
Bien sûr, il y a les guerres d’Irlande Et les peuplades sans musique Bien sûr, tout ce manque de tendre Et il n’y a plus d’Amérique Bien sûr, l’argent n’a pas d’odeur Mais pas d’odeur vous monte au nez Bien sûr, on marche sur les fleurs Mais, mais voir un ami pleurer!Bien sûr, il y a nos défaites Et puis la mort qui est tout au bout Nos corps inclinent déjà la tête Étonnés d’être encore debout Bien sûr, les femmes infidèles Et les oiseaux assassinés Bien sûr, nos cœurs perdent leurs ailes Mais, mais voir un ami pleurer!Bien sûr, ces villes épuisées Par ces enfants de cinquante ans Notre impuissance à les aider Et nos amours qui ont mal aux dents Bien sûr, le temps qui va trop vite Ces métro remplis de noyés La vérité qui nous évite Mais, mais voir un ami pleurer!Bien sûr, nos miroirs sont intègres Ni le courage d’être juif Ni l’élégance d’être nègre On se croit mèche, on n’est que suif Et tous ces hommes qui sont nos frères Tellement qu’on n’est plus étonné Que, par amour, ils nous lacèrent Mais, mais voir un ami pleurer!
Rêver un impossible rêve Porter le chagrin des départs Brûler d’une possible fièvre Partir où personne ne part
Aimer jusqu’à la déchirure Aimer, même trop, même mal, Tenter, sans force et sans armure, D’atteindre l’inaccessible étoile
Telle est ma quête, Suivre l’étoile Peu m’importent mes chances Peu m’importe le temps Ou ma désespérance Et puis lutter toujours Sans questions ni repos Se damner Pour l’or d’un mot d’amour Je ne sais si je serai ce héros Mais mon cœur serait tranquille Et les villes s’éclabousseraient de bleu Parce qu’un malheureux
Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé Brûle encore, même trop, même mal Pour atteindre à s’en écarteler Pour atteindre l’inaccessible étoile.