Mes Everest, Victor Hugo, « En hiver la terre pleure »

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.

Soleil ! aimons ! – Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?

Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : – C’est la nuit, ma belle ! –
Et la fait en s’en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S’en va le plus tôt qu’il peut.

Victor Hugo

Mes Everest, Victor Hugo : « l’aurore s’allume », extrait.

L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

Mes Everest, Victor Hugo : Sur la falaise, extrait

Tu souris dans l’invisible.
O douce âme inaccessible,
Seul, morne, amer,
Je sens ta robe qui flotte
Tandis qu’à mes pieds sanglote
La sombre mer.

La nuit à mes chants assiste.
Je chante mon refrain triste
A l’horizon.
Ange frissonnant, tu mêles
Le battement de tes ailes
A ma chanson.

je songe à ces pauvres êtres,
Nés sous tous ces toits champêtres,
Dont le feu luit,
Barbe grise, tête blonde,
Qu’emporta cette eau profonde
Dans l’âpre nuit.

Je pleure les morts des autres.
Hélas ! leurs deuils et les nôtres
Ne sont qu’un deuil.
Nous sommes, dans l’étendue,
La même barque perdue
Au même écueil.

Mes Everest, Victor Hugo : « l’aurore s’allume », extrait.

L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

Mes Everest, Victor Hugo, « En hiver la terre pleure »

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.

Soleil ! aimons ! – Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?

Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : – C’est la nuit, ma belle ! –
Et la fait en s’en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S’en va le plus tôt qu’il peut.

Victor Hugo

Mes Everest, Victor Hugo, « En hiver la terre pleure »

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.

Soleil ! aimons ! – Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?

Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : – C’est la nuit, ma belle ! –
Et la fait en s’en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S’en va le plus tôt qu’il peut.

Victor Hugo

Mes Everest, Victor Hugo : Sur la falaise, extrait

Tu souris dans l’invisible.
O douce âme inaccessible,
Seul, morne, amer,
Je sens ta robe qui flotte
Tandis qu’à mes pieds sanglote
La sombre mer.

La nuit à mes chants assiste.
Je chante mon refrain triste
A l’horizon.
Ange frissonnant, tu mêles
Le battement de tes ailes
A ma chanson.

je songe à ces pauvres êtres,
Nés sous tous ces toits champêtres,
Dont le feu luit,
Barbe grise, tête blonde,
Qu’emporta cette eau profonde
Dans l’âpre nuit.

Je pleure les morts des autres.
Hélas ! leurs deuils et les nôtres
Ne sont qu’un deuil.
Nous sommes, dans l’étendue,
La même barque perdue
Au même écueil.

Mes Everest, Victor Hugo : « l’aurore s’allume », extrait.

L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

Mes Everest, Victor Hugo, « En hiver la terre pleure »

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.

Soleil ! aimons ! – Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?

Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : – C’est la nuit, ma belle ! –
Et la fait en s’en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S’en va le plus tôt qu’il peut.

Victor Hugo

Mes Everest, Victor Hugo : Sur la falaise, 1

Je publierai en quatre parties ce magnifique texte de Victor Hugo…

Tu souris dans l’invisible.
O douce âme inaccessible,
Seul, morne, amer,
Je sens ta robe qui flotte
Tandis qu’à mes pieds sanglote
La sombre mer.

La nuit à mes chants assiste.
Je chante mon refrain triste
A l’horizon.
Ange frissonnant, tu mêles
Le battement de tes ailes
A ma chanson.

je songe à ces pauvres êtres,
Nés sous tous ces toits champêtres,
Dont le feu luit,
Barbe grise, tête blonde,
Qu’emporta cette eau profonde
Dans l’âpre nuit.

Je pleure les morts des autres.
Hélas ! leurs deuils et les nôtres
Ne sont qu’un deuil.
Nous sommes, dans l’étendue,
La même barque perdue
Au même écueil.

Mes Everest, Victor Hugo : « En hiver la terre pleure… »

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.
– Soleil ! aimons ! – Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?
– Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : – C’est la nuit, ma belle ! –
Et la fait en s’en allant ;

Mes Everest, Victor Hugo, « En hiver la terre pleure »

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.

Soleil ! aimons ! – Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?

Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : – C’est la nuit, ma belle ! –
Et la fait en s’en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S’en va le plus tôt qu’il peut.

Victor Hugo

Mes Everest, Victor Hugo : « l’aurore s’allume », extrait.

L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !