Matinales…

Derrière chaque fenêtre fermée
Des histoires se vivent où se racontent
Dans un tendre murmure
Dans un fracas de cris blessants
Tout cela je ne le saurais pas
Derrière chaque fenêtre fermée
Je ne fais que passer
Et ouvre en grand
La boĆ®te bleue de mes rĆŖves d’enfant

Matinales…

Et je retrouve les immuables lignes

De mon carnet ferroviaire

On t’attendait me grincent-elles

Nous Ć©tions blanches d’inquiĆ©tude

Oh ne craignez rien

J’entends chaque matin vos soupirs mĆ©talliques

Dans la longue courbe de mes impatientes mƩmoires

Dans le presque bout…

Dans le presque bout
Du pâle gris
D’un lointain matin
Coquin
CĆ¢lin
J’ai posĆ©
La belle couleur
Du rire malin

Courbe…

Parle moi de ces courbes

Que tu apprivoises dans la jungle de tes peurs

Elles te content des histoires sans fin

Pour le peuple rond des semeurs de demain

J’attends…

En suivant la trace floue d’une histoire d’hier
J’ai glissĆ© sur la flaque du doux prĆ©sent
A tâtons je marche en riant vers le noir heureux
Où brille l’ombre de tes cheveux
Je souffre de l’oubli des ces presque rien
J’attends serein
J’entends chagrin
Un long soupir sec
Il Ʃtale en claquant
Des larmes au bleu coupant
Qui abƮment en roulant
Les bords mous du chemin des gisants

Le temps est au sourire…

Je suis Ć  la fenĆŖtre

Du si simple rĆŖve

Qui se pose au matin

Sur la palette de mes envies

Le temps est au sourire

Douce main du peintre endormi

Caresse du bout des doigts Ʃblouis

Blanche toile d’un soleil assagi

L’installation, suite et fin

Photo de Ahmed Adly sur Pexels.com

A genoux et la tĆŖte baissĆ©e : joli travail pour un thanatopracteur qui vient de s’installer.

Armand a attendu le cœur de la nuit pour remonter sur la colline, son sac est lourd, il a pris son matĆ©riel, il veut faire du beau travail. Il retrouve facilement le corps d’Armand et rĆ©ussit Ć  le hisser sur son dos ce qui n’est pas simple compte tenu de la rigiditĆ© cadavĆ©rique. Il n’a que quelques centaines de mĆØtres pour rejoindre la chapelle. Une fois Ć  l’intĆ©rieur il installe tout son matĆ©riel. Par sĆ©curitĆ© il ferme la porte avec un antivol de vĆ©lo. Il sort de son sac les flacons de formaldĆ©hyde et d’éthanol. Le plus difficile une fois l’embaumement achevĆ© est de lui plier les genoux et de joindre les mains. Edouard sait qu’il faut qu’il Ā« travaille Ā» sur les membres afin de rĆ©sorber la coagulation de la myosine. Les articulations retrouvent leur mobilitĆ©. Il est satisfait du rĆ©sultat. Armand est presque Ć©mouvant, agenouillĆ©, tĆŖte courbĆ©e, les mains jointes.

Ce lundi matin un groupe de pĆØlerins dĆ©cide de faire une pause dans la petite chapelle Saint-Jacques. Il est tĆ“t, ce sera frais et tranquille. Ils sont Ć©tonnĆ©s en entrant de voir un pĆØlerin dĆ©jĆ  lĆ  agenouillĆ©, en priĆØre, parfaitement immobile. Ils entrent sans bruit. Le pĆØlerin n’a pas bougĆ©. L’un des marcheurs chuchote en souriant.

  • On dirait qu’il est mort, il ne bouge pas d’un millimĆØtre…

Le pĆØlerin en effet est dans une position de recueillement qui ne laisse aucun doute sur sa ferveur mystique : genoux Ć  terre, buste penchĆ© en avant, tĆŖte baissĆ©e comme s’il contemplait le sol, et bien sĆ»r les deux mains jointes, presque liĆ©es. Les randonneurs se sont approchĆ©s, ils sont sur le banc derriĆØre le pĆ©nitent. Ils murmurent.

  • Il tient quelque chose entre les mains.
  • Regarde c’est Ć©trange c’est une carte de visiteĀ !

L’un des promeneurs risque un regard par-dessus l’épaule du fidĆØle : il est curieux. Il lit Ć  voix basse ce qui est Ć©crit sur la carte :

Edouard POULIN
Thanatopracteur assermentƩ
Avenue de Saint-Baldou
CAVAILLON

L’installation, 2

En attendant il est ravi d’avoir organisĆ© cette rencontre et ce d’autant plus qu’il y aura Lucie. Elle est une des premiĆØres Ć  avoir rĆ©pondu.
On s’embrasse, on s’étonne, on feint l’immense joie de se retrouver, on commence Ć  mentir : Ā« il faudra qu’on se revoie Ā». Bref Ƨa sent dĆ©jĆ  l’amitiĆ© rĆ©chauffĆ©e. Edouard comme Ć  son habitude est silencieux. AprĆØs plusieurs apĆ©ros, Armand se lĆØve et tel un conquĆ©rant leur dit qu’il les invite tous dans un restaurant typique.

  • Je viens de le racheter : un cadeau pour mon Ć©pouse !
    Il n’a pas changĆ©, il faut qu’il se vante. Il faut dire qu’il a l’air Ć  l’aise, trĆØs Ć  l’aise mĆŖme, il a repris l’entreprise de transport de son pĆØre. Le seul Ć  ĆŖtre rester fidĆØle Ć  la fameuse filiĆØre.
  • Je vous invite, Ƨa me fait plaisir !
    Evidemment il profite du mouvement pour poser une main conquĆ©rante sur l’épaule de Lucie qui est encore assise. Edouard serre les mĆ¢choires. Il ne se sent pas trĆØs bien. Comme il y a quinze ans, il se referme et bizarrement retrouve cette dĆ©sagrĆ©able sensation que tous les rires qui Ć©maillent ces retrouvailles sont des rires moqueurs et qu’évidemment ils lui sont destinĆ©s. Il ne dit rien et Lucie sourit. Armand a toujours la main posĆ©e sur son Ć©paule. Comme il y a quinze ans il ne comprend pas ce sourire.
    Tout Ć  l’heure l’hilaritĆ© est montĆ©e d’un cran quand chacun a expliquĆ© son mĆ©tier. Pour tout le monde c’est assez simple, classique. Edouard a Ć©tĆ© le dernier Ć  s’exprimer.
  • Je suis thanatopracteur !
    Un silence. Personne ne connaĆ®t. Il explique. Des murmures. Lucie sourit encore. Peut-ĆŖtre comprend-elle, elle est fleuriste. Il s’agit aussi de beautĆ© : embaumer les corps, embaumer les cœurs c’est un peu voisin.
    L’alcool aidant, le ton est encore montĆ©. Armand qui Ć©tait binaire pour ne pas dire manichĆ©en avait dĆ©crĆ©tĆ© que ce n’était pas vraiment un mĆ©tier, il avait mĆŖme ajoutĆ© :
  • Je trouve Ƨa nul, Ć  la limitĆ© du dĆ©gueulasse, faut ĆŖtre tordu, Ƨa ne m’étonne pas de toi mon petit Edouard !
    Du mĆ©pris. Et Lucie qui sourit. Edouard serre les dents et remonte dans la bouche l’aigre saveur de toutes les humiliations.
    Au moment de se sĆ©parer, Armand qui s’est accaparĆ© l’organisation de ces retrouvailles prĆ©tend avec emphase qu’on ne peut pas en rester lĆ .
  • Ce serait chouette qu’on se retrouve demain matin pour faire ensemble la via ferrata de la colline Saint-Jacques. Vous verrez c’est impressionnant. Mais faut pas avoir le vertige, n’est-ce pas Edouard ?
    Et Lucie qui sourit.

L’installation, 1

J’ai rĆ©cemment participĆ© Ć  un concours d’Ć©criture avec un thĆØme imposĆ© ( un cadavre dans la colline Saint-Jacques ), des mots Ć  insĆ©rer…Bien que bien classĆ© je ne fais pas partie des primĆ©s. Je vous propose donc de dĆ©couvrir aujourd’hui en plusieurs parties cette nouvelle.

Photo de Mikhail Nilov sur Pexels.com

Il Ć©tait d’un calme olympien…QualitĆ© indispensable pour franchir les derniers passages de cette via-ferrata. Ce n’est pas son activitĆ© favorite. Il n’est pas intrĆ©pide et souffre de vertiges. Aujourd’hui c’est diffĆ©rent. Il a relevĆ© le dĆ©fi. Non les dĆ©fis !

Le premier a Ć©tĆ© imposĆ© par les Ā« autres Ā», particuliĆØrement par Armand, juste devant lui. Le second dĆ©fi est personnel, intime, ancrĆ© en lui depuis des annĆ©es. Il s’est rĆ©vĆ©lĆ© dans la nuit.

  • Cette fois je le feraiĀ !

Dans quelques secondes il sera dĆ©barrassĆ© de ce poids, il n’ose pas dire de ce poids mort. Rien ni personne, ne peut l’empĆŖcher. Les autres sont arrivĆ©s. Ils ne sont plus que deux : Armand le flambeur, le frimeur et Edouard, le timide, le silencieux.

La veille, la soirĆ©e a Ć©tĆ© arrosĆ©e… Peut-ĆŖtre l’apparente euphorie qui accompagne les cĆ©rĆ©monies de Ā« retrouvailles Ā». Edouard Ć©tait, Ć  la surprise de tous, Ć  l’origine de cette initiative. Ils ne s’étaient pas revus depuis une quinzaine d’annĆ©es.

Comme beaucoup de nostalgiques du passĆ©, Edouard Ć©tait tombĆ© sur le site Ā« copains d’avant Ā», comme beaucoup il avait Ć©tĆ© surpris de retrouver des tĆŖtes connues, et comme beaucoup il avait souscrit un abonnement d’essai. Comme Ƨa, par curiositĆ©, pour voir. Il faut dire qu’il avait dĆ©cidĆ© de s’installer Ć  Cavaillon Ć  la faveur d’un hĆ©ritage inattendu : une vieille tante sans descendance lui lĆ©guait une petite maison de ville juste au pied de la colline Saint Jacques.

Ils sont six autour de la table, tous des anciens du lycĆ©e Alexandre Dumas. Ils Ć©taient dans la mĆŖme classe en terminale et avaient tous choisi la filiĆØre transport logistique. Edouard s’était dit que ce serait amusant de voir celles et ceux qui ont poursuivi dans cette voie. Lui, son orientation est un peu dĆ©routante… Quand il faudra expliquer son mĆ©tier, il pressent qu’il y aura de l’étonnement. Il est persuadĆ© que personne ne saura de quoi il s’agit.

Le RDV est fixĆ© Ć  18 h 00 dans une brasserie du centre-ville. Ont rĆ©pondu prĆ©sents Armand, FranƧoise, Violette, RĆ©mi et Lucie. Edouard est impatient mais avec quand mĆŖme un fond d’anxiĆ©tĆ©. Que vont-ils se dire une fois le temps des embrassades et des fausses surprises passĆ©es ? Certains qu’il aurait aimĆ© revoir ne seront pas lĆ  ce soir. Et soyons clair, il se serait bien passĆ© de la prĆ©sence de Armand qu’il n’a jamais apprĆ©ciĆ©, mais Copains d’avant choisit de mettre en relation des personnes qui ont Ć©tĆ© dans la mĆŖme classe, dans le mĆŖme Ć©tablissement. C’est le seul critĆØre, et libre Ć  chacun de rĆ©pondre aux sollicitations. Il avait d’ailleurs Ć©tĆ© Ć©tonnĆ© d’être aussi rapidement contactĆ©. Il n’avait jamais eu la rĆ©putation d’être un leader. Dit autrement il a toujours doutĆ© qu’on puisse l’aimer. Certainement un complexe enfoui et refoulĆ©.

Matinales, inĆ©dit…

Le visage du monde a les traits tirƩs

Cette nuit encore on entend la fureur  

DerriĆØre les hautes portes qui claquent

Il y a le rĆŖve d’enfant qui s’enfuit

Je me demande parfois si l’espoir suffit

Il faudrait une pincƩe de belle folie

Pour que sur les pĆ¢les et plates joues de l’avenir

Reviennent les douces couleurs des envies de fraternitĆ©…

24.04.2026

Le rideau se lĆØve…

Et si nous attendions demain en souriant

Je le sais, je le sens, le bleu est impatient

Le rideau qui nous sƩpare du si beau matin

Reste baissĆ© et frĆ©mit d’un si long chagrin

Regarde le trembler, c’est notre espoir qu’il attend

On se prend la main, il est beau le demain des aimants

Et si vous cessiez de vous haĆÆr…

Et si vous cessiez de vous haĆÆr !
Oui c’est Ć  vous que je parle, ne tournez pas la tĆŖte…
Oui, vous, femmes et hommes enfermƩs dans vos camisoles idƩologiques.
Vous qui maniez avec dextƩritƩ la fine lame du mƩpris.
Oui, vous, je vous en prie, prenez le temps,
Il reste encore du beau pour espƩrer
Vous niez ?
Les autres, ce sont les autres me dites-vous.
Les autres, toujours les autres :
Les ceux qui ne savent pas,
Les ceux qui ne comprennent pas,
Les ceux qui dƩrangent les angles mous de vos certitudes carrƩes.
Mais vous n’y ĆŖtes pour rien, vous ĆŖtes dans le vrai, vous le savez.
Bien au chaud entre les raides Ʃpaisseurs de vos convictions avariƩes,
Vous jugez, vous condamnez, vous accusez,
C’est bien triste vous savez.
Il faut vous redresser.
Je vous plains,
C’est vrai,
Je voudrais tant vous dire
Que tout n’est que rien,
Que tout n’est que vain,
Allez un effort s’il vous plait,
Ce sera tellement mieux lorsque vous vivrez…

Matinales…

Si peu de choses Ć  dire
Il faut descendre dans la rƩserve Ơ souvenirs
LĆ  tout au fond des casiers sont vides
Y Ʃtaient les flacons de mƩmoires vieillies
Ils sont les premiers Ć  ĆŖtre partis
Disparus Ć  la table des bons amis
Tant pis
Je chercherai pour ce jour aux couleurs jolies
Un doux vin jeune et fleuri

Matinales…

Au bout du long chemin des effarƩs

Sous une pierre oubliƩe

On trouvera une vieille clƩ

Sans un bruit

Sans un cliquetis

On l’enfouira dans une poche amie

TĆŖte droite et regard clair

On marchera jusqu’aux portes du dĆ©sert

On le sait derriĆØre c’est la mer

Main tremblante la belle entrƩe on choisira

La vieille serrure grincera

Et le vent du vrai nous sourira

16.04.2026

Mes Everest, AndrĆ©e Chedid…

Pas de clef Ơ la poƩsie
Pas de ciel
Pas de fond
Pas de nid
Pas de nom

Ni lieu
Ni but
Ni raison

Aucune borne
Aucun fortin
Aucun axe
Aucun grain

Mais ce souffle
Qui s’infiltre
Dans l’Ć©toffe des Ć¢mes
Pour dƩlier leurs saisons :
Peuple d’hirondelles
Au regard pƩnƩtrant
A la vue dƩployƩe.

Flash, inĆ©dit…

Je cherche un sourire en ciel bleu

Il sera lĆ  je le sens

Tu le verras Ć  l’heure où les peurs se serrent

Nos regards s’ouvrent sur des silences qui s’échappent  

PoĆØmes de jeunesse : « ils aiment ce qu’il faut… »

CondamnƩ Ơ mourir

Brebis galeuse

Du troupeau des indiffƩrents

Il les observait

Et la honte lui plantait

Un couteau dans le rien

Honte pour eux

Flux, reflux Ʃternel

Grande armƩe de mƩdiocritƩ

Honte pour lui

Galet usƩ

Galet piƩtinƩ

Galet oubliƩ

Regards…

Je voudrais Ʃcrire une histoire des regards

Regards croisƩs

Regards posƩs

Regard aimƩs

Regards secrets

Qui entrent dans la chair de nos silences

Nous murmurent des entre-mots oubliƩs

Aux ailes rondes et fripƩes

Et nous chantent la douce mƩlodie

Des amours attendues

Et demain…inĆ©dit…

Et demain nous changerons de temps
Nous oserons enfin le beau futur
Il prendra l’air simple et dĆ©tachĆ©
De l’oubliĆ© qui ne se retourne plus
Et tomberont les hauts murs
Bâtis aux pierres des tristes passés
En grand s’ouvriront les hautes fenĆŖtres
Et nous regarderons ce nouveau jour Ʃtonnant
La boue des hiers crasseux sera figƩe
Plus une grise ride aux vitres des espoirs dƩƧus
A la une d’un journal aux encres parfumĆ©es
Une main d’enfant Ć©tire des titres Ć©tonnĆ©s
Sur le long fil des vivants retrouvƩs
Un oiseau ivre siffle les belles rimes en rire ƩtoilƩ
Les mots sont lĆ 
ApaisƩs
Dans la nuit des braves ils ont signƩ le pacte
A jamais ils conjugueront le verbe aimer…

12 avril 2026

Matinales…

Ce que je te souhaite toi qui me lis

Ce que je te souhaite Ć“ toi qui me vis

C’est une belle tranche de vie

Croquante ou craquante

Tu la verras riante

Au bord du matin brillant

Au bord de tes lèvres elle pétille et ruisselle

Dans ta chaude aube de miel

Ɖcoute elle ondule pour se rendre belle

Inspiration…

FenĆŖtre ouverte
Sur le rond silence bleu
Du matin frileux
J’attends les mots blancs
Qui frappent sur les vitres endormies
J’entends la pointe dure du stylo
Elle crisse et glisse
Sur ma belle feuille fripƩe
De sa longue nuit agitƩe

Le jour se lĆØve…

Le jour se lĆØve me dites-vous ?
Ɖtait-il donc endormi ?
Comment ?
Assoupi, simplement…
Tiens donc…
Ɖtrange, n’est-ce pas ?
Je n’ai rien vu.
J’ai cherchĆ©, vous dis-je.
J’ai cherchĆ© sans un bruit,
Me perdant
Jusqu’aux bords mauves
De votre trop longue nuit
Et ne l’ai point rencontrĆ©.
Vous doutez ?
C’est tant pis :
Je n’irai plus dĆ©ranger
Les belles couleurs de votre ennui…

Matinales…

Au bout de d’une nuit tremblante

Une faible lueur d’espoir

Frappe les sombres enragƩs du chaos

Je rĆŖve qu’ils s’essoufflent

Qu’ils s’étouffent

A vomir leurs trop plein de grasses haines

Qu’ils avalent en riant

Dans leurs ventrƩes de dollars

8.04.2026

Une odeur de pain chaud…

Sous les plis d’une mĆ©moire froissĆ©e

Le vieil homme a cachƩ les quelques miettes

Du beau souvenir d’une odeur de pain chaud

Frissons…

Ce qui me manque lorsque je n’Ć©cris pas ?

C’est simple

C’est le frisson,

Oui je sais

Ce ne sont qu’ombres noires ou bleues

DissipƩes sur la longue plaine blanche

De mes inspirations

C’est si peu

Et pourtant je frissonne

Oui je frissonne

LĆ  Ć  l’instant

Regarde ma main

Elle tremble comme une feuille

Mon cœur s’affole

J’ai le souffle court les lĆØvres sĆØches

Les yeux emplis des buĆ©es de l’intĆ©rieur

Oui je frissonne

De bonheur de douleur

Les mots passent se posent

Je les entends

Je les Ʃcris

Tu les lis

Et je vois

Tu frissonnes

Matinales…

Open book with text Aube Mauve and PoƩsie Onirique on a mossy stone wall.

Ecrire au matin tranquille

C’est jardiner les terres du silence

Entendre les mots fripƩs de sommeil

Etirer leurs longues ailes

Secouer dans le mauve levant

De fines gouttes d’encre rosĆ©e

6.04.2026

Matinales, le retour…

Surreal landscape of paper waves, book walls, and a lone hooded figure.

Il faudrait pouvoir se dire que tout a été rêvé

Et tourner les lourdes pages des jours maudits

Dans le silence du matin qu’on voudrait innocent

Il est des lignes qui cherchent le point final

Il est des phrases qui n’aiment plus le commencement…

5 avril 2026