Voyage contre la vitre, suite…

Pendant la colo ils se sont mis d’accord sur quelques détails d’organisation et ont arrêté quelques dates. Mais le plan, la stratégie à développer pour réussir l’opération n’ont pas été adoptés. Bien sûr, il y a les idées du manuscrit d’Eugène Mollard, mais cela ne suffit pas. En s’inspirant de ses idées, certaines sont géniales, il faut adapter mais il ne faut pas se précipiter et il est convenu de faire confiance à Armand. Il donnera les ordres mais passera par Fanny chargée d’amender, de vérifier quand elle le jugera nécessaire. Si Armand s’impose tout naturellement comme le chef de ce réseau, on sent bien et lui le premier que rien ne peut se faire sans que Fanny soit totalement convaincue. Elle devient ainsi sa conseillère particulière, sa directrice de cabinet, son éminence grise.
L’objectif est de tisser une première toile, le plus rapidement possible. Armand et Fanny sont persuadés que s’ils veulent la réussite de l’opération il faut profiter de l’élan créé par la colo. Si on attend trop, le groupe partira en déliquescence. Les motivations sont encore fragiles et il faudrait peu pour qu’ils abandonnent le projet. Fanny songe à Boris, à Jacques coincés dans tous les sens du terme.
Il est vingt heures quarante cinq. Armand a donné le départ encore un peu symbolique de l’opération Eugène. Il ne peut plus, ils ne peuvent plus reculer. Les messages ont été transmis depuis quelques minutes et il sait que déjà plusieurs l’ont lu. Les autres le découvriront demain. Jeudi soir, les premiers fils seront tendus.
« Dans trois mois l’opération Eugène Mollard parviendra à son point culminant. Nous prendrons le pouvoir. Nous sommes les instigateurs de ce grand mouvement, nous en sommes les maîtres. A partir d’aujourd’hui nous ne devons plus avoir confiance en personne, nous devons parler le moins possible ( n’est ce pas Julien ? ) et nous devons respecter les procédures que nous avons mises au point cet été. Le moment est venu de commencer la chaîne, mais nous ne ferons pas comme dans le livre, car nous savons très bien que les parents lisent tous les courriers qui nous sont adressés par la poste. Nous commencerons la chaîne grâce à Internet et quand nous aurons élargi la toile nous réfléchirons aux détails d’organisation du grand jour. En attendant il faut que chacun d’entre nous puisse trouver trois autres internautes. Il faut que dans une semaine nous soyons dix huit. »
C’était le premier message. Il ne contenait rien d’extraordinaire. IL était surtout un moyen de vérifier que tout fonctionnait bien. Mais tout le monde savait déjà depuis quelques semaines les tâches qu’il aurait à effectuer dès les débuts officiels de l’opération. Armand se relisait et trouvait son ton trop puéril. Cela ne faisait pas suffisamment vrai. On aurait pu croire au lancement d’un grand jeu. Il a quand même un motif de satisfaction : ce sont les premières consignes qu’ils donnent. Il a décidé seul. Il faut que dés le début il s’impose, il pilote, il prenne les initiatives. Cela permettra aux autres de comprendre que c’est sérieux.
Le vendredi sept septembre, Armand ouvre sa boîte aux lettres électronique, il trouve cinq messages. Il est satisfait, tout a bien fonctionné. Il relit avec plaisir les cinq réponses lui apprenant que le message a été reçu. L’opération Eugène Mollard a commencé.

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