Espoirs…

Aux fossoyeurs des beaux espoirs

Nous dirons que leur temps mauvais est passé

Nous les renverrons dans les brunes fosses

D’une obscure plaine aux lisières du chaos

Nous brûlerons à la vive flamme de nos étreintes

Leurs haines acides traces de leurs rances rancœurs

Enfin loin de nos rêves de matins jolis

Ils ne seront qu’ombres futiles d’un passé réparé

Et reviendront l’envie de chanter

L’envie de s’étreindre de s’aimer

Et reviendront les douces caresses de l’espoir retrouvé  

Le matin s’est levé…

Sur l’eau, quelques rides de lumières,

Le matin léger s’étire sur le fleuve.

Au loin la rumeur de la ville,

Comme un bruit qui s’éveille.

On s’étire, le silence se respire.

Il fait frais, on sourit.

Le jour se lève.

C’est beau,

La nuit s’est retirée,

Discrètement, le port l’a avalée.

Le soleil est là, on le sent.

On l’entend.

Chaque couleur s’est préparée,

Dans le matin léger,

Ses ailes lissées le fleuve a déployé.

Sous les drapeaux du parler beau…

Il est grand temps de mettre les haines en sourdine

On essaiera ensemble de rappeler le silence

Sous les drapeaux du parler beau

Il faudra essuyer les traces des grises peurs

Mettre le haut sourire au garde à vous

On écoutera les mots du vieux poète dégradé

Il nous dira de brûler les armes

Au pied mauve d’un mât aux rimes hautes

Les poches s’empliront des cailloux semés

Il y a longtemps sur le long chemin

On retrouvera l’odeur épaisse et mouillée

D’un papier froissé par le trop de larmes versées

Du bout des doigts glacés

On fleurera la fine paume retrouvée

D’un visage apaisé

Il sera temps enfin d’aimer…

Regarde…

Regarde
Oh oui regarde
Lève les yeux
Oublie
L’ombre épaisse des mauvais rêves
De tes nuits agitées
Glisse
Penche-toi en riant
A la fenêtre des absents
Regarde
Oh oui regarde
La lumière est si belle
Elle s’étire doucement
Entre les tendres bras
Du matin des amants
Ecoute
Oh oui écoute
Tu l’entends te dire
Je t’attends…

Mes Everest, Albert Camus : « la peste »

Je relis la peste de Albert Camus, ce passage est sublime…

Le front de mer de Oran dans les années 60

Les fleurs sur les marchés n’arrivaient plus en boutons, elles éclataient déjà et, après la vente du matin, leurs pétales jonchaient les trottoirs poussiéreux. On voyait clairement que le printemps s’était exténué, qu’il s’était prodigué dans les milliers de fleurs éclatant partout à la ronde et qu’il allait maintenant s’assoupir, s’écraser lentement sous la double pesée de la peste et de la chaleur. Pour tous nos concitoyens, ce ciel d’été, ces rues qui pâlissaient sous les teintes de la poussière et de l’ennui, avaient le même sens menaçant que la centaine de morts dont la ville s’alourdissait chaque jour. Le soleil incessant, ces heures au goût de sommeil et de vacances, n’invitaient plus comme auparavant aux fêtes de l’eau et de la chair. Elles sonnaient creux au contraire dans la ville close et silencieuse. Elles avaient perdu l’éclat cuivré des saisons heureuses. Le soleil de la peste éteignait toutes les couleurs et faisait fuir toute joie.

Flash…

J’ai posé le pied sur une flaque de pluie

Pas de flic

Pas de floc

Un son sec qui choque

J’ai glissé sur une flaque gelée

Fini l’éclabousse

Ça craque

Ça claque

L’hiver est à nos trousses

Mémoires…

Entends le mot à mot

Du vieux mur de pierres

Écoute cette histoire d’hier

Écoute ces chants du lève tôt

Avance et ne dis rien

Ne sèche plus tes larmes

Ton rire vit le dernier drame

Tout est fini il ne sera plus demain

Matinales…

Rien ne sort

C’est le calme plat

Pas une rime pas une ride

A la surface d’une mer sans brume

Page blanche

Nuit grise

Demain peut-être