Un orage en février, suite…

Ce matin ils sont bien, ils parlent d’eux, normalement, sans se contorsionner dans tous les sens. Ils se racontent leur rencontre, une fois de plus, rencontre romanesque à laquelle il est difficile de croire. Un homme seul, une femme qui cherche sa route ou l’inverse, ils ne le savent plus, ils en rient. Qui des deux était le plus perdu ? Lequel a posé le premier son regard sur l’autre et le premier mot qui est sorti, quel était t’il ? Comment était-il ? C’était un mot rond, un mot qui fait la bouche jolie, un de ces mots pour que les lèvres aient un sens. Pas de ces mots rasoirs qu’on entre dans l’en dedans. Ils se souviennent, c’était un mot bonjour, avec peut-être un sourire. Peut-être, ils n’en sont pas sûrs et savent que cela changera demain certainement, ou tout à l’heure, quand cette fraîcheur du matin paisible les aura abandonnés. Ils sont bien, ils en profitent.

Ce matin, Jules a dit à Lisa qu’il savait qu’ils se retrouveraient, il lui a dit que chaque nuit il s’était approché d’elle, chaque fois un peu plus. Et parfois il la touchait.

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