Mes Everest, Tristan Corbière : « la cigale et le poète…

Les mots d'Eric

Et comme annoncé hier, voici la cigale et le poète qui ferme le recueil « les amours jaunes »

Le poète ayant chanté,
Déchanté,
Vit sa Muse, presque bue,
Rouler en bas de sa nue
De carton, sur des lambeaux
De papiers et d’oripeaux.
Il alla coller sa mine
Aux carreaux de sa voisine,
Pour lui peindre ses regrets
D’avoir fait — Oh: pas exprès! —
Son honteux monstre de livre!…
— « Mais: vous étiez donc bien ivre?
— Ivre de vous!… Est-ce mal?
— Écrivain public banal!
Qui pouvait si bien le dire…
Et, si bien ne pas l’écrire!
— J’y pensais, en revenant…
On n’est pas parfait, Marcelle…
— Oh! c’est tout comme, dit-elle,
Si vous chantiez, maintenant!

Tristan Corbière,Les Amours jaunes, 1873

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