Cri…

Un très vieux poème de jeunesse que je republie.

Endimanchés des longues semaines,
Etouffés, assoiffés
Spectateurs aux chaînes,
J’ai l’œil du créateur
Et vous me voyez pendu.
Vous vivez la pendule
Et je tue des minutes.
Vous êtes masqués
Et vous me voyez clown
Enrubannés des fêtes à pleurer,
Ecrasés, étouffés,
Tuant la joie
Sans paroles.
J’ai le rire de l’amoureux
Et vous m’entendez paumé.
J’ai un cœur sur deux yeux
Et vous me battez
Trop parleur.
J’ai une une bouche et des mots qu’elle espère.
Vous me voyez vomir des cadavres
Enterrés des cimetières sans souvenirs
Oubliés, déguisés, morts sans vibration
Morts sans violation de domicile
Je vous emmerde
Février 1979

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