
Il y a un trou de mémoire bleue
Dans le ciel chargé des souvenirs gris
De tous ceux qui furent tant heureux
C’était hier
Oh je le sais
C’est si vieux
Et si peu
Mais ne dis rien je t’en prie
Lève toi et ouvre les yeux

Il y a un trou de mémoire bleue
Dans le ciel chargé des souvenirs gris
De tous ceux qui furent tant heureux
C’était hier
Oh je le sais
C’est si vieux
Et si peu
Mais ne dis rien je t’en prie
Lève toi et ouvre les yeux

Je ne me souviens pas ou si mal
Souffle fatigué
Larmes retenues
Le vieil homme emplit le presque vide
De son beau regard
Lointain écho de ce qui lui reste d’océan
A la nuit tombée il s’invente un bleu métal
Qui roule une dernière vague sur le laminoir
Où fondent des tempêtes d’acier
Ce n’est rien tu sais
Juste un peu de cette belle rouille
Qui nous raconte à tous les deux
Ces longues histoires de métal aux rêves brisés
On les entend parfois
Au crépuscule frissonnant
Le long des quais aux navires gémissant

Vieil homme se souvient
Dans le feu intérieur de son regard bleu
Un fond de mémoire brûle de mille yeux
Vieil homme s’est assoupi
Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés
Une larme s’est envolée

Oh gentils bavards
Qui avaient posé
Petite pierre sèche sur le vieux mur
De ma mémoire fatiguée
Je n’oublie pas vous savez
Rien n’a disparu
Tout est endormi
Ces trous de silence ne vous disent rien
Regardez
Sans rien espérer
Il y a des brumes mauves
Qui se lèvent derrière le ciel de l’oubli
Douces caresses d’un soleil argenté
Ne dites rien
Je vous en prie
Je suis tellement fatigué

L’homme est seul
Il tremble
Je le vois dos courbé, tête rentrée
Il n’avance plus je le sais
Regarde
C’est un haut mur flou
Son sommet effleure un fond de ciel mou
Une ride de gris glisse
Au coin de l’œil qui plisse
Regarde le mur
Il pleure des larmes de pierre
Oh mur
On ne peut te percer du regard
Couvert d’une mousse de silences suintants
Il faut creuser et s’enfouir
Dans un gouffre de papiers perdus
Regarde il fond
Il coule
C’est la fin
Regarde, tu es passé
9 avril

L’homme est seul
Il tremble
Je le vois dos courbé, tête rentrée
Il n’avance plus je le sais
Regarde
C’est un haut mur flou
Son sommet effleure un fond de ciel mou
Une ride de gris glisse
Au coin de l’œil qui plisse
Regarde le mur
Il pleure des larmes de pierre
Oh mur
On ne peut te percer du regard
Couvert d’une mousse de silences suintants
Il faut creuser et s’enfouir
Dans un gouffre de papiers perdus
Regarde il fond
Il coule
C’est la fin
Regarde, tu es passé
9 avril 2024

En remontant aux sources d’ombres claires
J’ai bu l’eau fraîchie d’une mémoire première
Aux pierres rondes qui bombent le torse
S’accrochent des plaques de mousses vertes
J’ai trempé la main dans un écoulement des hiers finis
Et deux gouttes d’en haut m’ont parlé de demain…

Homme pressé sur un banc s’est assis
Il regarde en souriant
Le temps qui file en grinçant
Homme pressé pour un instant s’est libéré

Je me souviens, c’était il y a quarante deux ans. Quarante ans, une vie qui s’ajoute, des vies qu’on ajoute… Et les traces, toutes ces traces, celles que l’on suit, celles que l’on laisse. Je les aime ces traces, les marques du passé. On croit qu’on oublie et puis…Et puis on se croise sur le chemin des souvenirs posés, on se surprend, le cœur bat, il est le même. Il est là… C’est lui l’homme, le jeune homme que j’étais, je suis le même. Je devine les mots, mes mots, eux aussi sont les mêmes, légers, prêts pour l’envol. Regarde je les attrape, ils attendaient, là, tout la haut, dans le ciel, entre mauves et solitudes…

Derrière le long bruit sourd
Des nouvelles du monde
J’entends le souffle d’un vent lourd
Il chuchote en glissant ses larmes rondes
Il est encore loin le temps des oublis
Regarde, souris, je te prends la main
Chargé des derniers restes de tes nuits
Doucement je te chante demain

Mémoires de vieilles pierres figées
Odeur d’un vieux lichen fripé
Souvenirs d’un village endormi au creux du frêle été
Pas à pages il faut avancer dans les marges effacées

Oh gentils bavards
Qui avaient posé
Petite pierre sèche sur le vieux mur
De ma mémoire fatiguée
Je n’oublie pas vous savez
Rien n’a disparu
Tout est endormi
Ces trous de silence ne vous disent rien
Regardez
Sans rien espérer
Il y a des brumes mauves
Qui se lèvent derrière le ciel de l’oubli
Douces caresses d’un soleil argenté
Ne dites rien
Je vous en prie
Je suis tellement fatigué

Vieil homme se souvient
Dans le feu intérieur de son regard bleu
Un fond de mémoire brûle de mille yeux
Vieil homme s’est assoupi
Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés
Une larme s’est envolée

Homme pressé sur un banc s’est assis
Il regarde en souriant
Le temps qui file en grinçant
Homme pressé pour un instant s’est libéré

Je ne me souviens pas ou si mal
Souffle fatigué
Larmes retenues
Le vieil homme emplit le presque vide
De son beau regard
Lointain écho de ce qui lui reste d’océan
A la nuit tombée il s’invente un bleu métal
Qui roule une dernière vague sur le laminoir
Où fondent des tempêtes d’acier
Ce n’est rien tu sais
Juste un peu de cette belle rouille
Qui nous raconte à tous les deux
Ces longues histoires de métal aux rêves brisés
On les entend parfois
Au crépuscule frissonnant
Le long des quais aux navires gémissant

En remontant aux sources d’ombres claires
J’ai bu l’eau fraîchie d’une mémoire première
Aux pierres rondes qui bombent le torse
S’accrochent des plaques de mousses vertes
J’ai trempé la main dans un écoulement des hiers finis
Et deux gouttes d’en haut m’ont parlé de demain…

L’homme est seul
Il tremble
Je le vois dos courbé, tête rentrée
Il n’avance plus je le sais
Regarde
C’est un haut mur flou
Son sommet effleure un fond de ciel mou
Une ride de gris glisse
Au coin de l’œil qui plisse
Regarde le mur
Il pleure des larmes de pierre
Oh mur
On ne peut te percer du regard
Couvert d’une mousse de silences suintants
Il faut creuser et s’enfouir
Dans un gouffre de papiers perdus
Regarde il fond
Il coule
C’est la fin
Regarde, tu es passé

Mémoires de vieilles pierres figées
Odeur d’un vieux lichen fripé
Souvenirs d’un village endormi au creux du frêle été
Pas à pages il faut avancer dans les marges effacées
Juillet 2021

L’homme est seul
Il tremble
Je le vois dos courbé, tête rentrée
Il n’avance plus je le sais
Regarde
C’est un haut mur flou
Son sommet effleure un fond de ciel mou
Une ride de gris glisse
Au coin de l’œil qui plisse
Regarde le mur
Il pleure des larmes de pierre
Oh mur
On ne peut te percer du regard
Couvert d’une mousse de silences suintants
Il faut creuser et s’enfouir
Dans un gouffre de papiers perdus
Regarde il fond
Il coule
C’est la fin
Regarde, tu es passé
9 avril

En remontant aux sources d’ombres claires
J’ai bu l’eau fraîchie d’une mémoire première
Aux pierres rondes qui bombent le torse
S’accrochent des plaques de mousses vertes
J’ai trempé la main dans un écoulement des hiers finis
Et deux gouttes d’en haut m’ont parlé de demain…
15 février
Mon premier inédit de l’année 2024, c’est le thème de la mémoire qui remonte à la surface de mes inspirations. Et je pense à mon père…

Je ne me souviens pas ou si mal
Souffle fatigué
Larmes retenues
Le vieil homme emplit le presque vide
De son beau regard
Lointain écho de ce qui lui reste d’océan
A la nuit tombée il s’invente un bleu métal
Qui roule une dernière vague sur le laminoir
Où fondent des tempêtes d’acier
Ce n’est rien tu sais
Juste un peu de cette belle rouille
Qui nous raconte à tous les deux
Ces longues histoires de métal aux rêves brisés
On les entend parfois
Au crépuscule frissonnant
Le long des quais aux navires gémissant

Homme pressé sur un banc s’est assis
Il regarde en souriant
Le temps qui file en grinçant
Homme pressé pour un instant s’est libéré

Mémoires de vieilles pierres figées
Odeur d’un vieux lichen fripé
Souvenirs d’un village endormi au creux du frêle été
Pas à pages il faut avancer dans les marges effacées

Mémoires de vieilles pierres figées
Odeur d’un vieux lichen fripé
Souvenirs d’un village endormi au creux du frêle été
Pas à pages il faut avancer dans les marges effacées
Juillet 2021

Je me souviens, c’était il y a quarante ans. Quarante ans, une vie qui s’ajoute, des vies qu’on ajoute… Et les traces, toutes ces traces, celles que l’on suit, celles que l’on laisse. Je les aime ces traces, les marques du passé. On croit qu’on oublie et puis…Et puis on se croise sur le chemin des souvenirs posés, on se surprend, le cœur bat, il est le même. Il est là… C’est lui l’homme, le jeune homme que j’étais, je suis le même. Je devine les mots, mes mots, eux aussi sont les mêmes, légers, prêts pour l’envol. Regarde je les attrape, ils attendaient, là, tout la haut, dans le ciel, entre mauves et solitudes…

Vieil homme se souvient
Dans le feu intérieur de son regard bleu
Un fond de mémoire brûle de mille yeux
Vieil homme s’est assoupi
Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés
Une larme s’est envolée

Vieil homme se souvient
Dans le feu intérieur de son regard bleu
Un fond de mémoire brûle de mille yeux
Vieil homme s’est assoupi
Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés
Une larme s’est envolée

Vieil homme se souvient
Dans le feu intérieur de son regard bleu
Un fond de mémoire brûle de mille yeux
Vieil homme s’est assoupi
Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés
Une larme s’est envolée

Il y a un trou de mémoire bleue
Dans le ciel chargé des souvenirs gris
De tous ceux qui furent tant heureux
C’était hier
Oh je le sais
C’est si vieux
Et si peu
Mais ne dis rien je t’en prie
Lève toi et ouvre les yeux

Derrière le long bruit sourd
Des nouvelles du monde
J’entends le souffle d’un vent lourd
Il chuchote en glissant ses larmes rondes
Il est encore loin le temps des oublis
Regarde, souris, je te prends la main
Chargé des derniers restes de tes nuits
Doucement je te chante demain

Oh gentils bavards
Qui avaient posé
Petite pierre sèche sur le vieux mur
De ma mémoire fatiguée
Je n’oublie pas vous savez
Rien n’a disparu
Tout est endormi
Ces trous de silence ne vous disent rien
Regardez
Sans rien espérer
Il y a des brumes mauves
Qui se lèvent derrière le ciel de l’oubli
Douces caresses d’un soleil argenté
Ne dites rien
Je vous en prie
Je suis tellement fatigué
30 août 2021

Sur les eaux troubles d’un fleuve assagi
Vieil homme pleure un ciel qu’on oublie
Sur la face molle du miroir brisé
Le long des vertes rives de nos mémoires touffues
Il a perdu la trace de nos enfances mauves

Vieil homme se souvient
Dans le feu intérieur de son regard bleu
Un fond de mémoire brûle de mille yeux
Vieil homme s’est assoupi
Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés
Une larme s’est envolée

Homme pressé sur un banc s’est assis
Il regarde en souriant
Le temps qui file en grinçant
Homme pressé pour un instant s’est libéré

Mémoires de vieilles pierres figées
Odeur d’un vieux lichen fripé
Souvenirs d’un village endormi au creux du frêle été
Pas à pages il faut avancer dans les marges effacées
Juillet 2021
Il y a un an, la pluie, déjà, encore, toujours… Mémoires…

Derrière la vitre d’un jour d’ici
J’attrape les gouttes de temps
Temps qui glisse
Temps qui plisse
Le regard est blotti
Entre les bras de fer
Qui s’étirent vers la mer
Sa route est si longue
Son chemin est si loin
Il se souvient
Dans le train qui coule vers le sud
Un presque homme est assoupi
Il rêve seul
Ses compagnons de nuit avalés
Regarde
Il pose le front sur le froid de la vitre
Entends ce qu’il reste d’histoire
Enfoui
Dans les plis d’acier d’une infinie nuit ferroviaire
Tu y trouveras quelques miettes sans frimes
De cette belle mémoire
Qui te souffle ses rimes…
30 juillet