Je n’y vois goutte, drôle d’expression. A travers la vitre crépie d’une humidité matinale ce que je distingue c’est une flaque de timide lumière. Elle essaie de me parler, de me dire que les larmes de la nuit vont sécher, qu’un peut-être soleil lisse me réveillera d’un bref et chaud clin d’œil. Je suis à une goutte de l’espoir…
Les demoiselles de Ponteau ce sont ces quatre grandes cheminées à Martigues. Elles ont été la source de mon inspiration pour l’écriture d’une nouvelle que j’ai proposée à un concours organisée par la médiathèque Louis Aragon.
C’est une nouvelle policière, une nouveauté pour moi, et je viens d’apprendre que j’avais remporté l’un des prix, celui de la « restitution d’un pan d’une histoire peu connue de Martigues »….
Dans les prochains jours je publierai cette nouvelle..
Envie de republier cette micro nouvelle… Peut-être parce que c’est la saison…
Il neigeait fort depuis plusieurs heures. Le silence prenait de plus en plus de place, tout était étouffé, amorti, pas le moindre craquement. C’était l’empire du coton. Il n’était pas sorti, préférant la chaleur de la cheminée, à l’avance épuisé à l’idée d’enfiler chaussettes, bottes, pulls et manteau. Bref il hibernait. Parfois il tirait un peu le rideau, pour constater l’avancée du blanc. C’est tout. Tout était simple. Soudain un long craquement, comme un journal qu’on déchire. Il regarde le feu, ce n’est pas d’ici que cela vient. Cela craque de plus en plus, cela crépite même. Il y a peut-être des branches qui ployant sous le poids de cette neige lourde n’ont pas résisté. Non ce qui est curieux c’est que cela craque tout doucement, puis cela s’accélère. En fait ça grince, comme quand on est sur un port et que le vent s’engouffre dans les mâts. Comme quand on est en mer…. Il reste là, devant les braises, toujours intrigué par les ces sons qui tanguent et qui roulent. Il faudrait qu’il aille voir. Il pense à la mer et sourit. Il sourit pour se moquer de lui-même : être capable d’entendre la mer, même ici montagne… Certes ce n’est pas très haut, mais c’est la montagne quand même. Il va sortir. Pour voir, pour entendre. Il met beaucoup de temps à s’habiller, il n’est pas pressé de se confronter à ce qui ressemble de plus en plus à une tempête de neige. Il n’a pas peur. Pourquoi aurait-il peur ? Il est à l’extérieur, il fait le tour de la maison, pas très rapidement, il s’enfonce, le son des bottes quand il lève la jambe et qu’elles s’extirpent de la couche de neige fraîche est magnifique, c’est un son épais, un son qu’on pourrait écrire. Tiens s’il devait l’écrire il écrirait « onfk ». Oui c’est bien ça « Onfkkkkk ». Il a fait le tour. Derrière chez lui, c’est une forêt avec de grands sapins. Une fois on lui a dit ou il a lu quelque part que ces sapins ont le tronc si droit qu’autrefois on venait les couper pour en faire des mâts. Des mâts pour les bateaux de la marine royale… La mer, toujours la mer… Il faudrait qu’il arrête de la voir partout. Il est devant la forêt. Les mâts sont dressés. Ils sont noirs dans le soir qui tombe. Les branches si blanches font de belles voiles. Quand ils ferment les yeux, il sent les embruns qui lui fouettent le visage. Il est bien, c’est salé. « Onfkkkk », une mouette s’est envolée quand il s’est avancé. Elle a ri de tout ce blanc, il l’a regardé planer. Il est bien, il est rentré.
Ne laisse pas le soin de gouverner ton cœur à ces tendresses parentes de l’automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L’œil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau: tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n’a plus de vitres. Tu es impatient de t’unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D’autres chanteront l’incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t’identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l’impossible.
Pourtant.
Tu n’as fait qu’augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d’une entente qui s’affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l’abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires…
Qu’est-ce qui t’a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre?
A l’occasion du festival international du film d’éducation à Évreux organisé pat les CEMEA j’ai été interviewé avec mon ancienne collègue Géraldine Chambon par deux élèves du lycée François 1er du Havre. Bravo à eux pour leur fraîcheur et la pertinence de leurs questions…
En ce jour anniversaire du vote de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’état, un extrait de ce magnifique livre de Delphine Horvilleur, « vivre avec nos morts », dans lequel elle propose une magnifique définition de la laïcité.
« La laïcité française n’oppose pas la foi à l’incroyance. Elle ne sépare pas ceux qui croient que Dieu veille, et ceux qui croient aussi ferme qu’il est mort ou inventé. Elle n’a rien à voir avec cela. Elle n’est ni fondée sur la conviction que le ciel est vide ni sur celle qu’il est habité, mais sur la défense d’une terre jamais pleine, la conscience qu’il y reste toujours une place qui n’est pas la nôtre. La laïcité dit que l’espace de nos vies n’est jamais saturé de convictions, et elle garantit toujours une place laissée vide de certitudes. Elle empêche une foi ou une espérance de saturer tout l’espace. En cela, à sa manière, la laïcité est une transcendance. Elle affirme qu’il existe toujours en elle un territoire plus grand que ma croyance, qui peut accueillir celle d’un autre venu y respirer. »
Parfois, euh souvent, et vous le savez bien lectrices et lecteurs de ce blog j’aime regarder la vie qui défile à travers une vitre ferroviaire.
A travers cette grise vitre, je vois ce précieux temps qui s’enfuit vite, très vite. Et je reste immobile, figé dans la contemplation. Immobile dans un monde qui avance…
Je retrouve un peu de cette sensation pleine de poésie de se trouver les pieds ballants au bord du monde et attendre indéfiniment d’être gagné par la sensation de la vitesse de rotation de la terre. Quarante mille kilomètres en 24 heures, on finira bien par le ressentir…
Bref, je prends le temps de regarder le temps qui passe, qui pousse, qui file, qui glisse… Et j’accepte enfin de perdre du temps…
Oui depuis quelques temps j’aime cette idée, cette fausse idée de perdre du temps. Temps qui coule à travers mes poches trouées, temps qui fuit qui s’enfuit…
» Arrête de perdre du temps » aurais-je dit il y a peu… Et aujourd’hui je savoure cette idée de ce temps qu’on croit perdu, parce qu’on l’a rempli de quelques petits riens, petits cailloux éphémères.
Je ne perd plus mon temps, mieux encore je le trouve, le retrouve. Il est là, par petits bouts. Je le ramasse, le garde tout contre moi, bien au chaud et me dis que je le trouverai demain ou plus tard et je passerai du bon temps…
Je suis d’une grammaire oubliée Je conjugue le verbe attendre A tous les temps de l’impatience J’écoute aux portes des sourires croisées J’y entends le chant secret des absents Je cherche des traces d’amitiés Les arrime aux belles et rondes rimes Sur la rive mauve de mes basses marées Ô vous qui ne me voyez J’attends Oui j’attends vous le savez Un signe de la main A ceux qui se baissent pour pleurer
Samedi ? Eh bien, c’est dit, je m’accorde une pause en prose. Oui bien sûr, vous me direz que peu de différences vous ne voyez, si ce n’est la modeste preuve de ma paresse, à pêcher de la rime au bout de ma ligne. C’est vrai, j’en conviens il est des jours, comme celui-ci, ou rien ne mord. Dans ma boîte à appâts j’avais ce matin, un bel échantillon : des illes, des ouches, des oules, des oins, et bien d’autres « queues de vers » toutes bien fraîches, prêtes pour la pêche du samedi. Je les ai préparées, et à mon hameçon les ai accrochées. Une première j’ai lancée. Au passage, j’avoue être assez fier du rond dans l’eau, bien plus réussi qu’un rondeau. J’ai ensuite choisi d’appâter avec une ille, car mon intention était de prendre du gros. Du gros mot évidemment ! Ciel, ça mord ! Vite, je mouline ! Déception, pas de bille, ni de quille, encore mois de grille. Autant vous dire que j’ai tenté avec une ouche, une oule, et même un petit oin et au bout de la ligne : rien ! Oh tant pis, me dis-je, c’est samedi, je fais une pause. Point à la ligne…
Ecoute moi Oui toi Il faut que tu bouges Ouvre les yeux Sors de ton cirque à clique Sens la douce caresse de tes cils Souviens toi tu es vivant Non tu ne rêves pas Tu ne le sais plus Tu ne le peux plus C’est pour toi que je parle Homme enfoui Homme englouti Homme avalé Homme digéré Referme ta bible numérique Essaie Essaie tu verras Pense Regarde Le monde est là Il t’observe Il attend et t’espère Il a pris ses belles couleurs C’est pour toi elles brillent Ecoute moi Oui écoute moi Il faut que tu résistes
Chut Mes mots sont endormis J’entends le chant creux De leurs rires bleus Silence Froisse feuille blanche Oublié au coin d’un rêve fané J’attends Au verso d’une longue histoire Qui s’écrit Tant de lettres oubliées J’écoute Elles claquent des dents Dans le souffle étonné D’un vieux papier glacé
Quand vient le soir, Quand tombent les premières gouttes de nuit. Quand les fenêtres se ferment, Quand les regards se taisent, Quand les mots se font rares et lents, Alors, Alors, la ville fronce ses sourcils de béton fatigué, Et sur les façades à la blancheur inventée On aperçoit quelques trous de lumière. Entends-les, ils scintillent, Entends-les, ils t’invitent à rentrer…
Le ciel ? Bleu, dites-vous ? Un instant, je vous prie : Je lève les yeux… Silence… Je cherche les mots : Des beaux, des doux, Des qui font du bien. Où sont-ils ? Perdus ? Abîmés, oubliés, échappés, Sur ma marge rouge Un ou deux, Se sont posés. Regarde : Ville brille et brûle. Entends son chant fauve, Voix brisée aux éclats de nuit Elle les a attrapés. Revenez, gémit-elle. Je vous en prie, Prenez ma main… Allons, Doucement, Nous serons si bien. A deux, Il est déjà demain…
Chut Mes mots sont endormis J’entends le chant creux De leurs rires bleus Silence Froisse feuille blanche Oublié au coin d’un rêve fané J’attends Au verso d’une longue histoire Qui s’écrit Tant de lettres oubliées J’écoute Elles claquent des dents Dans le souffle étonné D’un vieux papier glacé
Ce matin je retrouve avec le sourire la mélodie ferroviaire aux rimes d’acier trempée. Rien n’a changé. Des yeux se ferment. Des yeux se posent sur le fil tendu par le manque de nuit. L’envie de sommeil flotte dans un silence électrique. Perdus dans cette foule assise, têtes chancelantes, courbées quelques îles rassurantes, bouées de lumière qui attirent le regard des éveillés. Assise en face de moi une femme lit, son doigt est posé sur le bas de la page, elle sourit, elle vit. Je suis bien, j’écris. Tout n’est pas perdu.b
Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s’approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je jamais vous oublier puisque je n’ai pas à me souvenir de vous : vous êtes le présent qui s’accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante. Je n’entrerai pas dans votre cœur pour limiter sa mémoire. je ne retiendrai pas votre bouche pour l’empêcher de s’ouvrir sur le bleu de l’air et la soif de partir. je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable.
Une fois n’est pas coutume, mais j’ai envie de publier à l’occasion de ce triste anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, les paroles que j’avais prononcées le 19 novembre, 5 jours plus tard en conclusion d’un colloque sur les jeunes et la lecture, colloque organisée par Lecture Jeunesse…
Ces personnes sont effrayées, et mêmes si les choses s’améliorent, ont pendant longtemps souffert et souffrent encore en silence du regard et des jugements que l’on peut porter sur elles. Et elles ont souffert, parfois, souvent, de se sentir stigmatisées, accusées de tous les maux notamment celui de ne pas avoir saisi leur chance. Elles ont souffert d’entendre parfois dire que la violence était leur ultime recours pour exister, pour s’exprimer, pour résister à un monde qui bien souvent ne les comprend pas et leur est inaccessible. Nous connaissons ces personnes, nous les avons rencontrées, nous les rencontrons, et elles témoignent. La seule violence dont il est question les concernant c’est celle qu’elles subissent parce ce à quoi elles ont droit leur est souvent inaccessible. La seule violence qui les concerne c’est celle de ne pas pouvoir avec les autres, comme les autres communiquer avec les outils du moment Et quand ces personnes se sentent en confiance, considérées, reconnues, entendues qu’elles soient jeunes ou plus âgées elles éprouvent elles aussi le plaisir intense qu’il y a à lire sur différents supports, pour l’expression de leurs besoins « utilitaires » bien sûr mais aussi pour l’expression de leurs émotions. N’oublions pas enfin et c’est en conclusion la référence à ce contexte qui nous habite depuis vendredi sur lequel je reviens. N’oublions pas que l’obscurantisme utilise pour s’introduire dans les esprits de nombreux outils, de nombreux leviers et que parmi ceux-ci il peut y avoir des textes, des écrits. La violence n’est pas le privilège des personnes en situation d’illettrisme. N’oublions pas qu’entre l’œil qui lit et la main qui agit il y a tant d’autres facteurs qui interviennent. Et c’est bien le rôle qui est le vôtre professionnel de la lecture, médiateurs de la culture de l’éducation de nous montrer exemples à l’appui que la lecture est évidemment un magnifique outil pour l’émancipation, une piste qu’on propose pour s’envoler avec de la raison et du plaisir, à condition que ceux qui en accompagnent la maitrise et l’usage en fassent aussi, comme vous savez si bien le faire un outil au service de la liberté et du vivre ensemble.
Au carrefour des haines ordinaires J’ai pressé le pas Refusant toutes les priorités Que s’accordent les accusateurs Les rabougris au ventre replet Bouffis de cette mauvaise graisse Qu’on accumule à la table des biens nourris Au banquet des satisfaits De leurs vociférations ils sont fiers Persuadés qu’ils tiennent le bon mot Mais ce ne sont de mauvaises soupes mijotées Sur les braises de leur mépris O bien sur j’ai fermé les yeux Pour ne pas m’abîmer le regard Sur la face vide de ce monde qu’on nous montre Et j’ai poursuivi ma route en marchant Loin des lames qui s’aiguisent à la pierre molle des clics paresseux Je sais que le bout n’est jamais loin quand on cherche Ces beautés qu’on oublie Et qui nous murmure de si douces caresses de vie…
Un vrai coup de coeur, pour ne pas dire un coup au coeur à la lecture ce matin du magnifique texte de Barbara Auzou, qui nous habitue à ouvrir nos journées avec de petites merveilles…
Quand vient le soir, Quand tombent les premières gouttes de nuit. Quand les fenêtres se ferment, Quand les regards se taisent, Quand les mots se font rares et lents, Alors, Alors, la ville fronce ses sourcils de béton fatigué, Et sur les façades à la blancheur inventée On aperçoit quelques trous de lumière. Entends-les, ils scintillent, Entends-les, ils t’invitent à rentrer…
Ecoute moi Oui toi Il faut que tu bouges Ouvre les yeux Sors de ton cirque à clique Sens la douce caresse de tes cils Souviens toi tu es vivant Non tu ne rêves pas Tu ne le sais plus Tu ne le peux plus C’est pour toi que je parle Homme enfoui Homme englouti Homme avalé Homme digéré Referme ta bible numérique Essaie Essaie tu verras Pense Regarde Le monde est là Il t’observe Il attend et t’espère Il a pris ses belles couleurs C’est pour toi elles brillent Ecoute moi Oui écoute moi Il faut que tu résistes
Flash J’ai tiré le rideau noir de mes lointains souvenirs Sourires en fleurs Pleurs en pire Lumières mauves sur la scène Regarde et lève-toi Elles te saluent les traces Du bel hier
Sur les fragiles rives de notre humanité en souffrance Déferlent des torrents de haines Le vent mauvais qui les pousse est une insulte à la mer et ses vagues Sur le chemin défoncé de nos restes d’espérance J’avance en pleurant les grands absents La force d’aimer a quitté les amputés du sourire Les mots crépitent sur les écrans tâchés de sang Chacun se fige dans une morale glacée Les soirs où j’ai honte de cette agonisante humanité Je rêve que l’oiseau des océans qui sommeille Dans l’arrière-pays de ma lourde tête S’envole en riant
J’aime republier certains de mes textes, tout simplement parce que lorsque je les relis j’éprouve toujours la même émotion.
Je n’en peux plus du bruit de la peur, Je n’en veux pas de la suie grasse de vos haines, Je n’en veux plus des complaintes aux rimes dures. Parlez-moi de la mer, je vous en prie. Où sont les vagues, Où sont-elles ? Entendez le vent, Il pleure, vous dis-je, On l’oublie,
Il est seul, il appelle. J’entends son chant qui ondule, Mes yeux se ferment, Petites larmes coulent. Vagues amères, Douces et belles, Sur les rives de mes lèvres muettes Ont répondu, ô vent, à ton appel. Parlez-moi de la mer je vous en prie…
Flash J’ai tiré le rideau noir de mes lointains souvenirs Sourires en fleurs Pleurs en pire Lumières mauves sur la scène Regarde et lève-toi Elles te saluent les traces Du bel hier
Silence pluvieux, J’ai la mer au bord des yeux. Dans le loin bleu De mes mémoires salées, Deux ailes se sont envolées. Vent d’hier, Sur les vagues les a posées. Explose l’écume, S’envolent perles de brume. Regarde la mer belle. Sur la plume de tes mots A la feuille amarrée, Mer a chanté, Mer a soufflé.
Une découverte, récente pour moi. Le texte est juste magnifique ainsi que son interprétation
Il fait toujours beau au-dessus des nuages Mais moi si j’étais un oiseau, j’irais danser sous l’orage Je traverserais les nuages comme le fait la lumière J’écouterais sous la pluie, la symphonie des éclairs
Dès sa plus tendre enfance Elle ne savait pas parler autrement Qu’en criant tout bas, pas faute d’essayer De les retenir, ces cris et ces larmes Qui les faisaient temps
Il fait toujours beau au-dessus des nuages Mais moi si j’étais un oiseau, j’irais danser sous l’orage Je traverserais les nuages comme le fait la lumière J’écouterais sous la pluie, la symphonie des éclairs
En grandissant, rien ne s’est calmé Petite tempête s’est trouvée Des raisons de pleuvoir autant Qui pourrait l’aimer franchement ? Personne n’aimerait se retrouver Au cœur d’une tempête, avouez Il y a des raisons de pleurer Elle a ses raisons, mais
Il fait toujours beau au-dessus des nuages Mais moi si j’étais un oiseau, j’irais danser sous l’orage Je traverserais les nuages comme le fait la lumière J’écouterais sous la pluie, la symphonie des éclairs
Quand la tempête a su Que des mélodies pouvaient s’échapper du vent Et se retrouver dans le cœur des gens Celle-ci s’est dit Nulle raison d’envier le soleil Je ferai danser les gens au rythme de mes pleurs La tourmente de mes chants viendra réchauffer les cœurs Réchauffer mon cœur
Il fait toujours beau au-dessus des nuages Mais moi je suis de ces oiseaux qui nous font danser sous l’orage Je traverserai tous les nuages pour trouver la lumière En chantant sous la pluie, la symphonie des éclairs
Dans ma boîte à émotions C’est un joyeux fouillis Cauchemar des ordonnateurs du beau fabriqué Du beau validé par les filtres académiques Je ne cherche jamais le parfait imposé Je n’obéis pas aux absurdes règles de la contemplation artificielle J’aime les alliances improbables Les mariages de gris bretonnants et bleus plastifiés Dans ma boîte à émotions rien n’est impossible Ni les rires pour un rien Ni les larmes pour si peu J’aime choisir mes conjugaisons J’aime réinventer des liaisons Et j’aime encore plus cet oubli permanent De ce point qui se refuse à être final
Regarde Oh oui regarde Lève les yeux Oublie L’ombre épaisse des mauvais rêves De tes nuits agitées Glisse Penche-toi en riant A la fenêtre des absents Regarde Oh oui regarde La lumière est si belle Elle s’étire doucement Entre les tendres bras Du matin des amants Ecoute Oh oui écoute Tu l’entends te dire Je t’attends…
Peu importe la couleur, la matière, l’âge, ce qui nous lie est plus fort ce qui nous sépare. La haine, les haines qui déferlent aujourd’hui sans aucune limites, sans aucun garde fous me donnent la nausée. Les mots sont abîmés. La pensée n’existe plus. Seul le réflexe compulsif domine. Je n’entends plus que des vociférations. Il nous manque tant celles et ceux qui loin de leurs narcissiques écrans éclairaient les chemins noirs, ( Camus je pense à toi… ).
De ci de là des paroles posées, qui sortent de cette permanente mélasse où tout est confondu : la politique et ses bassesses, l’histoire et ses blessures, et la haine sans limites pour des peuples errants qui souffrent en silence d’être les otages des apprentis sorciers qui occupent et salissent nos espaces de vie…
J’aime le décalage. Montrer ce qui est oublié, enfoui. Brest fait partie de ces villes où la mémoire est partout. Ville du bout du monde, porte de l’océan. Le gris est partout il est une trace, une cicatrice, un rappel. J’ai un lien fort, affectif, émotionnel avec cette ville, ce lien qui m’accroche aux silences, aux zones grises, elles aussi, de mon grand père qui prit la mer en 1914 sur un navire de la marine nationale, de mon père qui portait en lui des traces de ces mémoires enfouies…
Les brasiers de la haine ont répandu leurs flammes Sous les cendres grises de cette guerre des autres De petites lueurs à la chaleur vacillante Attendent doucement le silence éternel des fourbes fanatiques
Il ne reste plus de mots Nous n’avons plus de larmes. C’est Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo qui s’exprime ainsi aujourd’hui sur France Inter. Oui, comme souvent il dit juste, il dit vrai. Il ne reste plus de mots pour nous apaiser des brûlures de la barbarie ; ces mots je les cherche ce soir, mais ils sont épuisés, abîmés, froissés, pliés entre ces piles de haines blanches. Il nous faudra pourtant trouver, nommer, dire ce qui est enfoui, libérer ces mots enfermés de toutes leurs camisoles idéologiques. La poésie est un des douces armes que nous utiliserons pour retrouver le goût des larmes utiles…