Rimes en chemin…

Chemin de fer,

Chemin de terre,

Je cherche la rime qui rit

Ne bouge plus chemin de mer

Aux prochaines marées du vieil hiver

J’écrirai dans la marge de tes vagues oublis

Belle brune…

Au sommet de nos peurs bétonnées

Doucement

A tâtons

Nous cherchons

Ce vieux bout de brume

Que belle brune

En rêvant a soulevé…

Automne malin…

Entends le c’est l’heure

Il chante Matin

Il chante et secoue nos vieilles peurs

Automne taquin

Est en pleine lueur

Il rit du gris malin

Pris main dans le sac à couleurs

Flash…

Ecoute moi
Oui toi
Il faut que tu bouges
Ouvre les yeux
Sors de ton cirque à clique
Sens la douce caresse de tes cils
Souviens toi tu es vivant
Non tu ne rêves pas
Tu ne le sais plus
Tu ne le peux plus
C’est pour toi que je parle
Homme enfoui
Homme englouti
Homme avalé
Homme digéré
Referme ta bible numérique
Essaie
Essaie tu verras
Pense
Regarde
Le monde est là
Il t’observe
Il attend et t’espère
Il a pris ses belles couleurs
C’est pour toi elles brillent
Ecoute moi
Oui écoute moi
Il faut que tu résistes

29 novembre

L’automne balbutie…

Dans la fin de l’été déclinant,

Traces d’un automne impatient.

Humidité à l’odeur si épaisse,

Froid nouvel arrivant,

Incapable d’être cinglant,

Timide,

Il essaie de s’inviter,

A la table mauve d’une aube,

Aux couleurs délavées.

Plus une trace de lumière.

Les objets sont gavés d’ombres qui les étouffent.

Des gens passent,

Sourires en berne,

Ils traînent les restes du bel été  

Qu’on ne veut abandonner.

Pas un qui ne rit,

Plus un qui ne vit.

Automne colonisateur,

Feuilles jamais sèches, piétinées

Restent collées,

Tristes, sous le pied.

Tout se traîne, se désespère.

La mer est habillée de gris,

Ne pas froisser le ciel si bas

Il pourrait la gober.

Demain sera mieux,

Demain sera heureux.

Contre la vitre…

Dans le compartiment, il y a cette odeur, unique, qui s’accroche aux vêtements. Une odeur de voyages, trop courts, pour que la sueur soit absorbée par les souvenirs touristiques. Une odeur de vitre propre, de soupirs fatigués, une odeur de vie qui est à la peine, pour s’approcher de ce dont on rêve quand on est la tête contre la vitre. On ressent les vibrations, et puis il y a l’humidité de l’haleine qui fait comme un voile. Le voyage contre la vitre peut commencer, les yeux qui se ferment et le skaï devient cuir sauvage. Les néons ferroviaires sont des reflets de lune sur l’eau, pas un son, pas une voix qui ne troublent le rien d’un songe qui cherche son issue. Comme une musique, comme une mélodie. Et le couple d’en face, si vieux, si bons, qui posent leurs yeux sur la main de l’autre, pour signifier leur amour. Ils sont si beaux, si vrais, avec des souvenirs en réserve, pour chaque aiguillage, des regards croisés. Le front fait corps contre la vitre, les vibrations se font plus douces, le couple est comme un bouquet. Plus loin des jeunes filles rient, elles sont heureuses, heureuses de leurs sens, de ce qu’elles disent, de ce qu’elles montrent aux regards des peureux du bonheur. Elles batifolent, de mots en mots, d’histoires banales en tranches de vie. Et leurs rires nous réchauffent dans ce temps qui ne fait que passer.

Matinales…

Je, tu, il, elle, on, vous, ils

Sur la page blanche de mes chaque matin

Je cherche

Je cherche

Qui va parler

A qui m’adresser

Que et quoi vous dire

Ce dont je ne doute pas

C’est le comment

Je choisis dans ma boîte à plumes

La fine et belle encore endormie

Je la lisse et la trempe dans les encres grises

De mes restes de nuit

Entends la qui crisse en glissant

Sur la première ligne de ton jour qui sourit

Matinales…

Sur les hauts plateaux du Cantal

Vers le ciel j’ai tant levé la tête

Est venu le jour où est entré le bleu

Oubliés les murs de nos grises cellules

Chantent et dansent les couleurs en fête

J’ai jeté la clé des rêves fermés

Flash…

J’ai soudain faim

Je coupe une belle tranche de rire

Dans une tourte à la croûte chatouilleuse

Je croque et craque

Le chant doux de la mie

Glisse dans le creux de mon oreille

Une rime à la miette dorée

Semailles…

Dans le jardin des mémoires de demain

J’ai semé un vieux fond de graines de rires faciles

C’est la bonne saison

Je le sais je le sens

C’est le temps

Le temps si rond si long

De la bonne raison

Il le faut on attend

Regarde

Les granges débordent de molles pailles

Oubliées de vieilles moissons

Entends les pleurs des rides sèches de la terre

Aux prochains soleils levés

Tu cueilleras ta première fleur au sourire câlin…

Matinales…

Il est des matins roux
Qui emplissent de rêves
Les fonds de faille
De nuits ocres aux angles droits
Ils posent légers
De douces caresses
Sur nos joues creusées

27octobre

Matinales…

C’est un matin qui boitille

La nuit aux pierres lourdes

Lui pèse encore sur le dos

Derrière les grises vitres

Un presque jour se débat

Au loin la belle lueur

Attend l’agonie du triste sombre

25 septembre 2025

Belle brune…

Au sommet de nos peurs bétonnées

Doucement

A tâtons

Nous cherchons

Ce vieux bout de brume

Que belle brune

En rêvant a soulevé…

Silence pluvieux…

Silence pluvieux,
J’ai la mer au bord des yeux.
Dans le loin bleu
De mes mémoires salées,
Deux ailes se sont envolées.
Vent d’hier,
Sur les vagues les a posées.
Explose l’écume,
S’envolent perles de brume.
Regarde la mer belle.
Sur la plume de tes mots
A la feuille amarrée,
Mer a chanté,
Mer a soufflé.

Matinales

S’il reste quelques miettes de vrai

Dans le fond de la vieille marmite de vérité

Nous gratterons avec la fourchette de l’espoir

Et porterons à la bouche ces restes d’hier souriant

22 septembre

Flaques…

On a tous un rêve de flaques

Longue et large

Petite mer des belles amitiés

Comme l’enfant insouciant

Au rire parfum d’océan

Les deux pieds joints

Tu sautes avec la jolie joie

Oui celle qui éclabousse

On rit on pleure

Il pleut on s’ébroue

Gouttes de pluie perlent de lui

Larmes salées parlent d’une si belle

Et je sème une suite de cailloux

Pour nos lendemains un peu fous

Derrière la vitre…

Derrière la vitre de nos envies

La grise ville nous a menti

Pas un bout de mer

Pas un souffle de ce bel air

Les vagues se sont figées

Dans leurs longues quêtes salées

Inspiration…

Fenêtre ouverte
Sur le rond silence bleu
Du matin frileux
J’attends les mots blancs
Qui frappent sur les vitres endormies
J’entends la pointe dure du stylo
Elle crisse et glisse
Sur ma belle feuille fripée
De sa longue nuit agitée

Le vent se lève : 2

Sur la pente raide d’un chemin creux
Je presse le pas vers un sommet ivre de bleu
J’avance
Le souffle court d’un rire qu’on empêche
J’attends
Crissement d’une caresse rêche
Je frissonne
Longue et verte vague à l’âme
Se jette en pleurant
Sur la rive molles de mes nuits blanches

Le vent se lève…

Derrière le tendre vert des collines alanguies
J’entends le vent qui bruit
Sans un cri
Un reste de pli bleu
Couvre ronde larme de si peu
Sur le bord gris de tes yeux bleus

Matinales…

C’est un matin au gris surpris

Je ne l’attendais plus

Au creux d’une nuit de songes soleil

Je riais à n’en plus rêver

De ces rideaux levés sur des mots enfants

Mots pirouette

Mots cabrioles

Qui bondissent rougissent

Te tiennent d’une main épuisée du sucre interdit

Je ne l’entendais plus

Ce long cri de ce toujours dernier jour

Enfoui sous les draps d’une mémoire oubliée

Mémoires…

Vieil homme se souvient

Dans le feu intérieur de son regard bleu

Un fond de mémoire brûle de mille yeux

Vieil homme s’est assoupi

Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés

Une larme s’est envolée

J’ai rêvé d’une fenêtre…

Photo de Jeffrey Czum sur Pexels.com

Lassé de me cogner
Aux angles mauves
Du grand mur gris
De vos molles promesses
J’ai rêvé d’une fenêtre
Ouverte sur le souffle bleu
De nos demains heureux

Matinales..

Il arrive que le temps soit à la contemplation

Simple inattendue fraîche

Elle débarque sans crier sur les rives des matins communs

Et les soupirs de l’impatience sont apaisés

Mes Everest, Aymé Césaire…

Saison âpre

Cercle après cercle

quand les déserts nous auront un à un tendu tous leurs

miroirs

vainement les nuits ayant sur la tiédeur des terres étiré

leur cou de chameau fatigué

les jours repartiront sans fantôme à la poursuite de purs

lacs non éphémères

et les nuits au sortir les croiseront titubants

d’un rêve long absurde de graminées

Esprit sauvage cheval de la tornade gueule ouverte dans ta suprême crinière en moi tu henniras cette heure

Alors vent âpre et des jours blancs seul juge

au noir roc intime sans strie et sans noyau

jugeant selon l’ongle de l’éclair en ma poitrine profonde

tu me pèseras gardien du mot cloué par le précepte

Flash…

Mais où êtes vous donc l’ami

Voici plusieurs jours qu’on ne vous entend

Nous nous inquiétons vous le savez

Vos mots nous manquent

Dans le soir frissonnant

Il nous réchauffe en murmurant

Pas de souci je suis là

La pâte de mes mots repose

Je veille sur elle

Avant qu’elle ne lève

Demain peut-être

J’étirerai je pétrirai

Et sur le feu doux de mes émotions

Doucement je la poserai

Et elle chantera

Je le sais…

Belle brune…

Au sommet de nos peurs bétonnées

Doucement

A tâtons

Nous cherchons

Ce vieux bout de brume

Que belle brune

En rêvant a soulevé…

Songe…

Entre les rides

Des espoirs déçus

Un bouquet de couleur

Une larme bleue

Douce lueur

Sur ces quelques fleurs

Oublie les rires mauvais

Va, cours

Rêve

Creuse là

Oui

Ici

Tout au fond de la poche

Tu trouveras

Les dernières miettes

De l’arbre heureux…

A tire d’ailes…

Sur la peau blanche de mes espoirs
J’écris les mots pour demain

Dans un bouquet de rires enfouis
Je trempe ma plume épuisée

Sur le papier au grain glacé
Une boucle aux bords bleutés
Je trace en pleurant

Ces mots que j’aime
Pour toi
Pour nous
Je les lie

Main dans la main
Loin du hier de nos ennuis
Ils s’envolent
A tire d’ailes
Entre les bras du couchant

Regarde-les
Ils s’enfuient
Regarde-les
Nous sommes en vie

Brumes

Douce paupière

De brume

Se ferme

Sur l’oeil roux

D’un automne

Ivre de lumière

Flash…

Et j’entrerai dans le rêve d’un oiseau

Il y aura des hommes d’en bas

Qui agiteront leur bras

Je les entendrai me dire qu’ils voudraient me rejoindre

Et je m’endormirai au bord d’un fil mauve

Poèmes de jeunesse…

Un souffle
De vie.
Pour longtemps.
Deux sourires,
Soudain.
En format souvenir.
Une joie,
Qui cogne
Aux fenêtres d’un civilisé du retard.
Rapide,
Un regard qui dure.
Deux regards qui tremblent
Et ils comptent
Sur leurs échiquiers intérieurs
Les fous qui leur jouent
Un hymne de mots
Pour un soir
Qui dure
Et ils trouvent ensemble
La route des autres
Et ils s’aiment
Vite

D’un rire malin…

Dans le presque bout
Du pâle gris
D’un lointain matin
Coquin
Câlin
J’ai posé
La belle couleur
Du rire malin

Je te savais…

C’était l’heure des sans amis
Penché vers un presque rien
Je voulais prendre ce chemin
Et rêvais d’y rencontrer les hommes
Aux doux regard paisibles
Qui rêvent de lendemains
Aux bords ronds et malins
J’ai marché jusqu’au dernier bout
Lointain
Oh si lointain
Elle était là
Seule et perdue
Vêtue d’une longue trainée de brume
Elle attendait en souriant
Je te savais
Tu le sais
Entre tes larges marges inventées
Je t’avais inventé

Flash…

Il faut rester liés

Peu importe la couleur, la matière, l’âge, ce qui nous lie est plus fort ce qui nous sépare. La haine, les haines qui déferlent aujourd’hui sans aucune limites, sans aucun garde fous me donnent la nausée. Les mots sont abîmés. La pensée n’existe plus. Seul le réflexe compulsif domine. Je n’entends plus que des vociférations. Il nous manque tant celles et ceux qui loin de leurs narcissiques écrans éclairaient les chemins noirs, ( Camus je pense à toi… ).

De ci de là des paroles posées, qui sortent de cette permanente mélasse où tout est confondu : la politique et ses bassesses, l’histoire et ses blessures, et la haine sans limites pour des peuples errants qui souffrent en silence d’être les otages des apprentis sorciers qui occupent et salissent nos espaces de vie…

Le temps s’est achevé…

Dans le silence mou d’un matin bleu
On s’arrête

Dans le plein rêve
D’un monde heureux
On s’arrête

Juste au-dessus du vague soupir
Las
On n’entend plus la douce mélodie
On respire, on espère
On hésite, on appelle
Oh rien
Ou si peu
Juste le mot
Juste un seul
Léger
Goutte à goutte
Rivière l’épelle
On baisse les yeux
Plus un souffle d’air
Tout se fige
Une par une flaques d’eau
S’assèchent
Et sur la surface lisse d’un vague ruisseau
Le temps s’est achevé
Nous ne l’attraperons plus

Dans un sac à papier

Pour ce long voyage au pays des bruyants

Il avait commencé une provision de silences

Dans un sac à papier froissé

Quelques trous de mémoire

Sagement attendaient

Il est si bon de ne rien dire

Quand tous sur l’écran tête baissée

Rêvent de participer

Son sac à mots était empli de douceurs

Bondé de rondeurs

Pas un jour ne passait

Sans qu’il n’y plonge la main

Pour déguster un autre demain

Dans le bout de cette vie qui résiste…

Dans le bout de cette vie qui résiste
Il y a comme un voile gris
Flamme qui vacille
La peur n’ose plus entrer
Un rideau de larmes
Inutile elle recule
Son temps est passée

Je ne veux plus…

Je ne veux plus
De ce silence glacé
Qui roule en pleurant
Sur la mousse verte et ventrue
Des pentes asséchées

Je ne veux plus
De ces fracas de voix
Qui brisent en crissant
Les longues et fines lames
De mes rires boisés

Dans ma boîte à couleurs…

Dans ma boîte à couleurs

Je cherche ce mot qui tinte,

Je le voudrais doux et gai.

Un mot pour apaiser

Un mot pour aimer.

Et sur ma feuille pâle d’ennui,

Ivre de couleurs

Le poserai sans un bruit…

Rimes sans peurs

Photographie de Mars Yahl

Au bout de ces tristes jours gris

Peur sans fin

On nous sert comme refrain

Pour ma rime qui se perd

J’ai plongé dans la pleine lueur

D’un si doux rêve de fleurs

Trois fois rien…

Trois fois rien

Me dites-vous ?

Oui trois fois rien,

Et c’est tout !

Cela suffit pour mon peu de bonheur…

Non vous dis-je !

Ce n’est pas assez,

Vous le regretterez…

Oh non, rien de plus,

Je vous en prie !

Pas de rose,

Plus de mauves,

Laissez les bleus en paix.

Je n’ai besoin que de terres grises

Pour écrire mes rêves bariolés.

Homme de moins que rien…

Homme de moins que rien
Visage mou
Regard moite
Poisseux d’aigres sueur
Qui s’incruste entre les rires innocents
Homme de moins que rien
Expire le mauvais parfum
De la suffisance des quelques siens
Il était de ces bavards inutiles
Qui encombre les salons
Homme de moins que rien
Creuse en soufflant
Un gras sillon de silences aigris
Ils étaient tant à le suivre
Roses fanées à la boutonnière
Oublieux de ses arrogances
Dans ce monde aux sourires sucrés
Ignobles, infâmes
Ont repris en cœur
L’hymne gris de leurs violences cachées

Rêve mauve…

Il est l’heure de la lumière,

Il me reste un bout de rêve mauve.

Infime miette dans un bol de rire noir,

Laissée là, douce et croquante

Par une nuit rassasiée.

Au creux du silence du matin qui gémit,  

J’avance tête baissée,  

Tirant sur le long fil de ce songe qui sourit.

Matinales…

Il reste quelques traces de brumes blanches

Sur cette belle page d’un matin bleu

De longues lignes froissées des restes de nuit

Attendent les premiers mots aux odeurs de pain chaud

6 septembre

Lourdes pierres noires…

Dans le fonds asséché de mon puits à rêves bleus
De lourdes pierres noires emplissent le vide de ma page blanche
Mots fleurs, mots ciels, mots vagues
Tous sont écrasés
Ils se tordent le cou pour inventer le chant
Des rimes en rires
Ils se tordent le cou pour s’échapper
De l’humide étreinte du nœud coulant qui les étouffe

J’attends…

En suivant la trace floue d’une histoire d’hier
J’ai glissé sur la flaque du doux présent
A tâtons je marche en riant vers le noir heureux
Où brille l’ombre de tes cheveux
Je souffre de l’oubli des ces presque rien
J’attends serein
J’entends chagrin
Un long soupir sec
Il étale en claquant
Des larmes au bleu coupant
Qui abîment en roulant
Les bords mous du chemin des gisants

Mémoires…

J’ai tenté l’impossible ascension

Vers la cime d’une mémoire abîmée

Lisse est la paroi surprise

Pas un qui ne veut

Glisse

Plus un qui ne peut

Glisse

Elle était belle cette histoire

J’ai suivi ses lourdes traces

Jusqu’aux neiges racontées

Souviens toi nous étions vivants…

Tu t’es pris les pieds dans le lourd tapis de la nuit,
Assis au bord de ton lit
Entre tes mains, ta tête tu as pris.
Souviens-toi, nous étions vivants,
Tu riais, je parlais, insouciant.
Sur nos lèvres séchées par le vent,
Dansaient les mots taquins,
Sautillaient les mots malins,
Coulaient les mots chagrins.
Dans un coin reculé,
De notre hier oublié,
Je t’entends, je te vois, tu es resté.

J’attends…

En suivant la trace floue d’une histoire d’hier
J’ai glissé sur la flaque du doux présent
A tâtons je marche en riant vers le noir heureux
Où brille l’ombre de tes cheveux
Je souffre de l’oubli des ces presque rien
J’attends serein
J’entends chagrin
Un long soupir sec
Il étale en claquant
Des larmes au bleu coupant
Qui abîment en roulant
Les bords mous du chemin des gisants

Jeudi…

Non, non, pitié,
Pas aujourd’hui,
Je vous en supplie,
Mon rire s’est enfui.
Pas de jeu de mots,
Pas de rimes en i.
N’insistez pas, je vous le dis.
Comment ?
Dommage, me dites-vous ?
Vous aviez de bons mots ?
Eh bien tant pis,
Je cède, allons-y !
Je n’en prendrai qu’un :
Je le veux bref et poli.
En avant mon ami,
Je suis tout ouïe.
Par quoi commencerez-vous ?
Comment par i ?
Paris ?
Malheur,
C’est bien ce que je dis,
Comment, que me dites-vous ?
Ce que je dis ?
Ce que je dis,
C’est jeudi…
Vivement vendredi…

Mes Everest : Baudelaire, la musique

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Sur le tableau noir de mes envies

Sur le tableau noir de mes désirs d’écriture
J’ai tracé quelques lettres de brumes
Des mots bleus se sont envolés
A tire ligne jusqu’au bord d’une blanche feuille
Que j’avais attendue
Une phrase est là, en suspens
Une autre aussi qui l’attend
Je les regarde heureux
Elle se sont aimées
Avec mon consentement

Les arêtes de mon stylo…

Lorsque j’écris, sur le papier, avec un stylo-bille des plus commun, je ressens très fort la sensation de l’écriture. C’est un acte physique, qui laisse des traces. Et je me souviens alors de cette toute première phrase que j’avais écrite il y a quarante trois ans lorsque je décidai d’écrire un roman, mon premier roman, première pierre d’un chantier qui ne s’est jamais fermé, même dans les pires moments, ceux où l’inspiration est ballottée dans les intempéries de la vie.
Je me souviens, j’avais 19 ans et j’écrivais : « J’ai la tête qui bourdonne, les mains moites. Mes jointures gardent en mémoire les arêtes du stylo. »
En ce moment, presque tous les soirs mes doigts gardent en mémoire les arêtes de mon stylo.

Flash…

Un jour je prendrai le risque de ne rien dire

Pour être invité à la table du silence

On prendra un verre ou deux

Cocktail de brumes

Et on ne parlera pas

Pour s’entendre mieux

Mes Everest : Michel Merlen

Fracture du soleil

Hier j’épousai le vaisseau neuf

seconde après seconde

fracture du soleil

nous armés de poinçons

faisions de petits trous dans la mer

aux longues lieues

comme des virgules.

Aujourd’hui les galets au coeur

j’étincelle

quelle veine à mon poignet

bat

et

le rejoindra ?

« Les fenêtres bleues »

Regards…

Je voudrais écrire une histoire des regards

Regards croisés

Regards posés

Regard aimés

Regards secrets

Qui entrent dans la chair de nos silences

Nous murmurent des entre-mots oubliés

Aux ailes rondes et fripées

Et nous chantent la douce mélodie

Des amours attendues

Petite boule a souri…

Dans le coin sombre d’une journée ordinaire
Une boule de triste silence s’est endormie
La foule des bruyants passait
Regard levé
Pas pressé
Pas un pour lui parler
Et doucement la rassurer
Pas un pour murmurer
Ne crains rien petite
Ne crains rien
Tu verras on va t’aider
Tu verras on va t’aimer
Et ton chemin vers un long demain
Tu trouveras
Petite boule a souri
Un chant, un cri, un souffle
Tous sont réunis
Oh petite boule notre amie

J’ai un arbre dans la tête…

J’ai un arbre dans la tête,

Et,

Quand vient la nuit

Sur ses branches nouées

Reposent mes rêves du bel été

Regarde,

Ecoute,

Ils sont légers, ils sont beaux,

Ces songes qu’on dit vers

Balancent en riant

Au bout de leurs branches.

Dans la lumière du soir tombant,

Fleurissent des mots d’amour

Longues rimes enivrantes,

Qu’on effeuille en dormant.

26 mai…

Quelques miettes d’air marin…

J’ai plongé la main,

Dans le fond mauve de ma poche à sourires.

Il y restait quelques miettes d’air marin ;

Dans le doux creux de ma paume de cire

J’entends, elles chuchotent un chant câlin.

Ô si beaux ces mots loin du pire.

Lavés, salés, à ma bouche les ai portés, comme le bon pain.

Les yeux j’ai fermés : la mer est entrée, elle a tant à me dire…    

La terre est heureuse…

La terre est heureuse
Elle explose de vie
Le rouge est un sourire
Elle l’offre aux regards qui l’envient
Elle l’offre au ciel
Qui l’a fait vie
Le rouge est une fleur
Une fleur des chants d’été
Le bleu du ciel est heureux
Le rouge est mis, la pierre est belle
Sur la prairie de ce midi
La terre est belle quand tu souris
Pas un bruit,
La chaleur s’est endormie

Rivière rêve…

Il y a dans les rivières qui s’étalent

Une docile tentation de basse mer

Les douces eaux rêvent de lentes vagues

Elles clapotent de toutes leurs forces

Sur les rives de vertes vérités

Mais l’océan lointain fier de ses rouleaux

Feint de n’entendre rien

Soleil matin…

Le soleil se lève ici aussi…

Regarde le…

Il ne veut pas que tu oublies.

Il aime tes mots.

Baume mauve couleur nuit

Sur doux visage gris

Lentement il luit.

Cest beau petit matin

Qui s’enfuit,

Poussé par le souffle frais

Du passant qui sourit.

Songe…

Entre les rides

Des espoirs déçus

Un bouquet de couleur

Une larme bleue

Douce lueur

Sur ces quelques fleurs

Oublie les rires mauvais

Va, cours

Rêve

Creuse là

Oui

Ici

Tout au fond de la poche

Tu trouveras

Les dernières miettes

De l’arbre heureux…

Matinales…

A l’heure molle des impatiences cadencées

J’entends parfois le cri de l’oiseau noir

Il pleure une curiosité engloutie

Au fond du gouffre numérique

Visages courbés

Nuques raides

Regards polis de vides

Ils ont effacé

D’un doigt qui glisse sur le verre appauvri

Les derniers chants qu’ils prennent pour des cris

Pas un signe pour lui

Oiseau noir ce matin est encore seul

Je lève les yeux

Je sais qu’il me voit qu’il m’attend

Oiseau noir du matin

Tu es mon réveil chagrin

12 avril

Bleu salé et vents taquins…

Et quand le soir sera venu
Nous serons apaisés
Où que nous soyons
En grand nous ouvrirons les fenêtres
En bleu salé nous nous voilerons
Un vent frais aux angles taquins
Nous parlera de tant d’autres lointains
Nos yeux frisés de fatigue
Inventeront des flots de lentes vagues
Nous entendrons les rires des oiseaux de mer
Et nous nous pencherons sur les calmes rives
De nos beaux lendemains

Matin léger…

Sur l’eau, quelques rides de lumières,
Le matin léger s’étire sur le fleuve.
Au loin la rumeur de la ville,
Comme un bruit qui s’éveille.
On s’étire, le silence se respire.
Il fait frais, on sourit.
Le jour se lève.
C’est beau,
La nuit s’est retirée,
Discrètement, le port l’a avalée.
Le soleil est là, on le sent.
On l’entend.
Chaque couleur s’est préparée,
Dans le matin léger,
Ses ailes lissées le fleuve a déployé.

Memoires…

Entre les bras d’un jour finissant

J’entends le chant mauve

D’une longue nuit qui m’attend

Ecoute…

Ecoute petit homme,

Ecoute.

Il est si beau ce monde qui ne dit rien.

Il est si beau ce monde,

Il te parle, c’est le tien.

Regarde petit homme heureux,

Regarde ces furieux,

Fanatiques, frénétiques,

Ils ont le cœur électrique.

Ils préparent la prière,

Hymne cathodique

Aux rimes numériques,

C’est le matin du malin.

Nuques raides, regards vides,

Les impatients sont livides,

Epuisés, lessivés,

Un long sommeil les a lavés.

Ô Nuit blanche et câline,

Ne t’épuise plus à blanchir

Ces haines rances à mourir.

Semées sur l’écran creux

De leurs rêves sans bleu.

La nuit les a libérés.

Il est l’heure,

Affamés, ils attendent

La victime par eux condamnée.

Leurs mots sont prêts

Ils vibrent, affutés, aiguisés,

Ils vont frapper !

Pas un regard pour ton monde qui sourit.

Ils attendent leurs matins numériques.

Rien ne brille, rien ne bouge.

Hystériques ils cliquent, ils cliquent,

Ils cliquent.

Et ce matin, petit homme,

C’est une claque,

Une claque pour les creux.

Les écrans sont lisses et vides.

Les nouvelles du jour ?

Parties, envolées, manipulées, falsifiées ?

Que va-t-on devenir, on est seul, isolés…

Le monde les voit

Il pleure de cette embolie

Il rit de cette folie

Mais cette nuit, petit homme,

Le monde a agi.

Le monde ne regrette rien

Il le fallait, il l’a fait.

C’est si simple,

Petit homme

La poubelle était pleine,

Le monde l’a vidée,

Et dehors l’a laissée

Matinales..

Il arrive que le temps soit à la contemplation

Simple inattendue fraîche

Elle débarque sans crier sur les rives des matins communs

Et les soupirs de l’impatience sont apaisés

Flash…

Il y a parfois un trou dans le vide que laissent les absents
On y passe discrètement une tête
On laisse son œil se poser sur cette trace profonde
On attend doucement
Sans rien dire sans attendre
Là juste derrière le dernier souvenir
On entend le long murmure
D’un si beau fou rire…

5 septembre

Mémoires…

Vieil homme est seul

A pas lents et trainants

Du haut mur du passé

Il s’est approché

Son oreille fatiguée

Sur la pierre il a posé

Le doux murmure des rêves oubliés

Sur son vieux corps s’est écoulé

Oeil éclairé vieil homme sourit

Il le sait

Il le sent

Dans un pli de mémoire

Il entend le chant de la mer

Qui jamais ne s’oublie

Rêves…

J’étais las

Bras ballants

Nuque courbée

Sur le quai je marchais

Attentif aux petits riens

Qui emplissent de mauvais silences

Les derniers souffles d’une journée sans fin

Dans le fond d’une poche

Juste pour m’occuper

J’ai plongé une main

Oh ce n’était qu’un geste de rien

Et bien mes amis

Je vous l’assure

C’est un sable si fin si frais que j’ai caressé

Qu’au coin de mon œil une vague a coulé

Mémoires…

En suivant la trace floue d’une histoire d’hier
J’ai glissé sur la flaque du doux présent
A tâtons je marche en riant vers le noir heureux
Où brille l’ombre de tes cheveux
Je souffre de l’oubli des ces presque rien
J’attends serein
J’entends chagrin
Un long soupir sec
Il étale en claquant
Des larmes au bleu coupant
Qui abîment en roulant
Les bords mous du chemin des gisants

Glissade…

En marchant vers un vieux jour qui sourit
J’ai glissé sur une vieille larme oubliée
La chute est rude mais sans folie
En riant me suis relevé
Ce n’est rien ai-je dit
Le monde est laid
Tout empêtré de ma nuit
J’avoue, je l’avais oublié

Ou est-il ?

Fin de journée est là

Elle est préparée :

Gouttes de lumières

Sur flaques d’obscurité…

Dans le creux de l’oreille

Des quelques lecteurs impatients

Celle qu’on dit muse doucement a chuchoté

Je le trouve bien silencieux

L’homme des mots…

Que se passe t’il ?

Où est-il ?

Que fait-il ?

Ne t’inquiète pas,

A répondu feuille blanche qui frissonne.

Il n’est pas loin,

Je le sens, je le sais

Il reviendra demain

Vêtu de peut-être ou de déjà

Je l’ai croisé

Il retient son souffle

Entre deux presque silence

Il fabrique de nouvelles lettres

Que bientôt il vous enverra

Il y a ceux qui…

Il y a ceux qui savent

Et ne disent rien

Mais n’en pensent pas moins

Il y a ceux qui ne savent pas

Mais en disent trop

Il y a ceux qui croient savoir

Ceux qui ne croient pas ceux qui savent

Ceux très rares

Qui croient ceux qui savent

Ceux qui disent qu’on ne sait rien

Ceux qui en savent plus

Que ceux qui savent

Ceux qui en savent autant

Que ceux qui ne savent rien

Mais qui n’en pensent pas moins

Et en disent beaucoup trop

Ceux qui pensent qu’il faudrait que

Ceux qui ne pensent pas qu’il faudrait

Ceux qui disent

Qu’il ne faudrait pas penser

Comme ceux qui pensent

Qu’il faut peut-être un peu penser

Ceux qui disent

Oui mais

Et sont si sûrs d’eux

Qu’ils répondent

« Mais oui »

Quand ceux qui doutent disent

« Oui mais »

Il y a ceux qui

Ceux qui

Ceux

Et puis il a les autres

Si peu

Qui ne disent rien

Et rêvent du monde qui se lève

Sans rien dire

Avec le sourire

Derrière la fenêtre…

Derrière la fenêtre, les visages sont gris

Sur les vitres humides, des gouttes de peur

La pluie battante peine à avaler les larmes

D’un monde qu’on oublie d’entendre rire.

Tout au bout…

Sur le haut plateau jauni,

Pas un pli, pas un cri…

Dans le calme gluant du midi brûlant,

Un homme,

Personne ne le connaît,

Demande son chemin.

Un vieil enfant étonné l’a questionné.

Mais où vas-tu homme pressé ?

Je vais au bout mon petit,

Je vais au bout voir la terre tourner.

Mais sais-tu homme pressé

Qu’au bout il n’y a rien,

Rien qu’un bout de ce chemin.

Sur la ligne de vos vies

Sur les pages blanches

D’une histoire qui gémit

Il y a une ligne de vie

Regarde

Elle attend

Les plus beaux de tes mots

Dont la rime est une aile

Douce et fleurie

Elle se pose sur la lame de vos peurs

Ciels…

Bout de ciel enfermé

Quadrilatère sans sommets

La somme de tes côtés

N’en finit plus d’augmenter

Géométrie du presque bleu

Poésie des angles heureux

Je cherche

Photo de cottonbro studio sur Pexels.com

Je cherche dans le fonds humide de ma réserve à mots, un verbe qui pourrait survivre sans complément, sans adverbe, sans tous ces parasites qui au mieux affadissent au pire empoisonnent  l’essence première du mot, cette saveur originelle qui lorsqu’elle fut la première fois utilisée suffisait, exprimait à elle seule ce qui était ressenti, c’est-à-dire vu, entendu, touché, goûté.

Ces mots verbes existent je le sais, je les cherche, je les traque. Mais il y a aussi ceux que la grammaire a décidé d’entrer dans la catégorie des noms communs. A-t-on pris le temps de s’interroger sur la signification de ce commun, qu’on ajouter pour désigner ce qui pourtant désigne à lui seul l’essentiel. Peut-être s’agit-il d’une juste opposition au qualificatif propre. Serait-ce la propreté ou la propriété qu’on veut opposer au commun, au collectif. Il y aurait donc le mot qui appartient à un seul et ce qui est à tous ; pourquoi pas ! Mais le commun peut aussi être vu comme le banal, comme le courant, qui n’a aucune aspérité, aucune singularité. Ne dit-on pas d’un vin qu’il est commun pour éviter de dire qu’il n’est pas bon…

Le vin, le ciel, le vent, la brume, le mauve, l’amour, que de noms communs qui dans ma réserve occupent une place singulière…

Flash…

Dans la molle foule des touristes numériques

Je cherche l’éclat d’un dernier regard bleu

Bleu pâli de presque larmes

Roulant sur ce qu’il reste d’émotions

Rien n’y fait

Les nuques sont courbées

Elles sont tristes ces joies qui cliquent

Ces joies qui glissent sur les lisses miroirs

Qui abîment les mémoires

Où sont les bouquets de couleurs

Qui se cachent derrière la tête des hommes heureux

Lassé des regards vitreux

Epuisé

Le ciel s’effacera…

19.08.2025

Bouillie de ciel

C’était une lumière d’un presque soir d’été

Dans la poche intérieure de ma veste aux couleurs insolentes

Je sentais les chaudes miettes

D’un doux festin aux rires lointains

Les yeux rivés sur la bouillie bleue du ciel heureux

Je marchais

Oh oui je marchais

Semant tout le long des chaumes chaudes

Mes vieilles pages d’enfance

Ephémère…

Aux angles flous du soir tombant
La trace d’un sourire sur les lointaines crêtes
Il pose sa fraîche caresse
Sur les regards brûlés par le gris monde plat
Des écrans qui étouffent le rêve
Un instant
Un instant seulement
Aime cette fleur éphémère

Ce soir…

Et maintenant
Maintenant tu réévalues ta dose de présent
A la bourse du verbe aimer
Et tu te sens mieux
T’avais peur que le désespoir
Rattrape la réalité qui te minait
Et en face d’elle
T’as brisé le cercueil
Tes deux bras te servaient d’alibi
Pour te tenir sur le fil de honte
Qui surplombait le désespoir
Venu d’en bas
Et maintenant
Tes deux bras lui servent
De parenthèses
T’avais mal dedans le corps
Tant le hasard t’avait fait crier
Tant le hasard t’avait fait vaincu
Et maintenant
Tu passes
Seul avec celle qui te regarde
Et t’as dévalisé la consigne
Et tu tires sur tes lèvres
Comme l’intoxiqué tire sur sa clope
T’avales le vrai et tu vomis ta peur
T’avais un trou dans la tête
Qui guettait la sortie de ta folie
Pour lui passer des menottes de rêve
Et maintenant le temps qui te pue
Est un éternel motif d’impatience
Pour celle dont tu rêves
Angoissé dans les murs de ton bar
D’artiste sans symétrie
Et il te faut trouver
Un dictionnaire
De mots nouveaux
Promesses de vocabulaire
A grammairiser
Pour les joies que tu lui inventeras
Il te fallait tant de choses
Pour être sûr
Dans ton royaume de deux
Que maintenant tu t’en fous
Tu poétises
Et tu sais que ça transpire
Peut-être l’indifférence d’habitude
Mais cela ne fait rien tu continues
Et ce soir t’as encore envie d’écrire
Parce que ça fait un jour de plus
Et t’as une boule dans la tête
Une boule odeur de lassitude
Qui explose à chaque sourire
Qu’elle enterre en toi
Chaque fois qu’elle commence
Le « il était une fois »
De ma soif d’impatience
Avec une corde au cou, au mois elle m’a remarqué
Dans cette foule de pendus
Qui rêvent d’évasion
En se remarquant
Identique
Et t’as mal dans la tête
Quand elle t’observe
T’as mal dans sa peur
Qui vibre d’incertitude
T’as mal dans sa peau qui fait
Pleurer un violoniste
Et quand tu la serres contre toi
Tu hais encore plus
Les silhouettes bureaucratisées
Qui sentent déjà le dossier
Qui n’est pas fini
Ou qu’on va jeter….

Ce soir… poème de jeunesse en deux parties

Ce soir t’as envie d’écrire
Ce soir t’es encore plus près d’elle
Parce que cela fait un jour de plus
Parce que cela fait un jour de
Mieux
Alors tu souris
A ces murs si nus
Qui te racontent
L’histoire de ce reflet
Dont l’insuffisance suinte
Ce regard que tu connais
C’était une semaine qui comme
Toutes les autres
Sentait la potence
Mais le nœud ne coulait plus
Il s’était ouvert
Et toi tu fermais les yeux
C’était une semaine
Qui comme toutes les autres
Transpirait l’ennui
Entre les rires d’enfants
Trop rares
Mais que tu supposais déjà
Sur ses lèvres en fête
C’était une semaine
Dure
Dans ton journal de désespoir
Il ne te restait plus d’aventures
Antidotes
A tous leurs regards accrochés
Au porte manteau de leur haine
Et toi tu les voyais
Tu voyais une tâche de pleurs
Sur une bouche gardée
Un œil mouillé de souvenirs
Qui s’en iront
Une voix qui a peur des mots
Des mots qui cherchent l’horizon du mal
Et ne le trouvent pas
Un regard qui attend
Plutôt qu’il ne voit
Et toi qui observe
L’espoir en bandouillère

Retour…

Le peu de Bretagne de mes gènes

Affleure sur les hautes rives de mes mémoires salées

J’entends les échos de mes océans oubliés

Ils chantent le refrain de mes vagues enfouis

Les rires métalliques des rudes goélands

Me tirent la nuque vers des airs lointains

Il est l’heure des souvenirs aux senteurs malouines

Flash…

Sur la petite île d’un raide espoir

Résiste le phare des rondes voyelles

Des vagues de rimes battent des ailes

Elles s’écrasent en riant sur les rives belles…

15 août

Matinales,

Je pose un œil tapissé de poussières de nuit

Sur la vitre aux odeurs de tragique voyage

Humide caresse dérape dans une courbe de sourire

Il est l’heure du matin gris

Matinales…

Je n’essaie plus d’inventer des rimes

Les mots ont perdu leur souffle

Dans des débordements de classements alphabetiques

Ils tendent leurs impatientes mains

Vers des bouts de lignes mauves

13 août

Flash…

Dans l’ivresse blanche des sommets

Il arrive que le regard glisse

Sur une plaque de mémoire

Posée là sur la pente raide de nos souvenirs

On plisse les yeux et les sourires enfouies

Ouvrent grand leurs ailes oubliées…

Flash…

A quoi pensent les oiseaux ?

A rien me dites-vous ?

Ils n’en n’ont pas l’utilité,

C’est si simple ils se contentent de voler !

De voler certes,

Mais aussi de crier, de piailler,

De jacasser, de croasser,

De tourbillonner de planer,

De siffler,de souffler,

Et bien sûr ils nous voient,

Pauvres du tout en bas

Écrasés,effacés,

Courbés,oubliés,

C’est bien je vous crois…

Et que disent-ils de nous ?

Ô si peu,

Ils n’ont pas besoin de nous…

On aurait voulu qu’ils soient heureux…

On aurait tant voulu qu’ils soient heureux

Et se tenir là au creux de nos regards brisés

Tremblant du bout de leurs doigts effleurés

Au bout du frisson glacé d’une caresse attendue

Se dresse un mur aux douces pierres de silence

Un sursaut

Et c’est le cœur qui crisse

Il se dit que le ciel est si beau

Quand on le découvre à deux

Alors on ne parle plus

On ne dit rien

On laisse cette belle flaque de bleu

Regarde

Ils se noient au fond du reste de leurs yeux

On chante on court on bondit

Et puis on se pose Tête entre les mains

A s’entendre

A s’attendre…

Matinales…

C’est un matin au souffle court

Sa nuit entière à chercher le rêve bleu

A l’horizon des demains qui se ressemblent

Il respire le reste de nos espoirs

Mes Everest, Vénus Khoury-Ghata

Vénus Khoury-Ghata est une poète libanaise

Nul ici

Dans l’eau creuse

Le village d’oiseaux

L’arbre à l’écorce tiède

Et le criquet vieillard

Ont fait couler l’été

Je traverse un miroir qui a face d’averse

Où les mouettes se teignent

Pour aborder la terre

J’écoute

L’appel de l’oiseau n’est que le rire du fleuve

Flash…

Vide

C’est le vide infini

Oui, là, au dessus, me dites-vous

Il n’y a rien plus rien

Je n’écoute pas

Ne change pas, ne bouge pas

Mes yeux plissent

Fripés de doutes bleus

S’enroulent dans le rêve mauve

D’un drap moite des empreintes de corps

Je ne cherche rien

Je ne crois rien

J’existe je vois

Je sens je ressens

J’attends

Un brusque souffle

Orage hésite

Il est si tôt pour la peur

5 juin

La mémoire et la mer…

En vacances en Bretagne, je découvre le Fort Du Guesclin et j’apprends que Léo Ferré a vécu ici pendant une dizaine d’années. C’est ici qu’il a composé la « mémoire et la mer », qui est un des quelques textes qui trône au sommet de mon Everest poétique.

J’en suis remué

Matinales…

Dans la longue et lente langueur

D’un moite matin d’été

Une trace des ombres tièdes de la nuit

Il reste si peu pour se sourire

Sur le long quai des attentes enfermées

Et pourtant je voudrais

A toutes à tous vous dire à demain

Nous avons tant à nous dire

Flash…

Aux quatre coins d’une mémoire bleue

Reste de sourires heureux

Belles et douces rides

Jouent une vague mélodie

Aux amis du monde aux beaux yeux