Un orage en février, suite…

Lisa contemple Jules dans son sommeil. Il repose. Son corps tout entier est calme. Il a la tête légèrement relevée par l’oreiller, penchée sur le côté. Elle le touche du bout des doigts. Ce n’est pas une caresse, c’est un contact au sens électrique du terme, un contact qui lui fabrique un frisson.

Hier soir ils ont parlé. C’est la première fois qu’il lui a dit tant de choses, de belles choses. Ses paroles, elle les a recueillies, mises de côté, avec amour, pour les mauvais jours, elle se les repassera sur son enregistreur de tendresse. Elle l’entend, il parle doucement, avec émotion. Sa voix tremble comme dans un sanglot qu’on retient.

« Lisa, tu es belle, tu es jolie, peu importe le mot, choisis-le, tel qu’il existe, et moi j’en chercherai d’autres ou j’en fabriquerai pour quand on en pourra plus des banalités des dictionnaires de l’amour convenu. Lisa je t’aime et je ne l’explique pas, je le vis, je le dis et ce n’est déjà plus pareil. Lisa je t’aime, pour ta pétillance, pour tes yeux qui s’allument, pour ce que je les entends me dire quand on se croise.

Je ne te vois pas Lisa, je ne te regarde pas, je te vis, quand tu es là, j’ai les sens qui s’embrouillent. J’ai un trou noir dans l’arrière-pays de ma tête. Un trou noir dans le néant de mon passé, avec tant de hiers, tant d’hivers où je t’ai laissée. Je voudrais ne t’avoir jamais quitté, je voudrais m’entendre dire ce que tu attends depuis le premier jour.

Et pourtant Lisa je partirai, je te laisserai et tu ne seras plus jamais seule. Quand je penserai à toi, à quelques mètres, à quelques lieues, ce sera si fort que tu le sentiras partout dans ton corps. Tu auras dans la tête des tempêtes que je te soufflerai en fermant les yeux pour mieux t’entendre rêver. »

Lisa contemple Jules dans son sommeil. Il est calme, il n’a plus ses agitations, ses spasmes, ses secousses, il est ailleurs, tout en douceur et elle se souvient : Jules qui disait, Jules qui lui disait.

« Lisa il y a l’amour, il est entre nous, on peut le toucher, il passe, les autres le ressentent, il fait comme une petite musique et puis on se regarde, on se touche et les sourires sortent. Il y a l’amour Lisa, et toi que j’aime, juste derrière les yeux, depuis toujours. On se connaît si peu, on se voudrait tant, on s’effleure parce que ce mot est beau, qu’il est parfumé. On est bien Lisa, il y a l’amour et nous, sourires, regards, et les doigts qui s’observent, qui s’approchent. Il y a l’amour Lisa, peut-être… »

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