Les couleurs ont disparu…

Parce qu’il ne faut pas vivre que sur ses réserves, même si elles sont « copieuses », je publie ce soir un inédit, tout chaud, terminé à l’instant…

Avalées en trois souffles de gris,

Qu’une pluie froide dilue

Les couleurs ont disparu.

Goutte à goutte,

Le ciel se pose,

Il s’étend, s’étire,

Prend ses aises.

Les yeux se plissent,

Ils cherchent le bout.

Les yeux se plissent,

Ils redressent les courbes.

La route devient molle,

Elle glisse,

Dans les bras de la brume.

La nuit n’est plus très loin,

Elle attend, là-bas,

Après le bout,

Après le tout.  

Tu baisses les paupières,

Doucement,

Petites billes de lumières,

Étouffent l’hiver au tournant.

Front contre la vitre…

TGV Paris-Lyon 11 juin 2018

Front contre la vitre, regard à grande vitesse

Il pleut, les gouttes glissent sur le verre.

Le paysage hésite à se laisser admirer.

Les couleurs sont  absorbées,

Noyées dans les gris  d’un voyage ordinaire.

Pas un son, pas un cri d’oiseau,

C’est une traversée d’un désert assoupi.

Front contre la vitre, la buée se forme.

Pas le temps de fabriquer une histoire à rêver,

La terre est oubliée, la vitesse l’a condamnée;

Paysages sans ambitions qui  aimeraient résister ,

Dans mon rêve trop  bref la vitre devient molle.

L’odeur d’herbe mouillée réveille un sourire assoupi.

Et la vie qui entre partout,

Elle chante l’été qui viendra.

Les gris sont surpris,

Front contre la vitre, le voyage est fini .

Un matin pluie…

C’est un matin pluie

Qui ruisselle de gris.

Avalées par une trop longue nuit,

Les couleurs sont assoupies

C’est un matin pluie,

Sur un lac d’Italie.

Aucune ride, pas un souffle de trop

C’est le vide qui se pose.

Ferme les yeux, il est si tôt 

Pas un bruit mécanique,

C’est un matin qui repose.

Regarde le ciel, lisse et sans rose

Regarde, sur le dos de l’eau comme il se pose.

Tout est si calme, pas une lueur ;

Tout est si beau

Sans ces cent couleurs.  

On est si bien, à attendre le temps sans heurts.

C’est un matin  pluie,

Écoute  ces mots qu’il nous dit.

Ecoute c’est si beau le matin qui s’enfuit.