Matinales…

Sous les cendres d’une nuit tremblante

Les impatientes braises de l’aube

Attendent notre premier sautillement

Matinales…

C’est un matin au souffle court

Sa nuit entière à chercher le rêve bleu

A l’horizon des demains qui se ressemblent

Il respire le reste de nos espoirs

Carnets…

Attention à ne pas brûler les étapes

Ah combien de fois ne l’ai-je entendu ce fameux : « attention à ne pas brûler les étapes ! ». Oui je sais, je le reconnais, il m’arrive parfois d’aller un peu vite, pour ne pas dire d’être pied au plancher. Mais, jamais ô grand jamais, je ne me suis permis de mettre le feu aux étapes. Je dois reconnaître, en revanche, que mettre le feu aux poudres ne me rebute pas, je le fais bien volontiers, même si d’aucun me reproche d’avoir une certaine tendance à souffler sur les braises.
J’ai beaucoup de respect pour ceux qu’on appelle encore les forçats du tour de France, et chaque étape franchie, oui je le reconnais je brûle d’impatience d’être sur la ligne de départ le lendemain. Lorsque le coup de feu du commissaire de course retentit, je suis sur des charbons ardents (je dois toutefois préciser que ces départs généralement toujours enflammés je les vis tranquillement installé au fond de mon canapé).
Alors oui je vous le confirme, je vous le certifie, ces étapes je les savoure, je les déguste surtout lorsque la route monte. Ah les étapes de montagne : au pied du col, tout le monde est groupé, puis soudain c’est l’explosion, les petits gabarits, tels des escarbilles, s’envolent vers les sommets.
Non, définitivement non je ne brûle pas les étapes, je prends le temps et le plus souvent du bon temps, non pas que le mauvais temps n’ait aucun intérêt, mais je préfère quand même ne pas prendre le risque de chuter sur des terrains devenus glissants. Une mauvaise chute, et je vous le garantis, il vous en cuit et pour le coup c’est bel et bien la fin de l’étape…

J’attends

Je suis d’une grammaire oubliée 

Je conjugue le verbe attendre

A tous les temps de l’impatience

J’écoute aux portes des sourires croisées

J’y entends le chant secret des absents

Je cherche des traces d’amitiés

Les arrime aux belles et rondes rimes

Sur la rive mauve de mes basses marées

Ô vous qui ne me voyez

J’attends

Oui j’attends vous le savez

Un signe de la main

A ceux qui se baissent pour pleurer

Matinales… inédit

J’étire une longue traîne de nuit

Sur un fil tendu entre deux pages blanches

Un souffle de bel espoir glisse sur la toile

Un a un les tendres mots s’éveillent en plissant

26.05.2026

Mes Everest, René Char : compagnie de l’écolière

Je sais bien que les chemins marchent
Plus vite que les écoliers
Attelés à leur cartable
Roulant dans la glue des fumées.
Où l’automne perd le souffle
Jamais douce à vos sujets,
Est-ce vous que j’ai vu sourire ?
Ma fille, ma fille, Je tremble.

N’aviez vous donc pas méfiance
de ce Vagabond étranger
Quand il enleva sa casquette
pour vous demander son chemin
vous n’avez pas parue surprise
Vous vous êtes abordés comme coquelicot et blé.
Ma fille, ma fille Je tremble

La fleur qu’il tient entre les dents
Il pourrait la laisser tomber
S’il consent à donner son nom
A rendre l’épave à ses vagues
Ensuite quelqu’ aveux maudits
Qui hanteraient votre sommeil,
Parmi les ajoncs de son sang
Ma fille, ma fille Je tremble

Quand ce jeune homme s’éloigna
Le soir mura votre visage
Quand ce jeune homme s’éloigna
Dos vouté front bas et mains vides
Sous les osiers vous êtiez grave
Vous ne l’aviez jamais été
Vous rendra-t-il votre beauté?
Ma fille, ma fille Je tremble

La fleur qu’il gardait à la bouche
Savez vous ce qu’elle cachait père
Un mal pur bordé de mouches
Je l’ai voilé de ma pitié
Mais ses yeux tenaient la promesse
Que je me suis faite à moi même
Je suis folle Je suis nouvelle
C’est vous mon père qui changez.

Memoires…

Dans l’arrière jour de mes nuits blanches

J’ai creusé le trou de ma mémoire oublié

Dans le fond endormi

Sur un bord de molle dune

Petits mots aux teintes passées

Dansent en giguant la ronde des guenilles

Ils vont ils roulent ils vrillent

Mots d’hier j’entends vos rires d’enfants

Crépies de mauve brune

Douces caresses se posent

Sur le long mur blanc

De ma moite insomnie

Tout est fini

Sur la feuille froissée d’un passé retrouvé

Sans un pli présent rassuré s’est endormi…

Matinales,

Je pose un œil tapissé de poussières de nuit

Sur la vitre aux odeurs de tragique voyage

Humide caresse dérape dans une courbe de sourire

Il est l’heure du matin gris

Mémoires…

Au vent humide et salé des tempêtes d’hier

La mémoire grince et se couvre en silence

De fines couches d’une belle rouille

Mots doux, rires légers, larmes perdues

Visages oubliés des lointaines rives

Tout s’accroche à l’unique anneau des temps aimés

Poussières d’acier de souvenirs effrités

Ne frotte pas

Ne polis pas

Laisse au temps une feuille pour se poser

29 août

Matinales…

Il reste des miettes de nuit
A la table des croqueurs du levant
Le regard se plisse
Les ombres froissées glissent
Il est l’heure du regard brillant

Regards…

Ils sont beaux les regards d’enfants

Ils se posent en douceur

Sans les amers jugements

Sans les plissements sévères

Sans les les verres déformants des idéologies apprises

Ils ajoutent de jolis  frissons

A nos envies de rire

24 juillet

Petite boule a souri…

Dans le coin sombre d’une journée ordinaire
Une boule de triste silence s’est endormie
La foule des bruyants passait
Regard levé
Pas pressé
Pas un pour lui parler
Et doucement la rassurer
Pas un pour murmurer
Ne crains rien petite
Ne crains rien
Tu verras on va t’aider
Tu verras on va t’aimer
Et ton chemin vers un long demain
Tu trouveras
Petite boule a souri
Un chant, un cri, un souffle
Tous sont réunis
Oh petite boule notre amie

Tribune matinale…

Un jour il sera trop tard

Le pire campera sous nos fenêtres closes

Gorges serrées par le regret

On évitera le regard des perdus

On dira qu’il aurait fallu

Qu’on aurait du

Qu’on aurait pu

Apprendre à écouter

A entendre

A comprendre

Ne rien dire d’inutile

Construire des libres pensées

Avec les mots justes

Les mots oubliés

Les mots réparés

Mots qui ne blessent plus

Prendre le temps du silence

Ne plus nourrir les haines rances

Ne plus se prendre pour l’unique

Celui qui sait

Celui qui juge

Celui qui condamne

Celui qui exécute

Au nom d’une triste morale

Celle qu’on brandit

Celle qui dégouline de nos aigres babines

Demain il sera encore temps

Pour que le pire baisse les bras

24.07.2026

Matinale, inédit…

Aprés une longue interruption, je reviens tout doucement…

Le matin du presque peut-être se prépare

J’attendrais que tu murmures qu’il est l’heure

L’heure d’enfin ne rien dire

L’heure de la pleine belle marée

L’heure du souffle bleu sur ta peau frissonnante

Le temps ne s’écrira plus en chasse seconde

Les cris au loin seront des appels en absence

Sur les façades grises des taches de tristes mauves

Je prendrai un sac léger

Une réserve de rires d’enfants

Quelques feuilles aux marges envolées

Et j’écrirai l’espoir qui revient…

23.07.2026

Orages de juillet…

…La lumière est plus basse, les premiers nuages naissent, ils se forment. On sent des trous de fraîcheurs qui s’installent au-dessus des têtes. Des oiseaux effrayés s’éparpillent sans réfléchir. Puis  les nuages n’enflent plus, ne s’élèvent plus. Ils ont éliminés l’horizon. Ils  s’étirent,  s’étalent. Plus rien ne les empêche de se rassembler aux quatre coins, là où le regard peut se poser.

Au sol, il y a  ce noir qui tombe par plaques lourdes de ce sombre qui repousse les derniers éclats d’un soleil qui en a trop fait aujourd’hui.

En quelques heures, la chaleur est oubliée. L’angoisse monte. Une angoisse emplie des respirations qui se retiennent. C’est la crainte de ceux qui ont peur, de ceux qui ont appris l’orage comme une colère, comme une punition. Ils attendent. Ils regrettent les brûlures du soleil qu’ils maudissaient après déjeuner. Ils auraient pu patienter, supporter.

Vu d’en haut, c’est comme une étendue de silence, on dirait une mer d’huile qui se prépare aux déchaînements. Il y a des yeux qui cherchent le premier éclair, le signe du départ, du début. Les portes se ferment, les rideaux se tirent, les lèvres se pincent, les mâchoires se crispent. C’est la peur qui déroule, qui enfle…

Au bout…

Au bout de la ligne

La trace sèche d’un œil matin

Dans un souffle rauque

L’ âcre reste d’un mot aux longues envolées

J’attends

Je suis d’une grammaire oubliée 

Je conjugue le verbe attendre

A tous les temps de l’impatience

J’écoute aux portes des sourires croisées

J’y entends le chant secret des absents

Je cherche des traces d’amitiés

Les arrime aux belles et rondes rimes

Sur la rive mauve de mes basses marées

Ô vous qui ne me voyez

J’attends

Oui j’attends vous le savez

Un signe de la main

A ceux qui se baissent pour pleurer

Petit matin d’été…

Lever de soleil sur le Pilat : juillet 2018

C’est un tout petit matin ordinaire,

Dans la douce lumière qui s’éveille,

De rimes en rimes le soleil me tire du sommeil.

C’est un tout petit matin d’ici ,

Les premiers rayons au jaune si  pâle

Sur la crête s’étalent.

Plus loin , la nuit qui s’étire  a résisté.

Dans l’ombre fraîche du matin,

La pénombre s’est noyée.

Pas un bruit, pas un souffle ,

La chaleur a tout figé.

C’est un petit matin d’été ,

Timidement aux portes de la beauté, il a frappé.

C’est un matin d’été,

Sans parler je l’ai regardé,

Dans un sourire je l’ai aimé.

Matinales…

Dans la longue et lente langueur

D’un moite matin d’été

Une trace des ombres tièdes de la nuit

Il reste si peu pour se sourire

Sur le long quai des attentes enfermées

Et pourtant je voudrais

A toutes à tous vous dire à demain

Nous avons tant à nous dire

Flash du Nord…

Sur la longue route du Nord

Je traquerai la naissance de l’ombre

Sur le rude chemin des pierres sombres

Entre les flaques de grises lumières

Je cueillerai une herbe folle

L’accrocherai au pli de ton œil étonné

Au sommet du presque soir tombant

Je soufflerai la flamme d’un soleil vacillante

7 juillet 2025

Matinale norvégienne…

Ne reste jamais en béatitude figée

Face aux images imposées des guides vitrines

Ose le pas de côté

Choisis de pousser la porte cachée

De l’arrière-salle oubliée

Ouvre ton œil de l’en-dedans

Et tu entendras la rime bleue

D’un presque entre-deux

D’un vent au rire d’enfant…

4 juillet