Le matin s’est levé…

Sur l’eau, quelques rides de lumières,

Le matin léger s’étire sur le fleuve.

Au loin la rumeur de la ville,

Comme un bruit qui s’éveille.

On s’étire, le silence se respire.

Il fait frais, on sourit.

Le jour se lève.

C’est beau,

La nuit s’est retirée,

Discrètement, le port l’a avalée.

Le soleil est là, on le sent.

On l’entend.

Chaque couleur s’est préparée,

Dans le matin léger,

Ses ailes lissées le fleuve a déployé.

L’automne balbutie…

Dans la fin de l’été déclinant,

Traces d’un automne impatient.

Humidité à l’odeur si épaisse,

Froid nouvel arrivant,

Incapable d’être cinglant,

Timide,

Il essaie de s’inviter,

A la table mauve d’une aube,

Aux couleurs délavées.

Plus une trace de lumière.

Les objets sont gavés d’ombres qui les étouffent.

Des gens passent,

Sourires en berne,

Ils traînent les restes du bel été  

Qu’on ne veut abandonner.

Pas un qui ne rit,

Plus un qui ne vit.

Automne colonisateur,

Feuilles jamais sèches, piétinées

Restent collées,

Tristes, sous le pied.

Tout se traîne, se désespère.

La mer est habillée de gris,

Ne pas froisser le ciel si bas

Il pourrait la gober.

Demain sera mieux,

Demain sera heureux.

Il a voulu voir la mer…

Il a voulu voir la mer,

Au fond de ses poches, quelques miettes

Pour des oiseaux qui ne viennent pas.

Ses bras pendent : il y a de l’ombre autour de lui.

Il a voulu voir la mer.

Il ne la connaissait pas : les autres en parlaient.

Les autres en parlaient comme d’une fête foraine.

Il a pris son chapeau : pour sortir il lui faut un  chapeau.

Il est arrivé quand la nuit se retire,

La mer est devant lui, les autres ont menti.

Pas de cris, ni de lampions, la mer s’étire,

Elle est pâle, la nuit a gobé ses lueurs.

Son corps est drapé de gris, il a voulu voir la mer.

Et il pense à elle, hier elle est partie.

Ses yeux sont usés d’avoir tant  pleuré

Ses larmes sont englouties, dans les vagues elles se sont noyées

Son costume est usé, les coudes sont râpés

ll  est sur la plage, immobile, pétrifié :

C’est beau la mer

Orages de juillet…

…La lumière est plus basse, les premiers nuages naissent, ils se forment. On sent des trous de fraîcheurs qui s’installent au-dessus des têtes. Des oiseaux effrayés s’éparpillent sans réfléchir. Puis  les nuages n’enflent plus, ne s’élèvent plus. Ils ont éliminés l’horizon. Ils  s’étirent,  s’étalent. Plus rien ne les empêche de se rassembler aux quatre coins, là où le regard peut se poser.

Au sol, il y a  ce noir qui tombe par plaques lourdes de ce sombre qui repousse les derniers éclats d’un soleil qui en a trop fait aujourd’hui.

En quelques heures, la chaleur est oubliée. L’angoisse monte. Une angoisse emplie des respirations qui se retiennent. C’est la crainte de ceux qui ont peur, de ceux qui ont appris l’orage comme une colère, comme une punition. Ils attendent. Ils regrettent les brûlures du soleil qu’ils maudissaient après déjeuner. Ils auraient pu patienter, supporter.

Vu d’en haut, c’est comme une étendue de silence, on dirait une mer d’huile qui se prépare aux déchaînements. Il y a des yeux qui cherchent le premier éclair, le signe du départ, du début. Les portes se ferment, les rideaux se tirent, les lèvres se pincent, les mâchoires se crispent. C’est la peur qui déroule, qui enfle…

Petit matin d’été…

Lever de soleil sur le Pilat : juillet 2018

C’est un tout petit matin ordinaire,

Dans la douce lumière qui s’éveille,

De rimes en rimes le soleil me tire du sommeil.

C’est un tout petit matin d’ici ,

Les premiers rayons au jaune si  pâle

Sur la crête s’étalent.

Plus loin , la nuit qui s’étire  a résisté.

Dans l’ombre fraîche du matin,

La pénombre s’est noyée.

Pas un bruit, pas un souffle ,

La chaleur a tout figé.

C’est un petit matin d’été ,

Timidement aux portes de la beauté, il a frappé.

C’est un matin d’été,

Sans parler je l’ai regardé,

Dans un sourire je l’ai aimé.

La chaleur a pris ses quartiers…

Martigues : Lavéra …

La chaleur a pris ses quartiers ,

Le bleu du ciel est fatigué.

Il  s’est laissé aller,

Et la lumière a tout écrasé.

Les yeux secs et plissés cherchent la mer,

Elle a déposé sa douceur poétique

Dans une vieille consigne pour touristes formatés.

Les yeux sont humides, ils ont glissé ;

Délaissant les rivages de papier glacés

Pour débarquer sur une côte minérale.

Ici le sang de la terre a la couleur de l’acier.

La mer d’un bleu métallique,  

Laisse couler.

Elle a déposé les larmes,

Sans pleurs ni peur,

Tout doucement,

Elle échoue

Dans le creux trempé de mon regard d’acier.  

Le soir glisse tout doucement…

Le soir glisse tout doucement.

 Il vient de l’ouest chargé de cette douceur qui le font espoir

Le soir avance. Le lac l’attend, repu de cette journée où chaque ride de l’eau est un sourire

Un sourire pour dire à la mer,  si loin, que derrière les yeux qui se posent sur cette surface apaisée

Il y a comme un regard marin, quelques rides en moins.

Le soir descend des montagnes,

On respire dans l’air qui descend les fleurs des sommets

Pas un bruit de moteur, pas un cri mécanique, le silence est simple

Il est venu avec le soir, les yeux se ferment, le souffle est profond

Dans la tête et dans les corps le lac s’est invité

L’oiseau s’est posé, le temps s’est ralenti

Maintenant il faut rentrer, les yeux vont se fermer, tout est apaisé

Matinales…

Dans un long tremblement de ciel
Tu as plongé le feu de ton regard
Au bout de ce qui te reste de terre noire
Claque le drap plissé du sombre agonisant
La bataille du rêve s’est achevée
Dans la raideur du corps qui s’étire
Ils sont si beaux les retours qui se suivent
Que ton encore première marche
Est souple comme une naissance

Le soir glisse tout doucement…

Le soir glisse tout doucement.

 Il vient de l’ouest chargé de cette douceur qui le font espoir

Le soir avance. Le lac l’attend, repu de cette journée où chaque ride de l’eau est un sourire

Un sourire pour dire à la mer,  si loin, que derrière les yeux qui se posent sur cette surface apaisée

Il y a comme un regard marin, quelques rides en moins.

Le soir descend des montagnes,

On respire dans l’air qui descend les fleurs des sommets

Pas un bruit de moteur, pas un cri mécanique, le silence est simple

Il est venu avec le soir, les yeux se ferment, le souffle est profond

Dans la tête et dans les corps le lac s’est invité

L’oiseau s’est posé, le temps s’est ralenti

Maintenant il faut rentrer, les yeux vont se fermer, tout est apaisé

Les couleurs ont disparu…

Parce qu’il ne faut pas vivre que sur ses réserves, même si elles sont « copieuses », je publie ce soir un inédit, tout chaud, terminé à l’instant…

Avalées en trois souffles de gris,

Qu’une pluie froide dilue

Les couleurs ont disparu.

Goutte à goutte,

Le ciel se pose,

Il s’étend, s’étire,

Prend ses aises.

Les yeux se plissent,

Ils cherchent le bout.

Les yeux se plissent,

Ils redressent les courbes.

La route devient molle,

Elle glisse,

Dans les bras de la brume.

La nuit n’est plus très loin,

Elle attend, là-bas,

Après le bout,

Après le tout.  

Tu baisses les paupières,

Doucement,

Petites billes de lumières,

Étouffent l’hiver au tournant.

Le matin s’est levé…

Sur l’eau, quelques rides de lumières,

Le matin léger s’étire sur le fleuve.

Au loin la rumeur de la ville,

Comme un bruit qui s’éveille.

On s’étire, le silence se respire.

Il fait frais, on sourit.

Le jour se lève.

C’est beau,

La nuit s’est retirée,

Discrètement, le port l’a avalée.

Le soleil est là, on le sent.

On l’entend.

Chaque couleur s’est préparée,

Dans le matin léger,

Ses ailes lissées le fleuve a déployé.

Barre d’Etel

Barre d’Etel,  août 2016

Fatiguée d’une si longue marée,

Tout doucement la mer s’est assoupie.

Entre les bras de la terre elle s’est endormie.

Lente et longue,

Etirée reposée,

Dans la chair de la côte,

Elle est entrée.

Regarde  les gris qui se rencontrent

Le ciel est bas, il s’approche

Pour les entendre s’aimer.

Entre ciel et mer,

La terre s’est apaisée.

Entre terre et mer,

Le ciel a gonflé ses voiles de brume.

Et dans la lumière qui sombre

Engloutie par cette  fin d’après midi

Sans un bruit, sur la rive ourlée

D’un sable qui crisse

Ecoute leurs pas qui glissent.

Écoute-les, ils se sont aimés.

Il y a parfois un oiseau dans ma tête…

Il y a parfois un oiseau dans ma tête,

Un oiseau aux mille couleurs qui étouffent le gris de mes yeux,

Un oiseau qui plane au-dessus des plaines de ma mémoire.

Au matin levant, il frémit des ailes.

Les perles de rosée glissent sur la plume dorée,

Tout doucement la nuit s’est effacée.

L’oiseau dans ma tête a chanté.

Il est l’heure de réveiller les couleurs.

Au bout de mes yeux la lumière s’est étirée.

Au bord de mes yeux quelques larmes de beauté.

C’est un matin sans saison, le froid ne pique pas

Il est une caresse souriante qui imite la douce fraicheur.

Ce matin j’ai un oiseau dans la tête,

Tout doucement de la plume de mes mains

Des mots se sont envolés.

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne

Matinales…

Dans un long tremblement de ciel
Tu as plongé le feu de ton regard
Au bout de ce qui te reste de terre noire
Claque le drap plissé du sombre agonisant
La bataille du rêve s’est achevée
Dans la raideur du corps qui s’étire
Ils sont si beaux les retours qui se suivent
Que ton encore première marche
Est souple comme une naissance

L’automne balbutie…

Dans la fin de l’été déclinant,

Traces d’un automne impatient.

Humidité à l’odeur si épaisse,

Froid nouvel arrivant,

Incapable d’être cinglant,

Timide,

Il essaie de s’inviter,

A la table mauve d’une aube,

Aux couleurs délavées.

Plus une trace de lumière.

Les objets sont gavés d’ombres qui les étouffent.

Des gens passent,

Sourires en berne,

Ils traînent les restes du bel été  

Qu’on ne veut abandonner.

Pas un qui ne rit,

Plus un qui ne vit.

Automne colonisateur,

Feuilles jamais sèches, piétinées

Restent collées,

Tristes, sous le pied.

Tout se traîne, se désespère.

La mer est habillée de gris,

Ne pas froisser le ciel si bas

Il pourrait la gober.

Demain sera mieux,

Demain sera heureux.

Petit matin d’été…

Lever de soleil sur le Pilat : juillet 2018

C’est un tout petit matin ordinaire,

Dans la douce lumière qui s’éveille,

De rimes en rimes le soleil me tire du sommeil.

C’est un tout petit matin d’ici ,

Les premiers rayons au jaune si  pâle

Sur la crête s’étalent.

Plus loin , la nuit qui s’étire  a résisté.

Dans l’ombre fraîche du matin,

La pénombre s’est noyée.

Pas un bruit, pas un souffle ,

La chaleur a tout figé.

C’est un petit matin d’été ,

Timidement aux portes de la beauté, il a frappé.

C’est un matin d’été,

Sans parler je l’ai regardé,

Dans un sourire je l’ai aimé.

Il est midi sur le plateau…

Il est midi sur le plateau,

Sans un souffle, doucement chaleur s’est installée.

Il est midi sur le plateau,

Le bleu du ciel est en apnée, les couleurs sont fatiguées.

Il est encore tôt,

Le champ de blé ondule,

Longues vagues ocres sur la terre échouées.

Il est midi le soleil est si haut,

Et soudain, la mer est là, accrochée à l’horizon.

Dans l’arrière-pays de ma tête,

Une mouette s’est perdue

Elle cherche un port où se poser.

J’ai les yeux qui se ferment,

C’est le rêve qui prend le large.  

Il est midi sur le plateau,

Ferme les yeux,

C’est l’air de la mer,

Il descend, il est si tôt.

Orages de juillet…

…La lumière est plus basse, les premiers nuages naissent, ils se forment. On sent des trous de fraîcheurs qui s’installent au-dessus des têtes. Des oiseaux effrayés s’éparpillent sans réfléchir. Puis  les nuages n’enflent plus, ne s’élèvent plus. Ils ont éliminés l’horizon. Ils  s’étirent,  s’étalent. Plus rien ne les empêche de se rassembler aux quatre coins, là où le regard peut se poser.

Au sol, il y a  ce noir qui tombe par plaques lourdes de ce sombre qui repousse les derniers éclats d’un soleil qui en a trop fait aujourd’hui.

En quelques heures, la chaleur est oubliée. L’angoisse monte. Une angoisse emplie des respirations qui se retiennent. C’est la crainte de ceux qui ont peur, de ceux qui ont appris l’orage comme une colère, comme une punition. Ils attendent. Ils regrettent les brûlures du soleil qu’ils maudissaient après déjeuner. Ils auraient pu patienter, supporter.

Vu d’en haut, c’est comme une étendue de silence, on dirait une mer d’huile qui se prépare aux déchaînements. Il y a des yeux qui cherchent le premier éclair, le signe du départ, du début. Les portes se ferment, les rideaux se tirent, les lèvres se pincent, les mâchoires se crispent. C’est la peur qui déroule, qui enfle…

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne

Mes Everest poétiques : le bateau ivre…

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmés lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

…Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

Le soir glisse tout doucement…

Le soir glisse tout doucement.

 Il vient de l’ouest chargé de cette douceur qui le font espoir

Le soir avance. Le lac l’attend, repu de cette journée où chaque ride de l’eau est un sourire

Un sourire pour dire à la mer,  si loin, que derrière les yeux qui se posent sur cette surface apaisée

Il y a comme un regard marin, quelques rides en moins.

Le soir descend des montagnes,

On respire dans l’air qui descend les fleurs des sommets

Pas un bruit de moteur, pas un cri mécanique, le silence est simple

Il est venu avec le soir, les yeux se ferment, le souffle est profond

Dans la tête et dans les corps le lac s’est invité

L’oiseau s’est posé, le temps s’est ralenti

Maintenant il faut rentrer, les yeux vont se fermer, tout est apaisé

Un matin pluie…

C’est un matin pluie

Qui ruisselle de gris.

Avalées par une trop longue nuit,

Les couleurs sont assoupies

C’est un matin pluie,

Sur un lac d’Italie.

Aucune ride, pas un souffle de trop

C’est le vide qui se pose.

Ferme les yeux, il est si tôt 

Pas un bruit mécanique,

C’est un matin qui repose.

Regarde le ciel, lisse et sans rose

Regarde, sur le dos de l’eau comme il se pose.

Tout est si calme, pas une lueur ;

Tout est si beau

Sans ces cent couleurs.  

On est si bien, à attendre le temps sans heurts.

C’est un matin  pluie,

Écoute  ces mots qu’il nous dit.

Ecoute c’est si beau le matin qui s’enfuit.

Il y a parfois un oiseau dans ma tête…

Il y a parfois un oiseau dans ma tête,

Un oiseau aux mille couleurs qui étouffent le gris de mes yeux,

Un oiseau qui plane au-dessus des plaines de ma mémoire.

Au matin levant, il frémit des ailes.

Les perles de rosée glissent sur la plume dorée,

Tout doucement la nuit s’est effacée.

L’oiseau dans ma tête a chanté.

Il est l’heure de réveiller les couleurs.

Au bout de mes yeux la lumière s’est étirée.

Au bord de mes yeux quelques larmes de beauté.

C’est un matin sans saison, le froid ne pique pas

Il est une caresse souriante qui imite la douce fraicheur.

Ce matin j’ai un oiseau dans la tête,

Tout doucement de la plume de mes mains

Des mots se sont envolés.

Ciels…

Souviens toi c’était hier.

C’était dans ce vieux pli du passé,

Que tu as tant de fois étiré.

C’était hier,

Et toi tu disais :

« Il n’y a plus rien à rater

Tous les murs sont debout »

C’était hier,

Et le ciel se souvient,

Regarde,

Dans le coin de ton œil,

Il y a une ride de pierre

Qui rime en riant

Ce vieux reste de bleu

Dans ma mémoire de papier…

Dans ma mémoire de papier,

Feuille blanche pleure,

Larmes de mots gris.

J’entends la tempête à l’intérieur,

Le vent coule dans mes veines.

Dans mon ordre intérieur,

Pas une ligne droite, pas un battement de cil,

Dans le désordre de mon cœur

Des sourires aux courbes bleues

Des mains qui se posent,

Les doigts qui s’effleurent,

Dans la bouillie de mes rêves

Tout est joie qui se pose.

Année 2016

Les couleurs ont disparu…

Avalées en trois souffles de gris,

Qu’une pluie froide dilue

Les couleurs ont disparu.

Goutte à goutte,

Le ciel se pose,

Il s’étend, s’étire,

Prend ses aises.

Les yeux se plissent,

Ils cherchent le bout.

Les yeux se plissent,

Ils redressent les courbes.

La route devient molle,

Elle glisse,

Dans les bras de la brume.

La nuit n’est plus très loin,

Elle attend, là-bas,

Après le bout,

Après le tout.  

Tu baisses les paupières,

Doucement,

Petites billes de lumières,

Étouffent l’hiver au tournant.

Tempêtes…

Quand la tempête de l’intérieur se lève,

Le vent mauvais arrache toutes les digues.

Une à une, elles cèdent.

Les flots s’engouffrent

Pas une fleur ne résiste,

Les vagues déferlent dans les champs .

Les collines se plissent,

Peu à peu, dans l’ombre elles se glissent

Pas un chant d’oiseau pour interrompre le fracas d’en haut

C’est la tempête, elle passe, elle ravage

Pas de temps pour les larmes,

Le bleu du ciel s’est effacé,

Dans les cœurs serrés, les couleurs du blues se sont envolées.

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne

Un matin pluie…

C’est un matin pluie

Qui ruisselle de gris.

Avalées par une trop longue nuit,

Les couleurs sont assoupies

C’est un matin pluie,

Sur un lac d’Italie.

Aucune ride, pas un souffle de trop

C’est le vide qui se pose.

Ferme les yeux, il est si tôt 

Pas un bruit mécanique,

C’est un matin qui repose.

Regarde le ciel, lisse et sans rose

Regarde, sur le dos de l’eau comme il se pose.

Tout est si calme, pas une lueur ;

Tout est si beau

Sans ces cent couleurs.  

On est si bien, à attendre le temps sans heurts.

C’est un matin  pluie,

Écoute  ces mots qu’il nous dit.

Ecoute c’est si beau le matin qui s’enfuit.

Dans ma mémoire de papier…

Dans ma mémoire de papier,

Feuille blanche pleure,

Larmes de mots gris.

J’entends la tempête à l’intérieur,

Le vent coule dans mes veines.

Dans mon ordre intérieur,

Pas une ligne droite, pas un battement de cil,

Dans le désordre de mon cœur

Des sourires aux courbes bleues

Des mains qui se posent,

Les doigts qui s’effleurent,

Dans la bouillie de mes rêves

Tout est joie qui se pose.

Il a voulu voir la mer…

Il a voulu voir la mer,

Au fond de ses poches, quelques miettes

Pour des oiseaux qui ne viennent pas.

Ses bras pendent : il y a de l’ombre autour de lui.

Il a voulu voir la mer.

Il ne la connaissait pas : les autres en parlaient.

Les autres en parlaient comme d’une fête foraine.

Il a pris son chapeau : pour sortir il lui faut un  chapeau.

Il est arrivé quand la nuit se retire,

La mer est devant lui, les autres ont menti.

Pas de cris, ni de lampions, la mer s’étire,

Elle est pâle, la nuit a gobé ses lueurs.

Son corps est drapé de gris, il a voulu voir la mer.

Et il pense à elle, hier elle est partie.

Ses yeux sont usés d’avoir tant  pleuré

Ses larmes sont englouties, dans les vagues elles se sont noyées

Son costume est usé, les coudes sont râpés

ll  est sur la plage, immobile, pétrifié :

C’est beau la mer

Petit matin d’été…

C’est un tout petit matin ordinaire,

Dans la douce lumière qui s’éveille,

De rimes en rimes le soleil me tire du sommeil.

C’est un tout petit matin d’ici ,

Les premiers rayons au jaune si  pâle

Sur la crête s’étalent.

Plus loin , la nuit qui s’étire  a résisté.

Dans l’ombre fraîche du matin,

La pénombre s’est noyée.

Pas un bruit, pas un souffle ,

La chaleur a tout figé.

C’est un petit matin d’été ,

Timidement aux portes de la beauté, il a frappé.

C’est un matin d’été,

Sans parler je l’ai regardé,

Dans un sourire je l’ai aimé.

Barre d’Etel

Barre d’Etel,  août 2016

Fatiguée d’une si longue marée,

Tout doucement la mer s’est assoupie.

Entre les bras de la terre elle s’est endormie.

Lente et longue,

Etirée reposée,

Dans la chair de la côte,

Elle est entrée.

Regarde  les gris qui se rencontrent

Le ciel est bas, il s’approche

Pour les entendre s’aimer.

Entre ciel et mer,

La terre s’est apaisée.

Entre terre et mer,

Le ciel a gonflé ses voiles de brume.

Et dans la lumière qui sombre

Engloutie par cette  fin d’après midi

Sans un bruit, sur la rive ourlée

D’un sable qui crisse

Ecoute leurs pas qui glissent.

Écoute-les, ils se sont aimés.

L’automne balbutie…

Dans la fin de l’été déclinant,

Traces d’un automne impatient.

Humidité à l’odeur si épaisse,

Froid nouvel arrivant,

Incapable d’être cinglant,

Timide,

Il essaie de s’inviter,

A la table mauve d’une aube,

Aux couleurs délavées.

Plus une trace de lumière.

Les objets sont gavés d’ombres qui les étouffent.

Des gens passent,

Sourires en berne,

Ils traînent les restes du bel été  

Qu’on ne veut abandonner.

Pas un qui ne rit,

Plus un qui ne vit.

Automne colonisateur,

Feuilles jamais sèches, piétinées

Restent collées,

Tristes, sous le pied.

Tout se traîne, se désespère.

La mer est habillée de gris,

Ne pas froisser le ciel si bas

Il pourrait la gober.

Demain sera mieux,

Demain sera heureux.

Les couleurs ont disparu…

Parce qu’il ne faut pas vivre que sur ses réserves, même si elles sont « copieuses », je publie ce soir un inédit, tout chaud, terminé à l’instant…

Avalées en trois souffles de gris,

Qu’une pluie froide dilue

Les couleurs ont disparu.

Goutte à goutte,

Le ciel se pose,

Il s’étend, s’étire,

Prend ses aises.

Les yeux se plissent,

Ils cherchent le bout.

Les yeux se plissent,

Ils redressent les courbes.

La route devient molle,

Elle glisse,

Dans les bras de la brume.

La nuit n’est plus très loin,

Elle attend, là-bas,

Après le bout,

Après le tout.  

Tu baisses les paupières,

Doucement,

Petites billes de lumières,

Étouffent l’hiver au tournant.

Il est midi sur le plateau…

Il est midi sur le plateau,

Sans un souffle, doucement chaleur s’est installée.

Il est midi sur le plateau,

Le bleu du ciel est en apnée, les couleurs sont fatiguées.

Il est encore tôt,

Le champ de blé ondule,

Longues vagues ocres sur la terre échouées.

Il est midi le soleil est si haut,

Et soudain, la mer est là, accrochée à l’horizon.

Dans l’arrière-pays de ma tête,

Une mouette s’est perdue

Elle cherche un port où se poser.

J’ai les yeux qui se ferment,

C’est le rêve qui prend le large.  

Il est midi sur le plateau,

Ferme les yeux,

C’est l’air de la mer,

Il descend, il est si tôt.

Le soir glisse tout doucement…

Le soir glisse tout doucement.

 Il vient de l’ouest chargé de cette douceur qui le font espoir

Le soir avance. Le lac l’attend, repu de cette journée où chaque ride de l’eau est un sourire

Un sourire pour dire à la mer,  si loin, que derrière les yeux qui se posent sur cette surface apaisée

Il y a comme un regard marin, quelques rides en moins.

Le soir descend des montagnes,

On respire dans l’air qui descend les fleurs des sommets

Pas un bruit de moteur, pas un cri mécanique, le silence est simple

Il est venu avec le soir, les yeux se ferment, le souffle est profond

Dans la tête et dans les corps le lac s’est invité

L’oiseau s’est posé, le temps s’est ralenti

Maintenant il faut rentrer, les yeux vont se fermer, tout est apaisé

Invite ton arc en ciel…

Soleil couchant sur l’île de Tioman, Malaisie mai 2019

Quand surgit le soir,

Sur l’île Île de Tioman,

Te revient le mot firmament.

Ouvre les yeux.

Invite ton arc en ciel,

Oh oui !

Invite le à se poser.

Sur la douce palette

De tes paupières bleutées.

Oublie le rayon glacial,

Des cartes postales

Où défilent de pâles soleils

Lessivés, desséchés,

Amputés des lueurs

Qu’ils ont tentées

D’arracher aux chaleurs

D’une journée aux blancheurs

Qui crépitent.

Plus un bruit,

Plus une ride,

La mer s’est apaisée.

Regarde, il est beau

Regarde le :

C’est le ciel d’Orient…

Barre d’Etel

Barre d’Etel,  août 2016

Fatiguée d’une si longue marée,

Tout doucement la mer s’est assoupie.

Entre les bras de la terre elle s’est endormie.

Lente et longue,

Etirée reposée,

Dans la chair de la côte,

Elle est entrée.

Regarde  les gris qui se rencontrent

Le ciel est bas, il s’approche

Pour les entendre s’aimer.

Entre ciel et mer,

La terre s’est apaisée.

Entre terre et mer,

Le ciel a gonflé ses voiles de brume.

Et dans la lumière qui sombre

Engloutie par cette  fin d’après midi

Sans un bruit, sur la rive ourlée

D’un sable qui crisse

Ecoute leurs pas qui glissent.

Écoute-les, ils se sont aimés.

Dans ma mémoire de papier…

Dans ma mémoire de papier,

Feuille blanche pleure,

Larmes de mots gris.

J’entends la tempête à l’intérieur,

Le vent coule dans mes veines.

Dans mon ordre intérieur,

Pas une ligne droite, pas un battement de cil,

Dans le désordre de mon cœur

Des sourires aux courbes bleues

Des mains qui se posent,

Les doigts qui s’effleurent,

Dans la bouillie de mes rêves

Tout est joie qui se pose.

Année 2016

Ciels…

Souviens toi c’était hier.

C’était dans ce vieux pli du passé,

Que tu as tant de fois étiré.

C’était hier,

Et toi tu disais :

« Il n’y a plus rien à rater

Tous les murs sont debout »

C’était hier,

Et le ciel se souvient,

Regarde,

Dans le coin de ton œil,

Il y a une ride de pierre

Qui rime en riant

Ce vieux reste de bleu

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne

Il a voulu voir la mer…

Il a voulu voir la mer,

Au fond de ses poches, quelques miettes

Pour des oiseaux qui ne viennent pas.

Ses bras pendent : il y a de l’ombre autour de lui.

Il a voulu voir la mer.

Il ne la connaissait pas : les autres en parlaient.

Les autres en parlaient comme d’une fête foraine.

Il a pris son chapeau : pour sortir il lui faut un  chapeau.

Il est arrivé quand la nuit se retire,

La mer est devant lui, les autres ont menti.

Pas de cris, ni de lampions, la mer s’étire,

Elle est pâle, la nuit a gobé ses lueurs.

Son corps est drapé de gris, il a voulu voir la mer.

Et il pense à elle, hier elle est partie.

Ses yeux sont usés d’avoir tant  pleuré

Ses larmes sont englouties, dans les vagues elles se sont noyées

Son costume est usé, les coudes sont râpés

ll  est sur la plage, immobile, pétrifié :

C’est beau la mer

Il y a parfois un oiseau dans ma tête…

Il y a parfois un oiseau dans ma tête,

Un oiseau aux mille couleurs qui étouffent le gris de mes yeux,

Un oiseau qui plane au-dessus des plaines de ma mémoire.

Au matin levant, il frémit des ailes.

Les perles de rosée glissent sur la plume dorée,

Tout doucement la nuit s’est effacée.

L’oiseau dans ma tête a chanté.

Il est l’heure de réveiller les couleurs.

Au bout de mes yeux la lumière s’est étirée.

Au bord de mes yeux quelques larmes de beauté.

C’est un matin sans saison, le froid ne pique pas

Il est une caresse souriante qui imite la douce fraicheur.

Ce matin j’ai un oiseau dans la tête,

Tout doucement de la plume de mes mains

Des mots se sont envolés.

Poèmes de jeunesse…

T’aurais voulu une semaine de noir

Pour n’être qu’une bouche

A aimer

Ne serait-ce qu’une seconde

Le temps d’un mensonge

Qui frappera aux tempes d

De ma dernière voisine

L’automne balbutie…

Dans la fin de l’été déclinant,

Traces d’un automne impatient.

Humidité à l’odeur si épaisse,

Froid nouvel arrivant,

Incapable d’être cinglant,

Timide,

Il essaie de s’inviter,

A la table mauve d’une aube,

Aux couleurs délavées.

Plus une trace de lumière.

Les objets sont gavés d’ombres qui les étouffent.

Des gens passent,

Sourires en berne,

Ils traînent les restes du bel été  

Qu’on ne veut abandonner.

Pas un qui ne rit,

Plus un qui ne vit.

Automne colonisateur,

Feuilles jamais sèches, piétinées

Restent collées,

Tristes, sous le pied.

Tout se traîne, se désespère.

La mer est habillée de gris,

Ne pas froisser le ciel si bas

Il pourrait la gober.

Demain sera mieux,

Demain sera heureux.

L’automne balbutie…

Dans la fin de l’été déclinant,

Traces d’un automne impatient.

Humidité à l’odeur si épaisse,

Froid nouvel arrivant,

Incapable d’être cinglant,

Timide,

Il essaie de s’inviter,

A la table mauve d’une aube,

Aux couleurs délavées.

Plus une trace de lumière.

Les objets sont gavés d’ombres qui les étouffent.

Des gens passent,

Sourires en berne,

Ils traînent les restes du bel été  

Qu’on ne veut abandonner.

Pas un qui ne rit,

Plus un qui ne vit.

Automne colonisateur,

Feuilles jamais sèches, piétinées

Restent collées,

Tristes, sous le pied.

Tout se traîne, se désespère.

La mer est habillée de gris,

Ne pas froisser le ciel si bas

Il pourrait la gober.

Demain sera mieux,

Demain sera heureux.

Ciels…

Souviens toi c’était hier.

C’était dans ce vieux pli du passé,

Que tu as tant de fois étiré.

C’était hier,

Et toi tu disais :

« Il n’y a plus rien à rater

Tous les murs sont debout »

C’était hier,

Et le ciel se souvient,

Regarde,

Dans le coin de ton œil,

Il y a une ride de pierre

Qui rime en riant

Ce vieux reste de bleu

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne