Mes Everest, Grégoire Delacourt…

Parmi les pauses lecture que je m’accorde pendant mon chantier d’écriture, il y a eu ce magnifique roman de Grégoire Delacourt. L’extrait que je vous propose est comment dire d’une intensité poétique qui me provoque des vibrations.

/… Sa famille.

Des cultivateurs dans le Cambrésis. Vingt hectares de lecture fourragère. Quelques bêtes. Des nuits de peu d’heures, des mains usées, des ongles noirs, comme des griffes, la peau tannée, un vieux cuir craquelé. Jamais de vacances, jamais de premier mai parfumé au muguet ; la terre, toujours, la terre exigeante, capricieuse ; et la mer, une fois, une seule, pour mes sept ans, a-t-il précisé, mais pas vraiment la mer, une plage plutôt, celle des Argales, à Rieulay, du sable fin au bord d’un lac artificiel sur un ancien terril ; mes parents n’avaient pas voulu me décevoir : ils avaient dit qu’il n’y avait pas de vagues ce jour là, une histoire de lune, de planètes, je ne sais plus, et je les avais bien crus, bien que l’eau ne soit pas salée, ah ça ! disait mon père à propos du sel, ça dépend des courants, des marées et même de la lune, André, c’est très compliqué, tu sais, tout ce bazar, et plus tard j’ai compris qu’ils avaient voulu m’écrire une histoire unique, m’enseigner que l’imagination fait advenir tous les voyages, exhausse toutes les enfances. Ils ne se plaignaient jamais, ni du gel ni des pluies qui pourrissaient tout ; ils sillonnaient et façonnaient la terre comme des sculpteurs, comme des amants ; ils lui parlaient, ils la remerciaient les jours de grande récoltes , la consolaient lorsque le froid la fendillait et la gerçait ; ils aimaient que le temps marque les choses. Ils attendaient les printemps comme on attend un pardon. /…

Sur le tableau noir de mes envies

Sur le tableau noir de mes désirs d’écriture
J’ai tracé quelques lettres de brumes
Des mots bleus se sont envolés
A tire ligne jusqu’au bord d’une blanche feuille
Que j’avais attendue
Une phrase est là, en suspens
Une autre aussi qui l’attend
Je les regarde heureux
Elle se sont aimées
Avec mon consentement

Je continue…

Plus de 80 pages écrites, pour l’instant pas de difficulté, les mots bouillonnent, les phrases coulent, et je tiens la barre. Le personnage principal, Anton, se dessine de plus en plus, à travers le chapitre consacré à son père et celui, en cours, à sa mère, on comprend, on le comprend. La transmission est là, un héritage des émotions. Comprendre d’où l’on vient, l’alchimie de la rencontre, du peut-être hasard, et pages après pages, l’écriture pose une trace, de ces belles traces qui sentent bon la vie.

Le vent se lève : 2

Sur la pente raide d’un chemin creux
Je presse le pas vers un sommet ivre de bleu
J’avance
Le souffle court d’un rire qu’on empêche
J’attends
Crissement d’une caresse rêche
Je frissonne
Longue et verte vague à l’âme
Se jette en pleurant
Sur la rive molles de mes nuits blanches

Le vent se lève…

Une longue promenade, hier, à quelques minutes de chez moi au dessus de Saint-Etienne, et quelques photos qui annoncent la tempête de la nuit. Un intermède poétique pour respirer un peu

Derrière le tendre vert des collines alanguies
J’entends le vent qui bruit
Sans un cri
Un reste de pli bleu
Couvre ronde larme de si peu
Sur le bord gris de tes yeux bleus

Inspiration…

Fenêtre ouverte
Sur le rond silence bleu
Du matin frileux
J’attends les mots blancs
Qui frappent sur les vitres endormies
J’entends la pointe dure du stylo
Elle crisse et glisse
Sur ma belle feuille fripée
De sa longue nuit agitée

6 mai

Tête dans les nuages…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Et soudain j’ai cessé de compter…

Fatigué, essoré,

Tout contre moi,

Je l’ai serré,

Ce doux soir bleu abîmé.

Et tête dans les nuages,

Je l’ai laissé me rêver…

9 mai

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J’avance…

Quelques nouvelles de mon manuscrit. J’avance d’un pas sûr et volontaire, déjà plus de soixante dix pages sont noircies, les personnages prennent toute leur place, et je sens qu’ils commencent à se sentir bien, chaque matin quand j’ouvre le carnet moleskine, ils se retrouvent. Anton bien sûr, mais ces derniers jours Marcel beaucoup. On a même aperçu dans le coin d’une feuille Louis et Maria, les parents de Marcel. La première partie s’achève sur une porte qui s’ouvre. Sur le pas de cette porte, il y a Jeanne. Jeanne qui attend, Jeanne qui m’attend. Il faut que je vous laisse, je ne peux pas la laisser, là, sur le palier…

Bouée…

Il y a un an…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

L’homme est courbé,

Son dur regard racle le sol.

Lever les yeux?

Il ne le veut pas,

Il ne le peut plus.

L’homme est triste,

Il marche

Sur le fil gris de la peur.

Il tire sur les manches de la douleur,

Soudain,

Merle siffle;

L’homme déplie un bout de sourire,

Essuie la buée de ses larmes bleues,

Bouée est là, ronde et fleurie.

Elle est pour lui

Il la serre,

Tout est fini.  

24 avril

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Les arêtes de mon stylo…

Lorsque j’écris, sur le papier, avec un stylo-bille des plus commun, je ressens très fort la sensation de l’écriture. C’est un acte physique, qui laisse des traces. Et je me souviens alors de cette toute première phrase que j’avais écrite il y a quarante trois ans lorsque je décidai d’écrire un roman, mon premier roman, première pierre d’un chantier qui ne s’est jamais fermé, même dans les pires moments, ceux où l’inspiration est ballottée dans les intempéries de la vie.
Je me souviens, j’avais 19 ans et j’écrivais : « J’ai la tête qui bourdonne, les mains moites. Mes jointures gardent en mémoire les arêtes du stylo. »
En ce moment, presque tous les soirs mes doigts gardent en mémoire les arêtes de mon stylo.

Mes Everest, Yves Simon

Quand j’écris, j’ai une « playlist » qui m’accompagne, et sur cette playlist en bonne place il y a Yves Simon

Mots d’amour qui s’envolent
Tous les jours cajolent
Des visages fatigués, meurtris, démodés,
Ma jeunesse s’enfuit
Ma jeunesse s’enfuit
Et la vie aussi.

Tout au bout de la mer
L’autoroute s’est fermée,
Une vieille Strudebaker
La nuit s’est crashée,
Ma jeunesse s’enfuit
Ma jeunesse s’enfuit
Et la vie aussi.

Dans ces aérogares
Où nos amours s’égarent,
Les rêves n’ont pas de fin,
Pas de fin.
Romans inachevés,
Des mots glissés froissés
Sous la lune de l’hiver,
Des baisers volés,
Ma jeunesse s’enfuit
Ma jeunesse s’enfuit
Et la vie aussi.

Que deviennent les visages
Des passantes passées,
De la seule qu’a compté,
Jamais oubliée.

Un parking sous la neige,
Bagnoles prises au piège,
Dans la nuit passe un train,
Trop tard pour demain,
Ma jeunesse s’enfuit
Ma jeunesse s’enfuit
Et la vie aussi.

Les mots sont là

Les mots sont là, ils coulent, c’est un flot ininterrompu. Toutes les digues ont sauté. Je retrouve l’excitation de l’inspiration qui ne se contient plus. Je marche, j’écris, je dors, je rêve, j’écris. Les pages se noircissent, et l’épaisseur de l’encre qui sèche sur le papier produit comme un craquement. Mais ce n’est pas une feuille morte. J’aime tant que de la vie pensée vienne se poser sur le papier. C’est une magie dont je ne me lasse pas. L’histoire que j’écris avance, à grand pas, les personnages ont pris place, pas encore toute leur place, mais ils sont là, je commence à m’habituer à leur présence. Vous connaissez certains d’entre eux, j’ai à plusieurs reprises posé quelques bribes sur ce blog. Leurs contours se dessinent, je les aime, et redoute déjà le moment où la fin approchera. Mais le chemin est encore long…

Mes Everest. Et basta, Léo Ferré

J’écris beaucoup en ce moment, mon quatrième roman,et je noircis des carnets…Pour m’accompagner dans mon inspiration j’écoute Ferré, notamment Et Basta, certains passages sont d’une puissance sans pareil…

La solitude est une configuration particulière du mec : une large tache d’ombre pour un soleil littéraire
La solitude c’est encore de l’imagination
C’est le bruit d’une machine à écrire
J’aimerais autant écrire sur des oiseaux chantant dans les matins d’hiver
J’ai rendez-vous avec les fantômes de la merde
Les jours de fête, je les maudis, cette façon de sucre d’orge donné à sucer aux pauvres gens, et qui sont d’accord avec ça et on retournera lundi pointer
Je vois des oranges dans ce ciel d’hiver à peine levé
Le soleil, quand ça se lève, ça ne fait même pas de bruit en descendant de son lit. Ça ne va pas à son bureau, ni traîner Faubourg Saint-Honoré et quand ça y traîne, dans le Faubourg, tout le monde s’en rengorge. Tu parles ! Ni rien de ces choses banales que les hommes font qu’ils soient de la haute ou qu’ils croupissent dans le syndicat. Le soleil, quand ça se lève, ça fait drôlement chier les gens qui se couchent tôt le matin
Quant à ceux qui se lèvent, ils portent leur soleil avec eux, dans leur transistor.
Le chien dort sous ma machine à écrire. Son soleil, c’est moi
Son soleil ne se couche jamais… Alors il ne dort que d’un œil
C’est pour ça que les loups crient à la lune. Ils se trompent de jour

Mes Everest : Jean Roger Caussimon

Ne chantez pas la Mort, c’est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu’il est dit
Les gens du « show-business » vous prédiront le « bide »
C’est un sujet tabou… Pour poète maudit
La Mort!
La Mort!
Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles
Il semble que la Mort est la sœur de l’amour
La Mort qui nous attend, l’amour que l’on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
La Mort
La Mort…

La mienne n’aura pas, comme dans le Larousse
Un squelette, un linceul, dans la main une faux
Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée, elle aura ce qu’il faut
La Mort
La Mort…
De grands yeux d’océan, une voix d’ingénue
Un sourire d’enfant sur des lèvres carmin
Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
La Mort
La Mort…

« Requiem » de Mozart et non « Danse Macabre »
(Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns!)
La Mort c’est la beauté, c’est l’éclair vif du sabre
C’est le doux penthotal de l’esprit et des sens
La Mort
La Mort…
Et n’allez pas confondre et l’effet et la cause
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l’ivoire des dents
La Mort
La Mort…

Elle est Euthanasie, la suprême infirmière
Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu
Près du soldat blessé dans la boue des rizières
Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu
La Mort
La Mort…
Le Temps, c’est le tic-tac monstrueux de la montre
La Mort, c’est l’infini dans son éternité
Mais qu’advient-il de ceux qui vont à sa rencontre?
Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter
La Mort
La Mort…

La Mort?…

C’est parti…

Oui c’est parti…Cela couvait depuis plusieurs mois, peut-être plus. J’ai entamé cette première étape, que je trouve personnellement très jouissive, celle de l’écriture manuscrite, avec un bon vieux Bic cristal de ce qui sera mon quatrième roman. J’ai pris beaucoup de temps en amont pour travailler le plan, les personnages. Pendant quelques semaines je vais noircir le magnifique papier de ce gros carnet Moleskine, habité par cette histoire qui a déjà pris possession de mon intérieur… Je serai peut-être moins présent, comme c’était d’ailleurs le cas ces derniers temps pendant la gestation, encore que… J’aurai certainement besoin de respirations poétiques…

Ne regarde pas comme les autres…

Ne regarde pas comme les autres.

Les autres…N’écoute pas ce qu’ils te disent, sors de leur route toute tracée, choisis ton chemin. Et si on te répond que ce n’est pas possible d’entendre la mer lorsque tu es dans la forêt, ne dis rien, ferme les yeux et plains les, eux, qui n’entendent pas les arbres qui s’essaient au bruit des vagues. S’ils te disent que c’est ton imagination qui te joue des tours, réponds-leur que leur imagination est en panne, fatiguée, dis-leur que c’est quand on ne veut pas voir ce qui est vrai, quand on ne veut pas entendre le bruit des vagues qui secouent les crêtes des sapins qu’on est trompé par son obsession du réel convenu.

Cette imagination-là n’est pas la tienne, tu n’en veux pas de ces artifices pour enfant naïf qui fabriquent du magique pour empêcher d’aller ailleurs, de choisir d’autres chemins, tu n’en veux pas de cette mythologie préfabriquée qui fabrique des rêves à la chaîne, des rêves qui sont toujours les mêmes, depuis longtemps, et pour tout le monde. Tu dois leur dire que les arbres tu les vois comme des arbres et pas comme de vieilles femmes aux doigts crochus ou tout autres monstres qu’on veut entrer de force dans les têtes pour que les peurs soient identiques.

Tu ne dois pas être comme les autres. Les arbres tu dois les voir arbres et la mer que tu entends quand ils bougent dans le vent tu dois dire que c’est la mer. Tu ne dois pas dire : ils font comme la mer, c’est comme la mer, j’ai l’impression d’entendre la mer. Tu ne dois pas dire cela parce que c’est injuste de le dire, c’est injuste pour les arbres d’abord, et puis pour la mer surtout, c’est comme si tu disais que la mer n’existe pas, qu’elle est ailleurs, plus loin, toujours plus loin, qu’elle n’appartient qu’à ceux qui prétendent qu’ils l’ont vue, qu’ils l’ont entendue avec leurs mots à eux, avec les mots qui ont été fabriqués par d’autres pour dire que la mer existe, ici, et pas ailleurs…

Toi tu dois dire que la mer existe ici, dans ces forêts d’altitude, tu dois dire qu’elle est là, derrière ce vent, comme une mémoire……

Petite lueur…

Vers la lumière 4

Cheval de bois

N’en peut plus de tourner

Du manège des enfermés

D’un bond joyeux

Il s’est échappé

Dans la danse des échevelés

Il est entré

Vers la lumière 3

C’était une si lente nuit pâle

Lourde de trop longues heures

Pâles et poisseuses

Derrière les fenêtres aux rêves fermés

Pas un un chant

Plus un cri

Un silence dur et coupant

Brise un espoir qui s’envole

Vers la lumière 2

Je n’entends pas le long cri

De l’arbre nu à en pleurer

Entre tes bras desséchés

Je me ferai feuille blanche

Pour t’entendre espérer

Vers la lumière

Quand l’arbre gris

De mes peurs enfouies

Étire dans un ciel sans vie

Les maigres noeux de ses bras secs

J’entends le souffle court

De mes courses éperdues

Sur les routes rondes et fleuries

De ma belle île de brume bleue

L’air est vif et coupant…

L’air est vif et coupant
Les dernières larmes
D’une nuit aux souffles agités
Se figent en glissant
Les éclats de rire
Du petit matin glacé
Se sont brisés en frissonnant

Mes Everest : Colette

Le printemps craintif fuit devant nous. Il rajeunit d’heure en heure et se referme feuille à feuille, fleur à fleur, à mesure que nous regagnons le Nord. A l’ombre plus grêle des haies, les pâquerettes d’avril ont reparu, et les dernières violettes décolorées…L’azur plus pâle, l’heure plus courte, une humidité acide de l’air créent l’illusion de rajeunir et de remonter le temps…

Colette, La vagabonde 1910

Tous les murs sont achevés…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il est déjà tellement tard
Plus rien n’est à commencer
Tous les murs sont achevés
Les regards se sont affadis
Les épaules sont entrées
Le visage est affalé

Pourtant

Pourtant il faudrait
Il faudrait ouvrir des fenêtres
Laisser entrer des éclats de rêves mauves et bleutés
Et soudain redresser le menton
Bomber le torse
Et contempler en riant
Le souvenir d’un arbre lointain

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Sur le front…

C’était il y a un an, rien n’a changé, enfin presque…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

C’est une guerre me dites-vous ?

Oui vous avez raison !

De ma fenêtre ouverte,

Je distingue le champ de bataille…

Le combat a débuté,

Le printemps est bien là,

Il est sur le front.

En première ligne, il envoie des troupes d’élite…

Fleurs blanches légères,

Doux pétales envolés…

La victoire est proche…

11 avril

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Sur la vitre…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

J’ai posé le doigt

Sur la lune molle

De la vitre brûlée

Loin du soleil rageur

Un oiseau s’est posé

Ses ailes de velours

Battent doucement du cil

25 avril

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Tempête est là..

Voici le texte que les éditions des embruns ont retenu pour leur ouvrage « Avis de tempête »

Homme d’en bas,

Regarde le visage de l’océan.

Sur son front salé,

C’est la tempête qu’on lit.

Les rides se sont creusées,

Le regard s’est assombri.

De belles longues vagues blanches,

Entrent dans les terres usées

Elles s’étirent en criant,

Et offrent leurs bouquets d’écume

Aux récifs abandonnés.

Regarde les qui entrent dans la danse.

Écoute les !

Elles chantent avec le vent

Ferme les yeux,

Laisse entrer l’ocean.

C’est la tempête à Ouessant

2 novembre 2019

Songe…

Entre les rides

Des espoirs déçus

Un bouquet de couleur

Une larme bleue

Douce lueur

Sur ces quelques fleurs

Oublie les rires mauvais

Va, cours

Rêve

Creuse là

Oui

Ici

Tout au fond de la poche

Tu trouveras

Les dernières miettes

De l’arbre heureux…

Dans le soir de ses yeux…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Photo de Umberto Shaw sur Pexels.com

Dans le soir de ses yeux
Je lis la dernière phrase
D’une histoire fanée
Tant de fois racontée

Ses mots sont lourds et glacés
Je les pose sans rien dire
Dans le creux lisse
De mes mains de papier

Dans le noir de ses cheveux
Douce main glisse en frisant
Les dernières boucles de rires envolés
C’est la longue nuit des errants séparés

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Poèmes de jeunesse…

Regarde…

Regarde
Oh oui regarde
Lève les yeux
Oublie
L’ombre épaisse des mauvais rêves
De tes nuits agitées
Glisse
Penche-toi en riant
A la fenêtre des absents
Regarde
Oh oui regarde
La lumière est si belle
Elle s’étire doucement
Entre les tendres bras
Du matin des amants
Ecoute
Oh oui écoute
Tu l’entends te dire
Je t’attends…

30 mars 2021

Mes Everest, René Char: « les vivres du retour… »

Au fond de la nuit la plus nue
Pas trace de village sur la houle
Je n’ai qu’à prendre ta main
Pour changer le cours de tes rêves
Embellie ton haleine malmenée par la rixe

Tous les sentiers qui te dévêtent
Ont dans le lierre de mon corps
Perdu leurs chiens leurs carillons
La tige émoussée de l’étoile
Fait palpiter ton sexe ému
A mille lieues vierges de nous
Nous restons sourds à l’agneau noir
A toute goutte d’eau d e pieuvre
Nous avons ouvert le lit
A la pierre creuse du jour en quête de sang
De résistance

Les mots s’envolent…

Je cherche un mot…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Dans ma boîte à couleurs

Je cherche ce mot qui tinte,

Je le voudrais doux et gai.

Un mot pour apaiser

Un mot pour aimer.

Et sur ma feuille pâle d’ennui,

Ivre de couleurs

Le poserai sans un bruit…

28 mars

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Blues…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Un vieil homme au regard gris

Ferme les yeux

Il ne fixe plus le haut du mât

De ses vies passées

Les draps noirs de sa mémoire fripée

Dans la brume de nos larmes se sont emmêlés

Pas un qui ne claque

Pas un qui n’appelle

Le vieil homme est endormi

Il ne reçoit plus le chant des cargos

Dans le blues de son regard qui s’éteint

Les vents de l’Ouest se sont abîmés

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Avis de tempête…

Très heureux que mon poème ait été retenu par les éditions des embruns…

Je te savais…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

C’était l’heure des sans amis
Penché vers un presque rien
Je voulais prendre ce chemin
Et rêvais d’y rencontrer les hommes
Aux doux regard paisibles
Qui rêvent de lendemains
Aux bords ronds et malins
J’ai marché jusqu’au dernier bout
Lointain
Oh si lointain
Elle était là
Seule et perdue
Vêtue d’une longue trainée de brume
Elle attendait en souriant
Je te savais
Tu le sais
Entre tes larges marges inventées
Je t’avais inventé

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Il faut que cesse la peur…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il faut que cesse la peur

Oui il le faut

Regarde

Le monde est si beau

Je l’entends

Il me le dit

Mais n’en peut plus

De ce long naufrage organisé

Où les hommes sont courbés

Regarde

Ils se sont perdus

Dans les bas-fonds

De leurs écrans maléfiques

Ils ont oublié la beauté des lueurs noires

Regarde

Le ciel est si seul

Et pleure ses couleurs effacées

Le monde n’en veut plus

Les hommes ont abandonné

Et creusent leurs sillons

Ils labourent en se taisant

Le lourd soc

Aiguisé a la pierre de la peur

Entre en criant dans le ventre de la terre

Il faut que cesse la peur

La mer se fait lointaine

Ils l’ont noyée

Sous l’horizon du désespoir

25 août

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Un bout de rêve mauve…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il est l’heure de la lumière,

Il me reste un bout de rêve mauve.

Infime miette dans un bol de rire noir,

Laissée là, douce et croquante

Par une nuit rassasiée.

Au creux du silence du matin qui gémit,

J’avance tête baissée,

Tirant sur le long fil de ce songe qui sourit.

3 mai

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Ecrire des mots aux ailes bleues…

Ecrire…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Je voudrais écrire,

Oh oui, je le veux…

Écrire pour deux,

Pour toi, pour eux.

Je voudrais écrire

Heureux,

Entre deux lourdes marges en feu.

Oh, je voudrai tant écrire,

Ce mot qui caresse,

Là, seul,

Il attend, rien ne presse.

Je voudrais tant écrire

Tendresse,

Sur une feuille d’automne

Aux rimes mauves

Sur le titre accrochées.

Je voudrais tant…

Tremper ma plume

Dans une flaque de rires jolis.

Je voudrais tant entendre

De longs mots aux ailes bleues.

Ils chantent, ils dansent,

C’est eux, ils sont arrivés.

10 février 2020

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Ragoût…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Dans la réserve glacée
De mes idées noires
J’ai choisi un vieux reste
D’angoisses ressassées

Dans un bouillon clair
De rires rentrés
Je les ai laissé mijoter

Un lourd couvercle
Patinée de mémoires enfumées
Sur le ragoût
J’ai posé

Et dans le lent soir rosé
Une fleur de printemps
Sur la flamme j’ai saupoudrée

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Soleil matin…

Je ne veux plus…

Je ne veux plus
De ce silence glacé
Qui roule en pleurant
Sur la mousse verte et ventrue
Des pentes asséchées

Je ne veux plus
De ces fracas de voix
Qui brisent en crissant
Les longues et fines lames
De mes rires boisés

Peur s'éloigne…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Je me suis endormi

Dans le doux roulis

De vague belle et fidèle

Fermant les yeux

J’ai poussé une grille rouillée

La mer est là doucement échevelée

De ses longs bras bleus

Elle me serre heureux

Lente peur noire

S’éloigne au large de la mémoire

24 mars

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Mes Everest : au printemps, Jacques Brel…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Au printemps au printemps
Et mon cœur et ton cœur
Sont repeints au vin blanc
Au printemps au printemps
Les amants vont prier
Notre-Dame du bon temps
Au printemps
Pour une fleur un sourire un serment
Pour l’ombre d’un regard en riant

Toutes les filles
Vous donneront leurs baisers
Puis tous leurs espoirs
Vois tous ces cœurs
Comme des artichauts
Qui s’effeuillent en battant
Pour s’offrir aux badauds
Vois tous ces cœurs
Comme de gentils mégots
Qui s’enflamment en riant
Pour les filles du métro

Au printemps au printemps
Et mon cœur et ton cœur
Sont repeints au vin blanc
Au printemps au printemps
Les amants vont prier
Notre-Dame du bon temps
Au printemps
Pour une fleur un sourire un serment
Pour l’ombre d’un regard en riant

Tout Paris
Se changera en baisers
Parfois même en grand soir
Vois tout Paris
Se change en pâturage
Pour troupeaux d’amoureux
Aux bergères…

Voir l’article original 133 mots de plus

Printemps…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

A la table des quatre saisons,

Comme chaque année,

Je me suis installé…

Et pour monsieur, ce sera?

Oh pour monsieur ce sera simple!

Un peu de printemps, s’il vous plait.

Et je le veux nature,

Sans fioritures,

Ni fanfares, ni trompettes !

Je vous en prie,

Je suis pressé.

Oh oui,

Il y a tant d’hivers

Que je l’attends.

C’est un printemps

Que je veux déguster

Et emporter…

Oui je le prends,

Tel qu’il est…

Oui ainsi :

Fleuri,

Et pour le service,

Un sourire ou deux,

Et je serai comblé,

Pour tout l’été.

5 avril

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Discipline….

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Prose?

Pause…

Poésie?

Pas envie…

Rimes?

Ah ça non,

Pas de primes…

Pas de rimes…

Métaphores?

Oh, hé, quoi encore!

Images,vers,sonnets,alexandrins?

C’est fini, vous n’en avez plus?

Et bien, je vous le dis,

Encore une fois j’ai vaincu…

22 mars

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Ecoute…

C’était il y a un an, si près, si loin…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

J’ai commencé depuis lundi le journal poétique de cette terrible période, parce que je sais par expérience que les mémoires sont molles et qu’il est nécessaire de garder une trace…

Ce soir devant chez moi…

Homme confiné,

Pousse la porte,

Ecoute…

Comment?

Tu n’entends rien!

Cherche, cherche,

Homme numérique.

Retrouve les petits cailloux

Que tes pères ont semés,

Sur le chemin

De ta mémoire encombrée.

Retrouve les traces, homme,

Ils sont là,

Je les entends,

Petits bruits oubliés,

De ce monde que tu ne laisses plus chanter.

19 mars

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Aux quatre coins

Aux quatre coins de sa mémoire

Homme silencieux

A gravé un souvenir heureux

Ils étaient deux

Ils étaient heureux

Je n’en veux pas…

On le disait homme du passé
Plus rien n’est comme avant, homme dépassé
Plus rien me dites-vous
Permettez-moi de rire et d’en douter
Je ne veux pas de ce monde sans ce soleil taquin
Je ne veux pas de vos vies enfermées
Dans un rectangle aux angles numériques
Je n’en veux pas de vos matins incolores
Sans cette douce lumière qui caresse
Les restes mauves de la longue nuit
Je n’en veux pas de vos morales hygiéniques
Je n’en veux pas de vos peurs organisées
Moi je suis un homme du toujours
J’aime que mon souffle brise l’ombre du silence
J’aime tous les rires de rien
J’aime le chant de mes mots doux
Qui dansent sur le papier
J’aime le parfum de ces histoires d’hier
Qui caressent mes lendemains
Vous me disiez homme du passé
Je vous ai déjà oubliés

Oublie ta nuit…

Un an déjà…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Tu es sorti essoré du combat avec la nuit.

Nuit moite, nuit molle,

Nuit grise qui s’étire,

Gavée de trop longues minutes,

Grasses à écœurer,

Épaisses à étouffer…

Premières heures du matin,

Gluantes,

Empêtrées dans les fils tendus,

De l’horloge qui n’attend plus.

Et puis,

Et puis, tu es sorti,

La lumière est là,

Elle est belle,

Regarde elle te sourit.

Si loin est ta nuit.

20 mars 2020

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La mer est là, elle m’attend…

C’était il y a un an, juste un an… Rien n’a changé…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il me faut prendre le chemin d’un supermarché. Oh non, je ne suis pas en manque de mots, mes réserves sont pleines, et tous les jours, mes rayons je vérifie. Aucuns mots ne manquent, ils sont tous là, sagement alignés. Ils me connaissent et savent que je ne gaspille pas. Oh bien sur j’ai mes rayons préférés, vous les connaissez, tous les jours je les choisis, je les prépare, je les assemble et je vous prépare un bon plat de mots. Non aujourd’hui il me manque un souffle de vent, une vague qui s’étire, le cri d’une mouette sur l’océan. J’ai cherché la case à cocher sur mon laisser-passer…Il n’y a rien, je suis déçu. Je vais rentrer sagement, je le sais, je le sens, la mer est là, elle m’attend…

18 mars

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Entends le chant du silence…

C’était il y a un an…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Ce monde est fou, me dites-vous?

Eh bien non,

Je ne vous suis pas!

Vous m’en voyez désolé…

Regardez autour de vous!

Ce monde-là, je ne le vois pas.

Ce monde-là, je ne le veux pas.

Une fenêtre est ouverte,

L’air est doux, parfumé.

Un chant d’oiseau s’est invité

Entends le silence,

Il respire.

Ce monde est doux,

Vous l’avez tant abîmé.

18 mars 2020

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Dialogue inspiré…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Je ne trouve pas l’inspiration…

Comment tu ne trouves pas ? Explique-moi, je t’en prie… Tu prétends que tu ne trouves pas ? Admettons, je veux bien, mais cela signifie, enfin je l’espère, que tu as cherché, et probablement cherches-tu encore !

Oui c’est cela, je cherche, je cherche… Et ne trouve rien…

Étonnant tout de même : je te connais…Il t’en faut si peu : un train qui passe, une flaque d’eau sur un quai, un rayon de lumière derrière une vitre grise, une vague qui grossit et d’un coup, d’un seul, tu as la main qui tremble et le regard qui luit…

Oui je le sais, tu as raison. Je crois comprendre ce qui m’arrive. Je ne dois plus chercher. Il faut que je sois saisi, surpris. Les trains sont loin, toutes les marées sont basses. La lumière elle-même est étonnée de toute cette lenteur, et le ciel, ce ciel tellement étonné…

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Petite boule…

Dans le coin sombre d’une journée ordinaire
Une boule de triste silence s’est endormie
La foule des bruyants passait
Regard levé
Pas pressé
Pas un pour lui parler
Et doucement la rassurer
Pas un pour murmurer
Ne crains rien petite
Ne crains rien
Tu verras on va t’aider
Tu verras on va t’aimer
Et ton chemin vers un long demain
Tu trouveras
Petite boule a souri
Un chant, un cri, un souffle
Tous sont réunis
Oh petite boule notre amie

Je cherche mon chemin…

Au lever du jour, lorsque je marche, en silence, j’entends les mots qui se bousculent. Ils sont là, quelque part, dans un coin reculé de ce que j’aime appeler l’arrière-pays de ma tête. Ils veulent entrer, ils sont pressés, eux aussi, de prendre l’air et de se dégourdir pour certains les l et pour d’autres les rondes jambes de leur m. Je les laisse se disputer. Ils m’amusent, à vouloir être les premiers. Je sens bien que chacun rêve de donner le tempo, ou même le la.

Alors oui, chaque matin c’est la foire d’empoigne et c’est à celui qui trouvera le plus facilement le passage ; ce passage qui le conduira non pas jusqu’aux portes de mes lèvres parce que je ne dis rien, mais là juste à l’entrée de ce chemin que j’hésite encore à emprunter. J’hésite, oui parce que je sais déjà que lorsque je me serai engagé je ne pourrai plus reculer et qu’il me faudra avancer, poussé par le désir d’arriver non pas au bout, ce bout n’existe pas, mais à l’entrée du premier virage qui je le sais, je le sens, me réservera de belles surprises.

Et ce matin sur la ligne de départ il y avait Anton, Anton ce plus que prénom qui m’accompagne depuis longtemps. Il est arrivé le premier et je l’entendais me dire « Je m’appelle Anton parce que mon père aimait les russes, et plus encore que les russes il aimait les avions et parmi les avions celui qu’il préférait c’était l’Antonov 22 ».

Tiens, on dirait bien que je commence à m’aventurer sur ce chemin…

La faim d’écrire…

Je reste un peu discret en ce moment, pourtant la faim est là, la faim d’écrire…Je descends souvent dans ma réserve et cela m’inspire…

La faim d’écrire est forte, très forte, peut-être trop forte. Le garde-manger est plein, il déborde, il dégouline, de mots, de phrases déjà prêtes, qui attendent simplement la chaude caresse de la feuille que je leur ouvrirai.
Je n’ai pas besoin de les garder au frais. Ils se conservent très bien, mais sont peut-être trop nombreux. Je ne sais lequel choisir. J’ouvre la porte de la réserve. J’entends d’abord comme un murmure : « il est là, c’est lui, il va me choisir, c’est mon tour ». Ils attendent patiemment tous ces mots que j’aime. Certains sont couchés, bien à plat, à l’abri des regards mauvais, ce sont mes grands crus. Je reconnais libellule, il est seul, couvert de poussière, cela fait bien longtemps qu’il vieillit, peut-être trop ; il faudra que je me décide à en faire quelque chose. Au-dessus, mes préférés tout une rangée de flacons, de balbutiements, de mauves. Les casiers de brumes et de gris sont presque vides ; j’en ai peut-être trop consommé ces derniers temps. Dans le placard du fond j’ai stocké quelques phrases, toutes faites, toutes fraîches, mais je ne l’ouvre pas, je ne veux pas qu’elles s’échappent, il n’est pas encore temps, je dois chercher, encore, le menu, et tous les magnifiques plats qui le composeront. Je referme la porte de ma réserve, doucement pour ne pas éveiller les endormis, celles et ceux vers qui je ne vais jamais, parce que je les ai oubliés. Demain, peut-être je les retrouverai…
Peut-être.

Elle est si longue cette nuit…

Il a suffi que je reprenne le train ce matin, pour que je sente l’inspiration revenir…

Elle est si longue cette nuit
Des rêves enfermés
Entre les plis des draps trempés
De la lente sueur
Des silences coupants
Les corps sont pâles et blanchis
De ne plus se frotter
Au murs rêches
Des peurs imprévues
Tout est lisse
Plus rien n’arrête
La fuite des regards délavés
Le temps ne coule plus
Etalé comme la flaque
Qui tente un reflet de soleil
Derrière la trace
D’une eau si grasse
D’un pas lourd chacun se traîne
Au bord des dernières fenêtres
Ouvertes sur les reste de vide

Aux origines du tribunal académique…

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l’origine du tribunal académique, je republie quelques une de ses séances…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Le tribunal académique ne se réunit que très rarement en semaine. Une vieille tradition qu’on explique difficilement, tant les avis sont divergents.

Certains racontent que la première affaire que ce tribunal ait eu à juger fut « l’affaire du week-end ». Les plaignants de l’époque (ils étaient sept) avaient déposé un recours visant à suspendre l’utilisation de l’expression week-end prétextant d’une part qu’il s’agissait d’un anglicisme, et d’autre part que ce terme était impropre dans la mesure où il n’aurait pas été possible de parler de fin de semaine ( le samedi matin par exemple ) , alors que celle-ci n’est officiellement et réellement achevée que le dimanche à minuit.

Cette affaire qui était, rappelons-le, la première qu’eut à juger ce nouveau tribunal fut mal préparée et si les plaignants furent déboutés sur la première requête, le jury qui avait été constitué à la va vite s’égara totalement sur le deuxième point…

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Retrouvons le tribunal académique…

Le tribunal académique, vous l’avez certainement constaté, ne s’est pas beaucoup réuni ces derniers temps. Il faut dire que l’affaire qu’il avait à instruire a pris beaucoup de temps, tant il est vrai qu’il n’est pas courant pour lui d’avoir à juger une telle bande organisée.
Ou plus exactement si on se réfère à l’article 450-1 du Code pénal de juger en vue de les condamner une association de malfaiteurs.
Qui sont-ils ces malfaiteurs organisés ? Nous allons les citer dans l’ordre de leurs entrées dans le box des accusés : le premier arrivé, fier et droit dans ses bottes prétend s’appeler « distanciel », le second un peu plus petit, le regard torve, est heureux d’annoncer qu’il porte, s’il vous plait, un nom composé : « télé-travail ». Il est accompagné de deux malfaiteurs qui nous l’apprendrons plus tard se font appeler dans le milieu l’un « zoom » et l’autre « teams ». Ils ont l’air très nerveux et ne cessent, en douce, de mettre des coups de coude à « télétravail » qui lui essaie autant que possible de rester à distance. Le cinquième larron est arrivé en dernier dans le box des accusés, mine patibulaire, on dirait bien qu’il est le chef de la bande, et lorsque le juge lui demandera de décliner son identité, il prétendra s’appeler « protocole ».
Bref, après plusieurs mois d’instruction nous voici parvenu au moment attendu du jugement. Le juge a le regard sombre, il est entré en marmonnant dans la salle d’audience et on le devine franchement de mauvaise humeur.
Le jury qui a été constitué est, comme toujours, un peu hétéroclite : autour de la grande table en chêne, il y a un souffleur de rêves, une lanceuse de perles, un chauffeur litreur (contrairement au chauffeur livreur qui ne transporte que des livres, celui ci est spécialisé dans les bouteilles), une soupirante exténuée, un bourreau des cœurs et une prêtresse convertie.
Le juge visiblement exténué rappelle les faits. Les cinq malfaiteurs qui comparaissent aujourd’hui devant nous sont accusés de s’être concertés depuis plusieurs mois afin de porter gravement atteinte à l’intégrité mentale de toute une partie de la population et ce afin de leur subtiliser une partie de leurs possessions. Ils se sont ainsi emparés des biens suivants : accolades, embrassades, bourrades et autres rigolades, se sont aussi saisis de la spontanéité, de la beauté, de l’amitié et surtout de la vérité, et enfin ils ont aussi par le jeu de leur escroqueries numériques anéanti la chaleur, la fraicheur, la pâleur et la candeur.
En conséquence et à l’unanimité du jury les cinq prévenus sont condamnés à ne plus se rencontrer, et à rapidement se transformer en changeant tous les cinq de nom. Distanciel deviendra arc-en-ciel, télétravail désormais vous serez tarétravail, zoom vous deviendrez vroum, teams on vous appellera trime, quant à protocole vous répondrez désormais au nom de Petit Paul.
Et espérons le, tout devrait changer…
La séance est lavée, euh levée.

Je te savais…

C’était l’heure des sans amis
Penché vers un presque rien
Je voulais prendre ce chemin
Et rêvais d’y rencontrer les hommes
Aux doux regard paisibles
Qui rêvent de lendemains
Aux bords ronds et malins
J’ai marché jusqu’au dernier bout
Lointain
Oh si lointain
Elle était là
Seule et perdue
Vêtue d’une longue trainée de brume
Elle attendait en souriant
Je te savais
Tu le sais
Entre tes larges marges inventées
Je t’avais inventé

Finir

Je n’arrive pas à finir ce que j’ai commencé d’écrire. Tout ce que j’ai commencé, tous ces débuts, toutes ces presque fins qui dorment, qui sursautent parfois quand je les reprends, quand je les surprends dans leurs sommeils littéraires. Certains de ces textes ont pris des rides, ils se sont tassés discrètement presque oubliés. Il faudrait pourtant que je me décidé à terminer, à mettre un point final mais j’ai comme une espèce d’angoisse à le faire, de crainte, comme s’il y avait de la vie dans ces mots endormis, comme si l’achevé les figerait.

Chut…

Chut
Mes mots sont endormis
J’entends le chant creux
De leurs rires bleus
Silence
Froisse feuille blanche
Oublié au coin d’un rêve fané
J’attends
Au verso d’une longue histoire
Qui s’écrit
Tant de lettres oubliées
J’écoute
Elles claquent des dents
Dans le souffle étonné
D’un vieux papier glacé

24 février 2021

La ronde des bonnes nouvelles : 9

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

« Je ne me souviens de rien, rien de ce qui s’est passé ni hier, ni les jours précédents. »

L’homme chez qui nous sommes aujourd’hui est, à vrai dire, un cas un peu particulier. Chaque soir, lorsqu’il s’endort, comme beaucoup il pense à la journée qui vient de se terminer. Tout y passe : ce qu’il a fait, qu’il n’a pas fait alors qu’il aurait dû le faire, ce qu’il a dit, qu’il n’a pas dit, qu’il aurait dû ou pu dire, ce qu’il n’aurait pas dû dire. Sont aussi passés en revue les autres, celles et ceux qu’il a vus, avec qui il a parlé, celles et ceux qu’il n’a pas vus et qu’il aurait aimé voir.

Et généralement après cet inventaire il s’endort. Enfin c’est ce qu’il suppose car c’est au moment précis où il décide de s’attarder sur tout ce qui dans la journée lui a donné…

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La ronde des bonnes nouvelles : 8

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Erreur sytème…

Ma décision est prise: aujourd’hui je ne vais pas perdre de temps à chercher une bonne nouvelle. C’est à la fois ridicule, très fatigant mais surtout déprimant. En effet, convenons-en, ce qui est le plus extraordinaire quand on cherche, c’est lorsqu’on trouve.

Non, aujourd’hui je vais choisir une autre méthode, faire confiance au hasard, ou à la chance et je vais attendre patiemment que bonne nouvelle vienne à moi.

Au moment du petit déjeuner, je suis tendu, pensant un peu naïvement que c’est au petit matin que les bonnes nouvelles sont annoncées.

Mais rien… Si, une seule chose est à noter: je renverse ma tasse de café, encore très chaud sur la magnifique chemise blanche que j’ai mise pour l’occasion. On ne peut quand même pas accueillir une bonne nouvelle vêtu d’un vieux polo grenat qui pluche…

Le matin passe: rien. Ce n’est pourtant pas faute de tout…

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La ronde des bonnes nouvelles : 7

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Photo de Alex Kozlov sur Pexels.com

Ce matin, une fois encore, j’ai une furieuse envie de bonnes nouvelles. Je dirai même qu’une seule me suffirait. Par réflexe, ou dans un sursaut d’espoir j’ouvre ma boîte aux lettres. Elle est presque vide… Je dis presque, en effet, parce que perdu tout au fond, plié en quatre, un simple papier. Ce n’est même pas un prospectus, non une simple feuille arrachée à un cahier à spirales. Curieux, je la déplie.

En gros caractères manuscrits, voici ce que je lis:

Aujourd’hui sur la place du village entre 10 h 00 et 13 h 00 ouverture d’une boutique éphémère! Tristes, déprimés, pessimistes, venez à nous, nous vous rendrons le sourire!

Curieux vraiment. Une boutique éphémère, ici dans mon village…Je ne sais pas encore si c’est une bonne nouvelle, mais ça a au moins le mérite d’être un peu « excitant » … 

Evidemment à dix…

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La ronde des bonnes nouvelles : 6

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il n’y a plus rien !

Bon, autant le dire tout de suite, ce n’est pas la grande forme. Où sont les bonnes nouvelles, où se dissimulent-elles? J’ai beau éplucher toute l’actualité: je ne trouve rien à me mettre sous la dent. Ça commence à devenir déprimant. Je vais finir, comme beaucoup, à tout voir en noir, à avoir des idées noires et pourquoi pas à broyer du noir.Il faut que je m’aère pour me détendre un peu. Je complète mon attestation sur laquelle je coche que je sors pour des courses de première nécessité.

Je n’ai besoin de rien mais après tout on verra bien, je tomberai peut-être sur du nécessaire dont j’ignorai l’existence. C’est jour de marché : je trouverai bien quelque chose.

J’arrive sur la petite place du village. Tout au fond, à l’abri du seul arbre, un petit stand que je ne connaissais pas. Il n’y…

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La ronde des bonnes nouvelles : 5

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Bon, Trump n’est pas encore complétement battu, donc on n’est pas tout à fait, tout à fait, dans la configuration idéale de ce qu’on peut appeler une bonne nouvelle, même si, on commencer à humer cette bonne odeur.

On fait une omelette en cassant les œufs

Pour une raison que j’ignore encore, je me lève ce matin avec une furieuse envie d’omelette. Et pour une raison que j’ignore encore plus, j’ai à peine posé le pied à terre, au pied de mon lit, que j’entends cette phrase qui tourne en boucle à l’intérieur de la tête: «on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs, on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs».

Etrange: j’ai dû rêver d’omelette, ou d’œufs, ou d’œufs cassés. Je ne me souviens plus mais ce que je sais c’est qu’il va me falloir, en casser des œufs justement. En casser deux ou peut-être trois…

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La ronde des bonnes nouvelles : 4

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

J’aurais aimé, au moins aujourd’hui deviser, enfin, sur une vraie bonne nouvelle : celle qui m’aurait annoncé la défaite de Donal Trump. Et bien non je suis encore obligé de me rabattre sur mes rêves, ou fantasmes, sait-on jamais…

Il y a un loup sur mon terrain…

Ah je m’en souviendrai du 4 novembre…Comme tous les matins, j’ouvre en grand la fenêtre de ma chambre. Il fait frais et j’aime cette sensation après une nuit toujours un peu agitée. La lumière me réveille et l’air vif me fouette. Au milieu de la pelouse, assis, le dos à la fenêtre : un loup. Un grand loup gris. Je sais que c’est un loup, ses oreilles pointues ne trompent pas. Il est assis et regarde droit devant lui, enfin me semble-t-il. Je me racle la gorge discrètement. Il se retourne, lève la tête et me regarde… Oui je le confirme, définitivement, c’est un loup…

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La ronde des bonnes nouvelles : 3

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Une disparition attendue…

Ce matin le réveil est un peu difficile. Il faut dire que rares sont les nuits calmes et sereines sans tous ces mauvais rêves que pour se protéger on répugne à appeler cauchemars. Le réveil est un véritable supplice. Je me traîne jusqu’à la cuisine tout en marmonnant : « s’il faisait beau, au moins je pourrais prendre mon café dehors ». Mais bien sûr il pleut, nous sommes le trois novembre, comment peut-il en être autrement ? Et en plus pour couronner le tout, c’est mardi. Un mardi de novembre. Je marmonne : il faudrait que je me bouge…

J’allume la radio avec le petit espoir d’entendre quelque chose d’engageant, d’encourageant: une bonne nouvelle quoi?

J’appuie sur le bouton. Grésillement. Et puis une info: un flash info comme on le dit. Et c’est vrai qu’en guise de flash on ne peut faire mieux. Je dois le dire: j’ai sursauté…

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La ronde des bonnes nouvelles…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Instauration d’une journée nationale sans râler

En ouvrant mon journal ce matin dont, au passage, la qualité du papier se dégrade de plus en plus, ce qui a pour conséquence de noircir les doigts, j’ai malencontreusement renversé ma tasse de café.

La journée commence vraiment mal, ai-je failli dire…Non, en fait, oui je l’avoue je l’ai dit!

Et ce d’autant plus qu’il n’y avait plus de lait, que le pain était sec, que le chat miaulait sans raisons apparentes, que la chaudière ne voulait pas démarrer, qu’évidemment il pleuvait et que j’avais perdu mon parapluie et égaré les clés de ma voiture. Voiture qui ne démarrera certainement pas lorsque j’aurai retrouvé les clés si j’en crois le texto laissé par le voisin: «vous avez laissé vos phares allumés». Texto que je ne découvre que maintenant étant donné que je ne savais plus où était mon portable. Bref il me semble…

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La ronde des bonnes nouvelles…

Les odeurs de printemps me donnent envie de republier cette ronde des bonnes nouvelles qui datent de novembre dernier…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Les mauvaises nouvelles, il y en a trop, ou ce ne sont qu’elles qu’on entend, qu’on retient, qu’on partage. Je vais donc essayer , tous les jours, autant que possible de trouver une bonne nouvelle, de la raconter, et si je n’en trouve pas, je l’inventerai, je la rêverai et je la partagerai. Pour commencer voici la ronde des bonnes nouvelles …

Lorsqu’une bonne nouvelle tu entendras,

Toujours tu la dégusteras.

En bouche tu la garderas.

Les yeux tu fermeras.

Et alors seulement tu en parleras,

Aux autres tu diras:

Oh qu’elle était bonne cette nouvelle!

Elle pépillait,

Elle papillait,

Elle pétillait.

C’était une sacré bonne nouvelle!

Je vous la conseille.

Et surtout ne me demandez pas de commenter,

Je l’ai déjà avalée,

Et n’ai aucune envie de la recracher.

Par contre, oui,

Je peux vous le dire;

Il existe bien un lieu

Où vous pourrez trouver

Des douces, des…

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Mes Everest : « La mer au plus près » Albert Camus

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Une merveille, je le publie en deux courtes parties, il faut prendre de le lire, le relire, s’en imprégner comme d’un baume apaisant.

«J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer, tous les luxes alors m’ont paru gris, la misère intolérable. Depuis, j’attends. J’attends les navires du retour, la maison des eaux, le jour limpide. Je patiente, je suis poli de toutes mes forces. On me voit passer dans de belles rues savantes, j’admire les paysages, j’applaudis comme tout le monde, je donne la main, ce n’est pas moi qui parle. On me loue, je rêve un peu, on m’offense, je m’étonne à peine. Puis j’oublie et souris à qui m’outrage, ou je salue trop courtoisement celui que j’aime. Que faire si je n’ai de mémoire que pour une seule image? On me somme enfin de dire qui je suis. “Rien encore…

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Printemps est arrivé…

Il y avait une odeur de printemps hier…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Printemps n’a pas attendu.

Outrés, les prophètes du temps qu’il faut, ont parlé:

Un peu de patience voulez-vous…

Un peu de décence, pourriez-vous…

Nous vous en prions,

Freinez vos ardeurs.

Retenez vos fleurs.

Vous le voyez bien,

Ici, là, partout,

Déborde le gris.

Rien n’est prêt.

Pour vous accueillir

Vous le comprendrez,

Il nous faudrait nettoyer.

Rien n’est grave,

Sourit le printemps.

Rien ne presse,

J’ai tout le temps,

J’irai jusqu’à l’été.

23 mars

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Un matin pluie…

Je n’en peux plus de ces haines qui dégoulinent…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Une fois n’est pas coutume, je publie une tribune, que j’avais écrite en septembre 2018, et qui fut l’une des mes dernières « sorties » sur le plan politique… Je la publie, ici, sur ce site, d’abord parce que je la trouve bien écrite, et que ce blog est un blog qui aime les mots, et ensuite parce que je la trouve évidemment encore et malheureusement toujours d’actualité….

Je suis, volontairement, assez silencieux dans le brouhaha permanent du débat politique tant il est vrai qu’il n’y a pas, qu’il n’y a plus de débats politiques. Et cela m’attriste profondément. Aujourd’hui ce qui domine, ce qui anime les gazettes numériques, ce qui motive les excités du clavier c’est la dénonciation, l’indignation toujours sélective, l’accusation revancharde, la délation nauséabonde. Et la parole réfléchie a cédé la place au raisonnement binaire qui trouve peut-être ses racines dans ce langage informatique dont on sait qu’il ne…

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Hum…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Sous les pavés

La plage effondrée.

Tend son oreille libérée,

Pas un chant d’amour,

Plus un souffle d’espoir.

Les coeurs sont asséchés,

Au coin de son regard effarée

Une larme de sel a séché.

Partout on crie,

Partout on hurle,

Haines aigres retirez vous !

Mes vagues vont déferler…

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Il y a un navire dans mon jardin !

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il y a un navire dans mon jardin!

Un navire, mon ami, impossible, vous divaguez!

Oh non, vous dis-je, ce n’est pas un mirage…

Hier soir, c’est vrai,

Avec la nausée je me suis couché.

Toute une journée perdue à naviguer

Sur le bleu électrique de l’océan numérique.

Oh je le sais, c’est laid,

Pas une vague, pas un souffle salé.

Pour ce long naufrage à tous imposés.

Oh oui, bien sûr,

Parfois un peu de mousse

Sur la crête pâle des mots enfermés.

Alors oui, je le concède,

Quand le soir est tombé,

J’étais triste et abandonné.

Tant de bruits, tant de cris

Ce monde est fou.

Dans les bras de la nuit, je me suis blotti.

Doucement mes lourdes paupières j’ai baissées.

Tous mes rêves bleus se sont éveillés.

Un à un, ils se sont envolés

Au fond du ciel noir de ma mémoire meurtrie.  

Et ce…

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Petite goutte d’eau…

Petite goutte d’eau,
Garderas-tu dans ta mémoire gelée
Le souvenir du chant glacé
De ta source cachée ?

Petite goutte d’eau,
Glisseras-tu en riant
Entre les bras protecteurs
D’une longue vallée sans lueur ?

Calme-toi,
O petite goutte d’eau,
Oublie ta montagne éternelle,
Fonde-toi dans la masse d’eau bleue…

Et roule, roule,
Petite goutte d’eau,
Jusqu’à la mer d’en bas
Qui entre ses bras te prendra

Alors petite goutte d’eau,
Tout doucement tu murmureras
Cette belle histoire
Que tant de fois tu as racontée…

14 février 2021

Dis papa c’est encore loin la mer : fin

« Dis papa c’est encore loin la mer ? » : 2

« Dis papa, c’est encore loin la mer…

Dernière republication de la semaine, une petite nouvelle écrite il y a six ans

Vieil homme…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Le vieil homme est fatigué
Derrière la flamme vacillante
De ses yeux d’acier
On devine des traces de pas
De lointains souvenirs froissés
Petits cailloux posés
Sur le long chemin
D’une mémoire
Qu’il ne peut plus partager

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Le coucher de sommeil : suite et fin…

Le coucher de sommeil : 3

Le coucher de sommeil, 2

Le coucher de sommeil : 1

Republication en quatre parties d’une autre de mes nouvelles…

Flammes

Dans ma réserve à mots

Je saisis une poignée de lettres sèches

Au cœur de la flamme impatiente

Je les ai jetées

Mots brûlants se sont envolés

Sourires au conseil des ministres version intégrale…

Et pour clore voici en un seul bloc la version intégrale

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Ce mercredi matin, comme tous les mercredi matin, c’est le conseil des ministres. L’ordre du jour est fixé un peu avant, avec le premier ministre: jamais de grandes surprises, les communications des uns et des autres, des nominations. Bref la routine républicaine. Tous les mercredis matin tout le pouvoir exécutif se retrouve pendant une heure mais personne n’y prête attention, c’est ainsi depuis longtemps.

Ce jour-là, pourtant le premier ministre a bien remarqué que le président n’était pas comme d’habitude. C’est simple on aurait dit qu’il était heureux, détendu. Bref de bonne humeur, avec un sourire permanent non pas au bord des lèvres mais au milieu de tout le visage. Pour quelqu’un d’autre que le président de la république ce sourire serait plutôt un bon signe, mais brandir à quelques minutes du conseil des ministres une telle décontraction avait de quoi interroger le locataire de Matignon.

Rejoignant ses principaux conseillers…

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Sourires au conseil des ministres : suite et fin….

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Enfin, oui enfin, j’ai mis un point final à cette nouvelle que j’avais commencée un peu par jeu, je vous l’avais proposée par épisode, 13 si je ne me trompe pas, et j’hésitais pour la chute, pour la fin. Exercice difficile, il m’a fallu du temps, mais je suis heureux du résultat. Je vous propose donc d’abord cette fin que peut-être certains attendaient… Et dans la foulée je publie en un seul bloc la totalité de la nouvelle… Pour en faciliter la lecture..

« Il faut vivre, c’est tout, c’est simple et surtout c’est suffisant ! »

«Ce que je vais vous raconter, vous décevra, j’en suis convaincu. Je le comprendrais tout à fait. Les événements que vous avez vécus, ces dernières heures, sont hors normes. Et vous vous attendez à de l’incroyable, de l’extraordinaire, du sordide peut-être. Oui je le répète: je vais vous décevoir, tous, surtout toi ma chère Frédérique.

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Sourires au conseil des ministres 13…

On approche de la fin…

Retrouvons : « sourires au conseil des ministres » : épisode 12

Sourires au conseil des ministres : 11

« Sourires au conseil des ministres »: 10

« Sourires au conseil des ministres » : 9

« Sourires au conseil des ministres » : 8

Je poursuis la publication des épisodes suivants de « Sourires au conseil des ministres »….

« Sourires au conseil des ministres » 7

« Sourires au conseil des ministres » : 6.

« Sourires au conseil des ministres » 5

« Sourires au conseil des ministres » 4