Silence pluvieux…

Silence pluvieux,
J’ai la mer au bord des yeux.
Dans le loin bleu
De mes mémoires salées,
Deux ailes se sont envolées.
Vent d’hier,
Sur les vagues les a posées.
Explose l’écume,
S’envolent perles de brume.
Regarde la mer belle.
Sur la plume de tes mots
A la feuille amarrée,
Mer a chanté,
Mer a soufflé.

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne

Ciels…

Je commence aujourd’hui une petite série de textes mettant en scène des ciels habités…

Regarde petit homme

Il est l’heure d’être heureux

Oh oui je le veux

Regarde petit homme

Prends le temps

Il est si loin

Le long jour où s’abîment

Tous ces souffles de « je »

Ouvre et lève les yeux

Ne t’arrête pas au ciel si bleu

Regarde petit homme

Je suis là tout en haut

Je t’attends empli de beau

Sur les hauteurs d’une mémoire pour deux.

Écrire…

Vous écrivez me dites-vous

Écrire oui peut-etre

C’est vrai

Je le concède volontiers

J’aime à tracer quelques signes

Sur un lit de douces feuilles

Mais voyez-vous cher ami

Il m’arrive aussi de chercher ces si beaux mots

Qui chanteront sur le long fil de mes lignes mauves.

Mémoires…

Ombre est là

Fraîche

Fragile

Entre les murs blanchis

Au lourd soleil de midi

Fière et paisible

Elle joue des épaules

Regarde moi dit-elle

A l’homme courbée

Regarde moi

Je t’attends

Mémoires…

Derrière le long bruit sourd

Des nouvelles du monde

J’entends le souffle d’un vent lourd

Il chuchote en glissant ses larmes rondes

Il est encore loin le temps des oublis

Regarde, souris, je te prends la main

Chargé des derniers restes de tes nuits

Doucement je te chante demain

Mémoires…

En suivant la trace floue d’une histoire d’hier
J’ai glissé sur la flaque du doux présent
A tâtons je marche en riant vers le noir heureux
Où brille l’ombre de tes cheveux
Je souffre de l’oubli des ces presque rien
J’attends serein
J’entends chagrin
Un long soupir sec
Il étale en claquant
Des larmes au bleu coupant
Qui abîment en roulant
Les bords mous du chemin des gisants

Sous le choc…

Comme je l’ai déjà indiqué, j’écris beaucoup en ce moment, à l’ancienne, sur un carnet, avec un bon vieux stylo Bic, dont les arêtes abîment mes phalanges. Mais l’écriture est une souffrance. Je le sais. J’écris mais je prends aussi le temps de lire, et je ne résiste pas au besoin de partager sur ce blog le choc que j’ai ressenti en lisant ce roman de Rebecca Lighieri.

Je ne suis pas doué pour les notes de lecture, les critiques de livre, je ne peux simplement vous dire que j’ai été secoué comme rarement. Ce roman est exceptionnel, bouleversant, éblouissant il m’a marqué, et je sens déjà qu’il laissera des traces. A ne rater sous aucun prétexte. Vraiment…

Poèmes de jeunesse : « Ecoute Petite… »

Mémoires…

Oh gentils bavards

Qui avaient posé

Petite pierre sèche sur le vieux mur

De ma mémoire fatiguée

Je n’oublie pas vous savez

Rien n’a disparu

Tout est endormi

Ces trous de silence ne vous disent rien

Regardez

Sans rien espérer

Il y a des brumes mauves

Qui se lèvent derrière le ciel de l’oubli

Douces caresses d’un soleil argenté

Ne dites rien

Je vous en prie

Je suis tellement fatigué

30 août 2021

Poèmes de jeunesse: regards..

Mémoires…

Sur la longue piste de mes souvenirs légers
Un bouquet de ciels bleutés
Doucement s’est posé
Dans un silence à peine froissé
Vers les feuilles à proses
Je me suis approché
Une à une réveillées
Pages sans rimes
Sous le vent des mots
Se sont envolées

Mémoires…

Sur les eaux troubles d’un fleuve assagi

Vieil homme pleure un ciel qu’on oublie

Sur la face molle du miroir brisé

Le long des vertes rives de nos mémoires touffues

Il a perdu la trace de nos enfances mauves

Braises du midi…

Mémoires…

Vieil homme se souvient

Dans le feu intérieur de son regard bleu

Un fond de mémoire brûle de mille yeux

Vieil homme s’est assoupi

Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés

Une larme s’est envolée

Extrait…

Un bref extrait, brut, sans passer par la case correction du roman que j’écris en ce moment…

…Sa mère est coiffeuse, elle a un petit salon pour des habituées, une clientèle de fidèles, de ces femmes qui vont chez la coiffeuse comme leurs hommes vont au café. La différence c’est qu’eux ils y sont tous les jours et le soir quand ils rentrent, ils ne regardent ni leurs femmes, ni leurs enfants. Ils ne regardent rien. Leurs yeux sont rougis par l’ennui et l’alcool. Jeanne admire sa mère, elle l’admire mais ne parvient pas à suivre le chemin qu’elle aime lui tracer. Sa fille. Sa fille Jeanne. Quand elle est née, quand elle a vu le noir de ses cheveux, elle a dit : je suis heureuse, elle reprendra le salon….

J’aime les mots …

Je les aime toujours…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

J’aime les mots

Les mots doux

Les mots du bout

Les mots du début

Le mot de la fin

Les mots courts

Le mot de secours

Les mots qui riment

Les mots qui glissent

Les mots gris

Les mots qu’on oublie

Les mots bleus

Les mots de tes yeux

Les mots d’hier

Les gros mots

Les mots tordus

Les mots secs

Et par par-dessus tout

J’aime les mots longs

Et les mots polissons

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Recette

Écrire à l’encre douce

D’un rêve de longue nuit

Un mot du matin

Sur la marge mauve

D’un ciel de papier

Tremper sa plume à souvenirs

Dans le creux de sa mémoire séchée

Laisser une trace de rire

Sur la lointaine page

Du livre à finir

Recette

Écrire à l’encre douce

D’un rêve de longue nuit

Un mot du matin

Sur la marge mauve

D’un ciel de papier

Tremper sa plume à souvenirs

Dans le creux de sa mémoire séchée

Laisser une trace de rire

Sur la lointaine page

Du livre à finir

Sur la ligne de vos vies

Il y a une an je publiais cette photo de pages blanches. Aujourd’hui paradoxalement les pages se sont noircies mais mon blog est un peu vide… Je suis totalement absorbé par l’écriture de mon quatrième roman.

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Sur les pages blanches

D’une histoire qui gémit

Il y a une ligne de vie

Regarde

Elle attend

Les plus beaux de tes mots

Dont la rime est une aile

Douce et fleurie

Elle se pose sur la lame de vos peurs

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Il y a ceux qui…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il y a ceux qui savent

Et ne disent rien

Mais n’en pensent pas moins

Il y a ceux qui ne savent pas

Mais en disent trop

Il y a ceux qui croient savoir

Ceux qui ne croient pas ceux qui savent

Ceux très rares

Qui croient ceux qui savent

Ceux qui disent qu’on ne sait rien

Ceux qui en savent plus

Que ceux qui savent

Ceux qui en savent autant

Que ceux qui ne savent rien

Mais qui n’en pensent pas moins

Et en disent beaucoup trop

Ceux qui pensent qu’il faudrait que

Ceux qui ne pensent pas qu’il faudrait

Ceux qui disent

Qu’il ne faudrait pas penser

Comme ceux qui pensent

Qu’il faut peut-être un peu penser

Ceux qui disent

Oui mais

Et sont si sûrs d’eux

Qu’ils répondent

« Mais oui »

Quand ceux qui doutent disent

« Oui mais »

Il y a ceux qui

Ceux qui

Ceux

Et…

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C’était un soir de trop…

Je cherche..

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Tous les jours je cherche

Je cherche le mot parfait

Je veux qu’il frissonne

Quand on le chante

Je veux qu’il fremisse

Quand dans l’oreille on le glisse

Je veux qu’il vole à tire d’aile

Quand on souffle sur ses ailes

Je veux qu’il s’efface dans un pas de danse

Quand page blanche noircit ses marges de silence

Je le cherche

Je l’attends

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Terre brûlée

J’avais écrit ce texte il y a un an à l’occasion de l’incendie qui a ravagé les contours de Martigues. L’histoire malheureusement se répète…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Saint-Pierre les Martigues août 2020

Ô terre brûlée

Entends le chant de la braise

C’est le blues des oliviers

Il souffre en crissant

Dans le peuple des cendres

Hommes épargnés

Vos larmes sont grises

Sur la face sud de nos étés

Mots secs et noircis

S’envolent

Au pays des chagrins de suie

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Bouillie de ciel

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

C’était une lumière d’un presque soir d’été

Dans la poche intérieure de ma veste aux couleurs insolentes

Je sentais les chaudes miettes

D’un doux festin aux rires lointains

Les yeux rivés sur la bouillie bleue du ciel heureux

Je marchais

Oh oui je marchais

Semant tout le long des chaumes chaudes

Mes vieilles pages d’enfance

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Mes poèmes de jeunesse…

Un vieux, très vieux texte que je republie

Mes Everest : Leo Ferré

 » Les souvenirs c’est du présent discutable »

Mémoires

Homme pressé sur un banc s’est assis

Il regarde en souriant

Le temps qui file en grinçant

Homme pressé pour un instant s’est libéré

Extraits

…Anton se souvient de ce que son père, Marcel, lui expliquait. Sur le beau. Sur le vrai. Tout petit déjà il l’accompagnait dans ses incroyables déambulations. C’est pendant ces longues promenades que Marcel a expliqué à Anton. L’essentiel c’est ne rien dire, s’arrêter, écouter, sentir sans penser, sans chercher ni à expliquer, ni à faire des liens avec ce qui a déjà été écrit ou dit. Ne pas suivre la direction qui indique le beau, le bon. Ce qu’il faut Anton c’est ressentir, chercher l’existence. Le beau n’appartient à personne et il n’appartient à personne de désigner ce qui est beau. Et tu vois Anton, ce mot, je crois même qu’il est préférable de l’éviter. Comme tous ces mots qui ont le défaut d’avoir un contraire. Est-ce-que tu as déjà remarqué Anton que lorsque les mots ont un contraire, un opposé, quand tu prononces l’un c’est à l’autre que tu penses…

Mémoires

Mémoires de vieilles pierres figées

Odeur d’un vieux lichen fripé

Souvenirs d’un village endormi au creux du frêle été

Pas à pages il faut avancer dans les marges effacées

Juillet 2021

Orages de juillet…

Orages de juillet, un vieux texte déjà publié en 2019

Pluies…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Un nuage de pluie

Caresse le dos gris

Des mémoires perdues

De mes rires détachés.

J’ai toujours, endormies,

Au fond d’un panier bercé

Trois gouttes dorées

De vieilles histoires d’antan

Qui se roulent en chantant

Dans une flaque de soleils oubliés

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Mémoires : 3

Il y a un an, la pluie, déjà, encore, toujours… Mémoires…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Derrière la vitre d’un jour d’ici

J’attrape les gouttes de temps

Temps qui glisse

Temps qui plisse

Le regard est blotti

Entre les bras de fer

Qui s’étirent vers la mer

Sa route est si longue

Son chemin est si loin

Il se souvient

Dans le train qui coule vers le sud

Un presque homme est assoupi

Il rêve seul

Ses compagnons de nuit avalés

Regarde

Il pose le front sur le froid de la vitre

Entends ce qu’il reste d’histoire

Enfoui

Dans les plis d’acier d’une infinie nuit ferroviaire

Tu y trouveras quelques miettes sans frimes

De cette belle mémoire

Qui te souffle ses rimes…

30 juillet

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Mémoires : 2…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Souviens toi me dis-tu

Souviens toi

C’était peut-être hier

Ou bien plus loin

Ailleurs

A l’adresse flou du temps fini

Tu étais seul

Je t’observai

Tout le long de ton chemin

Je t’ai vu

Tu as semé

Treize petits mots

Oh oui si petits

Une syllabe chacun

Parfois deux

Et sans te retourner

Tu es parti

Oh tu sais

Je t’ai suivi

Chaque mot j’ai cueilli

Dans mon sac à demain

Sans rien dire les ai glissés

Et vois-tu mon ami

Prends ce bouquet

Aux rimes fleuris

Il est toi

Je te le donne

Il était temps

Je te le rend

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Memoires…

Quelques textes sur la mémoire que j’avais publiés l’année dernière…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

La mémoire, ma mémoire me tracasse en ce moment, un deuxième texte sur ce thème

Dans l’arrière jour de mes nuits blanches

J’ai creusé le trou de ma mémoire oublié

Dans le fond endormi

Sur un bord de molle dune

Petits mots aux teintes passées

Dansent en giguant la ronde des guenilles

Ils vont ils roulent ils vrillent

Mots d’hier j’entends vos rires d’enfants

Crépies de mauve brune

Douces caresses se posent

Sur le long mur blanc

De ma moite insomnie

Tout est fini

Sur la feuille froissée d’un passé retrouvé

Sans un pli présent rassuré s’est endormi…

28 juillet

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Un train est entré

Souvenirs…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

N’avez-vous jamais vibré pour du simple
Pour ce presque rien
Qu’on cache sous le tapis
D’une mémoire aux rimes rondes
Rondes et fleuries
N’avez-vous jamais vibré pour du simple
Ce quelque chose
Que le peuple des autres
Abandonne sur le quai
Pour un voyage sans détours
N’avez-vous jamais vibré pour du simple
Celui qu’on oublie tout de suite
Pour ne pas avoir à l’apprivoiser
Sentez-vous l’odeur que la peur avait enterrée
Entendez -vous le cri du métal
Il est frappé de soleil.
C’est un beau soir qui sent le hier
Dans la salle d’attente de mes souvenirs ferroviaires
Un train vient d’entrer…

30 juin

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Mes Everest, Marguerite Duras : « Ecrire »

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

« Écrire. Je ne peux pas.
Personne ne peut.
Il faut le dire, on ne peut pas.
Et on écrit.
C’est l’inconnu qu’on porte en soi écrire, c’est ça qui est atteint. C’est ça ou rien.
On peut parler d’une maladie de l’écrit.
Ce n’est pas simple ce que j’essaie de dire là, mais je crois qu’on peut s’y retrouver, camarades de tous les pays.
Il y a une folie d’écrire qui est en soi-même, une folie d’écrire furieuse mais ce n’est pas pour cela qu’on est dans la folie. Au contraire.
L’écriture c’est l’inconnu. Avant d’écrire, on ne sait rien de ce qu’on va écrire. Et en toute lucidité.
C’est l’inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n’est même pas une réflexion, écrire, c’est une sorte de faculté qu’on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même, d’une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible…

Voir l’article original 112 mots de plus

Une bouchée du bel été

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Posée sur le cœur doré

D’une fleur au rose vibrant

Butine abeille appliquée

Demain sur le pain chaud et craquant

Des hivers enrhumés

Rouleront les vagues sucrées du miel d’été

Et dans la blanche et fraîche mie

Tu croqueras une belle bouchée du bel été

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L’écriture, un révélateur

Une fois n’est pas coutume, voici le texte d’une intervention que j’ai faite la semaine dernière au Ministère de la Justice, à l’occasion de la remise des prix du concours d’écriture organisé en prison par la fondation M6

Bonjour à toutes et à tous,
L’Agence Nationale de Lutte contre l’illettrisme que je représente aujourd’hui est ravie, une nouvelle fois, d’être associée à cette cérémonie de remise des prix. Nous sommes ravis d’être à vos côtés, ici, au ministère de la Justice, en compagnie du ministère de l’Education nationale, tous deux membres fondateurs du GIP ANLCI ; c’est une façon concrète d’illustrer ce que signifie « se réunir pour mieux agir ».
Quelques mots, un petit mot m’avez-vous demandé. Il arrive fréquemment lorsque nous sommes, lorsque je suis sollicité pour des occasions de ce type qu’on nous demande de dire un mot, un petit mot. C’est une formule, une façon un peu délicate de dire qu’il faut que l’intervention soit brève. Et ce matin lorsque j’ai préparé ce mot, ce petit mot, qui je vous l’assure n’excédera pas cinq minutes, je me suis interrogé. Si je n’avais qu’un mot, un seul, à choisir pour exprimer ce que j’ai à dire, quel serait-il ?
Difficile ! Mais j’ai essayé et c’est le mot révélateur qui est apparu. REVELATEUR parce que j’ai été dans ma jeunesse un photographe amateur et que j’ai connu la magie du développement en laboratoire. Je me souviens de ce moment unique ou la feuille de papier vierge de toute expression, plongée dans le révélateur laisse apparaître tout doucement une image, une photographie. Oui c’est le mot qui me convient, qui nous convient. Les mots sont et peuvent être révélés.
Ces mots, les mots sont nos compagnons de route. Ils sont souvent enfouis au fond de chacun d’entre nous. Il faut qu’ils sortent, il faut qu’ils jaillissent, qu’ils se réveillent, qu’ils se révèlent. Et c’est la magie de ces ateliers d’écriture. Comme le sourcier avec sa baguette, l’enseignante ou l’enseignant aide à réveiller et à révéler ce que vous avez au fond, à l’intérieur de vous. Les mots sont alors dits, puis ils sont écrits et enfin ils sont lus. Et demain ils seront lus et relus, à nouveau. Ils seront alors devenus une trace. J’en profite d’ailleurs pour affirmer que l’écriture et la lecture sont intimement liées et que l’annonce faite par le Président de la République que la grande cause nationale de l’été 2021 à l’été 2022 serait la lecture est une invitation qui nous est faite à toutes et à tous à valoriser les actions de ce type.
Alors oui pour certaines et certains c’est difficile, plus difficile, les mots sont là, mais ils sont rebelles, parfois impossibles à saisir, à maîtriser à apprivoiser. C’est la situation dans laquelle se trouvent 2 500 000 personnes dans notre pays. Il faut des outils, des leviers pour les rendre accessibles, pour qu’un jour ils puissent se poser sur une feuille de papier, ou sur un écran, et être utilisés.
Parmi les différentes catégories de ce concours, il y a celle des débutants et c’est à vous et à vos enseignantes et enseignants que je m’adresse aujourd’hui. Si le parcours pour donner vie à ces mots est plus difficile, plus long, parfois semé d’embûches, au bout le résultat est le même. Nous sommes à l’ANLCI attachés à ce que ne soient jamais oubliés, celles et ceux qui souffrent de ne pouvoir mettre en mot, cette musique intérieure. Nous sommes attachés avec nos partenaires, avec les administrateurs du GIP à ce que des solutions soient proposées pour que demain nous puissions embarquer avec nous tout un peuple de lecteurs. Parmi ces solutions il y a les ateliers d’écriture, avec ce travail formidable des intervenantes et intervenants de l’Education nationale, de l’Administration pénitentiaire. Ce travail qui réveille et révèle ces talents que chacune et chacun d’entre vous a en lui.
Chaque texte est unique, chaque texte témoigne du travail accompli : il le révèle, il vous révèle pour que les émotions puissent tranquillement se poser sur une feuille de papier ou sur un écran.
C’est ce que vous avez réalisé M……….. avec votre texte qui obtient le troisième prix de cette catégorie débutant. Nous vous en félicitons et vous invitons à considérer que cette dernière fois qui était le thème de cette année marque le début d’une aventure où les mots occuperont une place centrale.
Eric NEDELEC
Directeur adjoint de l’ANLCI

Extrait…

…Le bonheur je ne sais pas ce que c’est, et puis je ne veux pas le décrire, je ne veux pas l’encadrer avec des mots qui seront de toute façon, un jour ou l’autre enfermés dans un dictionnaire. Le bonheur, tu le vois bien Anton, il arrive, là, comme ça, sans rien dire, c’est un soir, à Narvik. On marche, nos mains se tiennent, et le bonheur est là, comment veux-tu trouver un mot pour en parler, comment veux-tu le décrire ?

Le chant du rail

Fenêtre ouverte

J’entends le chant crissant

D’un rail de métal gisant

Ville endormie

Matin vague

Sur une rive d’ocres

Empêtrés

Fenêtre ouverte

J’attrape le souffle lointain

Des océans voisins

Sur le chemin de ma mémoire…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Photo de Skitterphoto sur Pexels.com

La nuit était lourde, épaisse,
Des plaques d’air poisseux s’empilaient
Le lit s’enfonçait dans la vase molle de ma mémoire
Je cherchais le chemin pour me conduire au début
Sur les bas-côtés de mon rêve éveillé
De mauvaises ronces se sont réveillées
Mon pas est lent
J’ai le souffle court
Tous les cailloux que j’avais semés
Sont enfoncés dans le sable gris
Je me bats contre un vent mauvais
Il souffle de tous côtés
Et s’engouffre dans le couloir de l’oubli

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Je cherche

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Ce soir j’ai le verbe sec

Je cherche le mot plume

Il passera sous le bras de la rime en rire

Chatouilleux le mot de la fin

S’envolera à tire voyelle

Bavarder avec l’ami hirondelle

10 juillet

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Sur la vitre de nos mardis

Le temps est au matin gris

Les regards glissent

Sur la vitre de nos ennuis

Le temps est aux regards gris

Le matin se plisse

Sur la vitre de nos mardis

Racines…

Dans le double fond de mes souvenirs à partager

J’ai nourri de mes rires bleus

Les racines des arbres à mémoire

Et dans un souffle d’été

Deux feuilles se sont envolées

Je t’attends.

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

La mer est là

Elle s’est invitée

Dans la morne plaine

Des écrans bleutés

Elle veut me dire

Assez

Je n’en peux plus de vos rimes tristes

Je veux qu’on les oublie

Je n’en veux plus de votre Amérique

Qu’on enferme en un clic

Moi j’attends le chant du vent

Je le veux là

Tout contre moi

L’écume des mots s’envolent

Et se pose sur tes lèvres salées

7 juillet

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Humeur

Écrire les couleurs de l’été

Écrire les fureurs de mes colères rentrées

Écrire les peurs d’une longue nuit de craie

Écrire un mot doux qui frissonne

Écrire une belle lettre ronde et noire

Écrire sur les lignes grises de ta mémoire

Écrire sans un bruit dans le silence de papier d’un matin froissé…

Rêve à finir..

Troisième republication du jour…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

C’était une longue nuit,

De celle que fatigué

Vite, on oublie.

J’ai grimpé dans le dernier wagon

De ce rêve bleu

Affalée sur le quai.

Un enfant triste est assis contre la vitre humide.

Il me regarde :

Où étais-tu hier ?

Je t’attendais tu le sais…

Tu n’es pas venu,

J’ai tourné la page.

J’etais si seul,

Oh si seul tu sais…

Et j’ai tenté de pleurer,

Mais le rêve a poursuivi

Son chemin jusqu’à demain.

Aide moi je t’en prie,

Aide moi,

Je ne veux pas que tout soit fini…

6 juillet

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Au bout de la nuit

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Au bout d’une nuit agitée

Matin se dresse

Il est là mur épais

Il impose son long soupir

Son crépi est lézardé

Les rêves mauves n’ont pas tenu

Tout est prêt pour le laid

Et soudain

Main dans la main

Dans le creux d’un chant oublié

Je les vois

Ils sont deux

Et se sont aimés

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Prends garde homme pressé…

C’était il y a un an…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Homme pressé

Je le vois tu trepignes

Je l’entends tu t’indignes

Un instant écoute moi

Dans le monde que tu inventeras

Il ne faudra rien oublier

Ni le gris ni la pluie

Ni la peur ni la sueur

Ni l’acier ni la saleté

Prends garde homme pressé

Dans les sillons serrés de tes rêves de demain

N’oublie rien

Oh oui je t’en prie

Prends garde à semer

Quelques graines oubliées

De ce monde que nous avons tant aimé

2 juillet

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Pour Papou

Je suis très heureux de ce joli poème que ma petite fille m’a écrit. Elle sait bien ce qui me touche

L’été se tisse

Sur une ronde palette de couleurs oubliées

Qu’un gris hiver sans joie ni fin a endormi

J’ai trouvé une goutte bleue d’été au rire joli

Au bord de l’eau d’un vert voilé

J’ai tissé le lent demain du si bel été

Sur le tableau noir de mes envies

Sur le tableau noir de mes désirs d’écriture
J’ai tracé quelques lettres de brumes
Des mots bleus se sont envolés
A tire ligne jusqu’au bord d’une blanche feuille
Que j’avais attendue
Une phrase est là, en suspens
Une autre aussi qui l’attend
Je les regarde heureux
Elle se sont aimées
Avec mon consentement

Le vent se lève : 2

Sur la pente raide d’un chemin creux
Je presse le pas vers un sommet ivre de bleu
J’avance
Le souffle court d’un rire qu’on empêche
J’attends
Crissement d’une caresse rêche
Je frissonne
Longue et verte vague à l’âme
Se jette en pleurant
Sur la rive molles de mes nuits blanches

Le vent se lève…

Une longue promenade, hier, à quelques minutes de chez moi au dessus de Saint-Etienne, et quelques photos qui annoncent la tempête de la nuit. Un intermède poétique pour respirer un peu

Derrière le tendre vert des collines alanguies
J’entends le vent qui bruit
Sans un cri
Un reste de pli bleu
Couvre ronde larme de si peu
Sur le bord gris de tes yeux bleus

Inspiration…

Fenêtre ouverte
Sur le rond silence bleu
Du matin frileux
J’attends les mots blancs
Qui frappent sur les vitres endormies
J’entends la pointe dure du stylo
Elle crisse et glisse
Sur ma belle feuille fripée
De sa longue nuit agitée

6 mai

Tête dans les nuages…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Et soudain j’ai cessé de compter…

Fatigué, essoré,

Tout contre moi,

Je l’ai serré,

Ce doux soir bleu abîmé.

Et tête dans les nuages,

Je l’ai laissé me rêver…

9 mai

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Bouée…

Il y a un an…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

L’homme est courbé,

Son dur regard racle le sol.

Lever les yeux?

Il ne le veut pas,

Il ne le peut plus.

L’homme est triste,

Il marche

Sur le fil gris de la peur.

Il tire sur les manches de la douleur,

Soudain,

Merle siffle;

L’homme déplie un bout de sourire,

Essuie la buée de ses larmes bleues,

Bouée est là, ronde et fleurie.

Elle est pour lui

Il la serre,

Tout est fini.  

24 avril

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Les arêtes de mon stylo…

Lorsque j’écris, sur le papier, avec un stylo-bille des plus commun, je ressens très fort la sensation de l’écriture. C’est un acte physique, qui laisse des traces. Et je me souviens alors de cette toute première phrase que j’avais écrite il y a quarante trois ans lorsque je décidai d’écrire un roman, mon premier roman, première pierre d’un chantier qui ne s’est jamais fermé, même dans les pires moments, ceux où l’inspiration est ballottée dans les intempéries de la vie.
Je me souviens, j’avais 19 ans et j’écrivais : « J’ai la tête qui bourdonne, les mains moites. Mes jointures gardent en mémoire les arêtes du stylo. »
En ce moment, presque tous les soirs mes doigts gardent en mémoire les arêtes de mon stylo.

C’est parti…

Oui c’est parti…Cela couvait depuis plusieurs mois, peut-être plus. J’ai entamé cette première étape, que je trouve personnellement très jouissive, celle de l’écriture manuscrite, avec un bon vieux Bic cristal de ce qui sera mon quatrième roman. J’ai pris beaucoup de temps en amont pour travailler le plan, les personnages. Pendant quelques semaines je vais noircir le magnifique papier de ce gros carnet Moleskine, habité par cette histoire qui a déjà pris possession de mon intérieur… Je serai peut-être moins présent, comme c’était d’ailleurs le cas ces derniers temps pendant la gestation, encore que… J’aurai certainement besoin de respirations poétiques…

Ne regarde pas comme les autres…

Ne regarde pas comme les autres.

Les autres…N’écoute pas ce qu’ils te disent, sors de leur route toute tracée, choisis ton chemin. Et si on te répond que ce n’est pas possible d’entendre la mer lorsque tu es dans la forêt, ne dis rien, ferme les yeux et plains les, eux, qui n’entendent pas les arbres qui s’essaient au bruit des vagues. S’ils te disent que c’est ton imagination qui te joue des tours, réponds-leur que leur imagination est en panne, fatiguée, dis-leur que c’est quand on ne veut pas voir ce qui est vrai, quand on ne veut pas entendre le bruit des vagues qui secouent les crêtes des sapins qu’on est trompé par son obsession du réel convenu.

Cette imagination-là n’est pas la tienne, tu n’en veux pas de ces artifices pour enfant naïf qui fabriquent du magique pour empêcher d’aller ailleurs, de choisir d’autres chemins, tu n’en veux pas de cette mythologie préfabriquée qui fabrique des rêves à la chaîne, des rêves qui sont toujours les mêmes, depuis longtemps, et pour tout le monde. Tu dois leur dire que les arbres tu les vois comme des arbres et pas comme de vieilles femmes aux doigts crochus ou tout autres monstres qu’on veut entrer de force dans les têtes pour que les peurs soient identiques.

Tu ne dois pas être comme les autres. Les arbres tu dois les voir arbres et la mer que tu entends quand ils bougent dans le vent tu dois dire que c’est la mer. Tu ne dois pas dire : ils font comme la mer, c’est comme la mer, j’ai l’impression d’entendre la mer. Tu ne dois pas dire cela parce que c’est injuste de le dire, c’est injuste pour les arbres d’abord, et puis pour la mer surtout, c’est comme si tu disais que la mer n’existe pas, qu’elle est ailleurs, plus loin, toujours plus loin, qu’elle n’appartient qu’à ceux qui prétendent qu’ils l’ont vue, qu’ils l’ont entendue avec leurs mots à eux, avec les mots qui ont été fabriqués par d’autres pour dire que la mer existe, ici, et pas ailleurs…

Toi tu dois dire que la mer existe ici, dans ces forêts d’altitude, tu dois dire qu’elle est là, derrière ce vent, comme une mémoire……

Petite lueur…

Vers la lumière 4

Cheval de bois

N’en peut plus de tourner

Du manège des enfermés

D’un bond joyeux

Il s’est échappé

Dans la danse des échevelés

Il est entré

Vers la lumière 3

C’était une si lente nuit pâle

Lourde de trop longues heures

Pâles et poisseuses

Derrière les fenêtres aux rêves fermés

Pas un un chant

Plus un cri

Un silence dur et coupant

Brise un espoir qui s’envole

Vers la lumière 2

Je n’entends pas le long cri

De l’arbre nu à en pleurer

Entre tes bras desséchés

Je me ferai feuille blanche

Pour t’entendre espérer

Vers la lumière

Quand l’arbre gris

De mes peurs enfouies

Étire dans un ciel sans vie

Les maigres noeux de ses bras secs

J’entends le souffle court

De mes courses éperdues

Sur les routes rondes et fleuries

De ma belle île de brume bleue

L’air est vif et coupant…

L’air est vif et coupant
Les dernières larmes
D’une nuit aux souffles agités
Se figent en glissant
Les éclats de rire
Du petit matin glacé
Se sont brisés en frissonnant

Sur le front…

C’était il y a un an, rien n’a changé, enfin presque…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

C’est une guerre me dites-vous ?

Oui vous avez raison !

De ma fenêtre ouverte,

Je distingue le champ de bataille…

Le combat a débuté,

Le printemps est bien là,

Il est sur le front.

En première ligne, il envoie des troupes d’élite…

Fleurs blanches légères,

Doux pétales envolés…

La victoire est proche…

11 avril

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Sur la vitre…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

J’ai posé le doigt

Sur la lune molle

De la vitre brûlée

Loin du soleil rageur

Un oiseau s’est posé

Ses ailes de velours

Battent doucement du cil

25 avril

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Tempête est là..

Voici le texte que les éditions des embruns ont retenu pour leur ouvrage « Avis de tempête »

Homme d’en bas,

Regarde le visage de l’océan.

Sur son front salé,

C’est la tempête qu’on lit.

Les rides se sont creusées,

Le regard s’est assombri.

De belles longues vagues blanches,

Entrent dans les terres usées

Elles s’étirent en criant,

Et offrent leurs bouquets d’écume

Aux récifs abandonnés.

Regarde les qui entrent dans la danse.

Écoute les !

Elles chantent avec le vent

Ferme les yeux,

Laisse entrer l’ocean.

C’est la tempête à Ouessant

2 novembre 2019

Songe…

Entre les rides

Des espoirs déçus

Un bouquet de couleur

Une larme bleue

Douce lueur

Sur ces quelques fleurs

Oublie les rires mauvais

Va, cours

Rêve

Creuse là

Oui

Ici

Tout au fond de la poche

Tu trouveras

Les dernières miettes

De l’arbre heureux…

Dans le soir de ses yeux…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Photo de Umberto Shaw sur Pexels.com

Dans le soir de ses yeux
Je lis la dernière phrase
D’une histoire fanée
Tant de fois racontée

Ses mots sont lourds et glacés
Je les pose sans rien dire
Dans le creux lisse
De mes mains de papier

Dans le noir de ses cheveux
Douce main glisse en frisant
Les dernières boucles de rires envolés
C’est la longue nuit des errants séparés

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Poèmes de jeunesse…

Regarde…

Regarde
Oh oui regarde
Lève les yeux
Oublie
L’ombre épaisse des mauvais rêves
De tes nuits agitées
Glisse
Penche-toi en riant
A la fenêtre des absents
Regarde
Oh oui regarde
La lumière est si belle
Elle s’étire doucement
Entre les tendres bras
Du matin des amants
Ecoute
Oh oui écoute
Tu l’entends te dire
Je t’attends…

30 mars 2021

Les mots s’envolent…

Je cherche un mot…

Blues…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Un vieil homme au regard gris

Ferme les yeux

Il ne fixe plus le haut du mât

De ses vies passées

Les draps noirs de sa mémoire fripée

Dans la brume de nos larmes se sont emmêlés

Pas un qui ne claque

Pas un qui n’appelle

Le vieil homme est endormi

Il ne reçoit plus le chant des cargos

Dans le blues de son regard qui s’éteint

Les vents de l’Ouest se sont abîmés

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Avis de tempête…

Très heureux que mon poème ait été retenu par les éditions des embruns…

Je te savais…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

C’était l’heure des sans amis
Penché vers un presque rien
Je voulais prendre ce chemin
Et rêvais d’y rencontrer les hommes
Aux doux regard paisibles
Qui rêvent de lendemains
Aux bords ronds et malins
J’ai marché jusqu’au dernier bout
Lointain
Oh si lointain
Elle était là
Seule et perdue
Vêtue d’une longue trainée de brume
Elle attendait en souriant
Je te savais
Tu le sais
Entre tes larges marges inventées
Je t’avais inventé

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Il faut que cesse la peur…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il faut que cesse la peur

Oui il le faut

Regarde

Le monde est si beau

Je l’entends

Il me le dit

Mais n’en peut plus

De ce long naufrage organisé

Où les hommes sont courbés

Regarde

Ils se sont perdus

Dans les bas-fonds

De leurs écrans maléfiques

Ils ont oublié la beauté des lueurs noires

Regarde

Le ciel est si seul

Et pleure ses couleurs effacées

Le monde n’en veut plus

Les hommes ont abandonné

Et creusent leurs sillons

Ils labourent en se taisant

Le lourd soc

Aiguisé a la pierre de la peur

Entre en criant dans le ventre de la terre

Il faut que cesse la peur

La mer se fait lointaine

Ils l’ont noyée

Sous l’horizon du désespoir

25 août

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Un bout de rêve mauve…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il est l’heure de la lumière,

Il me reste un bout de rêve mauve.

Infime miette dans un bol de rire noir,

Laissée là, douce et croquante

Par une nuit rassasiée.

Au creux du silence du matin qui gémit,

J’avance tête baissée,

Tirant sur le long fil de ce songe qui sourit.

3 mai

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Ecrire des mots aux ailes bleues…

Ecrire…

Ragoût…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Dans la réserve glacée
De mes idées noires
J’ai choisi un vieux reste
D’angoisses ressassées

Dans un bouillon clair
De rires rentrés
Je les ai laissé mijoter

Un lourd couvercle
Patinée de mémoires enfumées
Sur le ragoût
J’ai posé

Et dans le lent soir rosé
Une fleur de printemps
Sur la flamme j’ai saupoudrée

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Soleil matin…

Je ne veux plus…

Je ne veux plus
De ce silence glacé
Qui roule en pleurant
Sur la mousse verte et ventrue
Des pentes asséchées

Je ne veux plus
De ces fracas de voix
Qui brisent en crissant
Les longues et fines lames
De mes rires boisés

Peur s'éloigne…

Mes Everest : au printemps, Jacques Brel…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Au printemps au printemps
Et mon cœur et ton cœur
Sont repeints au vin blanc
Au printemps au printemps
Les amants vont prier
Notre-Dame du bon temps
Au printemps
Pour une fleur un sourire un serment
Pour l’ombre d’un regard en riant

Toutes les filles
Vous donneront leurs baisers
Puis tous leurs espoirs
Vois tous ces cœurs
Comme des artichauts
Qui s’effeuillent en battant
Pour s’offrir aux badauds
Vois tous ces cœurs
Comme de gentils mégots
Qui s’enflamment en riant
Pour les filles du métro

Au printemps au printemps
Et mon cœur et ton cœur
Sont repeints au vin blanc
Au printemps au printemps
Les amants vont prier
Notre-Dame du bon temps
Au printemps
Pour une fleur un sourire un serment
Pour l’ombre d’un regard en riant

Tout Paris
Se changera en baisers
Parfois même en grand soir
Vois tout Paris
Se change en pâturage
Pour troupeaux d’amoureux
Aux bergères…

Voir l’article original 133 mots de plus

Printemps…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

A la table des quatre saisons,

Comme chaque année,

Je me suis installé…

Et pour monsieur, ce sera?

Oh pour monsieur ce sera simple!

Un peu de printemps, s’il vous plait.

Et je le veux nature,

Sans fioritures,

Ni fanfares, ni trompettes !

Je vous en prie,

Je suis pressé.

Oh oui,

Il y a tant d’hivers

Que je l’attends.

C’est un printemps

Que je veux déguster

Et emporter…

Oui je le prends,

Tel qu’il est…

Oui ainsi :

Fleuri,

Et pour le service,

Un sourire ou deux,

Et je serai comblé,

Pour tout l’été.

5 avril

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Discipline….

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Prose?

Pause…

Poésie?

Pas envie…

Rimes?

Ah ça non,

Pas de primes…

Pas de rimes…

Métaphores?

Oh, hé, quoi encore!

Images,vers,sonnets,alexandrins?

C’est fini, vous n’en avez plus?

Et bien, je vous le dis,

Encore une fois j’ai vaincu…

22 mars

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Ecoute…

C’était il y a un an, si près, si loin…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

J’ai commencé depuis lundi le journal poétique de cette terrible période, parce que je sais par expérience que les mémoires sont molles et qu’il est nécessaire de garder une trace…

Ce soir devant chez moi…

Homme confiné,

Pousse la porte,

Ecoute…

Comment?

Tu n’entends rien!

Cherche, cherche,

Homme numérique.

Retrouve les petits cailloux

Que tes pères ont semés,

Sur le chemin

De ta mémoire encombrée.

Retrouve les traces, homme,

Ils sont là,

Je les entends,

Petits bruits oubliés,

De ce monde que tu ne laisses plus chanter.

19 mars

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Aux quatre coins

Aux quatre coins de sa mémoire

Homme silencieux

A gravé un souvenir heureux

Ils étaient deux

Ils étaient heureux

Je n’en veux pas…

On le disait homme du passé
Plus rien n’est comme avant, homme dépassé
Plus rien me dites-vous
Permettez-moi de rire et d’en douter
Je ne veux pas de ce monde sans ce soleil taquin
Je ne veux pas de vos vies enfermées
Dans un rectangle aux angles numériques
Je n’en veux pas de vos matins incolores
Sans cette douce lumière qui caresse
Les restes mauves de la longue nuit
Je n’en veux pas de vos morales hygiéniques
Je n’en veux pas de vos peurs organisées
Moi je suis un homme du toujours
J’aime que mon souffle brise l’ombre du silence
J’aime tous les rires de rien
J’aime le chant de mes mots doux
Qui dansent sur le papier
J’aime le parfum de ces histoires d’hier
Qui caressent mes lendemains
Vous me disiez homme du passé
Je vous ai déjà oubliés

Oublie ta nuit…

Un an déjà…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Tu es sorti essoré du combat avec la nuit.

Nuit moite, nuit molle,

Nuit grise qui s’étire,

Gavée de trop longues minutes,

Grasses à écœurer,

Épaisses à étouffer…

Premières heures du matin,

Gluantes,

Empêtrées dans les fils tendus,

De l’horloge qui n’attend plus.

Et puis,

Et puis, tu es sorti,

La lumière est là,

Elle est belle,

Regarde elle te sourit.

Si loin est ta nuit.

20 mars 2020

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La mer est là, elle m’attend…

C’était il y a un an, juste un an… Rien n’a changé…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Il me faut prendre le chemin d’un supermarché. Oh non, je ne suis pas en manque de mots, mes réserves sont pleines, et tous les jours, mes rayons je vérifie. Aucuns mots ne manquent, ils sont tous là, sagement alignés. Ils me connaissent et savent que je ne gaspille pas. Oh bien sur j’ai mes rayons préférés, vous les connaissez, tous les jours je les choisis, je les prépare, je les assemble et je vous prépare un bon plat de mots. Non aujourd’hui il me manque un souffle de vent, une vague qui s’étire, le cri d’une mouette sur l’océan. J’ai cherché la case à cocher sur mon laisser-passer…Il n’y a rien, je suis déçu. Je vais rentrer sagement, je le sais, je le sens, la mer est là, elle m’attend…

18 mars

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Entends le chant du silence…

C’était il y a un an…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Ce monde est fou, me dites-vous?

Eh bien non,

Je ne vous suis pas!

Vous m’en voyez désolé…

Regardez autour de vous!

Ce monde-là, je ne le vois pas.

Ce monde-là, je ne le veux pas.

Une fenêtre est ouverte,

L’air est doux, parfumé.

Un chant d’oiseau s’est invité

Entends le silence,

Il respire.

Ce monde est doux,

Vous l’avez tant abîmé.

18 mars 2020

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Dialogue inspiré…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Je ne trouve pas l’inspiration…

Comment tu ne trouves pas ? Explique-moi, je t’en prie… Tu prétends que tu ne trouves pas ? Admettons, je veux bien, mais cela signifie, enfin je l’espère, que tu as cherché, et probablement cherches-tu encore !

Oui c’est cela, je cherche, je cherche… Et ne trouve rien…

Étonnant tout de même : je te connais…Il t’en faut si peu : un train qui passe, une flaque d’eau sur un quai, un rayon de lumière derrière une vitre grise, une vague qui grossit et d’un coup, d’un seul, tu as la main qui tremble et le regard qui luit…

Oui je le sais, tu as raison. Je crois comprendre ce qui m’arrive. Je ne dois plus chercher. Il faut que je sois saisi, surpris. Les trains sont loin, toutes les marées sont basses. La lumière elle-même est étonnée de toute cette lenteur, et le ciel, ce ciel tellement étonné…

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Petite boule…

Dans le coin sombre d’une journée ordinaire
Une boule de triste silence s’est endormie
La foule des bruyants passait
Regard levé
Pas pressé
Pas un pour lui parler
Et doucement la rassurer
Pas un pour murmurer
Ne crains rien petite
Ne crains rien
Tu verras on va t’aider
Tu verras on va t’aimer
Et ton chemin vers un long demain
Tu trouveras
Petite boule a souri
Un chant, un cri, un souffle
Tous sont réunis
Oh petite boule notre amie

Je cherche mon chemin…

Au lever du jour, lorsque je marche, en silence, j’entends les mots qui se bousculent. Ils sont là, quelque part, dans un coin reculé de ce que j’aime appeler l’arrière-pays de ma tête. Ils veulent entrer, ils sont pressés, eux aussi, de prendre l’air et de se dégourdir pour certains les l et pour d’autres les rondes jambes de leur m. Je les laisse se disputer. Ils m’amusent, à vouloir être les premiers. Je sens bien que chacun rêve de donner le tempo, ou même le la.

Alors oui, chaque matin c’est la foire d’empoigne et c’est à celui qui trouvera le plus facilement le passage ; ce passage qui le conduira non pas jusqu’aux portes de mes lèvres parce que je ne dis rien, mais là juste à l’entrée de ce chemin que j’hésite encore à emprunter. J’hésite, oui parce que je sais déjà que lorsque je me serai engagé je ne pourrai plus reculer et qu’il me faudra avancer, poussé par le désir d’arriver non pas au bout, ce bout n’existe pas, mais à l’entrée du premier virage qui je le sais, je le sens, me réservera de belles surprises.

Et ce matin sur la ligne de départ il y avait Anton, Anton ce plus que prénom qui m’accompagne depuis longtemps. Il est arrivé le premier et je l’entendais me dire « Je m’appelle Anton parce que mon père aimait les russes, et plus encore que les russes il aimait les avions et parmi les avions celui qu’il préférait c’était l’Antonov 22 ».

Tiens, on dirait bien que je commence à m’aventurer sur ce chemin…

La faim d’écrire…

Je reste un peu discret en ce moment, pourtant la faim est là, la faim d’écrire…Je descends souvent dans ma réserve et cela m’inspire…

La faim d’écrire est forte, très forte, peut-être trop forte. Le garde-manger est plein, il déborde, il dégouline, de mots, de phrases déjà prêtes, qui attendent simplement la chaude caresse de la feuille que je leur ouvrirai.
Je n’ai pas besoin de les garder au frais. Ils se conservent très bien, mais sont peut-être trop nombreux. Je ne sais lequel choisir. J’ouvre la porte de la réserve. J’entends d’abord comme un murmure : « il est là, c’est lui, il va me choisir, c’est mon tour ». Ils attendent patiemment tous ces mots que j’aime. Certains sont couchés, bien à plat, à l’abri des regards mauvais, ce sont mes grands crus. Je reconnais libellule, il est seul, couvert de poussière, cela fait bien longtemps qu’il vieillit, peut-être trop ; il faudra que je me décide à en faire quelque chose. Au-dessus, mes préférés tout une rangée de flacons, de balbutiements, de mauves. Les casiers de brumes et de gris sont presque vides ; j’en ai peut-être trop consommé ces derniers temps. Dans le placard du fond j’ai stocké quelques phrases, toutes faites, toutes fraîches, mais je ne l’ouvre pas, je ne veux pas qu’elles s’échappent, il n’est pas encore temps, je dois chercher, encore, le menu, et tous les magnifiques plats qui le composeront. Je referme la porte de ma réserve, doucement pour ne pas éveiller les endormis, celles et ceux vers qui je ne vais jamais, parce que je les ai oubliés. Demain, peut-être je les retrouverai…
Peut-être.

Elle est si longue cette nuit…

Il a suffi que je reprenne le train ce matin, pour que je sente l’inspiration revenir…

Elle est si longue cette nuit
Des rêves enfermés
Entre les plis des draps trempés
De la lente sueur
Des silences coupants
Les corps sont pâles et blanchis
De ne plus se frotter
Au murs rêches
Des peurs imprévues
Tout est lisse
Plus rien n’arrête
La fuite des regards délavés
Le temps ne coule plus
Etalé comme la flaque
Qui tente un reflet de soleil
Derrière la trace
D’une eau si grasse
D’un pas lourd chacun se traîne
Au bord des dernières fenêtres
Ouvertes sur les reste de vide