
Je ne veux plus
De ce silence glacé
Qui roule en pleurant
Sur la mousse verte et ventrue
Des pentes asséchées
Je ne veux plus
De ces fracas de voix
Qui brisent en crissant
Les longues et fines lames
De mes rires boisés

Je ne veux plus
De ce silence glacé
Qui roule en pleurant
Sur la mousse verte et ventrue
Des pentes asséchées
Je ne veux plus
De ces fracas de voix
Qui brisent en crissant
Les longues et fines lames
De mes rires boisés

Au printemps au printemps
Et mon cœur et ton cœur
Sont repeints au vin blanc
Au printemps au printemps
Les amants vont prier
Notre-Dame du bon temps
Au printemps
Pour une fleur un sourire un serment
Pour l’ombre d’un regard en riant
Toutes les filles
Vous donneront leurs baisers
Puis tous leurs espoirs
Vois tous ces cœurs
Comme des artichauts
Qui s’effeuillent en battant
Pour s’offrir aux badauds
Vois tous ces cœurs
Comme de gentils mégots
Qui s’enflamment en riant
Pour les filles du métro
Au printemps au printemps
Et mon cœur et ton cœur
Sont repeints au vin blanc
Au printemps au printemps
Les amants vont prier
Notre-Dame du bon temps
Au printemps
Pour une fleur un sourire un serment
Pour l’ombre d’un regard en riant
Tout Paris
Se changera en baisers
Parfois même en grand soir
Vois tout Paris
Se change en pâturage
Pour troupeaux d’amoureux
Aux bergères…
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A la table des quatre saisons,
Comme chaque année,
Je me suis installé…
Et pour monsieur, ce sera?
Oh pour monsieur ce sera simple!
Un peu de printemps, s’il vous plait.
Et je le veux nature,
Sans fioritures,
Ni fanfares, ni trompettes !
Je vous en prie,
Je suis pressé.
Oh oui,
Il y a tant d’hivers
Que je l’attends.
C’est un printemps
Que je veux déguster
Et emporter…
Oui je le prends,
Tel qu’il est…
Oui ainsi :
Fleuri,
Et pour le service,
Un sourire ou deux,
Et je serai comblé,
Pour tout l’été.
5 avril

Prose?
Pause…
Poésie?
Pas envie…
Rimes?
Ah ça non,
Pas de primes…
Pas de rimes…
Métaphores?
Oh, hé, quoi encore!
Images,vers,sonnets,alexandrins?
C’est fini, vous n’en avez plus?
Et bien, je vous le dis,
Encore une fois j’ai vaincu…
22 mars
C’était il y a un an, si près, si loin…
J’ai commencé depuis lundi le journal poétique de cette terrible période, parce que je sais par expérience que les mémoires sont molles et qu’il est nécessaire de garder une trace…

Homme confiné,
Pousse la porte,
Ecoute…
Comment?
Tu n’entends rien!
Cherche, cherche,
Homme numérique.
Retrouve les petits cailloux
Que tes pères ont semés,
Sur le chemin
De ta mémoire encombrée.
Retrouve les traces, homme,
Ils sont là,
Je les entends,
Petits bruits oubliés,
De ce monde que tu ne laisses plus chanter.
19 mars

Aux quatre coins de sa mémoire
Homme silencieux
A gravé un souvenir heureux
Ils étaient deux
Ils étaient heureux

On le disait homme du passé
Plus rien n’est comme avant, homme dépassé
Plus rien me dites-vous
Permettez-moi de rire et d’en douter
Je ne veux pas de ce monde sans ce soleil taquin
Je ne veux pas de vos vies enfermées
Dans un rectangle aux angles numériques
Je n’en veux pas de vos matins incolores
Sans cette douce lumière qui caresse
Les restes mauves de la longue nuit
Je n’en veux pas de vos morales hygiéniques
Je n’en veux pas de vos peurs organisées
Moi je suis un homme du toujours
J’aime que mon souffle brise l’ombre du silence
J’aime tous les rires de rien
J’aime le chant de mes mots doux
Qui dansent sur le papier
J’aime le parfum de ces histoires d’hier
Qui caressent mes lendemains
Vous me disiez homme du passé
Je vous ai déjà oubliés
Un an déjà…

Tu es sorti essoré du combat avec la nuit.
Nuit moite, nuit molle,
Nuit grise qui s’étire,
Gavée de trop longues minutes,
Grasses à écœurer,
Épaisses à étouffer…
Premières heures du matin,
Gluantes,
Empêtrées dans les fils tendus,
De l’horloge qui n’attend plus.
Et puis,
Et puis, tu es sorti,
La lumière est là,
Elle est belle,
Regarde elle te sourit.
Si loin est ta nuit.
20 mars 2020
C’était il y a un an, juste un an… Rien n’a changé…

Il me faut prendre le chemin d’un supermarché. Oh non, je ne suis pas en manque de mots, mes réserves sont pleines, et tous les jours, mes rayons je vérifie. Aucuns mots ne manquent, ils sont tous là, sagement alignés. Ils me connaissent et savent que je ne gaspille pas. Oh bien sur j’ai mes rayons préférés, vous les connaissez, tous les jours je les choisis, je les prépare, je les assemble et je vous prépare un bon plat de mots. Non aujourd’hui il me manque un souffle de vent, une vague qui s’étire, le cri d’une mouette sur l’océan. J’ai cherché la case à cocher sur mon laisser-passer…Il n’y a rien, je suis déçu. Je vais rentrer sagement, je le sais, je le sens, la mer est là, elle m’attend…
18 mars
C’était il y a un an…

Ce monde est fou, me dites-vous?
Eh bien non,
Je ne vous suis pas!
Vous m’en voyez désolé…
Regardez autour de vous!
Ce monde-là, je ne le vois pas.
Ce monde-là, je ne le veux pas.
Une fenêtre est ouverte,
L’air est doux, parfumé.
Un chant d’oiseau s’est invité
Entends le silence,
Il respire.
Ce monde est doux,
Vous l’avez tant abîmé.
18 mars 2020

Je ne trouve pas l’inspiration…
Comment tu ne trouves pas ? Explique-moi, je t’en prie… Tu prétends que tu ne trouves pas ? Admettons, je veux bien, mais cela signifie, enfin je l’espère, que tu as cherché, et probablement cherches-tu encore !
Oui c’est cela, je cherche, je cherche… Et ne trouve rien…
Étonnant tout de même : je te connais…Il t’en faut si peu : un train qui passe, une flaque d’eau sur un quai, un rayon de lumière derrière une vitre grise, une vague qui grossit et d’un coup, d’un seul, tu as la main qui tremble et le regard qui luit…
Oui je le sais, tu as raison. Je crois comprendre ce qui m’arrive. Je ne dois plus chercher. Il faut que je sois saisi, surpris. Les trains sont loin, toutes les marées sont basses. La lumière elle-même est étonnée de toute cette lenteur, et le ciel, ce ciel tellement étonné…
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Dans le coin sombre d’une journée ordinaire
Une boule de triste silence s’est endormie
La foule des bruyants passait
Regard levé
Pas pressé
Pas un pour lui parler
Et doucement la rassurer
Pas un pour murmurer
Ne crains rien petite
Ne crains rien
Tu verras on va t’aider
Tu verras on va t’aimer
Et ton chemin vers un long demain
Tu trouveras
Petite boule a souri
Un chant, un cri, un souffle
Tous sont réunis
Oh petite boule notre amie

Au lever du jour, lorsque je marche, en silence, j’entends les mots qui se bousculent. Ils sont là, quelque part, dans un coin reculé de ce que j’aime appeler l’arrière-pays de ma tête. Ils veulent entrer, ils sont pressés, eux aussi, de prendre l’air et de se dégourdir pour certains les l et pour d’autres les rondes jambes de leur m. Je les laisse se disputer. Ils m’amusent, à vouloir être les premiers. Je sens bien que chacun rêve de donner le tempo, ou même le la.
Alors oui, chaque matin c’est la foire d’empoigne et c’est à celui qui trouvera le plus facilement le passage ; ce passage qui le conduira non pas jusqu’aux portes de mes lèvres parce que je ne dis rien, mais là juste à l’entrée de ce chemin que j’hésite encore à emprunter. J’hésite, oui parce que je sais déjà que lorsque je me serai engagé je ne pourrai plus reculer et qu’il me faudra avancer, poussé par le désir d’arriver non pas au bout, ce bout n’existe pas, mais à l’entrée du premier virage qui je le sais, je le sens, me réservera de belles surprises.
Et ce matin sur la ligne de départ il y avait Anton, Anton ce plus que prénom qui m’accompagne depuis longtemps. Il est arrivé le premier et je l’entendais me dire « Je m’appelle Anton parce que mon père aimait les russes, et plus encore que les russes il aimait les avions et parmi les avions celui qu’il préférait c’était l’Antonov 22 ».
Tiens, on dirait bien que je commence à m’aventurer sur ce chemin…
Je reste un peu discret en ce moment, pourtant la faim est là, la faim d’écrire…Je descends souvent dans ma réserve et cela m’inspire…

La faim d’écrire est forte, très forte, peut-être trop forte. Le garde-manger est plein, il déborde, il dégouline, de mots, de phrases déjà prêtes, qui attendent simplement la chaude caresse de la feuille que je leur ouvrirai.
Je n’ai pas besoin de les garder au frais. Ils se conservent très bien, mais sont peut-être trop nombreux. Je ne sais lequel choisir. J’ouvre la porte de la réserve. J’entends d’abord comme un murmure : « il est là, c’est lui, il va me choisir, c’est mon tour ». Ils attendent patiemment tous ces mots que j’aime. Certains sont couchés, bien à plat, à l’abri des regards mauvais, ce sont mes grands crus. Je reconnais libellule, il est seul, couvert de poussière, cela fait bien longtemps qu’il vieillit, peut-être trop ; il faudra que je me décide à en faire quelque chose. Au-dessus, mes préférés tout une rangée de flacons, de balbutiements, de mauves. Les casiers de brumes et de gris sont presque vides ; j’en ai peut-être trop consommé ces derniers temps. Dans le placard du fond j’ai stocké quelques phrases, toutes faites, toutes fraîches, mais je ne l’ouvre pas, je ne veux pas qu’elles s’échappent, il n’est pas encore temps, je dois chercher, encore, le menu, et tous les magnifiques plats qui le composeront. Je referme la porte de ma réserve, doucement pour ne pas éveiller les endormis, celles et ceux vers qui je ne vais jamais, parce que je les ai oubliés. Demain, peut-être je les retrouverai…
Peut-être.
Il a suffi que je reprenne le train ce matin, pour que je sente l’inspiration revenir…

Elle est si longue cette nuit
Des rêves enfermés
Entre les plis des draps trempés
De la lente sueur
Des silences coupants
Les corps sont pâles et blanchis
De ne plus se frotter
Au murs rêches
Des peurs imprévues
Tout est lisse
Plus rien n’arrête
La fuite des regards délavés
Le temps ne coule plus
Etalé comme la flaque
Qui tente un reflet de soleil
Derrière la trace
D’une eau si grasse
D’un pas lourd chacun se traîne
Au bord des dernières fenêtres
Ouvertes sur les reste de vide
Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l’origine du tribunal académique, je republie quelques une de ses séances…

Le tribunal académique ne se réunit que très rarement en semaine. Une vieille tradition qu’on explique difficilement, tant les avis sont divergents.
Certains racontent que la première affaire que ce tribunal ait eu à juger fut « l’affaire du week-end ». Les plaignants de l’époque (ils étaient sept) avaient déposé un recours visant à suspendre l’utilisation de l’expression week-end prétextant d’une part qu’il s’agissait d’un anglicisme, et d’autre part que ce terme était impropre dans la mesure où il n’aurait pas été possible de parler de fin de semaine ( le samedi matin par exemple ) , alors que celle-ci n’est officiellement et réellement achevée que le dimanche à minuit.
Cette affaire qui était, rappelons-le, la première qu’eut à juger ce nouveau tribunal fut mal préparée et si les plaignants furent déboutés sur la première requête, le jury qui avait été constitué à la va vite s’égara totalement sur le deuxième point…
Voir l’article original 489 mots de plus

Le tribunal académique, vous l’avez certainement constaté, ne s’est pas beaucoup réuni ces derniers temps. Il faut dire que l’affaire qu’il avait à instruire a pris beaucoup de temps, tant il est vrai qu’il n’est pas courant pour lui d’avoir à juger une telle bande organisée.
Ou plus exactement si on se réfère à l’article 450-1 du Code pénal de juger en vue de les condamner une association de malfaiteurs.
Qui sont-ils ces malfaiteurs organisés ? Nous allons les citer dans l’ordre de leurs entrées dans le box des accusés : le premier arrivé, fier et droit dans ses bottes prétend s’appeler « distanciel », le second un peu plus petit, le regard torve, est heureux d’annoncer qu’il porte, s’il vous plait, un nom composé : « télé-travail ». Il est accompagné de deux malfaiteurs qui nous l’apprendrons plus tard se font appeler dans le milieu l’un « zoom » et l’autre « teams ». Ils ont l’air très nerveux et ne cessent, en douce, de mettre des coups de coude à « télétravail » qui lui essaie autant que possible de rester à distance. Le cinquième larron est arrivé en dernier dans le box des accusés, mine patibulaire, on dirait bien qu’il est le chef de la bande, et lorsque le juge lui demandera de décliner son identité, il prétendra s’appeler « protocole ».
Bref, après plusieurs mois d’instruction nous voici parvenu au moment attendu du jugement. Le juge a le regard sombre, il est entré en marmonnant dans la salle d’audience et on le devine franchement de mauvaise humeur.
Le jury qui a été constitué est, comme toujours, un peu hétéroclite : autour de la grande table en chêne, il y a un souffleur de rêves, une lanceuse de perles, un chauffeur litreur (contrairement au chauffeur livreur qui ne transporte que des livres, celui ci est spécialisé dans les bouteilles), une soupirante exténuée, un bourreau des cœurs et une prêtresse convertie.
Le juge visiblement exténué rappelle les faits. Les cinq malfaiteurs qui comparaissent aujourd’hui devant nous sont accusés de s’être concertés depuis plusieurs mois afin de porter gravement atteinte à l’intégrité mentale de toute une partie de la population et ce afin de leur subtiliser une partie de leurs possessions. Ils se sont ainsi emparés des biens suivants : accolades, embrassades, bourrades et autres rigolades, se sont aussi saisis de la spontanéité, de la beauté, de l’amitié et surtout de la vérité, et enfin ils ont aussi par le jeu de leur escroqueries numériques anéanti la chaleur, la fraicheur, la pâleur et la candeur.
En conséquence et à l’unanimité du jury les cinq prévenus sont condamnés à ne plus se rencontrer, et à rapidement se transformer en changeant tous les cinq de nom. Distanciel deviendra arc-en-ciel, télétravail désormais vous serez tarétravail, zoom vous deviendrez vroum, teams on vous appellera trime, quant à protocole vous répondrez désormais au nom de Petit Paul.
Et espérons le, tout devrait changer…
La séance est lavée, euh levée.

C’était l’heure des sans amis
Penché vers un presque rien
Je voulais prendre ce chemin
Et rêvais d’y rencontrer les hommes
Aux doux regard paisibles
Qui rêvent de lendemains
Aux bords ronds et malins
J’ai marché jusqu’au dernier bout
Lointain
Oh si lointain
Elle était là
Seule et perdue
Vêtue d’une longue trainée de brume
Elle attendait en souriant
Je te savais
Tu le sais
Entre tes larges marges inventées
Je t’avais inventé

Je n’arrive pas à finir ce que j’ai commencé d’écrire. Tout ce que j’ai commencé, tous ces débuts, toutes ces presque fins qui dorment, qui sursautent parfois quand je les reprends, quand je les surprends dans leurs sommeils littéraires. Certains de ces textes ont pris des rides, ils se sont tassés discrètement presque oubliés. Il faudrait pourtant que je me décidé à terminer, à mettre un point final mais j’ai comme une espèce d’angoisse à le faire, de crainte, comme s’il y avait de la vie dans ces mots endormis, comme si l’achevé les figerait.

Chut
Mes mots sont endormis
J’entends le chant creux
De leurs rires bleus
Silence
Froisse feuille blanche
Oublié au coin d’un rêve fané
J’attends
Au verso d’une longue histoire
Qui s’écrit
Tant de lettres oubliées
J’écoute
Elles claquent des dents
Dans le souffle étonné
D’un vieux papier glacé
24 février 2021

« Je ne me souviens de rien, rien de ce qui s’est passé ni hier, ni les jours précédents. »
L’homme chez qui nous sommes aujourd’hui est, à vrai dire, un cas un peu particulier. Chaque soir, lorsqu’il s’endort, comme beaucoup il pense à la journée qui vient de se terminer. Tout y passe : ce qu’il a fait, qu’il n’a pas fait alors qu’il aurait dû le faire, ce qu’il a dit, qu’il n’a pas dit, qu’il aurait dû ou pu dire, ce qu’il n’aurait pas dû dire. Sont aussi passés en revue les autres, celles et ceux qu’il a vus, avec qui il a parlé, celles et ceux qu’il n’a pas vus et qu’il aurait aimé voir.
Et généralement après cet inventaire il s’endort. Enfin c’est ce qu’il suppose car c’est au moment précis où il décide de s’attarder sur tout ce qui dans la journée lui a donné…
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Erreur sytème…
Ma décision est prise: aujourd’hui je ne vais pas perdre de temps à chercher une bonne nouvelle. C’est à la fois ridicule, très fatigant mais surtout déprimant. En effet, convenons-en, ce qui est le plus extraordinaire quand on cherche, c’est lorsqu’on trouve.
Non, aujourd’hui je vais choisir une autre méthode, faire confiance au hasard, ou à la chance et je vais attendre patiemment que bonne nouvelle vienne à moi.
Au moment du petit déjeuner, je suis tendu, pensant un peu naïvement que c’est au petit matin que les bonnes nouvelles sont annoncées.
Mais rien… Si, une seule chose est à noter: je renverse ma tasse de café, encore très chaud sur la magnifique chemise blanche que j’ai mise pour l’occasion. On ne peut quand même pas accueillir une bonne nouvelle vêtu d’un vieux polo grenat qui pluche…
Le matin passe: rien. Ce n’est pourtant pas faute de tout…
Voir l’article original 251 mots de plus

Ce matin, une fois encore, j’ai une furieuse envie de bonnes nouvelles. Je dirai même qu’une seule me suffirait. Par réflexe, ou dans un sursaut d’espoir j’ouvre ma boîte aux lettres. Elle est presque vide… Je dis presque, en effet, parce que perdu tout au fond, plié en quatre, un simple papier. Ce n’est même pas un prospectus, non une simple feuille arrachée à un cahier à spirales. Curieux, je la déplie.
En gros caractères manuscrits, voici ce que je lis:
Aujourd’hui sur la place du village entre 10 h 00 et 13 h 00 ouverture d’une boutique éphémère! Tristes, déprimés, pessimistes, venez à nous, nous vous rendrons le sourire!
Curieux vraiment. Une boutique éphémère, ici dans mon village…Je ne sais pas encore si c’est une bonne nouvelle, mais ça a au moins le mérite d’être un peu « excitant » …
Evidemment à dix…
Voir l’article original 273 mots de plus

Il n’y a plus rien !
Bon, autant le dire tout de suite, ce n’est pas la grande forme. Où sont les bonnes nouvelles, où se dissimulent-elles? J’ai beau éplucher toute l’actualité: je ne trouve rien à me mettre sous la dent. Ça commence à devenir déprimant. Je vais finir, comme beaucoup, à tout voir en noir, à avoir des idées noires et pourquoi pas à broyer du noir.Il faut que je m’aère pour me détendre un peu. Je complète mon attestation sur laquelle je coche que je sors pour des courses de première nécessité.
Je n’ai besoin de rien mais après tout on verra bien, je tomberai peut-être sur du nécessaire dont j’ignorai l’existence. C’est jour de marché : je trouverai bien quelque chose.
J’arrive sur la petite place du village. Tout au fond, à l’abri du seul arbre, un petit stand que je ne connaissais pas. Il n’y…
Voir l’article original 259 mots de plus
Bon, Trump n’est pas encore complétement battu, donc on n’est pas tout à fait, tout à fait, dans la configuration idéale de ce qu’on peut appeler une bonne nouvelle, même si, on commencer à humer cette bonne odeur.

On fait une omelette en cassant les œufs
Pour une raison que j’ignore encore, je me lève ce matin avec une furieuse envie d’omelette. Et pour une raison que j’ignore encore plus, j’ai à peine posé le pied à terre, au pied de mon lit, que j’entends cette phrase qui tourne en boucle à l’intérieur de la tête: «on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs, on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs».
Etrange: j’ai dû rêver d’omelette, ou d’œufs, ou d’œufs cassés. Je ne me souviens plus mais ce que je sais c’est qu’il va me falloir, en casser des œufs justement. En casser deux ou peut-être trois…
Voir l’article original 250 mots de plus
J’aurais aimé, au moins aujourd’hui deviser, enfin, sur une vraie bonne nouvelle : celle qui m’aurait annoncé la défaite de Donal Trump. Et bien non je suis encore obligé de me rabattre sur mes rêves, ou fantasmes, sait-on jamais…

Il y a un loup sur mon terrain…
Ah je m’en souviendrai du 4 novembre…Comme tous les matins, j’ouvre en grand la fenêtre de ma chambre. Il fait frais et j’aime cette sensation après une nuit toujours un peu agitée. La lumière me réveille et l’air vif me fouette. Au milieu de la pelouse, assis, le dos à la fenêtre : un loup. Un grand loup gris. Je sais que c’est un loup, ses oreilles pointues ne trompent pas. Il est assis et regarde droit devant lui, enfin me semble-t-il. Je me racle la gorge discrètement. Il se retourne, lève la tête et me regarde… Oui je le confirme, définitivement, c’est un loup…
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Une disparition attendue…
Ce matin le réveil est un peu difficile. Il faut dire que rares sont les nuits calmes et sereines sans tous ces mauvais rêves que pour se protéger on répugne à appeler cauchemars. Le réveil est un véritable supplice. Je me traîne jusqu’à la cuisine tout en marmonnant : « s’il faisait beau, au moins je pourrais prendre mon café dehors ». Mais bien sûr il pleut, nous sommes le trois novembre, comment peut-il en être autrement ? Et en plus pour couronner le tout, c’est mardi. Un mardi de novembre. Je marmonne : il faudrait que je me bouge…
J’allume la radio avec le petit espoir d’entendre quelque chose d’engageant, d’encourageant: une bonne nouvelle quoi?
J’appuie sur le bouton. Grésillement. Et puis une info: un flash info comme on le dit. Et c’est vrai qu’en guise de flash on ne peut faire mieux. Je dois le dire: j’ai sursauté…
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Instauration d’une journée nationale sans râler
En ouvrant mon journal ce matin dont, au passage, la qualité du papier se dégrade de plus en plus, ce qui a pour conséquence de noircir les doigts, j’ai malencontreusement renversé ma tasse de café.
La journée commence vraiment mal, ai-je failli dire…Non, en fait, oui je l’avoue je l’ai dit!
Et ce d’autant plus qu’il n’y avait plus de lait, que le pain était sec, que le chat miaulait sans raisons apparentes, que la chaudière ne voulait pas démarrer, qu’évidemment il pleuvait et que j’avais perdu mon parapluie et égaré les clés de ma voiture. Voiture qui ne démarrera certainement pas lorsque j’aurai retrouvé les clés si j’en crois le texto laissé par le voisin: «vous avez laissé vos phares allumés». Texto que je ne découvre que maintenant étant donné que je ne savais plus où était mon portable. Bref il me semble…
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Les odeurs de printemps me donnent envie de republier cette ronde des bonnes nouvelles qui datent de novembre dernier…
Les mauvaises nouvelles, il y en a trop, ou ce ne sont qu’elles qu’on entend, qu’on retient, qu’on partage. Je vais donc essayer , tous les jours, autant que possible de trouver une bonne nouvelle, de la raconter, et si je n’en trouve pas, je l’inventerai, je la rêverai et je la partagerai. Pour commencer voici la ronde des bonnes nouvelles …

Lorsqu’une bonne nouvelle tu entendras,
Toujours tu la dégusteras.
En bouche tu la garderas.
Les yeux tu fermeras.
Et alors seulement tu en parleras,
Aux autres tu diras:
Oh qu’elle était bonne cette nouvelle!
Elle pépillait,
Elle papillait,
Elle pétillait.
C’était une sacré bonne nouvelle!
Je vous la conseille.
Et surtout ne me demandez pas de commenter,
Je l’ai déjà avalée,
Et n’ai aucune envie de la recracher.
Par contre, oui,
Je peux vous le dire;
Il existe bien un lieu
Où vous pourrez trouver
Des douces, des…
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Une merveille, je le publie en deux courtes parties, il faut prendre de le lire, le relire, s’en imprégner comme d’un baume apaisant.

«J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer, tous les luxes alors m’ont paru gris, la misère intolérable. Depuis, j’attends. J’attends les navires du retour, la maison des eaux, le jour limpide. Je patiente, je suis poli de toutes mes forces. On me voit passer dans de belles rues savantes, j’admire les paysages, j’applaudis comme tout le monde, je donne la main, ce n’est pas moi qui parle. On me loue, je rêve un peu, on m’offense, je m’étonne à peine. Puis j’oublie et souris à qui m’outrage, ou je salue trop courtoisement celui que j’aime. Que faire si je n’ai de mémoire que pour une seule image? On me somme enfin de dire qui je suis. “Rien encore…
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Il y avait une odeur de printemps hier…

Petite goutte d’eau,
Garderas-tu dans ta mémoire gelée
Le souvenir du chant glacé
De ta source cachée ?
Petite goutte d’eau,
Glisseras-tu en riant
Entre les bras protecteurs
D’une longue vallée sans lueur ?
Calme-toi,
O petite goutte d’eau,
Oublie ta montagne éternelle,
Fonde-toi dans la masse d’eau bleue…
Et roule, roule,
Petite goutte d’eau,
Jusqu’à la mer d’en bas
Qui entre ses bras te prendra
Alors petite goutte d’eau,
Tout doucement tu murmureras
Cette belle histoire
Que tant de fois tu as racontée…
14 février 2021
Dernière republication de la semaine, une petite nouvelle écrite il y a six ans

Le vieil homme est fatigué
Derrière la flamme vacillante
De ses yeux d’acier
On devine des traces de pas
De lointains souvenirs froissés
Petits cailloux posés
Sur le long chemin
D’une mémoire
Qu’il ne peut plus partager
Republication en quatre parties d’une autre de mes nouvelles…

Dans ma réserve à mots
Je saisis une poignée de lettres sèches
Au cœur de la flamme impatiente
Je les ai jetées
Mots brûlants se sont envolés
Et pour clore voici en un seul bloc la version intégrale
On approche de la fin…
Je poursuis la publication des épisodes suivants de « Sourires au conseil des ministres »….
Une nouvelle republication ce matin, en plusieurs épisodes bien sur

Dans le presque bout
Du pâle gris
D’un lointain matin
Coquin
Câlin
J’ai posé
La belle couleur
Du rire malin
E t voici la fin de cette nouvelle
Republication d’une nouvelle, que j’avais écrite il y a dix pour mon fils aîné… En quatre parties

Dans le silence mou d’un matin bleu
On s’arrête
Là
Dans le plein rêve
D’un monde heureux
On s’arrête
Là
Juste au-dessus du vague soupir
Las
On n’entend plus la douce mélodie
On respire, on espère
On hésite, on appelle
Oh rien
Ou si peu
Juste le mot
Juste un seul
Léger
Goutte à goutte
Rivière l’épelle
On baisse les yeux
Plus un souffle d’air
Tout se fige
Une par une flaques d’eau
S’assèchent
Et sur la surface lisse d’un vague ruisseau
Le temps s’est achevé
Nous ne l’attraperons plus
Le premier paragraphe de la première nouvelle de l’exil et le royaume, « la femme adultère ». Portrait sublime…

Une mouche maigre tournait, depuis un moment, dans l’autocar aux glaces pourtant relevées. Insolite, elle allait et venait sans bruit, d’un vol exténué. Janine la perdit de vue, puis la vit atterrir sur la main immobile de son mari. Il faisait froid. La mouche frissonnait à chaque rafale du vent sableux qui crissait contre les vitres. Dans la lumière rare du matin d’hiver, à grand bruit de tôles et d’essieux, le véhicule roulait, tanguait, avançait à peine. Janine regarda son mari. Des épis de cheveux grisonnants plantés bas sur un front serré, le nez large, la bouche irrégulière, Marcel avait l’air d’un faune boudeur. À chaque défoncement de la chaussée, elle le sentait sursauter contre elle. Puis il laissait retomber son torse pesant sur ses jambes écartées, le regard fixe, inerte de nouveau, et absent. Seules, ses grosses mains imberbes, rendues plus courtes encore par la flanelle grise qui dépassait les manches de chemise et couvrait les poignets, semblaient en action. Elles serraient si fortement une petite valise de toile, placée entre ses genoux, qu’elles ne paraissaient pas sentir la course hésitante de la mouche.
Une republication originale pour débuter la semaine

Dans le soir de ses yeux
Je lis la dernière phrase
D’une histoire fanée
Tant de fois racontée
Ses mots sont lourds et glacés
Je les pose sans rien dire
Dans le creux lisse
De mes mains de papier
Dans le noir de ses cheveux
Douce main glisse en frisant
Les dernières boucles de rires envolés
C’est la longue nuit des errants séparés
Ils me paraissent si loin ces petits bonheurs ferroviaires …
Quelques inédits…
J’ai terminé le déchiffrage de ce qui était certainement destiné à être l’esquisse de la suite de mon premier roman » quelques mardis en novembre » et que j’ai abandonné ensuite…

Je n’avais pas prévu ce départ, ou tout au moins je ne l’avais pas intégré avec intelligence dans mon parcours de reconstruction. J’aurais pu choisir le refus de porter cet uniforme mais je n’avais pas bougé, peut-être par paresse, peut-être plus parce que je pensais qu’il y avait beaucoup à prendre dans cet univers dont on parle tant sans ne l’avoir jamais rencontré. Un peu comme ces paradis ou enfers lointains qu’on s’envoie volontiers à la face, lors de nos si nombreuses empoignades politiques. « Allez-y voir là-bas et vous verrez bien que votre paradis, c’est bien l’enfer pour les autres!»
La plupart du temps ce pourfendeur de l’au-delà honteux a encore les seules limites de sa propre commune, de…
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Suite et fin
Ce samedi je republie en trois épisodes cette nouvelle, écrite il y a très longtemps
C’est tout pour aujourd’hui…
Un dernier texte en trois parties avant le week-end
Aujourd’hui encore je republie des vieux textes de ma jeunesse
Suite
Aujourd’hui encore une « republication » d’un de mes poèmes de jeunesse en 4 parties …
Suite et fin
Suite
SUITE
Aujourd’hui une republication d’un de mes vieux textes, en plusieurs parties
La mer, toujours la mer…
Retournons au bord de la mer…
Un de mes textes » Avis de tempête » a été retenu par le jury du site Short Edition, vous pouvez le soutenir…
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/avis-de-tempete-11
La tempête ne souffle pas
Elle ne l’oserait plus
Dans son bouquet de vent d’ouest
Flottent des airs d’un silence fané
Nos yeux se sont usés
Sur des pages de rien
Qui défilent sans trembler
Elles sont si loin
Ces larmes de papier
Que dans un revers de main
Doucement ils aimaient caresser
Tous ont oublié
Le si beau regard bleu plissé
Du marin qui espère la lumière
À la lisière de la marge
Du rivage espéré
Enfermés
Englués
Dans des bulles de vide
Qui ont trahi nos rêves de rimes légères
Les hommes se noient sans une larme de sel
Je continue mes republications sur le thème de la mer…