Mes Everest, Lamartine : les voiles…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Quand j’étais jeune et fier et que j’ouvrais mes ailes,
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers,
Les voiles emportaient ma pensée avec elles,
Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.

Je voyais dans ce vague où l’horizon se noie
Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin
Des continents de vie et des îles de joie
Où la gloire et l’amour m’appelaient de la main.

J’enviais chaque nef qui blanchissait l’écume,
Heureuse d’aspirer au rivage inconnu,
Et maintenant, assis au bord du cap qui fume,
J’ai traversé ces flots et j’en suis revenu.

Et j’aime encor ces mers autrefois tant aimées,
Non plus comme le champ de mes rêves chéris,
Mais comme un champ de mort où mes ailes semées
De moi-même partout me montrent les débris.

Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste,
Ma fortune sombra dans ce calme…

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Trou de lumière…

Un mauvais rêve…

Dans le dernier virage d’une longue et pénible nuit

Il a perdu le contrôle

Le rêve s’est emballé

Sur un bord mauve et mou de l’ondulante route

Une troupe de souriants font des signes suppliants

Il est encore loin le doux matin des enfants qui s’étirent

Il est déjà trop tard

Son rire matin

Sur une mauvaise plaque de mémoire s’est fracassé

10 novembre 2021

Mes Everest, cet amour : Jacques Prévert

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Pour la première fois j’intégrer dans l’article de mon blog du son, pour entendre Serge Regianni dire magnifiquement bien ce texte exceptionnel de Jacques Prévert ;

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette…

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Trop tôt, novembre !

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Oh non

Il est trop tôt novembre pressé

Remballe tes épaisses brumes

Recule je t’en prie

Là, oui encore un peu

Un pas ou deux

Ne te retourne pas

Et ne t’inquiète pas

Je te l’assure

On se retrouvera

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Mes Everest, Tristan Corbière : « la cigale et le poète…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Et comme annoncé hier, voici la cigale et le poète qui ferme le recueil « les amours jaunes »

Le poète ayant chanté,
Déchanté,
Vit sa Muse, presque bue,
Rouler en bas de sa nue
De carton, sur des lambeaux
De papiers et d’oripeaux.
Il alla coller sa mine
Aux carreaux de sa voisine,
Pour lui peindre ses regrets
D’avoir fait — Oh: pas exprès! —
Son honteux monstre de livre!…
— « Mais: vous étiez donc bien ivre?
— Ivre de vous!… Est-ce mal?
— Écrivain public banal!
Qui pouvait si bien le dire…
Et, si bien ne pas l’écrire!
— J’y pensais, en revenant…
On n’est pas parfait, Marcelle…
— Oh! c’est tout comme, dit-elle,
Si vous chantiez, maintenant!

Tristan Corbière,Les Amours jaunes, 1873

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Mes Everest, Tristan Corbière : le poète et la cigale…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Le poète et la cigale ouvre le seul recueil de Tristan Corbières : « les amours jaunes » en 1873, je vous proposerai demain de découvrir « la cigale et le poète » qui ferme ce même recueil

Le poète ayant rimé,
IMPRIMÉ,
Vit sa Muse dépourvue
De marraine et presque nue :
Pas le plus petit morceau
De vers ou de vermisseau.
Il alla crier famine
Chez une blonde voisine,
La priant de lui prêter
Son petit nom pour rimer.
(C’était une rime en elle.)
Oh ! je vous paierai, Marcelle,
Avant l’août, foi d’animal !
Intérêt et principal.
La voisine est très prêteuse,
C’est son plus joli défaut :
Quoi : c’est tout ce qu’il vous faut ?
Votre Muse est bien heureuse…
Nuit et jour, à tout venant,
Rimez mon nom… Qu’il vous plaise !
Et moi, j’en serai fort aise.
Voyez : chantez maintenant.

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L’homme est heureux…

Ce soir c’est prose…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Ce soir c’est pause, je pose ma machine à rime, je repose ma fabrique à vers. Ce soir c’est prose. Au bout de mes phrases, des points de suspension, d’interrogation, et ce tout nouveau signe que je rêverai de voir accepter et qui s’appellerait le souffle d’émotion. Je ne sais pas comment le dessiner. Je vous laisse imaginer, je vous laisse supposer, je vous laisse respirer. Ce soir c’est prose, j’oublie les clics, je prends mes cliques et mes claques, loin des pixels. Ce soir c’est prose, je vous écoute ô vous mes frères humains, je vous écoute dans ce murmure lointain. Murmure de mots tendres et doux, ruisseau qui coule et s’écoule entre les deux bras de nos espoirs pour demain.  

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Rimes en chemin…

Chemin de fer,

Chemin de terre,

Je cherche la rime qui rit

Ne bouge plus chemin de mer

Aux prochaines marées du vieil hiver

J’écrirai dans la marge de tes vagues oublis

Mes Everest, Peter Handke

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Joue le jeu.
Menace le travail encore plus.
Ne sois pas le personnage principal.
Cherche la confrontation.
Mais n’aie pas d’intention.
Evite les arrière-pensées.
Ne tais rien.
Sois doux et fort.
Sois malin, interviens et méprise la victoire.
N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant.
Sois ébranlable.
Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond,
prends soin de l’espace
et considère chacun dans son image.
Ne décide qu’enthousiasmé.
Echoue avec tranquillité.
Surtout aie du temps et fais des détours.
Laisse-toi distraire.
Mets-toi pour ainsi dire en congé.
Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau.
Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil.
Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus,
penche-toi sur les détails, pars où il n’y a personne,
fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur,
apaise le conflit de ton rire.
Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton…

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Recette…

Une autre recette publiée l’année dernière…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Ce soir c’est fête,

Ce soir, j’offre une recette

Simple et léger

Vrai, authentique

Seul, unique

Voici le flan au nuage d’été.

Sur un fond de ciel étonné

Vous disposerez sans les étirer

Deux ou trois fines couches

De ce beau nuage blanc

Que vous aurez saupoudrées

De mille larmes rondes et salées.

Dans le four l’enfermerez,

Au double tour de votre sac à malice,

Toute une nuit vous oublierez

Et au petit matin enlevé

A pleine bouchées vous le chanterez

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Souviens toi nous étions vivants…

Tu t’es pris les pieds dans le lourd tapis de la nuit,
Assis au bord de ton lit
Entre tes mains, ta tête tu as pris.
Souviens-toi, nous étions vivants,
Tu riais, je parlais, insouciant.
Sur nos lèvres séchées par le vent,
Dansaient les mots taquins,
Sautillaient les mots malins,
Coulaient les mots chagrins.
Dans un coin reculé,
De notre hier oublié,
Je t’entends, je te vois, tu es resté.

26 mars 2020

Mes Everest : « leurs yeux toujours purs », Paul Eluard…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Jours de lenteur, jours de pluie,
Jours de miroirs brisés et d’aiguilles perdues,
Jours de paupières closes à l’horizon des mers,
D’heures toutes semblables, jours de captivité,

Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles
Et les fleurs, mon esprit est nu comme l’amour,
L’aurore qu’il oublie lui fait baisser la tête
Et contempler son corps obéissant et vain.

Pourtant j’ai vu les plus beaux yeux du monde,
Dieux d’argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,
De véritables dieux, des oiseaux dans la terre
Et dans l’eau, je les ai vus.

Leurs ailes sont les miennes, rien n’existe
Que leur vol qui secoue ma misère,
Leur vol d’étoile et de lumière (1)
Leur vol de terre, leur vol de pierre
Sur les flots de leurs ailes,

Ma pensée soutenue par la vie et la mort

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Rencontres ferroviaires…

Ciel fait ce qu’il peut…

Demain pluvieux

Mémoires…

« C’est si souvent le soir dans ses yeux

Que j’en perds mon matin… »

C’est deux vers je les écrivais il y a plus de quarante ans avec toute la tendre maladresse de l’apprenti poète qui cherche les bonnes formules pour que le mélange des mots puisse se déguster longtemps après. C’est le cas aujourd’hui. Je déguste et je me souviens.

Extrait…

Un extrait brut, sans correction, de mon manuscrit. J’arrive au terme de ce long chemin…Encore quelques semaines et je passerai du papier à l’écran.

Marcel on ne le sait que trop aimait les avions, les cargos, mais il aimait les ours aussi, les haches, les enclumes, le bruit de la pluie sur la tôle ondulée et par dessus tout l’arc en ciel que fabrique l’huile dans les flaques d’eau…

Flash d’automne…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Dans l’eau trouble de l’automne

Le reflet ocre d’une lumière fatiguée

D’un si long été à étirer ses longues marées

Peu à peu l’horizon s’efface sous la gomme

D’une lourde brume sous le ciel abandonné

12 novembre 2020

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Fond de vallée…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

L’été racle ses fonds de tiroirs

Il en sort quelques miettes oubliées

Qu’il disperse en riant

Entre les rides de brume

D’un automne hésitant

Dans le loin qui s’étire au couchant

De lourdes vagues à l’écume bleutée

Traînent leurs âmes glacées

Dans le triste fond de la belle vallée

Que nous avons tant aimée

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Où sont-ils ?

Sur le vieux chemin des écoliers

Je cherche les ombres d’enfants

Qui s’étirent en sautillant

Je cherche le son craquant

Du tas de feuilles rousses

Qu’on piétine en riant

Raide et lisse la rue s’ennuie

Pas un chant

Pas un cri

Quelques clics sous des visages courbés

Une longue ride dans ma marge de papier

Tout va si vite…

Derrière les barreaux…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Derrière les barreaux d’une mauvaise nuit enfermée

Douce lueur cherche un chemin.

Entre les lourds draps froissés

Les corps brisés attendent le matin.

Dans les bleus pâles de leurs insomnies

Ils trempent une plume au mauve soupir.

Sur la page noire des demains qu’il supplient

Dans un souffle, mots se posent : ils respirent.

14 novembre : 7 h 00

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Mes Everest : Albert Camus, la mort heureuse

Belle brune…

Au sommet de nos peurs bétonnées

Doucement

A tâtons

Nous cherchons

Ce vieux bout de brume

Que belle brune

En rêvant a soulevé…

Fraise entêtée…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Dernière fraise de l’été
Ne veut pas abdiquer
Entêtée
Novembre
L’effroi
Fraise retient fort
Son souffle
Fraise rougit
Et moi je souris

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Mes Everest, Paul Eluard : l’amoureuse…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

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Recette d’espoir…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Une belle et ronde marmite vous choisirez
Sur le bord d’une fenêtre
Tournée vers l’ouest
Délicatement vous la poserez
Vous l’oublierez
Vous rêverez
Quand le silence aura mijoté
Débordé
Vous la retrouverez
La ramènerez
Sur le feu doux et impatient

Quelques mots doux et sucrés
Vous aurez épelés
Au fond de la casserole vous les jetterez
Votre bouquet de rimes épicées
Vous ajouterez
Couvrez
Chantez
Salez
Sautez

Et pour finir
Servez

Oui j’allais oublier
D’un vin blond au souffle long et coquin
Vous l’arroserez

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A tire d’ailes…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Sur la peau blanche de mes espoirs
J’écris les mots pour demain

Dans un bouquet de rires enfouis
Je trempe ma plume épuisée

Sur le papier au grain glacé
Une boucle aux bords bleutés
Je trace en pleurant

Ces mots que j’aime
Pour toi
Pour nous
Je les lie

Main dans la main
Loin du hier de nos ennuis
Ils s’envolent
A tire d’ailes
Entre les bras du couchant

Regarde-les
Ils s’enfuient
Regarde-les
Nous sommes en vie

24 novembre

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Automne malin…

Entends le c’est l’heure

Il chante Matin

Il chante et secoue nos vieilles peurs

Automne taquin

Est en pleine lueur

Il rit du gris malin

Pris main dans le sac à couleurs

Rêver dans le ciel : un poème de ma petite-fille…

A plusieurs reprises déjà j’ai publié, avec son autorisation bien sûr, un poème de ma petite fille Lisa. Avec sa maîtrise grandissante de l’écriture, elle produit beaucoup, elle apprend à jouer avec les mots et leurs musiques, elle fait des essais et elle mes les offre de temps en temps.

Dis-moi des merveilles

Sur l’herbe au clair de lune

D’un cerf-volant qui brille

En été

Au soir de la nuit

Sur la route tes yeux pleurent

Dans le ciel

Avec l’abeille

Qui soulève tes merveilles

Avec l’aimable autorisation de Lisa Moine, 8 ans

Palette…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Sur ma palette d’Automne

Douces feuilles aux larmes rousses

Roulent en plissant

Sur un tendre vert

D’un champ oublié

Dans l’été finissant

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Brumes

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Douce paupière

De brume

Se ferme

Sur l’oeil roux

D’un automne

Ivre de lumière

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Prose ou vers…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Prose ou vers

La question se pose

Pour ma part

A ce choix je m’oppose

Tout est dans le mot

Tout est dans l’émotion

Les mots, l’émotion

Ressentir, l’écrire

Et lire pour te dire

Peu importe la rime,

Quand les mots chantent, j’ai un cœur qui bat 

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La ronde des bonnes nouvelles…

A la une de mon journal des bonnes nouvelles ce soir, ce titre accrocheur : « Epidémie de mauvais foi : un vaccin est annoncé !
Ce journal est un de mes préférés, il ne paraît que très peu : rarement plus d’une fois par semaine. Il faut dire que sa ligne éditoriale est originale. En effet, on peut lire en première page, sous le titre, en petit caractère : « journal ironique et sarcastique à la parution sporadique ». Et justement le titre de ce journal en dit long sur l’esprit de la rédaction : « On dit, j’écris, tu lis ». Nous conviendrons que le titre n’est pas accrocheur mais ce n’est justement pas l’intention de la rédaction que d’accrocher. Bref un journal que j’aime et le titre de ce soir m’intrigue.
L’Agence Nationale de Lutte Contre les Contradictions annonce la mise sur le marché d’ici quelques jours d’un vaccin qui devrait sans nul doute ralentir considérablement l’épidémie de mauvais foi qui sévit depuis de nombreuses années et qui ces dernières semaines a pris des proportions alarmantes. Ce sont chaque jour des centaines de milliers de cas qui sont dépistés. Rappelons brièvement les symptômes : tout commence généralement par une manifestation d’indignation, qui amène les malades à répéter inlassablement : « c’est scandaleux, il faudrait, il aurait fallu ». Les plus gravement atteints ajoutent parfois : « on aurait dû ». Passé ce premier stade que les spécialistes présentent comme celui de l’incubation, suit une longue période de léthargie, de bougonnerie, que certains appellent la phase du râlage passif.
Le troisième stade apparaît quand une solution a été trouvée au problème qui a provoqué la maladie. Il est le plus critique : c’est cette phase qu’on appelle celle de la mauvaise foi. Les malades grognent encore mais cette fois cela se traduit par des « c’est n’importe quoi, on ne devrait pas, il ne fallait pas, je ne le ferai pas ». Et quand le médecin explique au malade qu’ils sont atteints de mauvaise foi, ceux-ci répondent évidemment que ce n’est pas possible, qu’ils n’ont jamais changé d’avis, que de toute façon ils ont raison et que rien ne va mais qu’il ne faut rien changer. Bref à ce stade tout le monde comprendra que la situation est désespérée.
Mais aujourd’hui bonne nouvelle l’ANLCC a mis au point un vaccin. Ce vaccin est très simple, il s’agit dès les premiers troubles d’écouter avant chaque journal télévisé un enregistrement de vent marin, de chants d’oiseaux, et de battements de cœurs amoureux… Et ce pendant toute la durée de la crise de mauvaise foi…

La ronde des bonnes nouvelles…

Le soir arrive, et pas la moindre bonne nouvelle à vous proposer.

Non désolé je me trompe : il y en a une et elle est lourde de sens. Comme je n’avais pas le temps tout occupé que j’étais à faire (mon dieu que je n’aime pas ce verbe) plein de choses (faire et maintenant chose, comment dire, je suis un peu à court de munitions) dans le cadre de mon activité professionnelle (un peu mieux comme formulation non ?) de me distraire j’ai… Bon je crois que je me perds, et cette phrase devient impossible.
Reprenons donc le fil : oui c’est cela, j’ai une bonne nouvelle, une vraie bonne nouvelle. Comme je n’ai pas eu le temps ni d’écouter la radio, ni de lire des journaux, ni de consulter le web et bien je n’ai rien lu, rien su, rien entendu de ce qui s’était passé aujourd’hui, ni de ce qui ne s’était pas passé et je vais vous faire un aveu : qu’est ce que je me sens mieux… Et ça c’est une bonne nouvelle !

La ronde des bonnes nouvelles…

« Je ne me souviens de rien, rien de ce qui s’est passé ni hier, ni les jours précédents. »


L’homme chez qui nous sommes aujourd’hui est, à vrai dire, un cas un peu particulier. Chaque soir, lorsqu’il s’endort, comme beaucoup il pense à la journée qui vient de se terminer. Tout y passe : ce qu’il a fait, qu’il n’a pas fait alors qu’il aurait dû le faire, ce qu’il a dit, qu’il n’a pas dit, qu’il aurait du ou pu dire, ce qu’il n’aurait pas dû dire. Sont aussi passés en revue les autres, celles et ceux qu’il a vus, avec qui il a parlé, celles et ceux qu’il n’a pas vu et qu’il aurait aimé voir.
Et généralement après cet inventaire il s’endort. Enfin c’est ce qu’il suppose car c’est au moment précis où il décide de s’attarder sur tout ce qui dans la journée lui a donné le sourire, l’a rendu sinon heureux au moins optimiste que ses yeux se ferment.
Quand on connaît la profession de cet homme, on se dit qu’il a ou qu’il aurait indéniablement tout pour être heureux : cet homme est chasseur.
Oui je sais, dès l’instant où à la fin de la phrase précédente vous avez lu ce mot « chasseur », vous avez (ne mentez pas je le devine) froncé le sourcil, serré les mâchoires et vous vous êtes dit : « chasseur, chasseur, non mais je rêve comme si le fait d’être chasseur pouvait donner le sourire, rendre heureux ». Il déraille complétement l’Eric…
Mais vous voilà donc pris au piège que je vous ai tendu : oui bien sûr cinq lignes plus haut que celle-ci j’ai écrit, je cite : « cet homme est chasseur ». Mais voyez-vous, je n’ai pas fini ma phrase, et alors que je vous devine tendu, circonspect, voire (et je le comprends tout à fait) un peu lassé de ces longueurs, je vous invite à un peu de patience. Oui cet homme est chasseur. Mais il n’est pas un chasseur ordinaire, (je le concède, encore un qualificatif auquel on s’attendait). Il est un chasseur unique en son genre : il est un chasseur de bonnes nouvelles. Ah évidemment maintenant que je l’ai écrit, vous vous dites que vous en doutiez, que c’est trop facile que mes ficelles sont trop grosses. Grand bien vous fasse, je vous accorde complétement le droit d’arrêter là votre lecture, quant à moi il faut que je poursuive et que je revienne à mes débuts.
Alors oui revenons à notre homme, celui qui tous les matins se lèvent en disant : «je ne me souviens de rien, rien de ce qui s’est passé ni hier, ni les jours précédents ». Cet homme est donc, nous l’avons compris un chasseur de bonnes nouvelles. Nous ne savons que peu de chose sur son employeur si ce n’est qu’il s’agit d’un petit homme, au regard vif qu’on peut parfois rencontrer sur les marchés.
Evidemment quand nous l’avons interrogé, nous lui avons demandé en quoi consistait ce travail, son travail. Tout en nous laissant sa carte, il nous répond après avoir marqué un temps d’arrêt que c’est simple : il passe ses journées, toutes ses journées, dehors, seul, et il chasse. Il marche, il guette, il attend, il se poste à des endroits stratégiques (qu’il a du mal à définir) afin de débusquer ce gibier tant recherché : la bonne nouvelle.

  • Et vous trouvez ?
  • Oh oui je trouve ! Tous les jours j’en prends une, deux et parfois plus.
  • Mais c’est extraordinaire, vous pourriez nous en donner une ou deux, ou nous en montrer. Si cela ne vous dérange pas bien sûr ?
  • Je le voudrais bien, mais je ne me souviens de rien, rien de ce qui s’est passé ni hier, ni les jours précédents.

La ronde des bonnes nouvelles…

Ma décision est prise : aujourd’hui je ne vais pas perdre de temps à chercher une bonne nouvelle. C’est à la fois ridicule, très fatigant mais surtout déprimant. En effet, convenons-en, ce qui est le plus extraordinaire quand on cherche, c’est lorsqu’on trouve.
Non, aujourd’hui je vais choisir une autre méthode, faire confiance au hasard, ou à la chance et je vais attendre patiemment que bonne nouvelle vienne à moi.
Au moment du petit déjeuner, je suis tendu, pensant un peu naïvement que c’est au petit matin que les bonnes nouvelles sont annoncées.
Mais rien… Si, une seule chose est à noter : je renverse ma tasse de café, encore très chaud sur la magnifique chemise blanche que j’ai mise pour l’occasion. On ne peut quand même pas accueillir une bonne nouvelle vêtu d’un vieux polo grenat qui pluche…
Le matin passe : rien. Ce n’est pourtant pas faute de tout mettre en œuvre pour que le hasard remplisse sa mission. Pour être clair je me comporte comme un hyper actif, je surfe littéralement, sur tout ce qui passe, sur tout ce que j’entends, que je vois, que je pressens, que je suppose, mais évidemment, je ne provoque rien : il ne se passe rien !
L’après-midi s’étire : rien, toujours rien ! Pas la moindre bonne nouvelle et encore pire, une succession de petites tracasseries me font dire que ce n’est pas mon jour, que je n’ai pas de chance. Quand le soir arrive et qu’il va être temps de clore, enfin, cette journée somme toute assez banale, un peu dépité et déçu je finis par prendre la décision, comme tous les jours, de chercher, de fouiller.
Je m’installe devant mon ordinateur que j’ai d’ailleurs malmené toute la journée, je bouge légèrement la souris j’entends alors un de ces horribles sons numériques. Sur l’écran est affiché le message suivant :
Erreur fatale : ouvrez votre panneau de configuration et procédez à une analyse de votre système
J’ouvre le fameux panneau et comme je suis obéissant je procède à l’analyse de mon système…
On me dit de sauvegarder le journal de cette opération. Je m’exécute. Je sauvegarde le journal de cette opération je l’enregistre, et une fois n’est pas coutume l’imprime
La page sort de l’imprimante. Une seule phrase est imprimée plus d’une centaine de fois
« Mauvais nouvelle : votre mémoire est saturée vous devez procéder à un nettoyage et éliminer les fichiers inutiles »

Ciels…

Souviens toi c’était hier.

C’était dans ce vieux pli du passé,

Que tu as tant de fois étiré.

C’était hier,

Et toi tu disais :

« Il n’y a plus rien à rater

Tous les murs sont debout »

C’était hier,

Et le ciel se souvient,

Regarde,

Dans le coin de ton œil,

Il y a une ride de pierre

Qui rime en riant

Ce vieux reste de bleu

La ronde des bonnes nouvelles…

Photo de Alex Kozlov sur Pexels.com

Ce matin, une fois encore, j’ai une furieuse envie de bonnes nouvelles. Je dirai même qu’une seule me suffirait. Par réflexe, ou dans un sursaut d’espoir j’ouvre ma boîte aux lettres. Elle est presque vide… Je dis presque, en effet, parce que perdu tout au fond, plié en quatre, un simple papier. Ce n’est même pas un prospectus, non une simple feuille arrachée à un cahier à spirales. Curieux, je la déplie.
En gros caractères manuscrits, voici ce que je lis :
Aujourd’hui sur la place du village entre 10 h 00 et 13 h 00 ouverture d’une boutique éphémère ! Tristes, déprimés, pessimistes, venez à nous, nous vous rendrons le sourire !
Curieux vraiment. Une boutique éphémère, ici dans mon village…Je ne sais pas encore si c’est une bonne nouvelle, mais ça au moins le mérite d’être un peu « excitant » …
Evidemment à dix heures sonnantes et trébuchantes je suis sur la place. En guise de boutique éphémère je reconnais le stand de l’autre jour, celui derrière lequel toujours aussi pétillant trône le petit homme sans âge au regard bleu vif. Je suis seul et tranquille : j’entame la conversation.

  • Vous n’avez toujours rien à vendre ?
  • Rien à vendre, ça n’a pas changé, mais cependant j’ai beaucoup de choses à donner.
  • Par exemple ?
  • Tout dépend de ce que vous voudriez ?
  • Vous le savez, je ne veux qu’une chose, c’est que vous me donniez une bonne nouvelle.
  • Je dois avoir cela mais il faut d’abord que vous me fassiez une promesse.
  • ?
  • Oui si je vous donne une bonne nouvelle, je veux absolument que vous la gardiez pour vous, pour vous seul. Ne la partagez pas !
  • Mais si je ne la partage pas ce ne sera plus une bonne nouvelle, car je serai le seul à la connaître.
  • C’est justement cela que je veux, car si vous en parlez, elle sera commentée, discutée, amendée, mise en doute et de bonne nouvelle cela deviendra une source de conflits. Et ça c’est toujours une mauvais nouvelle.
  • Bien je promets !
  • Approchez, je vais la dire dans le creux de votre oreille.
    Je m’approche, tendant l’oreille au plus près du visage du petit homme.
  • Fermez les yeux !
    Je ferme les yeux. Il chuchote.
  • La seule bonne nouvelle que je veux vous donner c’est que demain le monde ira mieux parce qu’il reste encore des femmes et des hommes comme vous qui déplient des feuilles de papier et qui les lisent avec la main qui tremble et de la lumière dans les yeux…

La ronde des bonnes nouvelles

Publié il y a un an : presque…

Enfin une prise, ça y est, je la tiens ; c’est ma première, ma vraie première et elle est belle ! Une semaine que j’ai jeté ma ligne pour pêcher cette fameuse bonne nouvelle. Et rien, ou pas grand-chose, ou trois fois rien, ou si peu. Bref je me préparais aujourd’hui encore à rentrer bredouille.

Oui c’est vrai depuis plusieurs jours je sentais bien un petit frétillement, il venait d’Amérique, mais je préférais rester prudent et attendre une annonce officielle, pour ferrer ma proie, et ne plus la laisser s’échapper.

Oui bien sûr vous me répondrez que j’ai quand même réussi à faire entrer dans ma ronde de bonnes nouvelles, un chat, un loup gris, trois œufs, à éliminer le mardi et à interdire de râler. Mais je vais faire un aveu : ce soir j’avais vraiment mais alors vraiment envie et besoin d’une vraie bonne nouvelle. Et j’espère ne pas me trumper

Oui je sais c’est un jeu de mot un peu facile, mais tant pis, ce n’est pas souvent, et je promets que je ne recommencerai, je ne voudrais pas prendre le risque de faire un bide…

Hum je crois que je vais aller prendre un apéro…

Memoires

La nuit est là

Épaisse

Lourde

Elle pèse sur tes jambes

Qui cherchent le frais

Entre les plis du drap bleuté

Rien n’y fait

La nuit t’oppresse

Tes yeux se serrent

Ta gorge est sèche

Tu voudrais une douce brise

Un chant d’oiseau

Des rires d’enfants

Rien n’y fait

La nuit est là…

La ronde des bonnes nouvelles…

Bon, autant le dire tout de suite, ce n’est pas la grande forme. Où sont les bonnes nouvelles, où se dissimulent-elles ? J’ai beau éplucher tout l’actualité : je ne trouve rien à me mettre sous la dent. Ça commence à devenir déprimant. Je vais finir, comme beaucoup, à tout voir en noir, à avoir des idées noires et pourquoi pas à broyer du noir. Il faut que je m’aère pour me détendre un peu. Je complète mon attestation sur laquelle je coche que je sors pour des courses de première nécessité.
Je n’ai besoin de rien mais après tout on verra bien, je tomberai peut-être sur du nécessaire dont j’ignorai l’existence. C’est jour de marché, je trouverai bien quelque chose.
J’arrive sur la petite place du village. Tout au fond, à l’abri du seul arbre un petit stand que je ne connaissais pas. Il n’y a aucun client. Je m’approche, le banc est vide. Rien, il n’y a plus rien. Je suis curieux : mais quel était donc ce « nécessaire » que ce petit homme sans âge au regard vif avait à proposer pour que dès 9 h 30 tout ait été vendu. Je l’interroge.

  • J’arrive trop tard, vous n’avez plus rien ?
  • Plus rien, en effet mon petit monsieur… Mais de quoi aviez-vous besoin ?
  • Et bien écoutez je crois que je n’avais besoin de rien, enfin rien de vraiment nécessaire. Et pour être franc j’avais simplement besoin de me changer les idées. En ce moment je vois tout en noir.
  • Et bien justement voyez vous ce que je propose ce sont des tous petits rien, faits de pas grand-chose et qui évitent de broyer du noir…
  • Il ne vous en reste plus, pas même un modèle d’exposition, un échantillon…
  • Rien, plus rien, tout est parti !
  • Tout est parti ?
  • Oui et pourtant personne n’est venu !
  • Mais alors pourquoi restez-vous là,
  • C’est simple monsieur, j’arrive avec rien, tout le monde vient me voir et finalement chacun est ravi de s’apercevoir qu’il n’a besoin de rien puisque de toute façon je n’ai rien à vendre.
  • J’aime beaucoup ce que vous dites monsieur, c’est tellement poétique. Vous serez là la semaine prochaine ?
  • Pourquoi, vous auriez besoin de quelque chose ?
  • Non, je ne crois pas, ou trois fois rien ?
  • Et bien si je n’ai rien de nécessaire à faire, je viendrai et nous parlerons un peu, de tout, de rien…
  • Oh merci vraiment, c’est une bonne nouvelle !

La ronde des bonnes nouvelles…

C’était il y a un an, presque…

« On fait les omelettes en cassant les œufs »


Pour une raison que j’ignore encore, je me lève ce matin avec une furieuse envie d’omelette. Et pour une raison que j’ignore encore plus, j’ai à peine posé le pied à terre, au pied de mon lit, que j’entends cette phrase qui tourne en boucle à l’intérieur de la tête : « on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs, on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs ».
Etrange : j’ai dû rêver d’omelette, ou d’œufs, ou d’œufs cassés. Je ne me souviens plus mais ce que je sais c’est qu’il va me falloir, en casser des œufs justement. En casser deux ou peut-être trois car j’ai grand faim. Une faim de loup gris.
Mais en moi-même, je ne peux m’empêcher de trouver ce dicton, cette morale plutôt quand même un peu sentencieuse. Comme si l’omelette que j’aime tant était la conséquence d’un véritable acte criminel contre les éléments qui la composent. J’entre dans la cuisine, ouvre la porte du frigo et saisissant trois magnifiques œufs frais je déclame à la cantonade : « pour me faire une omelette je vais casser trois œufs ».
Je prends le premier des œufs, je l’approche du bord du bol pour le casser et soudain j’hésite, et me dis : si j’essayais moi justement de faire une omelette sans casser les œufs. Après tout je n’en peux plus de toutes ces morales déguisée derrière des dictons populaires.
Je me saisis des deux autres œufs et les pose délicatement avec le troisième au fond de mon bol, je prends un fouet et je commence à battre consciencieusement mes trois œufs. « On ne fait pas d’omelette sans casser les œufs, on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs ! »
Ça tourne en boucle dans ma tête. Je remue, ça remue et ça me remue. Mais les œufs résistent, ils ont la coquille dure, ils roulent, ils s’entrechoquent. Rien ne se passe. Mon envie d’omelette est toujours là. J’accélère le mouvement et d’un coup d’un seul les trois œufs se brisent.
Me voici tout bête devant mon bol à ânonner : « ça c’est une bonne nouvelle : pour faire une omelette il faut casser les œufs »

Mémoires…

Souviens-toi

C’était il y a quelques hiers

Souviens-toi

Tu marchais le regard haut

Au midi du vivre beau

L’ombre de ton rire joli

Sur le mur aux angles fleuris

En glissant prenait la pose

Belle image pour le demain qu’on ose…

Mémoires…

J’ai rencontré l’homme sans histoires

En équilibre sur une ligne de conduite

Il n’a rien dit rien fait

Rien qui ne trahisse ses penchants

Droit comme un i

Sur un fil il a marché

Au bout de son trajet il s’est exclamé

 » Tournez la page et tenez vous sage, je vais vous raconter… »

La ronde des bonnes nouvelles…

Au loup…

J’aurais aimé, au moins aujourd’hui deviser sur, enfin, une vraie bonne nouvelle : celle qui m’aurait annoncé la défaite de Donal Trump. Et bien non je suis encore obligé de me rabattre sur mes rêves, ou fantasmes, sait-on jamais…

Ah je m’en souviendrai du 4 novembre…Comme tous les matins, j’ouvre en grand la fenêtre de ma chambre. Il fait frais et j’aime cette sensation après une nuit toujours un peu agitée. La lumière me réveille et l’air vif me fouette. Au milieu de la pelouse, assis le dos à la fenêtre : un loup, un grand loup gris. Je sais que c’est un loup, ses oreilles pointues ne trompent pas. Il est assis et regarde droit devant lui, enfin me semble-t-il. Je me racle la gorge discrètement. Il se retourne, lève la tête et me regarde… Oui je le confirme, définitivement, c’est un loup, un grand loup même.
Il me regarde. Je le regarde. On se regarde.
Et comment dire, je ne me pose aucune question ; c’est simple, il y a un loup sur mon terrain, et ça ne me gêne pas, au contraire…Comment a-t ’il pu entrer, je l’ignore, qui est -il, d’où vient-il cela ne m’intéresse pas. Ce que je vois, ce que je sais, ce que je sens même, c’est qu’on va bien s’entendre tous les deux. Il m’attend, j’en suis sûr, quand il a tourné la tête pour me regarder, il n’était même pas étonné, ni effrayé et encore moins effrayant. Je referme la fenêtre, je m’habille, avec un sourire d’enfant qui ne me quitte pas. Je bois un café en vitesse, parce que quand même je suis un peu impatient et je sors…
Et au moment où je ferme la porte, je crie un peu fort (il faut quand même que les endormis profitent de ma joie) : « je sors, je vais donner à manger au loup ! »

Micro nouvelle écrite le 4 novembre 2020

La ronde des bonnes nouvelles

Une disparition attendue…


Ce matin le réveil est un peu difficile. Il faut dire que rares sont les nuits calmes et sereines sans tous ces mauvais rêves que pour se protéger on répugne à appeler cauchemars. Le réveil est un véritable supplice. Je me traîne jusqu’à la cuisine tout en marmonnant : « s’il faisait beau, au moins je pourrais prendre mon café dehors ». Mais bien sûr il pleut, nous sommes le trois novembre, comment peut-il en être autrement. Et en plus pour couronner le tout, c’est mardi. Un mardi de novembre. Je marmonne, il faudrait que je me bouge…
J’allume la radio avec le petit espoir d’entendre quelque chose d’engageant, d’encourageant : une bonne nouvelle quoi ?
J’appuie sur le bouton. Grésillement. Et puis une info : un flash info comme on le dit. Et c’est vrai qu’en guise de flash on ne peut faire mieux. Je dois le dire : j’ai sursauté et me suis cru sur la station qui passe en boucle toute la journée les mêmes sketches. Je vérifie. Non pas d’erreur je suis bien sur France Imper.
« … Sur recommandation du tribunal académique et après consultation du conseil insurrectionnel, le gouvernement a décidé de présenter demain mercredi un projet de loi à l’assemblée, portant modification du calendrier, avec pour principale réforme, l’élimination pure et simple du mardi… »
Eliminé le mardi : disparu, envolé… Je n’écoute pas les commentaires qui suivent cette annonce avec notamment un premier débat opposant les défenseurs du mardis aux avocats de tous les autres jours et particulièrement celui du dimanche dont on dit qu’il a usé de toutes ses relations pour préserver ce jour sacré qui semblait lui aussi être condamné…
Et voici que je me redresse, que je bombe presque le torse de satisfaction : quel bonheur de savoir qu’on est en train de peut-être vivre son dernier mardi de novembre…

Mots oubliés …

Dans la boîte en fer blanc des mots oubliés

J’ai plongé une main prête à danser

C’était rond c’était doux

Comme blanche mie d’un pain chaud

Je les sens

Ils frétillent

Je les entends

Ils babillent

Mots d’hier

Mots d’hiver

Ils se griment

Ils se riment

Et quand viendra le triste novembre

Pétales d’été aux mers parfumés

Derrière les tristes silences

De tes yeux enfermés

Je te les soufflerai

La ronde des bonnes nouvelles…

Je poursuis mes republications, pour mes nouveaux abonnés qui n’ont pas eu l’occasion de découvrir l’année dernière cette ronde des bonnes nouvelles…

Instauration de la journée nationale sans râler.


En ouvrant mon journal ce matin dont, au passage, la qualité du papier se dégrade de plus en plus, ce qui a pour conséquence de noircir les doigts, j’ai malencontreusement renversé ma tasse de café.
La journée commence vraiment mal, ai-je failli dire…Non, en fait, oui je l’avoue je l’ai dit !
Et ce d’autant plus qu’il n’y avait plus de lait, que le pain était sec, que le chat miaulait sans raisons apparentes, que la chaudière ne voulait pas démarrer, qu’évidemment il pleuvait et que j’avais perdu mon parapluie et égaré les clés de ma voiture. Voiture qui ne démarrera certainement pas lorsque j’aurai retrouvé les clés si j’en crois le texto laissé par le voisin : « vous avez laissé vos phares allumés ». Texto que je ne découvre que maintenant étant donné que je ne savais plus où était mon portable. Bref il me semble que toutes les conditions sont quand même réunies pour que je m’autorise, un tout petit peu, à râler.
Et me voici donc à feuilleter mon journal imbibé de café froid (oui mon micro-onde est en panne et du fait de la panne de la chaudière je n’ai pas d’eau chaude et comme hier en voulant réparer une vieille lampe de chevet j’ai fait un mauvais branchement j’ai provoqué un court-circuit et grillé la cafetière). Bref je feuillette et que lis-je en gros caractères gras ?
« Le 2 novembre devient la journée nationale sans râler ». La décision a été prise à la suite d’une pétition adressée au président de la république par un florilège de professions victimes régulières des râleurs. Il s’agit notamment des professeurs, des garagistes, des plombiers, des facteurs, des météorologues j’en passe et bien d’autres…
Et comment dire, j’ai terminé la lecture de mon journal en me disant : « oh après tout, il n’y a pas de quoi râler… »

La ronde des bonnes nouvelles : « on a appelé un chat, un chat »…

Je publie à nouveau un an après quelques uns de ces textes que j’avais écrits il y a un an dans une période où les bonnes nouvelles étaient très rares…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Ce matin à la une de mon journal rêvé des bonnes nouvelles:

Contre toute attente et alors que sur tous les plateaux de télévision, ont été invités les plus grand spécialistes, locaux, régionaux et nationaux en matière de zoologie, de sociologie animale, de psychologie féline, tout le monde, sans exception, après avoir observé attentivement, la photographie présentée à la une de cet article a affirmé – certes après quelques réflexions profondes (mais silencieuses) -: «oui il s’agit bien d’un chat, nous vous le confirmons sans ambiguïté!» Il faut bien l’appeler chat, car c’est un chat!

Bien sur quelques journalistes friands de polémiques ont bien tenté d’introduire le doute.

«Oui, admettons qu’il s’agisse d’un chat, mais ne pensez-vous pas que votre rapidité inhabituelle à désigner comme chat, cet animal ne soit de nature à stigmatiser cet animal en l’enfermant dans une catégorie animalière qui disons-le, est aussi constitué d’éléments perturbants et…

Voir l’article original 22 mots de plus

Mémoires…

Il est enfin venu

Le matin des mille éclats

J’attends le premier train pour le rire

Au mur gris l’espiègle horloge rattrape en sifflant

Une dernière heure qui s’enfuie

Le trajet est lisse et long

Comme l’étoffe qu’on déplie

Pas un arrêt pour lennui

On roule je vibre

On file je rêve

Frissons

Sur la vitre molle d’un vieux souvenir

Mes mots roulent en rimant

Contre la vitre…

C’était il y a deux ans, presque hier, une éternité…

Mémoires…

Sous le lourd drap froissé

D’une nuit de rêves oubliés

Une ombre pâle s’est retirée

Douce lueur se pose et peur s’enfuit

C’est le matin qui jaillit

Au creux d’un souffle d’ennuis…

Mémoires…

Derrière la vitre des lointains ennuis

La ville grince et plie son haut mur de nuit

Seule à rire dans un presque soir qui rôde

Elle invente des traces d’ocres chaudes

A la fenêtre verte des mémoires abîmées

Je respire une longue bouffée de houle salée

Memoires…

Entre les bras d’un jour finissant

J’entends le chant mauve

D’une longue nuit qui m’attend

Mémoires…

Derrière la vitre de mes mémoires envolées

Les traces inclinées de vies couleur d’acier

Ont coulé sur le laminoir usé

De vieilles joues creusées

Le métal ne chante plus

Il ne le peut plus

Je pose le front contre le souvenir glacé des hivers heureux

J’entends l’écho des souliers ferrés

Des hommes au matin pressé

Longue nuit blanche…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Elle est si longue

La nuit noire des verts de peur

Partout un bas bruit

Recouvre

D’une épaisse laideur

La cage ouverte de nos sourires

Elle était si lourde

La nuit noire des verts de peur

Dans ma boîte à mots endormis

J’ai pris mes plus lettres arrondies

Une à une elles se sont assemblées

Pour former ce long cri

Entendez ce qu’il vous dit

Eloignez- vous des ombres de peur

Elle est si douce la longue nuit blanche

De mes mots gris qui cherchent une lueur

4 octobre

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Mémoires…

Il y a un trou de mémoire bleue

Dans le ciel chargé des souvenirs gris

De tous ceux qui furent tant heureux

C’était hier

Oh je le sais

C’est si vieux

Et si peu

Mais ne dis rien je t’en prie

Lève toi et ouvre les yeux

Matin léger…

Sur l’eau, quelques rides de lumières,
Le matin léger s’étire sur le fleuve.
Au loin la rumeur de la ville,
Comme un bruit qui s’éveille.
On s’étire, le silence se respire.
Il fait frais, on sourit.
Le jour se lève.
C’est beau,
La nuit s’est retirée,
Discrètement, le port l’a avalée.
Le soleil est là, on le sent.
On l’entend.
Chaque couleur s’est préparée,
Dans le matin léger,
Ses ailes lissées le fleuve a déployé.

Extrait…

Un tout petit extrait de mon nouveau roman. Chantier encore en cours : les fondations ont été coulées, les murs porteurs sont en place…

…Écoute Anton, écoute ce que j’ai écrit. Marcel je ne te connaissais pas, si peu, cette semaine j’ai compris pourquoi les autres sourient quand tu parles. J’ai compris, je crois, qui tu étais Marcel. J’ai aimé quand tu as marché, presque sans rien dire, à côté de moi. Tu avais simplement envie de partager de l’existence, de cette véritable existence qui entre en vous, à la nuit tombée, quand les fenêtres se ferment, quand les rires s’éloignent. Tu avais envie de me dire que tu étais bien, là, avec moi, ce soir, et puis tu n’as rien dit, tu t’es tu, parce que c’est mieux ainsi. J’avais la même sensation que lorsque j’entre dans la forêt. Je ne parviens pas à la décrire. Marcel je crois que je comprends ce que tu veux dire lorsque tu parles de l’incroyable, de l’impossible. J’ai l’impression que je l’ai un peu touché ce soir…

Extrait…

Un tout petit extrait de mon nouveau roman. Chantier encore en cours : les fondations ont été coulées, les murs porteurs sont en place…

…Écoute Anton, écoute ce que j’ai écrit. Marcel je ne te connaissais pas, si peu, cette semaine j’ai compris pourquoi les autres sourient quand tu parles. J’ai compris, je crois, qui tu étais Marcel. J’ai aimé quand tu as marché, presque sans rien dire, à côté de moi. Tu avais simplement envie de partager de l’existence, de cette véritable existence qui entre en vous, à la nuit tombée, quand les fenêtres se ferment, quand les rires s’éloignent. Tu avais envie de me dire que tu étais bien, là, avec moi, ce soir, et puis tu n’as rien dit, tu t’es tu, parce que c’est mieux ainsi. J’avais la même sensation que lorsque j’entre dans la forêt. Je ne parviens pas à la décrire. Marcel je crois que je comprends ce que tu veux dire lorsque tu parles de l’incroyable, de l’impossible. J’ai l’impression que je l’ai un peu touché ce soir…

Mémoires…

Roulés en boule au pied du lit

Les restes d’une longue nuit froissée

Assis sur le bord du vide assoupi

L’homme cherche le fil à tirer

Trois fois rien…

Trois fois rien

Me dites-vous ?

Oui trois fois rien,

Et c’est tout !

Cela suffit pour mon peu de bonheur…

Non vous dis-je !

Ce n’est pas assez,

Vous le regretterez…

Oh non, rien de plus,

Je vous en prie !

Pas de rose,

Plus de mauves,

Laissez les bleus en paix.

Je n’ai besoin que de terres grises

Pour écrire mes rêves bariolés.

Petite flamme bleue

Larmes au bord des yeux
Rouges braises d’une tristesse étoilée,
La pluie est à l’intérieur,
D’émotions le trop plein est empli.
Et déverse des flaques de gris.
De chaque couleur il est l’ennemi.
Tu attends le soleil qui fige la surface.
Voile de lueurs,
Apaisent ombres de l’intérieur.
Demain,
Dans le peut-être du futur apaisé
Petite flamme bleue
Danse et luit,
Douce lumière scintille,
Et rit au fond de tes yeux.

Ciels…

Bout de ciel enfermé

Quadrilatère sans sommets

La somme de tes côtés

N’en finit plus d’augmenter

Géométrie du presque bleu

Poésie des angles heureux

Mes Everest : Baudelaire, la musique

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Rêves…

J’étais las

Bras ballants

Nuque courbée

Sur le quai je marchais

Attentif aux petits riens

Qui emplissent de mauvais silences

Les derniers souffles d’une journée sans fin

Dans le fond d’une poche

Juste pour m’occuper

J’ai plongé une main

Oh ce n’était qu’un geste de rien

Et bien mes amis

Je vous l’assure

C’est un sable si fin si frais que j’ai caressé

Qu’au coin de mon œil une vague a coulé

27 septembre

Mémoires…

Vieil homme est seul

A pas lents et trainants

Du haut mur du passé

Il s’est approché

Son oreille fatiguée

Sur la pierre il a posé

Le doux murmure des rêves oubliés

Sur son vieux corps s’est écoulé

Oeil éclairé vieil homme sourit

Il le sait

Il le sent

Dans un pli de mémoire

Il entend le chant de la mer

Qui jamais ne s’oublie

27 septembre

Mes Everest : « la ville », Léo Ferré

La ville…
Qu’est-ce que tu crois ?
La ville…
J’imagine

J’imagine des coins perdus
Et qu’on ne réclame jamais…
C’est là où je vais
C’est là où je suis

La ville…
Qu’est-ce que tu crois ?

Les feux rouges… Il y en a partout
Verts… des fois quand ils donnent…
Il y a des feux rouges dans les lits aussi…
Le vert ? Je connais… dans les plaines de mon plumard à moi…

La ville…
Qu’est-ce que tu crois ?

Paris ? Milan ? Liège ? Los Angelès ? Buenos Aires ?
Avec le championnat de la torture ?
Et du foot-ball ?

La ville ?

Un théâtre… des coulisses… une loge… un robinet
Du noir dans la salle
Avec des gens beaucoup beaucoup…
Des gens de la ville bien sûr ?

Qu’est-ce que tu crois ?

Un hôtel aussi métaphysique
De préférence insonorisé
Avec simplement le silence armé ou américain…
Qu’est-ce que tu crois ?

Monaco? Las Vegas du pauvre
Des avions mordorés qui passent des fois
Au-dessus de chez nous ici en Toscane…
Ça me rappelle à ton bon souvenir…
Et des fois les avions ils crient au secours
N’importe où sur la mer sur les montagnes sur les villes…
Alors les feux rouges pâlissent…
La ville ?

Qu’est-ce que tu crois ?

Glissade…

En marchant vers un vieux jour qui sourit
J’ai glissé sur une vieille larme oubliée
La chute est rude mais sans folie
En riant me suis relevé
Ce n’est rien ai-je dit
Le monde est laid
Tout empêtré de ma nuit
J’avoue, je l’avais oublié

Un train est entré…

N’avez-vous jamais vibré pour du simple
Pour ce presque rien
Qu’on cache sous le tapis
D’une mémoire aux rimes rondes
Rondes et fleuries
N’avez-vous jamais vibré pour du simple
Ce quelque chose
Que le peuple des autres
Abandonne sur le quai
Pour un voyage sans détours
N’avez-vous jamais vibré pour du simple
Celui qu’on oublie tout de suite
Pour ne pas avoir à l’apprivoiser
Sentez-vous l’odeur que la peur avait enterrée
Entendez -vous le cri du métal
Il est frappé de soleil.
C’est un beau soir qui sent le hier
Dans la salle d’attente de mes souvenirs ferroviaires
Un train vient d’entrer…

30 juin 2020

Silence pluvieux…

Silence pluvieux,
J’ai la mer au bord des yeux.
Dans le loin bleu
De mes mémoires salées,
Deux ailes se sont envolées.
Vent d’hier,
Sur les vagues les a posées.
Explose l’écume,
S’envolent perles de brume.
Regarde la mer belle.
Sur la plume de tes mots
A la feuille amarrée,
Mer a chanté,
Mer a soufflé.

Ciels…

Sous les sourires froissés

D’un nuage ivre de mauvais gris

J’attends seul et titubant

Le vent de la page

Qui se lève et me frissonne

Ciels…

Je commence aujourd’hui une petite série de textes mettant en scène des ciels habités…

Regarde petit homme

Il est l’heure d’être heureux

Oh oui je le veux

Regarde petit homme

Prends le temps

Il est si loin

Le long jour où s’abîment

Tous ces souffles de « je »

Ouvre et lève les yeux

Ne t’arrête pas au ciel si bleu

Regarde petit homme

Je suis là tout en haut

Je t’attends empli de beau

Sur les hauteurs d’une mémoire pour deux.

Écrire…

Vous écrivez me dites-vous

Écrire oui peut-etre

C’est vrai

Je le concède volontiers

J’aime à tracer quelques signes

Sur un lit de douces feuilles

Mais voyez-vous cher ami

Il m’arrive aussi de chercher ces si beaux mots

Qui chanteront sur le long fil de mes lignes mauves.

Mémoires…

Ombre est là

Fraîche

Fragile

Entre les murs blanchis

Au lourd soleil de midi

Fière et paisible

Elle joue des épaules

Regarde moi dit-elle

A l’homme courbée

Regarde moi

Je t’attends

Mémoires…

Derrière le long bruit sourd

Des nouvelles du monde

J’entends le souffle d’un vent lourd

Il chuchote en glissant ses larmes rondes

Il est encore loin le temps des oublis

Regarde, souris, je te prends la main

Chargé des derniers restes de tes nuits

Doucement je te chante demain

Mémoires…

En suivant la trace floue d’une histoire d’hier
J’ai glissé sur la flaque du doux présent
A tâtons je marche en riant vers le noir heureux
Où brille l’ombre de tes cheveux
Je souffre de l’oubli des ces presque rien
J’attends serein
J’entends chagrin
Un long soupir sec
Il étale en claquant
Des larmes au bleu coupant
Qui abîment en roulant
Les bords mous du chemin des gisants

Sous le choc…

Comme je l’ai déjà indiqué, j’écris beaucoup en ce moment, à l’ancienne, sur un carnet, avec un bon vieux stylo Bic, dont les arêtes abîment mes phalanges. Mais l’écriture est une souffrance. Je le sais. J’écris mais je prends aussi le temps de lire, et je ne résiste pas au besoin de partager sur ce blog le choc que j’ai ressenti en lisant ce roman de Rebecca Lighieri.

Je ne suis pas doué pour les notes de lecture, les critiques de livre, je ne peux simplement vous dire que j’ai été secoué comme rarement. Ce roman est exceptionnel, bouleversant, éblouissant il m’a marqué, et je sens déjà qu’il laissera des traces. A ne rater sous aucun prétexte. Vraiment…

Poèmes de jeunesse : « Ecoute Petite… »

Mémoires…

Oh gentils bavards

Qui avaient posé

Petite pierre sèche sur le vieux mur

De ma mémoire fatiguée

Je n’oublie pas vous savez

Rien n’a disparu

Tout est endormi

Ces trous de silence ne vous disent rien

Regardez

Sans rien espérer

Il y a des brumes mauves

Qui se lèvent derrière le ciel de l’oubli

Douces caresses d’un soleil argenté

Ne dites rien

Je vous en prie

Je suis tellement fatigué

30 août 2021

Poèmes de jeunesse: regards..

Mémoires…

Sur la longue piste de mes souvenirs légers
Un bouquet de ciels bleutés
Doucement s’est posé
Dans un silence à peine froissé
Vers les feuilles à proses
Je me suis approché
Une à une réveillées
Pages sans rimes
Sous le vent des mots
Se sont envolées

Mémoires…

Sur les eaux troubles d’un fleuve assagi

Vieil homme pleure un ciel qu’on oublie

Sur la face molle du miroir brisé

Le long des vertes rives de nos mémoires touffues

Il a perdu la trace de nos enfances mauves

Braises du midi…

Mémoires…

Vieil homme se souvient

Dans le feu intérieur de son regard bleu

Un fond de mémoire brûle de mille yeux

Vieil homme s’est assoupi

Dans un coin gris de ses souvenirs asséchés

Une larme s’est envolée

Extrait…

Un bref extrait, brut, sans passer par la case correction du roman que j’écris en ce moment…

…Sa mère est coiffeuse, elle a un petit salon pour des habituées, une clientèle de fidèles, de ces femmes qui vont chez la coiffeuse comme leurs hommes vont au café. La différence c’est qu’eux ils y sont tous les jours et le soir quand ils rentrent, ils ne regardent ni leurs femmes, ni leurs enfants. Ils ne regardent rien. Leurs yeux sont rougis par l’ennui et l’alcool. Jeanne admire sa mère, elle l’admire mais ne parvient pas à suivre le chemin qu’elle aime lui tracer. Sa fille. Sa fille Jeanne. Quand elle est née, quand elle a vu le noir de ses cheveux, elle a dit : je suis heureuse, elle reprendra le salon….

J’aime les mots …

Je les aime toujours…

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J’aime les mots

Les mots doux

Les mots du bout

Les mots du début

Le mot de la fin

Les mots courts

Le mot de secours

Les mots qui riment

Les mots qui glissent

Les mots gris

Les mots qu’on oublie

Les mots bleus

Les mots de tes yeux

Les mots d’hier

Les gros mots

Les mots tordus

Les mots secs

Et par par-dessus tout

J’aime les mots longs

Et les mots polissons

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Recette

Écrire à l’encre douce

D’un rêve de longue nuit

Un mot du matin

Sur la marge mauve

D’un ciel de papier

Tremper sa plume à souvenirs

Dans le creux de sa mémoire séchée

Laisser une trace de rire

Sur la lointaine page

Du livre à finir

Recette

Écrire à l’encre douce

D’un rêve de longue nuit

Un mot du matin

Sur la marge mauve

D’un ciel de papier

Tremper sa plume à souvenirs

Dans le creux de sa mémoire séchée

Laisser une trace de rire

Sur la lointaine page

Du livre à finir

Sur la ligne de vos vies

Il y a une an je publiais cette photo de pages blanches. Aujourd’hui paradoxalement les pages se sont noircies mais mon blog est un peu vide… Je suis totalement absorbé par l’écriture de mon quatrième roman.

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Sur les pages blanches

D’une histoire qui gémit

Il y a une ligne de vie

Regarde

Elle attend

Les plus beaux de tes mots

Dont la rime est une aile

Douce et fleurie

Elle se pose sur la lame de vos peurs

Voir l’article original

Il y a ceux qui…

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Il y a ceux qui savent

Et ne disent rien

Mais n’en pensent pas moins

Il y a ceux qui ne savent pas

Mais en disent trop

Il y a ceux qui croient savoir

Ceux qui ne croient pas ceux qui savent

Ceux très rares

Qui croient ceux qui savent

Ceux qui disent qu’on ne sait rien

Ceux qui en savent plus

Que ceux qui savent

Ceux qui en savent autant

Que ceux qui ne savent rien

Mais qui n’en pensent pas moins

Et en disent beaucoup trop

Ceux qui pensent qu’il faudrait que

Ceux qui ne pensent pas qu’il faudrait

Ceux qui disent

Qu’il ne faudrait pas penser

Comme ceux qui pensent

Qu’il faut peut-être un peu penser

Ceux qui disent

Oui mais

Et sont si sûrs d’eux

Qu’ils répondent

« Mais oui »

Quand ceux qui doutent disent

« Oui mais »

Il y a ceux qui

Ceux qui

Ceux

Et…

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C’était un soir de trop…

Je cherche..

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Tous les jours je cherche

Je cherche le mot parfait

Je veux qu’il frissonne

Quand on le chante

Je veux qu’il fremisse

Quand dans l’oreille on le glisse

Je veux qu’il vole à tire d’aile

Quand on souffle sur ses ailes

Je veux qu’il s’efface dans un pas de danse

Quand page blanche noircit ses marges de silence

Je le cherche

Je l’attends

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Terre brûlée

J’avais écrit ce texte il y a un an à l’occasion de l’incendie qui a ravagé les contours de Martigues. L’histoire malheureusement se répète…

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Saint-Pierre les Martigues août 2020

Ô terre brûlée

Entends le chant de la braise

C’est le blues des oliviers

Il souffre en crissant

Dans le peuple des cendres

Hommes épargnés

Vos larmes sont grises

Sur la face sud de nos étés

Mots secs et noircis

S’envolent

Au pays des chagrins de suie

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Bouillie de ciel

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C’était une lumière d’un presque soir d’été

Dans la poche intérieure de ma veste aux couleurs insolentes

Je sentais les chaudes miettes

D’un doux festin aux rires lointains

Les yeux rivés sur la bouillie bleue du ciel heureux

Je marchais

Oh oui je marchais

Semant tout le long des chaumes chaudes

Mes vieilles pages d’enfance

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Mes poèmes de jeunesse…

Un vieux, très vieux texte que je republie

Mes Everest : Leo Ferré

 » Les souvenirs c’est du présent discutable »