Mes voeux

Il faut bien sacrifier à la tradition, alors je le fais à ma façon

« Dans le rêve pour demain que nous avons ouvert en 2021, cherchons ! Cherchons ensemble ! Cherchez avec moi ! Oui, cherchons ces douces rimes qui nous relieront et que nous relirons. Rimes pour se rencontrer, rimes pour se rapprocher, rimes pour espérer. »

Première inspiration…

C’est ma toute première inspiration depuis un long silence, ma première inspiration de l’année

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Page blanche et dure

Allongée sur le sol gris et mou

D’une fin de nuit

Epaisse

Gluante

J’entends le cri plaintif des articulations

Rouillées à l’humide des dernières pluies

Le muscle des voyelles est douloureux

Celui des consonnes est contracté

Allongé

Les yeux fermés

J’attends la marée des mots bleus

Mardi 5 janvier 2021

Dans le bout de nuit…

Un texte déjà publié, enfin je crois, mais qui convient bien, enfin je trouve…

Dans le bout de nuit

Qu’il te reste à inventer,

Tu te cognes aux angles secs

D’ombres épaisses.

Elles avalent le son de feutre

De ton pas glissant.

Pas un chant, pas un souffle,

C’est le matin qui siffle.

Le silence est lourd

Des mots doux qu’il retient ;

Il traîne avec lui

Des restes de rêves,

Images brèves d’un monde enfoui

Au fond du ciel sombre

D’une mémoire endormie.  

Tu avances, à tâtons,

Ta main se pose,

Longue caresse,

Sur la peau de papier.

Ton cahier est là,

Il est seul,

Sourires

Il attend. 

Monde bleu…

J’essaie, tout doucement, après une longue léthargie, de revenir dans le monde des « écrivant ». Un texte que j’ai déjà publié mais que j’ai légèrement, très légèrement modifié, pour qu’il soit encore plus en harmonie avec la mélodie qui se joue en moi en ce moment…

Monde bleu s’est effacé
Au soir tombant
Tremblant, il s’est retiré
Tête basse,
Dans un long bout de vide
Seul et triste
Il s’est retiré
Entends la plainte de monde bleu,
Quelques larmes
Sur ses rides ont coulé
Entends-le qui appelle :
Oh mots, oh mes mots
Vous m’avez abandonné…
Oh mots, oh mes mots,
Que vous a-t-on fait,
Qui vous a sali,
Que vous a-t-on promis ?
Homme sans haine,
Tu es seul aussi,
Réponds à monde bleu,
Dis-lui que tu reviens,
Dis-lui que tu restes,
Dis-lui que tu résistes…

Essai d’un peut-être journal…

Il est parfois peut-être nécessaire de débroussailler, pour que le chemin s’éclaircisse, pour ne pas être gêné par tous les buissons, les herbes folles. C’est un peu ce que j’essaie de faire, ou plutôt si je veux être complétement honnête ce que j’ai l’intention de faire. Le plus difficile pour le moment c’est de choisir les bons outils et la bonne stratégie. Alors avant de couper, de brûler, de tailler, je prends le temps de réfléchir à ce que je veux. Ou plutôt ce que je ne veux pas et sur ce point je crois être certain que je ne veux pas d’un jardin à la française, trop droit, sans surprises. Me voici donc face à la tâche ; de la poésie, des romans, des nouvelles, des micro nouvelles, des tribunes, des dialogues, des textes qu’on pourrait ranger dans la catégorie billets d’humeur. Bref c’est touffu et surtout comme ces dernières années j’ai laissé faire, tout est enchevêtré. Bon il faut que je m’y mette….

Poème inédit de Lisa ma petite fille de sept ans

Lisa est ma petite fille, l’aînée. Elle a sept ans et adore écrire, pas seulement pour faire comme son « papou » mais parce qu’elle aime déjà jouer avec la musique des mots…Elle vient de m’envoyer cette petite pépite. Je suis très touché et surtout très fier…

Le soleil
Brille dans le ciel
Oh les belles ailes
Je rêve que les lettres
Sont des abeilles
Elles me piquent mon cœur
Je pleure dans l’heure
Qui va tu verras
Je pleure
Pour mon cœur

Lisa Moine, samedi 12 décembre

Ragoût…

Dans la réserve glacée
De mes idées noires
J’ai choisi un vieux reste
D’angoisses ressassées

Dans un bouillon clair
De rires rentrés
Je les ai laissé mijoter

Un lourd couvercle
Patinée de mémoires enfumées
Sur le ragoût
J’ai posé

Et dans le lent soir rosé
Une fleur de printemps
Sur la flamme j’ai saupoudrée

Semaine blanche…

Semaine blanche
Où les mots se sont tus
Prostrés dans un coin sombre
De mes phrases suspendues
Ils attendaient
Ce matin je les entends
Ils étirent leurs douleurs froissées
Sur la feuille pâle et glacée
Qui patiemment attendait

Poèmes de jeunesse : suite et fin

Et voilà c’est fini !

Poèmes de jeunesse : suite

Ca se termine, encore un et c’est la fin…

Poèmes de jeunesse, suite…

Allez allez, il n’y en a plus pour longtemps…

Poèmes de jeunesse : suite..

On continue…

Poèmes de jeunesse : suite,

Je reprends la republication, voici la cinquième partie…

Poèmes de jeunesse, suite….

Ca continue encore et encore…

Poèmes de jeunesse, suite…

Toujours la suite : 4

Poèmes de jeunesse : suite.

On continue : 3…

Poèmes de jeunesse : suite…

La suite..

Mes poèmes de jeunesse…

Envie de republier en plusieurs fois ce texte que j’avais écrit il y a au moins quarante ans…

Où l’on comprend pourquoi Anton s’appelle Anton…

J’ai pris du plaisir à relire ce texte, je prends du plaisir à vous le proposer à nouveau, et il faudrait que je prenne du plaisir à le continuer…

Prose ou vers…

Prose ou vers

La question se pose

Pour ma part

A ce choix je m’oppose

Tout est dans le mot

Tout est dans l’émotion

Les mots, l’émotion

Ressentir, l’écrire

Et lire pour te dire

Peu importe la rime,

Quand les mots chantent, j’ai un cœur qui bat 

Poèmes de jeunesse

Bientôt quarante ans que j’ai posé ces quelques mots…

Brumes

Douce paupière

De brume

Se ferme

Sur l’oeil roux

D’un automne

Ivre de lumière

Ce soir c’est vers…

Ce soir c’est vers. Finie la pause prose, ce soir je vous prends à revers, ce soir je me pose, je prends un verre et je me mets aux vers. Je vous entends déjà : il nous dit qu’il se remet aux vers mais il reste en prose. Tout ça n’est peut-être que de la frime, de la frime pour trouver une rime. Alors attendons un peu…

La prose tout doucement s’essouffle.

Sans rien dire elle s’efface.

Prose s’envole

Un verre, puis deux

Les vers sont là

Dans le peuple des mots

Quelques-uns se sont levés

Ils tendent le point

Le point oublié

Mais plus rien ne compte

Les vers sont là

Suspendus

Aux lèvres mauves

De tes larmes bleues…

Mes Everest, Albert Camus parle de son métier…

A lire, relire, dire, répéter, apprendre, comprendre. Et tellement, tellement d’actualité

Oui ce métier est difficile. Je voudrais vous en parler librement, et ce me sera facile. A l’étape où je suis de mon expérience, je n’ai rien à épargner, ni parti, ni église, ni aucun des conformismes dont notre société meurt, rien que la vérité, dans la mesure où je la connais. J’ai lu ces temps-ci que j’étais un solitaire. Oui, si l’on veut dire que je ne dépends de personne. Non, puisque je le suis en même temps que des millions d’hommes qui sont nos frères et dont j’ai pris le pas. Solitaire ou non, j’essaie en tout cas de faire mon métier et je le trouve parfois dur, principalement dans l’affreuse société intellectuelle qui est la nôtre, où le réflexe a remplacé la réflexion, où des sectes entières se font un point d’honneur de la déloyauté, et où la méchanceté essaie trop souvent de se faire passer pour de l’intelligence.

Si l’écrivain tient à lire et à écouter ce qui se dit, il ne sait plus alors à quel saint se vouer. Une certaine droite lui reproche de signer trop de manifestes, la gauche (la nouvelle du moins et moi je suis de l’ancienne) de n’en pas signer assez. La même droite lui reprochera d’être un humanitaire la gauche un aristocrate. La droite l’accusera d’écrire trop mal, la gauche trop bien. Restez un artiste, ou ayez honte de l’être, parlez ou taisez-vous, et, de toute manière, vous serez condamné. Que faire d’autre alors, sinon se fier à son étoile et continuer avec entêtement la marche aveugle, hésitante, qui est celle de tout artiste, et qui le justifie quand même à la seule condition qu’il se fasse une idée juste à la fois de la grandeur de son métier et de son infirmité intellectuelle

Ce soir c’est prose…

Ce soir c’est pause, je pose ma machine à rime, je repose ma fabrique à vers. Ce soir c’est prose. Au bout de mes phrases, des points de suspension, d’interrogation, et ce tout nouveau signe que je rêverai de voir accepter et qui s’appellerait le souffle d’émotion. Je ne sais pas comment le dessiner. Je vous laisse imaginer, je vous laisse supposer, je vous laisse respirer. Ce soir c’est prose, j’oublie les clics, je prends mes cliques et mes claques, loin des pixels. Ce soir c’est prose, je vous écoute ô vous mes frères humains, je vous écoute dans ce murmure lointain. Murmure de mots tendres et doux, ruisseau qui coule et s’écoule entre les deux bras de nos espoirs pour demain.  

Insomnie…

Insomnies, toujours d’actualité…

Poèmes de jeunesse : souvenirs…

Texte écrit en novembre 1979, republié en novembre 21019, et aujourd’hui…

J’ai rêvé d’une fenêtre…

Photo de Jeffrey Czum sur Pexels.com

Lassé de me cogner
Aux angles mauves
Du grand mur gris
De vos molles promesses
J’ai rêvé d’une fenêtre
Ouverte sur le souffle bleu
De nos demains heureux

Emission sur la lutte contre l’illettrisme

https://rcf.fr/actualite/societe/agir-pour-lutter-contre-l-illettrisme

J’étais l’invité de l’émission « je pense donc j’agis » ce matin sur RCF. Si vous avez la patience de m’écouter voici le podcast

Bientôt novembre partira…

Allez on y croit, il s’en ira bientôt…

A tire d’ailes…

Sur la peau blanche de mes espoirs
J’écris les mots pour demain

Dans un bouquet de rires enfouis
Je trempe ma plume épuisée

Sur le papier au grain glacé
Une boucle aux bords bleutés
Je trace en pleurant

Ces mots que j’aime
Pour toi
Pour nous
Je les lie

Main dans la main
Loin du hier de nos ennuis
Ils s’envolent
A tire d’ailes
Entre les bras du couchant

Regarde-les
Ils s’enfuient
Regarde-les
Nous sommes en vie

24 novembre

Mains dans les poches…

Envie, besoin aujourd’hui de republier ce texte…

La peur est seule

Dans le bout de cette vie qui résiste

Il y a comme un voile gris

Flamme qui vacille

La peur est seule

Elle n’ose plus entrer

Un rideau de larmes

Inutile elle recule

Son temps est passée

Seule et triste…

La solitude, la détresse, des personnes seules un texte que j’ai envie de republier aujourd’hui

Fraise entêtée…

Dernière fraise de l’été
Ne veut pas abdiquer
Entêtée
Novembre
L’effroi
Fraise retient fort
Son souffle
Fraise rougit
Et moi je souris

Conjugaison…

Une petite réflexion sur la conjugaison : toujours d’actualité !

Aimez les…

Les mots ne sautillent plus
Sans préavis ils se sont tus
Souvenez- vous
Vous qui nous abîmez
Nous étions beaux
Vous étiez vrais
Fermez les yeux
Respirez
Je vous en prie
Aimez-les
Emmêlés
Ces deux l
A la plume légère
Aimez-les
Ils vont ont rendu
Si belle

Samedi…

C’était un samedi de février…

Nouvelle hôtelière suite…

Pour retrouver le début de cette nouvelle c’est ici

Nouvelle hôtelière…

Photo de Negative Space sur Pexels.com

Jules entend la voix de Marie : c’était il y a dix ans, il y avait de l’orage, et aujourd’hui il est là face à Eugène, ce pauvre Eugène à qui il a tout pris, en quelques secondes dans la file qui attendait devant cette boulangerie…

Jules baisse la tête. Depuis le temps, il pensait que tout était fini, oublié, que tout le mal avait été réparé. Bien sûr il savait que Eugène lui en voudrait. Eugène n’y était pour rien, il était l’incarnation même de l’innocence. Mais il y a dix ans la police n’avait pas écouté le pauvre Eugène. Elle n’avait rien compris à son histoire de coup de tonnerre qui lui aurait vidé la tête.

– Il m’a tout pris, tout ! En quelques secondes, il est devenu moi !  

Quand il était arrivé devant le restaurant, la tête réellement vide, ou vidé il ne se s’en souvient plus, il y avait cet homme. Il forçait la porte et il hurlait. Il hurlait comme une bête blessée.

-Marie, mais laisse-moi rentrer, laisse-moi, j’apporte le pain. Je t’en prie, ne me rejette pas…

Eugène est toujours en plein doute. Il ne se trouve pas beau et considère qu’il est impossible que Marie puisse l’aimer : elle est si belle, si douce. Les dimanches matin elle travaille en extra au restaurant de l’Hôtel du centre. Et tous les dimanches il est convenu avec le patron qu’il apportera le pain, le pain pour le déjeuner, ça fait un petit plus, et ses quatre enfants sont là aussi. Tous les dimanches. Ils s’installent toujours autour de la même table et c’est maman qui fait le service. C’est une jolie maman même si elle travaille. Ils sont tous heureux. Mais ce dimanche là cela ne s’est pas passé comme d’habitude…

Vendredi…

C’était un vendredi de février… Février de cette année là…

Ecrire

Ecrire sur le vert tendre de mes soupirs
Graver des lettres de feu dans la braise de mes mots
Rêver à cœur ouvert dans des prairies de rires bleus
Siffler des mélodies d’enfants dans le coin frais
Du matin finissant
Respirer un reste de vent dans la brume de tes cheveux

Je n’en peux plus de ces haines qui dégoulinent…

Un texte que j’avais écrit en septembre 2018. En classant mes fichiers je retombe sur lui et j’ai envie de le publier à nouveau, sans en changer la moindre virgule

Je suis, volontairement, assez silencieux dans le brouhaha permanent du débat politique tant il est vrai qu’il n’y a pas, qu’il n’y a plus de débats politiques. Et cela m’attriste profondément. Aujourd’hui ce qui domine, ce qui anime les gazettes numériques, ce qui motive les excités du clavier c’est la dénonciation, l’indignation toujours sélective, l’accusation revancharde, la délation nauséabonde. Et la parole réfléchie a cédé la place au raisonnement binaire qui trouve peut-être ses racines dans ce langage informatique dont on sait qu’il ne serait constitué que de zéros et de un. Chacun définitivement enfermé à double tour dans sa chapelle idéologique ne prend plus le temps de l’analyse, ne tente plus de comprendre. Et l’opposant devient l’ennemi, celui qui pense autrement est un mécréant, un hérétique. Ce que j’aimais autrefois dans le débat politique c’était l’exigence et le respect. L’exigence que l’on s’imposait,  pour être juste dans la production d’une pensée, dans la réflexion, dans le raisonnement avec la recherche permanente de l’équilibre entre ce qui relève d’une conviction personnelle et ce qui s’approche de la réalité. Il y avait aussi le respect, le respect de l’autre, quel qu’il soit parce qu’il est d’abord un élément constitutif de cette humanité qui devrait nous rassembler et nous ressembler. Mais le respect n’existe plus, il est au mieux considéré comme la politesse des faible au pire comme de la traitrise. Je n’en peux plus de ces haines qui dégoulinent dans tous ces messages qui croient afficher de l’intelligence alors qu’ils ne sont que la manifestation de la pire des paresses celle qui consiste à ne pas rechercher ni la justesse dans les propos, ni la justice dans les actes.  

Jeudi…

C’était un jeudi de février…

Une odeur de pain chaud…

L’automne pose son manteau de gris
Ouvre la boîte à couleurs
Cachée derrière
Dernière fleur de ses envies
Soudain belle odeur de pain chaud
Le cœur s’emballe
C’est doux, c’est roux
Plus un souffle de peur
Un à un sourires tressés
Nos visages ont caressé

Mercredi…

C’était un mercredi de février…

La ronde des bonnes nouvelles…

Le soir arrive, et pas la moindre bonne nouvelle à vous proposer.

Non, désolé je me trompe : il y en a une et elle est lourde de sens. Comme je n’avais pas le temps, tout occupé que j’étais à faire (mon dieu que je n’aime pas ce verbe) plein de choses (faire et maintenant chose, comment dire, je suis un peu à court de munitions) dans le cadre de mon activité professionnelle (un peu mieux comme formulation non ?) de me distraire j’ai… Bon je crois que je me perds, et cette phrase devient impossible.

Reprenons donc le fil : oui c’est cela, j’ai une bonne nouvelle, une vraie bonne nouvelle. Comme je n’ai pas eu le temps ni d’écouter la radio, ni de lire des journaux, ni de consulter le web et bien je n’ai rien lu, rien su, rien entendu de ce qui s’était passé aujourd’hui, ni de ce qui ne s’était pas passé et je vais vous faire un aveu : qu’est ce que je me sens mieux… Et ça c’est une bonne nouvelle !

Mardi…

C’était un mardi, février de cette année là…

Nuage..

Regarde,

Oh regarde le,

Ce ciel qui étire

Ses longs bras de bleu

On le devine heureux

On voudrait le graver

Sur le marbre glacé

De nos lourds rêves en trop

Et puis s’en aller

Sur ce chemin cotonneux

Loin, si loin,

De la peur d’en bas

Le rire est parti…

C’est à la dernière escale que rire est descendu
Sans rien dire
Il est sorti par une porte dérobée
Oh il serait bien resté
Pour quelques éclats de plus
Mais plus rien ni personne n’en voulait
Il a même tenté un sourire
Si léger
Si discret
Rien n’y fait
Dans le vide
De leurs vies numériques
Aux reflets bleutés
Les regards se sont affaissés
Sans un bruit
Rire s’est enfui
Pas un visage ne s’est redressé

16 novembre

Quand vient le soir…

Il y a un an…

C’était un soir de trop…

Fond de vallée…

L’été racle ses fonds de tiroirs

Il en sort quelques miettes oubliées

Qu’il disperse en riant

Entre les rides de brume

D’un automne hésitant

Dans le loin qui s’étire au couchant

De lourdes vagues à l’écume bleutée

Traînent leurs âmes glacées

Dans le triste fond de la belle vallée

Que nous avons tant aimée

C’est si loin dehors…

C’était il y a un an…

Derrière les barreaux…

Derrière les barreaux d’une mauvaise nuit enfermée

Douce lueur cherche un chemin.

Entre les lourds draps froissés

Les corps brisés attendent le matin.

Dans les bleus pâles de leurs insomnies

Ils trempent une plume au mauve soupir.

Sur la page noire des demains qu’il supplient

Dans un souffle, mots se posent : ils respirent.

14 novembre : 7 h 00

Poèmes de jeunesse : « manifeste anti-poéteux »

J’ai écrit ce texte il y a quarante et un ans, et chaque automne je le relis, avec un certain sourire…

Mes rêves, éveillé : rêve 3

Envie de republier ce rêve, non pardon, ce cauchemar éveillé…

Flash d’automne…

Dans l’eau trouble de l’automne

Le reflet ocre d’une lumière fatiguée

D’un si long été à étirer ses longues marées

Peu à peu l’horizon s’efface sous la gomme

D’une lourde brume sous le ciel abandonné

12 novembre 2020

Poèmes de jeunesse : « dans la nuit d’un samedi stéphanois »

Un hommage à cette ville que j’aime, ville couverte de cicatrices, mais qui résiste encore…

A l’ouest de vos mémoires encombrées…

Pour terminer mon hommage à Ouessant, troisième republication de la journée…

Ouessant couleur océan…

Une autre évocation de Ouessant…

Si loin d’Ouessant

Un peu plus d’un an après j’ai envie de partager ces quelques souvenirs d’Ouessant. Je commence par ce texte un peu nostalgique

Une ligne sur l’horizon…

Sur la ligne mauve d’un horizon fatigué

Je pose une à une des rimes ensoleillées

Perles pour mots doux en riant ont glissé

Sur les bords bleus de ma mémoire effeuillée

Inédit confiné novembre 2020

Dans ma mémoire de papier…

Un texte déjà un peu ancien que je republie…

Palette…

Sur ma palette d’Automne

Douces feuilles aux larmes rousses

Roulent en plissant

Sur un tendre vert

D’un champ oublié

Dans l’été finissant

Il est des jours blancs…

Quand le manque d’inspiration m’inspire, c’était en février…

Les mots sont là…

C’était il y a un an, j’entendais venir les mots…

Mes rêves, éveillé…Rêve 2 : trois unes surprenantes…

C’était il y a un an, le deuxième de mes rêves éveillés…

La ronde des bonnes nouvelles : 6

Il n’y a plus rien !

Bon, autant le dire tout de suite, ce n’est pas la grande forme. Où sont les bonnes nouvelles, où se dissimulent-elles ? J’ai beau éplucher toute l’actualité : je ne trouve rien à me mettre sous la dent. Ça commence à devenir déprimant. Je vais finir, comme beaucoup,  à tout voir en noir, à avoir des idées noires et pourquoi pas à broyer du noir. Il faut que je m’aère pour me détendre un peu. Je complète mon attestation sur laquelle je coche que je sors pour des courses de première nécessité.

Je n’ai besoin de rien mais après tout on verra bien, je tomberai peut-être sur du nécessaire dont j’ignorai l’existence. C’est jour de marché : je trouverai bien quelque chose.

J’arrive sur la petite place du village. Tout au fond, à l’abri du seul arbre, un petit stand que je ne connaissais pas. Il n’y a aucun client. Je m’approche. Le banc est vide. Rien ! Il n’y a plus rien !

Je suis curieux : mais quel était donc ce « nécessaire » que ce petit homme sans âge au regard vif avait à proposer pour que dès 9 h 30 tout ait été vendu. Je l’interroge.

  • J’arrive trop tard, vous n’avez plus rien ?
  • Plus rien, en effet mon petit monsieur… Mais de quoi aviez-vous besoin ?
  • Et bien écoutez je crois que je n’avais besoin de rien, enfin rien de vraiment nécessaire. Et pour être franc j’avais simplement besoin de me changer les idées. En ce moment je vois tout en noir.
  • Et bien justement voyez vous ce que je propose ce sont des tous petits rien, faits de pas grand-chose et qui évitent de broyer du noir…
  • Il ne vous en reste plus, pas même un modèle d’exposition, un échantillon…
  • Rien, plus rien, tout est parti !
  • Tout est parti ?
  • Oui et pourtant pas grand monde n’est venu !
  • Mais alors pourquoi restez-vous là ?
  • C’est simple monsieur, j’arrive avec rien, on vient me voir et finalement chacun  est ravi de s’apercevoir qu’il n’a besoin de rien puisque de toute façon je n’ai rien à vendre.
  • J’aime beaucoup ce que vous dites monsieur, c’est tellement poétique. Vous serez là la semaine prochaine ?
  • Pourquoi, vous auriez besoin de quelque chose ?
  • Non, je ne crois pas, ou trois fois rien…
  • Et bien si je n’ai rien de nécessaire à faire, je viendrai et nous parlerons un peu, de tout, de rien…  
  • Oh merci vraiment, ça c’est une bonne nouvelle !

Cinq rêves, éveillé, : rêve 1

C’était il y a un an, je publiai le premier de mes cinq rêves éveillés…

Parfum de nuit…

C’était il y a un an….

Poèmes de jeunesse :  » à toi.. » deuxième partie

Et voici la deuxième partie de ce vieux poème de jeunesse republié il y a un an

Poèmes de jeunesse : « à toi » première partie

Un très vieux poème de jeunesse découvert dans mes archives il y a un an, je l’avais publié en deux parties, en voici la première…

Vivent les livres…

Un an après je publie à nouveau cet hommage aux livres…

Ouessant s’éloigne,

Il y a un an, je rentrais d’Ouessant

Tempête est là…

C’était il y a un an, à Ouessant…

Dernière rime de l’été…

C’était il y a un an, j’étais à Ouessant…

Nuit moite a tiré le rideau…

Je republie un texte que j’avais mis en ligne, en mars dernier . Mon état est un peu le même aujourd’hui…

Avatar de Eric NedelecLes mots d'Eric

Homme en presque pleurs

Il est l’heure,

Il est tôt…

Ta bouche est sèche

Du silence d’une nuit agitée.

Le feu de la peur

Dévore les mots.

«Ouvre les yeux,

Homme qui tremble.»

Derrière la vitre,

Nuit moite a tiré le rideau.

Dans les coulisses de ses rêves,

Un pli de ciel brille.

Je le vois,

Il est pour moi.

Je le vois,

Il est à toi.

Voir l’article original

Mes Everest : Victor Hugo : « cauchemar »

Oui c’est un cauchemar que nous vivons…

Chat huant devant les ruines du château de Vianden…

Sur mon sein haletant, sur ma tête inclinée,
Ecoute, cette nuit il est venu s’asseoir;
Posant sa main de plomb sur mon âme enchaînée,
Dans l’ombre il la montrait, comme une fleur fanée,
Aux spectres qui naissent le soir.

Ce monstre aux éléments prend vingt formes nouvelles,
Tantôt d’une eau dormante il lève son front bleu;
Tantôt son rire éclate en rouges étincelles;
Deux éclairs sont ses yeux, deux flammes sont ses ailes,
Il vole sur un lac de feu!

Comme d’impurs miroirs, des ténèbres mouvantes
Répètent son image en cercle autour de lui;
Son front confus se perd dans des vapeurs vivantes;
Il remplit le sommeil de vagues épouvantes,
Et laisse à l’âme un long ennui.

Vierge! ton doux repos n’a point de noir mensonge.
La nuit d’un pas léger court sur ton front vermeil.
Jamais jusqu’à ton coeur un rêve affreux ne plonge;
Et quand ton âme au ciel s’envole comme un songe,
Un ange garde ton sommeil!

Avril 1822

Le hareng saur… Charles Cros

Mon inspiration est en panne sèche. Oui je suis à sec. A sec comme le hareng saur de Charles Cros. Petit clin d’…

Il était un grand mur blanc – nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle – haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur – sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains – sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou – pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle – gros, gros, gros.

Alors il monte à l’échelle – haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu – toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc – nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau – qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle – longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur – sec, sec, sec.

Il redescend de l’échelle – haute, haute, haute,
L’emporte avec le marteau – lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s’en va ailleurs – loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur – sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle – longue, longue, longue,
Très lentement se balance – toujours, toujours, toujours.

J’ai composé cette histoire – simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens – graves, graves, graves,
Et amuser les enfants – petits, petits, petits.

Trop tôt, novembre !

Oh non

Il est trop tôt novembre pressé

Remballe tes épaisses brumes

Recule je t’en prie

Là, oui encore un peu

Un pas ou deux

Ne te retourne pas

Et ne t’inquiète pas

Je te l’assure

On se retrouvera

« Je vis comme je peux dans ce pays malheureux »

Un texte qui ne me quitte jamais, que je publie, republie, et en ce moment je pourrais le faire tous les jours…

Poèmes de jeunesse…

Ecrit en novembre 1980 et publié sur mon blog, il y a juste un an. Je ne sais pas pourquoi mais aujourd’hui je trouve ce texte très fort…

Poèmes de jeunesse :

L’inspiration ne vient, alors je relie de mes vieux textes et trouve que quelques -uns d’entre eux sont en phase avec l’humeur du moment, la mienne et celle du monde qui m’entoure

Larmes…

Il ne reste plus une larme dans l’encre de ma plume

Plus une larme pour adoucir ma colère

Hier soir un homme est mort

Hier soir un prof est mort

Il est tombé sur le champ d’horreurs

Sous la lame de cette guillotine du pauvre

Que tant de silences complices

Ont aiguisé jusqu’à son supplice

Hommage aux enseignants…

Je n’oublie pas que j’ai commencé mon parcours professionnel comme instituteur. Je n’oublie pas non plus qu’il fut un temps, malheureusement de plus en plus lointain où toute la gauche laïque était unie pour combattre les obscurantismes et notamment le pire d’entre eux l’obscurantisme religieux.

En hommage à ce combattant de la république je publie un extrait de la lettre adressée aux instituteurs par Jean Jaurès dans la Dépêche du 15 janvier 1888

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.
Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.

La ville est à l’envers…

Un texte presque d’actualité publié il y a un an que je vous propose à nouveau

Quelques mardis en novembre, suite…

Nous ne sommes pas rentrés tout de suite, nous avons marché dans les rues. Même la grande rue, d’habitude si droite, si austère s’est sentie obligée de composer avec les courbes harmonieuses que décrivait notre amour retrouvé. Nous nous sentions fous, nous nous sentions vrais, comme si nous étions les explorateurs d’un premier pays. La ville nous entourait, comme un relief involontaire. Nous la forcions à s’habituer à nous. De toutes ces avenues rectilignes, nous faisions des chemins, des rivières. Les gens qui nous croisaient, nous les épinglions à notre tableau de chasse de la tendresse. La ville avait disparu, elle était entrée dans notre déclinaison de bonheur.

       Je ne pourrais pas raconter ces deux jours. Il n’y a pas encore de mots suffisamment affranchis de leurs lourdeurs grammaticales pour mériter de figurer en bonne place dans le compte rendu de ces émotions. Lorsqu’elle est repartie à la fin de ce week‑end, j’étais heureux, j’avais hâte de me retrouver seul pour jouir égoïstement de chacun de nos souvenirs. Tout s’était enchaîné si intensément, violemment presque, que j’en étais essoufflé. J’avais besoin de tout relire, de m’imprégner plusieurs fois des plus belles pages que nous avions écrites. Je ne lui ai pas parlé de mes angoisses. Elle ne m’a pas parlé de son soleil. Nous nous sommes contentés de nous-mêmes et nous sommes aperçus que c’était déjà beaucoup.

       Pendant quelques temps nos week‑end se sont succédé comme s’ils étaient plus nombreux. Les semaines n’étaient même pas de simples parenthèses, elles n’étaient plus que les inspirations obligées que nous prenions avant notre remontée à la surface. Héléna me paraissait de plus en plus proche de moi. Je voyais en elle tout ce dont je m’étais persuadé au cours de mes brèves accalmies optimistes. Je m’efforçais de l’apprendre par cœur chaque fin de dimanche pour me la réciter au cours de mes nuits solitaires. Mais je me plaisais à oublier un peu d’elle, pour la redécouvrir avec passion à chacun de ses retours. Je lui parlais de plus en plus, avec douceur, avec lenteur. Sa personne flottait toujours en moi, comme une présence discrète et de plus en plus indispensable. Tout était si nouveau, tout était si simple.        Nous sommes presque arrivés au bout de notre parcours. Héléna pourra bientôt revenir dans la région. Elle a fait ses preuves et n’aurait pas de mal à obtenir une nouvelle mutation. Il ne nous reste plus que deux ou trois week‑end et nous serons à nouveau ensemble, à plein poumon. Aujourd’hui, Héléna est bizarre, sa présence ne paraît pas être totale. Il y a dans le balancement de ses regards une espèce d’aller retour vers un ailleurs dont j’essaie de supprimer l’apparence géographique. Je ne suis pas inquiet, je me dis qu’elle est en train de réaliser que bientôt nous n’aurons plus besoin de ce quai de gare.

Rimes sans peurs

Photographie de Mars Yahl

Au bout de ces tristes jours gris

Peur sans fin

On nous sert comme refrain

Pour ma rime qui se perd

J’ai plongé dans la pleine lueur

D’un si doux rêve de fleurs

Rouge…

Aujourd’hui les villes où je travaille, Lyon, et celle où je vis Saint-Etienne sont rouges écarlates…

J’ai mal à mon rouge. En hommage à cette belle couleur que j’aime sans qualificatifs inutiles je republie ce texte écrit le 14 juin

Quand le temps est au bleu
Quand les champs sont au vert
On entend dans le loin les chants d’hommes heureux
Ils sifflent en riant la fin de l’hiver
On est bien
On attend
Une larme de soleil brûle en glissant
Rouge et légère
Elle frissonne en riant

14 juin

Vitesse = Distance /Temps…

Vite !

Dit-il.

Vite ?

Dites-vous.

Mais, je n’ai pas le temps !

Voyez vous :

Il me faut prendre de la distance,

Et garder un peu de temps.

Peut-être,

Je dis bien peut-être,

Qu’avec cette retenue,

Assoupie,

Là,

Bien au chaud,

Dans le fond dorée

De ma poche percée,

Un peu plus vite

Vers vous,

Je m’approcherai…

Laissez mes mots en paix…

Une republication nécessaire, surtout en ce moment où je souffre tant du mal que l’on fait à mes mots…

Bla Bla Bulle

Bulle sociale

Bulle sanitaire

Bulle numérique

Il suffit

Je n’en peux plus

Laissez donc mes bulles

Laissez les s’envoler

Belles et légères

Et je vous en prie

Cessez d’empoisonner mes mots

De votre venin sanitaire

Automne est arrivé…

Encore une republication de saison…

L’automne balbutie…

Une republication qui rime bien avec la météo du jour…

Sur la ligne de vos vies

Sur les pages blanches

D’une histoire qui gémit

Il y a une ligne de vie

Regarde

Elle attend

Les plus beaux de tes mots

Dont la rime est une aile

Douce et fleurie

Elle se pose sur la lame de vos peurs

Derrière la fenêtre…

Derrière la fenêtre, les visages sont gris

Sur les vitres humides, des gouttes de peur

La pluie battante peine à avaler les larmes

D’un monde qu’on oublie d’entendre rire.

Mémoires…

Un nuage de pluie

Caresse le dos gris

Des mémoires perdues

De mes rires détachés.

J’ai toujours, endormies,

Au fond d’un panier bercé

Trois gouttes dorées

De vieilles histoires d’antan

Qui se roulent en chantant

Dans une flaque de soleils oubliés

Il y a ceux qui…

Il y a ceux qui savent

Et ne disent rien

Mais n’en pensent pas moins

Il y a ceux qui ne savent pas

Mais en disent trop

Il y a ceux qui croient savoir

Ceux qui ne croient pas ceux qui savent

Ceux très rares

Qui croient ceux qui savent

Ceux qui disent qu’on ne sait rien

Ceux qui en savent plus

Que ceux qui savent

Ceux qui en savent autant

Que ceux qui ne savent rien

Mais qui n’en pensent pas moins

Et en disent beaucoup trop

Ceux qui pensent qu’il faudrait que

Ceux qui ne pensent pas qu’il faudrait

Ceux qui disent

Qu’il ne faudrait pas penser

Comme ceux qui pensent

Qu’il faut peut-être un peu penser

Ceux qui disent

Oui mais

Et sont si sûrs d’eux

Qu’ils répondent

« Mais oui »

Quand ceux qui doutent disent

« Oui mais »

Il y a ceux qui

Ceux qui

Ceux

Et puis il a les autres

Si peu

Qui ne disent rien

Et rêvent du monde qui se lève

Sans rien dire

Avec le sourire

J’aime les mots …

J’aime les mots

Les mots doux

Les mots du bout

Les mots du début

Le mot de la fin

Les mots courts

Le mot de secours

Les mots qui riment

Les mots qui glissent

Les mots gris

Les mots qu’on oublie

Les mots bleus

Les mots de tes yeux

Les mots d’hier

Les gros mots

Les mots tordus

Les mots secs

Et par par-dessus tout

J’aime les mots longs

Et les mots polissons

Dans la surface de séparation…

Un peu absent, ces derniers jours… Me voici confronté de très près- mon père- à la maladie, à l’angoisse de la disparition. L’inspiration est en apnée, mais elle est toujours là. Voici un petit texte, écrit à l’issue d’un week-end très particulier…

A la fin de ce week-end un peu particulier, je comprends soudain et avec une acuité dramatique que la vie est à la fois d’une fragilité extrême et d’une solidité surprenante. La mort plane parfois, elle s’entête, elle veut faire le plein de malheur mais ne réussit pas toujours dans son entreprise funeste. Tout au moins elle ne parvient pas toujours à réaliser ses objectifs, car les vivants se battent, d’abord ceux qu’elle vise, et ceux qui les entourent.
La vie est un tout, un système auquel chacune et chacun est relié. Quand ma mère a dit à mon père « bas toi » il s’est battu certainement pour elle plus que pour lui. Il faudra désormais apprendre et comprendre que chaque seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour est une victoire qu’il faudra qu’elle déguste, qu’ils dégustent car il arrivera de toute façon un jour où la mort réussira le dernier dribble dans la surface de séparation sans aucun défenseur pour l’arrêter dans son entreprise funeste. Et elle marquera le but… Et sur le terrain resteront les autres joueurs, un peu hébétés mais qui repartiront à l’attaque.

Pour égaliser.